PROCÉDÉS ESSENTIELS DE LA MÉTHODE GÉNÉRALE
On peut envisager la science à un double point de vue : L • — La science est une explication raisonnée des choses. Or cette explication peut se faire soit en descendant des principes ou des causes aux conséquences ou aux effets : c'est la marche synthétique ; — soit en remontant des effets ou des conséquences aux causes ou aux principes ; c'est la marche analytique.
IL ■ — La science est un ensemble de vérités rigoureusement enchaînées. On ne peut établir et her entre elles les vérités qui ne sont pas évidentes que par le raisonnement. Le raisonnement, c'est-à-dire l'acte par lequel l'esprit va du connu à l'inconnu, peut revêtir deux formes. Ce qui est d'abord connu, c'est tantôt un fait particulier, et le raisonnement en infère une vérité générale ; alors il est inductifj — c'est tantôt une vérité générale, et le raisonnement en infère une autre vérité, ordinairement moins générale ou une conséquence particulière ; et alors il est déductif. Une méthode est un ensemble de procédés ; mais comme le raisonnement est le procédé essentiel de toute méthode, c'est lui qui donne son nom à
(') Discours de la mélhode, 11° P.
(=) C'est ce qui a fait dire à Cousin : « Le démon de la géométrie fut le mauvais génie le Descartes. »
la méthode où il esL employé. De là vient que la méthode est iiidiictive ou déductive, selon la nature du raisonnement dont elle fait usage (Ps. 153). Nous verrons que l'induction peut se ramener à l'analyse, et la déduction à la synthèse. Ces opérations sont donc foncièrement identiques ; mais, comme leur point de vue est difiérent, il importe de les étudier séparément.