A. — DIFFÉRENCES
L — Le caractère essentiel de la sensibilité c'est d'être affective, c'est-à-dire que les états sensitifs sont agréables ou pénibles. Elle est, par là même, subjective, elle n'implique qu'une simple modification du sujet sentant ; elle n'exprime que l'état particulier et passager du moi modifié agréablement ou désagréablement. Les phénomènes affectifs (vg. mal de tête) ne révèlent directement rien sur l'état des organes ; par eux nous ne percevons que la douleur et le plaisir.
L'intelligence a pour marque essentielle d'être représentative : elle nous donne la représentation d'un objet ; elle est, par là même, objective, car, avoir l'idée d'un être c'est reproduire dans son esprit un objet distinct de l'esprit lui-même, ce qui fait qu'il y a dualité entre le sujet connaissant et l'objet connu. La pensée implique donc toujours deux termes [sujet et objet), tandis que la sensibilité n'en implique qu'un {sujet). L'intelligence étant objective, ses phénomènes tendent à exprimer les lois universelles des choses identiques pour tous les esprits. De là cette seconde différence.
IL — La sensibilité est beaucoup plus variable que l'intelligence ; elle change, non seulement dans les divers individus, selon les tempéraments, les caractères, mais encore dans le même individu suivant les circonstances. Elle change avec l'âge, le pays, le climat, etc. Les idées, au contraire, ont un caractère de fixité et de généralité. On objectera la divergence des opinions parmi les hommes. Cette diversité est due à