‹ Traité de philosophieChapitre 665 sur 921 · MARCHE GÉNÉRALE DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

MARCHE GÉNÉRALE DE LA SCIENCE

L'observation, l'expérimentation, l'induction, l'analyse, l'hypothèse la classification, la définition et la déduction sont les divers procédés dont se servent les savants pour arriver à la vérité. Mais ces liuit procédés peuvent être réduits à*deux types principaux : Analyse et Synthèse, qui sont par là même essentiels à toute méthode (^).

En effet : 1^ L'observation s'attache à un fait qu'elle isole pour le considérer en détail ; elle procède donc par décomposition, par analyse.

2^ L'expérimentation fait de même, car pour découvrir le vrai rapport causal, il faut le dégager de la multitude des simples rapports de succession et arriver à un cas de coïncidence solitaire entre l'antécédent et le conséquent.

3° L'induction a la marche régressive de V analyse, car elle va des faits aux lois, elle remonte des conséquences aux principes.

Au contraire: 4° la classification procède par composition : elle groupe les faits de même nature, allant du simple au composé : c'est une synthèse.

b^ La définition réunit dans une même énumération les caractères d'un être ou d'une espèce : synthèse encore.

6^ L'hypothèse, qui rapproche plusieurs choses analogues, est dans le même cas.

7° La déduction, qui associe deux prémisses pour en tirer une conclusion, procède aussi synthétiquement.

80 L'analogie, qui n'est qu'une déduction fondée sur une induction, unit V analyse et la' synthèse et peut servir de transition entre les deux groupes : les trois premiers procédés sont analytiques ; les quatre derniers sont synthétiques.

Que conclure de là pour la marche générale de la science, sinon que la science doit commencer par l'analyse et finir par la synthèse ? Car, pour synthétiser, pour associer des idées, pour composer une loi générale avec des données particulières, il faut d'abord acquérir ces idées et ces

(M E. Hennequin, La critique scientifique.

Page 1