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MARCHE GÉNÉRALE DE LA SCIENCE

données. Comment les acquérir si ce n'est par l'observation, l'expérimentation, l'induction, c'est-à-dire par voie dCanalyse ? Telle est donc la marche qu'a dû suivre toute science : débuter par l'analyse, continuer et s'achever par la synthèse.

Les sciences mathématiques et les sciences physiques ont un objet simple^ parce qu'elles n'étudient que certaines propriétés des choses. Les sciences naturelles et les sciences morales ont un objet complexe, parce qu'elles considèrent dans les êtres l'ensemble de leurs caractères. Les sciences du premier groupe, ayant un objet plus simple, peuvent l'embrasser plus vite tout entier ; elles doivent donc arriver à leur perfection avant les sciences du second groupe, dont l'objet, plus complexe, doit être plus long à explorer complètement. Aussi les premières doivent être plus avancées que les secondes. Or nous savons que l'état parfait d'une science est caractérisé par l'emploi de la synthèse, tandis que son état rudimentaire est marqué par l'emploi des procédés analytiques. Cette considération a priori est confirmée par les faits, car : 1^ Les sciences mathématiques, dont l'objet est le plus simple et qui sont les plus avancées, ont depuis longtemps franchi le stade analytique de l'observation et de l'expérience ; elles usent sans doute de l'analyse rationnelle, surtout pour résoudre les problèmes; mais c'est la déduction, procédé synthétique, qu'elles emploient de préférence.

2° Les sciences physiques, dont l'objet est moins simple, sont moins avancées ; elles se servent déjà beaucoup de la synthèse, mais sans manier encore la déduction aussi aisément que les sciences précédentes ; elles sont loin d'être affranchies des procédés analytiques de l'observation et de l'expérimentation.

3° Les sciences naturelles ou biologiques, àoniV oh]Qi est plus complexe, en sont surtout à l'analyse et ne font qu'essayer la synthèse.

4° Les sciences morales, dont l'objet est très complexe, en sont encore à l'analyse.

L'histoire des sciences prouve donc que l'idéal de toute science c'est de substituer la méthode cléductive (ou synthétique) à la méthode inductive (ou analytique) {}).

Après avoir traité de la méthode générale, il nous reste à exposer en détail les méthodes particulières aux différentes sciences, méthodes qui sont formées par la combinaison, en proportions diverses, des procédés logiques énumérés ci-dessus. Nous suivrons l'ordre indiqué dans notre classification des sciences (45) : les méthodes des sciences mathématiques, des sciences physiques, des sciences naturelles, des sciences morales et des sciences métaphysiques seront donc l'objet des chapitres suivants.

(M E. LÉvÊQUE, Histoire de la philosophie et des sciences. — P. DuPUY, Méthodes et concepts.

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