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COMPARAISON DES MÉTHODES INDUCTIVES

I. - — La méthode de Concordance est surtout une méthode di'ohservation. Il est en effet très difficile de réaliser artificiellement deux cas qui ne concordent que par une seule circonstance.

II. — La Méthode de Différence est surtout une méthode à^ expérimentation ; c'est pourquoi ses résultats sont, au point de vue pratique, plus sûrs que ceux de la Méthode de concordance. En effet, lorsque, dans des circonstances déterminées par V expérimentateur, celui-ci supprime une circonstance qu'il croit la cause du fait étudié, il peiit être parfois certain qu'il n'a pas, en même temps, introduit un autre phénomène qui serait la cause véritable de l'effet produit. Au contraire, lorsque la nature présente à l'observateur la concomitance de deux phénomènes dans des circonstances diverses, il est plus difficile de s'assurer qu'il n'y a pas un autre phénomène caché qui accompagne celui que l'on croit cause, et qui peut être la véritable cause. C'est pourquoi il faut employer la Méthode de différence comme contre-épreuve de la Méthode de concordance. Cette contre-épreuve n'est pas nécessaire au point de vue logique, mais pratique. Elle serait absolument inutile si l'on avait la certitude qu'aucun antécédent n'a échappé à Y observation. C'est toujours l'observation qui est sujette à erreur et non le raisonnement expérimental.

III. — Méthode des variations : comme on ne peut pas toujours supprimer complètement telle ou telle circonstance, il faut alors se borner à constater ce qui se produit, non plus quand cette circonstance disparaît, mais quand elle varie. C'est ainsi que la troisième méthode supplée la méthode de différence, lorsqu'il est impossible d'exclure certains antécédents. — De plus, elle complète et précise les autres méthodes, car elle

(M J. DE Maistre, Examen de la philosophie de Bacon.

{') FoNSEGRiVE, Fr. Bacon, L. III, Ch. i, p. 331.

(^) Cl. Bernard, Introduction..., I" P. Cli. ii, § 6, p. 90. Cf. Foxsegrive. Fr. BacoUy L. III, Ch. II. L'influence scientifique de Bacon, p. 338 et s.

(') FoNSEGRiVE, Éléments de philosophie, T. II, Hist. delà philosophie, VI= Leçon, § 7. — On peu consulter encore sur Bacon : Kuno Fisher, Francis Bacon und seine Schule. — • Paul Janet, Problèmes du XIX^ siècle, L. III, Ch. I. — Adam, La philosophie de Bacon.^> G. Sortais. La Philosophie moderne depuis Bacon jusqu'à Leibniz, T. I, p. 99-543.

(70) l'induction proprement dite 673

ne constate pas seulement la coïncidence des phénomènes, mais elle permet de déterminer leurs mesures et leurs rapports numériques.

IV. — Méthode des résidus : elle permet de ramener aux Méthodes précédentes les cas complexes, qui seraient, autrement, difficiles à analyser.

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