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DÉFINITIONS ET ESPÈCES

Par analogie on entend tantôt une propriété des choses, tantôt une opération de l'esprit.

I. — Analogie réelle : comme propriété des choses, l'analogie est un degré de ressemblance. La ressemblance peut être : a) Absolue : alors c'est l'identité, b) Relative : alors c'est l'analogie. L'analogie est donc une ressemblance mêlée de différence., une ressemblance partielle.

Espèces : l'analogie réelle est de deux sortes :

1° Ressemblance de nature entre les objets, les termes qu'on compare.

2°. Ressemblance des rapports entre objets de nature différente. C'est là le sens strict et primitif du mot analogie : vg. la trachée d'un insecte, la branchie d'un poisson, le poumon d'un mammifère sont des organes très difîérents ; mais ils ont entre eux une ressemblance de rapports : ils se ressemblent par leur fonction.

Remarques : 1° quand le rapport de ressemblance est un rapport de position et de connexion avec d'autres organes, l'analogie prend le nom d'homologie ; vg : le bras et la jambe de l'homme sont des membres homologues.

2° L'analogie mathématique consiste de même dans une ressemblance

4 6 de rapports : vg :-==-; les chiffres sont, différents, mais ils sont dans

le même rapport.

(1) LALA.NDE, Lectures de philosophie, chapitre sur l'analogie. — S. Mill, Système de logique, L. III, oh. xx. — Rabier, Logique, Ch. xiv.

706 FORMES DE l' ANALOGIE (86)

S*' Il y a aussi des métaphores par analogie : vg. ailes d'un navire ; les voiles d'un navire ne sont pas identiques à des ailes, mais on retrouve la même relation de fonction : ce que les ailes sont à l'oiseau pour le vol, les voiles le sont au navire pour la marche (^).

II. — Analogie psychologique : comme opération de l'esprit, c'est un raisonnement par lequel on conclut d'une ressemblance observée à une autre ressemblance qu'on ne voit pas ; vg. de la ressemblance des organes sensitifs chez l'homme et chez l'animal on infère la ressemblance des sensations. On constate entre deux faits une ressemblance partielle : vg. similitude de l'organisme sensitif (c'est l'aperception de l'analogie entre les choses) ; puis on Vétend (c'est l'analogie psychologique) à un cas nouveau : simihtude des sensations. Tels sont les rapports entre l'analogie, propriété des choses, et l'analogie, procédé de Yesprit.

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