A. — OBSERVATION SUBJECTIVE OU INTERNE
Nous ne connaissons ce qui se passe en nous qu'en nous observant nous-mêmes. Le point de départ de toute étude psychologique est donc V observation intérieure., ou, comme disent les Anglais, V introspection {intro aspicere, regarder dedans) au moyen de la conscience spontanée. Mais cette conscience naturelle, qui accompagne chaque fait pyschologique, est vague, obscure, synthétique ; elle ne peut produire une connaissance distincte, précise, analytique, telle que la science l'exige. Il faut l'éclaircir et la préciser. Or l'homme a le pouvoir de revenir sur lui-même, de se distinguer de ses modifications, de ûxer sur elles son attention ; par là même il en acquiert une idée plus claire et plus exacte. Cet acte, par lequel l'homme prend ainsi, pour objet de sa pensée, sa pensée même, se dédouble pour ainsi dire en sujet connaissant et en objet connu, c'est la réflexion, l'observation tournée vers le dedans, non vers le dehors, l'observation subjective, non objective.
Cette observation subjective ou réflexion est la méthode propre à la psychologie : rien ne peut la remplacer. Les faits de la vie de Vâme
(') Max Muller, Leçons sur la science du langage, Leçons I, II, VI. — V. Henry, Précis de Grammaire comparée du grec et du latin. — F. Brunot, Grammaire historique de la langue française. — Rousselot, La Phonétique. — On peut citer, comme modèle d'un emploi judicieux de la méthode philologique, le savant ouvrage de J. Lebreton intitulé : Etudes sur la langue et la grammaire de Cicéron. — Cf. Psychol. n. 237.
{') On l'appelle encore méthode réflexive ou û' introspection.