‹ Traité de philosophieChapitre 771 sur 921 · OBSERVATION SUBJECTIVE · texte numérisé non relu

OBSERVATION SUBJECTIVE

Réponse: cela prouve que la réflexion est difficile, ruais non imj-us.siblo. C'est une habitude à acquérir par Vrfforl répété d'une volonté persévérante, qui concentre V attention de l'esprit sur la vie intérieure. LVxeniple des Théophraste, des Euripide, des Pascal, des Racine, des i.A Rochefoucauld, des La Bruyère, etc., prouve bien qu'on peut débrouiller l'écheveau compliqué de nos pensées, sentiments et passions. Sans atteindre au degré de pénétration psychologique d« ces moralistes éminents, on peut, avec de l'exercice, devenir un bon psychologue.

Objection II I^ — D'autres objectent que la réflexion, bien que possible, est forcément inexacte et infidèle, car :

a) La réflexion vient après le phénomène. Quand on songe à l'observer, il n'existe déjà plus ; on croit le saisir et on ne saisit que son ombre, son souvenir.

Réponse : la réflexion, il est vrai, est postérieure au fait observé ; elle imphque par conséquent la mémoire de ce fait ; mais si elle suit immédiatement, ce souvenir est l'équivalent du fait lui-même, car il est la reproduction immédiate de la conscience qui l'accompagnait. — Du reste, on pourrait faire la même objection à l'obgervation externe : la perception d'un phénomène extérieur, vg. du mouvement des astres, retarde sur Yexistence de ce phénomène, comme le montre le fait de Vèquation personnelle, bien connu des astronomes.

b) La réflexion peut altérer les phénomènes par Vejfort même qu'elle fait pour les observer ; parfois même elle les sùppriine : vg. comment étudier la colère ? l'observation la calmerait.

Réponse : dans ces cas, il faut recourir au souvenir et ressusciter les états d'àme passés.

c) Les idées préconçues, que Vamour-propre suggère, nous empêchent de nous voir tels que nous sommes.

Réponse : le savant, qui étudie le monde extérieur, doit aussi constamment compter avec ses théories personnelles ; il peut pourtant, à force d'impartialité, voir les choses sans les défigurer.

De même un amour sincère du vrai, une étude attentive et consciencieuse permettent au psychologue de voir les faits tels qu'ils sont.

Objection IV^. — La méthode réflexive n'a pas de valeur scientifique : elle n'étudie que des jaits individuels, relatifs à une seule âme ; or, comme dit Aristote : « Il n'y a pas de science du particuHer. » Il en résulte donc une monographie et non une œuvre scientifique, la connaissance à' une âme et non la connaissance de l'âme. — Si le psychologue généralise les résultats personnels auxquels il est parvenu, il péchera par excès ou par défaut, en attribuant à la nature humaine en général des faits accidentels propres à l'observateur, ou bien en lui refusant des éléments qu'il n'a pas découverts en lui. En tout cas, faute de preuve, cette générafisation sera hypotétique. — Enfin, le pschologue ne s'étudie qu'à un âge rela-

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