‹ Traité de philosophieChapitre 775 sur 921 · HYPOTHÈSE-EXPÉRIMENTATION · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE-EXPÉRIMENTATION

les monstruosités mentales sont à étudier. C'est l'objet de la Psychologie morbide ou Tératologie (science des monstres) psijchologique.

§ II. — Le psychologue étudiera l'animal :

« S'il n'existait pas d'animaux, a dit Buffon, la nature de l'homme serait bien plus incompréhensible. » En effet, quelques-unes de nos facultés existent chez l'animal à l'état imparfait, vg. la conscience spontanée. D'autres, comme V instinct, sont bien plus développées chez l'animal que chez l'homme. Après avoir vu tout ce qui manque à Vanimal et tout ce qui nous appartient, il est plus facile, par contraste, de connaître ce qui constitue la supériorité de Vhomme (Ps. 249, 250).

Conclusion : quelle que soit l'importance de l'observation extérieure, elle n'est qu'une auxiliaire ; elle reste subordonnée à l'observation intérieure, qui est la méthode psychologique par excellence. Par l'observation objective, en effet, nous n'atteignons que les manifestations de l'intérieur et non l'intérieur lui-même. Elle ne nous montre en somme que des /)/îénomènes physiques qu'il faut traduire en langue psychologique : comment le faire si on n'a pas appris cette langue par V observation subjective ? — L'observation interne et l'observation externe inséparablement unies, tel est donc le double fondement d'une psychologie scientifique.

Page 1