II : HYPOTHÈSE
Après avoir rassemblé ainsi, par l'observation interne et par l'observation externe, un ensemble de faits, on constate que certains d'entre eux sont invariablement précédés ou invariablement suivis de certains autres. Ceux qui précèdent invariablement sont appelés antécédents, et on nomme conséquents ceux qui les suivent toujours. On est amené par cette constatation à supposer qu'il y a entre ces faits un lien de dépendance nécessaire, un rapport de causalité : on imagine une hypothèse. Le psychologue, vg. après avoir remarqué qu'on ne réahse jamais une action qu'après s'être représenté cette action, et que, plus la représentation est vive, plus l'action s'accompht avec facihté, énonce cette formule provisoire : toute idée est une force, a une énergie motrice. Mais, comme on peut prendre, pour des relations essentielles et nécessaires, ce qui n'est qu'une succession fortuite et accidentelle, il faut vérifier l'hypothèse par l'expérimentation, qui démontrera si le hen, qui unit l'antécédent et le conséquent en question, est vraiment causal ou simplement accidentel.