HISTOIRE PROPREMENT DITE : SES CONDITIONS
D'habiles faussaires peuvent en effet imiter un auteur à s'y méprendre et duper les plus clairvoyants (^).
II. — Intégrité : c'est l'absence d'altérations substantielles. Ces altérations se l'ont par suppression, addition, interpolation. Les signes d'intégrité sont aussi :
A) Intrinsèques : unité de plan, de doctrine, de style.
B) Extrinsèques : comparaison des manuscrits, des éditions, des analyses de l'ouvrage, des citations qui en sont faites par d'autres auteurs :
III. — Véracité : c'est la conformité du récit avec les faits. On établit la véracité d'un écrit :
10 En le confrontant avec d'autres documents,
2° En prouvant que l'auteur est un historien :
a) Éclairé. — S'il est contemporain des faits qu'il rapporte, il faut montrer qu'il est un témoin compétent. — S'il est postérieur aux faits, il faut voir s'il a puisé ses renseignements à bonne source et s'il est bien informé.
h) Fidèle. — On en juge d'après son caractère moral.
Conclusion : il résulte de ce qui précède que la critique historique est une science délicate. Elle requiert des qualités : a) intellectuelles : érudition, esprit de discernement, grande pénétration, profonde connaissance de l'àme ; — b) morales : infatigable patience, impartialité absolue et dévouement sans borne au vrai : Yitam impendere vero.
Remarque : les sources d'erreurs en histoire se rapportent aux traditions qui peuvent être fabuleuses ; — aux monuments, qui peuvent être apocryphes et mensongers ; — aux écrits, qui peuvent être inauthentiques, incomplets, altérer la vérité par suite de l'ignorance, delà crédulité, de l'imagination, de l'intérêt, de la passion, de l'esprit de parti. Les règles, pour se préserver de ces erreurs, sont les règles mêmes de la critique historique.