‹ Traité de philosophieChapitre 812 sur 921 · E. — ROLE DE V INDUCTION ET DE LA DEDUCTION · texte numérisé non relu

E. — ROLE DE V INDUCTION ET DE LA DEDUCTION

ï/induction et la déduction ont leur rôle dans la méthode historique : I. — Part de l'induction : A) Les événements passés, impossibles à observer, ne sont connus que par les traces qu'ils ont laissées dans la mémoire des hommes, les monuments et les textes. Ces documents divers doivent être interprétés et complétés ; or cette double opération est inductive. Il faut d'abord, avant de les admettre, faire passer ces documents au crible d'une sévère critique. Pour éhminer les causes d'erreur (mensonge et ignorance) et réaliser une coïncidence solitaire entre l'attestation du fait et sa cause, qui est la réalité du fait, il faut employer les procédés de la méthode inductive (67, Sect. II, § C).

B) Les faits transmis ont des lacunes : il faut combler les intervalles et rétablir la chaîne interrompue. Dans les sciences pliysiques les faits sont certains, étant observables ; il suffit de les constater. On peut les compléter par l'expérimentation en provoquant des faits nouveaux. bCn histoire l'expérimentation est impraticable ; il faut pour combler les lacunes recourir aux conjectures, aux inductions analogiques. Ici le résultat ne dépasse pas les limites d'une probabilité plus ou moins haute, car, dans ce cas, l'induction en histoire ne va pas des faits à leurs causes

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et à leurs lois, mais de faits connus à d'autres faits cf.njeflun'-s [)ar analogie, comme en histoire naturelle on va de certains caractères donnés ù d'autres caractères supposés.

C) La critique des documents n'est que le travail préliminaire de l'histoire. Son œuvre principale consiste à organiser ces matériaux dûment contrôlés, à découvrir les rapports qui lient les faits, c'est-à-dire à déterminer leurs causes et à formuler leurs lois. Pour cela riiistorien doit faire des inférences, très délicates parfois à cause de la complexité des événements ; et, quand il s'agit de denteler les véritables motifs d'action, ces inférences niaboutissent souvent qu'à des conclusions plus ou moins conjecturales (§ D, II, 4°).

II. — Part de la déduction : elle peut servir, dans une certaine mesure, à contrôler la valeur des inductions liistorif[ues :

A) Les faits étudiés par l'historien sont dus à l'activité humaine ; or cette activité se déploie d'après des lois ■relativement constantes (104, § I, B). C'est pourquoi une loi secondaire, établie par un historien, sera confirmée, si on peut la déduire, comme une conséquence, des lois supérieures de l'activité humaine.

B) Parfois on peut considérer un événement passé comme analogue à un événement contemporain dont on connaît la cause. On obtient cette conclusion au moyen d'une déduction fondée sur une analogie.

Mais il faut se rappeler : 1° Que les lois de la nature humaine ne sont pas nettement étabhes et qu'elles sont plus ou moins tenues en échec par l'intervention de la liberté (96) ; — 2" qu'analogie n'est pas identité : le présent n'est jamais la reproduction pure et simple du passé. Par conséquent la vérification que donne la déduction, en histoire, ne s'élève pas, ordinairement, jusqu'à la certitude.

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