TIG HISTOIRE PROPREMENT DITE : INDUCTION ET DÉDUCTION
tenco tle Pékin ou de César ? — On objecte qu'il ne peut y avoir certitude (lù manque Févidence ; or on ne peut avoir Tévidence de l'existence d'un homme ou d'une ville qu'on ne connaît pas par soi-même. — La réponse est facile. On n'a pas l'évidence d'un fait passé ou lointain : mais on a l'évidence qu'un grand nombre de témoins, différents entre eux de mille manières, ne peuvent se rencontrer dans le même mensonge ou tomber dans la même erreur, quand ils sont unanimes à attester un fait qu'ils ont pu connaître et qu'ils n'avaient aucun intérêt à dénaturer. C'est l'évidence immédiate et intrinsèque de ce principe rationnel qui rejaillit sur le fait attesté (120, § IV).
40 Quand il s'agit de déterminer les causes morales, les motifs réels qui ont fait agir les personnages historiques, la certitude est bien plus difficile ; car, pour résoudre cette question, on doit souvent recourir à des inductions qui d'ordinaire ne sont que probables. Pour suppléer aux lacunes du témoignage, l'histoire appuie ses inférences sur la connaissance de la nature humaine. Mais cette base est incertaine, car les raisons qui ont fait agir la volonté libre ne peuvent être devinées avec certitude. — Même quand les auteurs des faits ont livré par écrit le secret de leurs motifs d'agir, il y a toujours à mesurer, œuvre délicate, le degré de créance que méritent ces confidences plus ou moins inléressées.