‹ Traité de philosophieChapitre 816 sur 921 · MKTIIODE DES SCIENCES SOCIALES · texte numérisé non relu

MKTIIODE DES SCIENCES SOCIALES

§ I. — LOIS lUSTOHlQUES ET SOCIALES

Le sociologue doit étudier les phénomènes sociaux et tirer par induction les lois qui les gouvernent.

A) Espèces : il faut distinguer deux sortes de lois sociales :

1° Lois de coexistence : elles déterminent les connexions des divers éléments d'une société : tel fait ne se produit pas sans qu'en même temps se produise tel autre fait. Dans le corps social, comme dans un être vivant, les parties composantes sont unies entre elles par des rapports de coordination et de subordination. Ces lois constituent ce ([ue Comte appelle la Statique sociale (^).

Ainsi, pour S. Mill, c'est une condition nécessaire do stabilité sociale qu'un principe vivant de coliésion entre les citoyens leur fasse sentir qu'ils constituent un seul peuple ('^).

20 Lois de succession : elles déterminent les rapports constants et généraux qui relient entre elles les modifications successives des sociétés. Ce sont des lois de causalité, qui constituent ce que Comte nomme la Dynamique sociale. Telle est cette loi déjà formulée par Platon : L'excès de la démocratie engendre la tyrannie ; ou cette autre : La criminalité est en général en raison inverse de la sévérité et de la constante application des lois. A. de Tocqueville a aussi dégagé cette loi : De longues observations et des méditations sincères l'ont amené «à reconnaître que le développement graduel et progressif de l'égalité est à la fois le passé et l'avenir de l'histoire (^) ».

Cette division est empruntée à la Mécanique qui étudie Véqiiilibre et le mouvement des corps. Elle rappelle aussi la division de la Biologie, qui comprend Vanatomie ou étude de l'organisation, et la physiologie ou étude des fonctions. Concevoir toute société comme une espèce d'organisme dont tous les organes ont entré eux d'étroites relations, et la vie sociale comme la résultante de leurs diverses fonctions, c'est établir une assimilation, qui peut donner de bons résultats, pourvu qu'on n'oublie pas que c'est une simple analogie et qu'on ne pousse pas les rapprochements jusqu'à la minutie.

B) Caractères : les lois historiques et sociales ont pour objet la manière constante dont l'ensemble des hommes agit dans des circonstances semblables. Ces lois sont en fonction de deux éléments :

1° L'un constant {^) : c'est une tendance naturelle commune.

(') A. Comte, Cours de philosophie positive, 48« Leçon. T. IV p. 230, Paris, 1869.

{■) S. Mill, Système de Logique..., L. VI, ch. x, § 5.

(') A. DE Tocqueville, La Démocratie en Amérique, Introduction, T. I, p. 8,

{') BucKLE {Histoire de la civilisation en Angleterre, Ch. i, à vi) montre bien que les phénomènes sociaux sont soumis à des lois naturelles.

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