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IL — MÉTHODE DE LA SCIENCE SOCIALE EN GÉNÉRAL

A) Observation et Induction : la Science sociale s'en sert pour établir les lois de coexistence et de succession. Elle doit faire d'abord, d'après l'histoire de chaque peuple, comme Yanatomie du corps social, qui montrera le nomlire et les rapports de ses divers organes. Puis elle s'occupera de la physiologie sociale pour découvrir les fonctions de chaque organe et les conditions de son fonctionnement normal. Mais le sociologue doit se rappeler que les lois des faits sociaux sont très difficiles à déterminer, parce que :

1° Ces faits ont une extrême complexité (-).

2° Ces faits ont des causes multiples :

a) Générales : tendances de la nature humaine, chmat, caractère

(M Ch. Mourre, D'où vienl la décadence économique de la France ? Deuxième appendice, p. 437 et s.

(-) C'est ce que semble oublier Ed. Démolies dans l'application de sa méthode d'observation sociale. Sa tendance simplificatrice met en défiance. Elle est très accusée dans le dernier livre de l'éminent sociologue : Coinment la route crée le type social. Demolixs voulant résoudre ce problème très complexe : comment expliquer la variété des types sociaux ? réduit tout à ce seul point : ^ La cause première et décisive de la diversité des peuples et de la diversité des races, c'est la route que les peuples ont suivie. » Un peuple s'est modifié selon les conditions d'existence que lui imposaient ses différentes migrations, selon qu'il prend la route des steppes, des savanes, des toundras, des forêts, des déserts ou des mers. C'est là un procédé trop systématique et trop simpliste : la réalité est plus compliquée et plus ondoyante.

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particulier de la nation, passr liistorifinc, (Hat aflin-i (I.-h mœurs, des connaissances, etc.

^b) Ptu'ticiilicres : inventions des savants, intervention des chefs d'Ëtat, inlluence des hommes de génie {^). Comme l'action de ces causes particuhères ne peut être ni prévue ni mesurée exactement, parce qu'elles sont libres, il en résulte que les lois sociales n'cjnt qu'une constance et une généralité relatk'cs.

B) Expérimentation : elle est praticable dans une rerlaine mesuro en Sociologie : vg. roxécution de toute prescription législative ou administrative est une expérimentation.

C) Statistique : c'est le dénombrement des faits d'un genre déterminé, accomplis dans une période donnée ; c'est de plus V expression des résultaits de ce dénombrement, soit par des tableaux de chiffres, soit par divers procédés graphiques. La statistique permet de grouper les faits qui sont concomitants, de dégager ceux dont la fréquence ou la persistance oiérite attention, d'éhminer enfin les phénomènes insignifiants. La statistique est à peu près aux sciences morales ce que les tables de Bacon sont aux sciences physiques. Mais, pour rendre service, la statistique doit être dressée d'une façon très complète et très impartiale ; elle doit porter sur un très grand nombre de faits pour écarter les coïncidences accidentelles. La comparaison des divers graphiques suggère des hypothèses, qu'on tâche de vérifier, soit par l'observation et l'expérimentation, soit par la déduction C^).

D) Déduction : on l'emploie pour contrôler l'induction. On peut ou bien tirer les conséquences des lois établies inductivement et les vérifier par de nouvelles observations ; — ou bien déduire ces lois elles-mêmes des lois supérieures de la nature humaine.

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