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MÉTHODE DE LA MÉTAPHYSIQUE

l'analyse de l'être, puisque l'être du monde physique reste, par hypothèse, extérieur à l'esprit et ne s'y trouve qu'à titre de représentation, en tant qu'il est connu. Les lois ainsi établies n'ont donc qu'une valeur psychologique. Cette objection ne vaut pas contre la méthode subjective, car elle atteint à la fois la pensée et le sujet pensant, le phénomène et Vêtre, d'une façon immédiate, par la conscience dont la certitude est absolue, à cause de l'identité du sujet pensant et de l'objet pensé (Ps. 68, 71). La conscience sent une seule et même réaUté : on se connaît pensant ; c'est par une abstraction mentale qu'on peut distinguer deux aspects dans cette réalité, l'être et sa manière d'être, le moi et sa pensée intimement unis. La loi que l'esprit en dégage est donc à la fois une loi psychologique, puisqu'elle régit la pensée de l'être, et ontologique, puisqu'elle régit en même temps Vêtre pensant.

C) Défauts : l'emploi exclusif de cette méthode peut aboutir à un double inconvénient :

1° On est porté à étendre, sans les restrictions nécessaires, les lois et les quahtés de l'esprit aux êtres du monde extérieur : c'est spiritualiser la nature.

2° Ou bien, si l'on remarque au contraire que les phénomènes physiques sont réfractaires à cette spiritualisation, on peut être tenté de conclure qu'en dehors de l'esprit il n'y a pas de réalité substantielle et causale ou du moins que, si de telles réalités existent, elles sont inconnaissables ; et alors on tombe dans l'idéalisme ; c'est la tendance de la métaphysique moderne, depuis Kant.

III. — Union des deux méthodes : pour éviter ces inconvénients il faut adjoindre à la méthode réflexive la méthode objective. — Prise dans son ensemble la méthode métaphysique peut se ramener aux trois procédés suivants :

10 Réflexion : c'est par l'observation subjective que l'on acquiert les notions fondamentales d'être, d'unité, de cause, de substance, de fin, de loi (Ps. 72). C'est la voie ouverte par Descartes : il a fait de la Psychologie le fondement de la Métaphysique.

2o Observation objective : il faut compléter et contrôler la Méthode réflexive par la Méthode objective, en s'appuyant sur l'analogie. Nous transportons en dehors de nous les propriétés et les lois de notre être,, en les modifiant plus ou moins selon que l'observation objective nous révèle des analogies plus ou moins grandes entre nos phénomènes et ceux des êtres extérieurs. Aux hommes, nos semblables, nous attribuons les mêmes qualités essentielles qu'à nous. Mais pour les êtres inférieurs : animaux, végétaux, minéraux, nous dégradons progressivement les attributs humains, accordant aux minéraux l'être et le mouvement ; — aux végétaux l'être, le mouvement et la vie végétative ; — aux ani-

(111) COMPLÉMENT BIBLIOGHAPIlIQl- E : SCIENCE ET MÉTHODES Kk',

maux l'être, le mouvement, la vie végétative et la vie seiisiliv.- H's \K', § A, V). ■ '

.•50 Raisonnement : enfin, après avoir établi par U> raisonnement l'existence de l'Être nécessaire et parfait, nous enlevons à nos qualités ce qu'elles ont d'imparfait et de limité et nous les élevons à l'infini. C'est ainsi que, par les procédés de causalité, (V èliminalioii et de Iraiisccndnnce {via causalitatis, via remotionis, via emineniix) nous concevons les attributs de Dieu (Cf. Métaphysique, L. Il, Ch. m, art. 2) (*).

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