SOPHISMES DE PENSÉE
la sécession d'avec l'Église catholique est une source de prospérité (Post hoc, ergo propter hoc) (^).
II. — Dénombrement imparfait {Enumeratio imper jecta) : il consiste à tirer une conclusion générale d'une énumération incomplète, sans tenir compte des cas négatifs ; à conclure du tout ce qui est vrai seulement des parties. 'C'est l'écueil du dilemme, quand il n'énumère pas toutes les alternatives possibles. C'est aussi le vice de l'induction formelle, quand elle n'épuise pas la totalité des parties ; vg. la confiance que les ignorants ■ accordent aux prédictions des almanachs provient de ce qu'ils remarquent les cas où elles se sont par hasard vérifiées, sans faire attention aux cas où elles sont démenties par les faits. — Ce sophisme est l'arme favorite et traîtresse des partis, qui attribuent à un corps tout entier la faute de quelques-uns de ses membres. Crimine ah iino Disce omnes (-). Voltaire dit des Provinciales : « Tout le livre portait sur un fondement faux : on attribuait adroitement à toute la société des opinions extravagantes de plusieurs jésuites espagnols et flamands. »
III. — Accident {Fallacia accidentis) : il consiste à transformer en attribut essentiel ou habituel ce qui n'est qu'accidentel et vice versa. — Exemple : de ce que quelqu'un est ivre on en conclura qu'il est ivrogne.
IV. — Passage du sens relatif au sens absolu (.4 dicto secundum qiiid ad dictiim simpliciter) et vice versa. — Exemple : TÉgUse défend de hre la Bible dans les traductions non approuvées par elle ; on raisonnerait sophistiquement en concluant que l'Èghse défend purement et simplement de hre la Bible.
V. - — Confusion des genres {Transitus de génère ad genus) : il consiste à passer d'un genre à un autre, d'un objet à un autre, malgré leurs différences essentielles. C'est le cas de la fausse analogie : la îune est une planète comme la terre ; or la terre est habitée ; donc la lune l'est aussi.