LE CONSENTEMENT UNIVERSEL
A) Exposé : « Est vrai tout jugement confirmé par le consentement universel de l'humanité. » C'est la doctrine de Félicité de La Mennais (^). La raison individuelle est impuissante à nous faire connaître la vérité ; seule la raison collective en est capable. « Le consentement commun est pour nous le sceau de la vérité, il n'y en a pas d'autre. »
B) Critique : notons d'abord que par consentement universel il ne faut pas entendre un consentement absolument universel, car il est impossible à constater. Il ne s'agit que d'un consentement relativement
(') Th. Reid, Essais sur les facultés intellectuelles de l'homme, Essai VI, Ch. II, Du Sens commun, T. V, de l'Édit. Jouffroy, p. 41.
(2) Reid Recherches sur l'entendement humain d'aiJrès les principes du sens commun, Ch. VII, T. II, p. 386.
(') Reid, Essais sur les facultés intellectuelles..., Essai VI, Ch. v, T. V, p. 114.
(M Jouffroy, T. I des Œuvres complètes de Thomas Reid, Pr. du traducteur, p. CLXVI.
— Cf. Dugald Stewart, Éléments de la philosophie de l'esprit humain, T. II (de la traduct. fr.), Ch. I, Sect. ii. — Buffier, Traité des premières vérités et de la source de nos jugements.
{^) F. DE La Mennais, Essai sur l'indifférence en matière de religion, Ch. xiii. — CL Lacordaire, Considérations sur le système philosophique de M. de La Mennais. - P. Ja^et, La Philosophie de Lamennais. — Spuller, Lamennais. — V. Mercier, Lamennais d'après sa correspondance et les travaux les plus récents. — Boutard, Lamennais, sa vie et ses doctrinesi
— Rozaven, Examen d'un ouvrage intitulé : Des doctrines philosophiques sur la certitude.