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ÉQUIVOQUE DU MOT SENSATION

On a employé ce mot en trois sens différents :

I. — On l'applique parfois à des phénomènes physiques ou physiologiques : vg. sensibiUté des tissus vivants pour indiquer leur contractilité. — Cet emploi est abusif, car le mot a été fait pour désigner des phénomènes de conscience.

II. — Quelques philosophes, notamment les Écossais (vg. Hamilton), réservent le mot sensation à l'élément affectif (plaisir et douleur) et désignent par le mot de perception l'élément significatif. Mais cette acception restreinte du mot sensation s'éloigne des traditions de la langue philosophique. De plus, l'élément significatif de la sensation n'est pas encore une perception, mais la matière, la donnée d'une perception possible (28, A).

m. — Mieux vaut employer un même mot pour exprimer des faits si intimement unis et entendre par sensation l'ensemble des données immédiates (éléments affectif et significatif) qui résultent de l'excitation organique.

Conclusion : la sensation, non seulement en tant qu'affective, mais encore en tant que significative, relève de la sensibiUté. Il ne faut pas la confondre avec : a) V impression physiologique qui en est la condition antécédente ; — b) la perception qui la suit. La perception est l'acte intellectuel, postérieur et supérieur à la sensation, acte par lequel l'élément significatif de cette sensation est interprété et rapporté au dehors (79). — Dans ce sens, la sensibiUté est donc uniquement la faculté de jouir et de souffrir, la faculté des inclinations et des émotions.

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