SENSATIONS INDIFFÉRENTES
Existe-t-il des sensations qui ne soient ni agréables, ni pénibles, des états neutres., des états sensitifs où l'âme n'éprouve ni plaisir ni douleur (1) ?
L — Opinion affirmative : Reid, Hamilton, Garnier, Bain.
Certains faits semblent prouver, en effet, que le plaisir et la douleur sont accessoires dans la sensation, qu'ils peuvent s'y ajouter ou ymanquer sans que celle-ci cesse d'exister ; il y aurait par conséquent des sensations indifférentes : vg. il nous arrive, à chaque instant, de voir, d'entendre, etc. sans être affectés de plaisir ou de peine.
IL — Opinion négative : Condillac, Leibniz, Spencer.
A) D'après ces philosophes, une sensation indifférente serait une sensation non sentie, par conséquent une contradiction. « Toute sensation dit Spencer, est agréable ou pénible. « Sans doute, l'âme n'est pas toujours soumise à un état de plaisir ou de douleur intense : « elle faudrait sous la charge de son être ». (Montaigne.) Au-dessous de ce maximum de sensibilité, que d'émotions comme infiniment petites, qui ne sont pas nulles pourtant, mais se réunissent pour produire l'état assez vague de bien-être ou de malaise.
(') E. Charles, Psychologie, ch. V, § 4.