G. — RAPPORTS
Il ne faut pas oublier que l'esprit est un. Après avoir distingué sensation et sentiment, il faut les rapprocher et voir leurs mutuels rapports :
a) Ils peuvent se provoquer indirectement : la sensation amène le sentiment : vg. une douleur physique peut engendrer la tristesse ; des sons agréables peuvent susciter des sentiments belliqueux. — Le sentiment est souvent accompagné de sensations : vg. une grande douleur morale entraîne une sensation de fatigue, d'angoisse. C'est que la sensation éveille des idées, antécédents du sentiment, — ■ et que le sentiment détermine des mouvements organiques, antécédents de la sensation.
b) Sensation et sentiment peuvent coexister et alors se faire mutuellement valoir : vg. le plaisir de l'audition d'un morceau de musique résulte des sensations agréables produites par les sons et du sentiment esthétique causé par l'idée musicale.
c) Ils peuvent être en opposition et arriver à se supprimer : vg. un plaisir physique peut s'évanouir à la nouvelle d'un grand deuil ; une grande joie peut dissiper une douleur physique. *
Conclusion : les différences signalées montrent que la sensation et le sentiment sont des émotions irréductibles l'une à l'autre. Cependant ils ont des relations étroites, s'accompagnent naturellement, parce que, à travers tous ses actes, l'esprit reste un et indivisible.
Toute sensation suppose : 1° une inclination excitée (favorablement ou non), qui est la cause productrice de la sensation ; — 2° une impression organique, qui est la condition déterminante et excitatrice de l'inclination. La sensation peut provoquer une idée, car par son élément affectif (plaisir ou douleur) elle excite l'inteUigence à lire son élément significatif : de là l'idée de l'objet qui a déterminé la sensation.
Tout sentiment implique : !« une inclination excitée favorablement (ou non), qui est la cause productrice du sentiment ; — 2° un phénomène