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Traite de photographie

Notre troisième édition, tirée en mai dernier à t,800 exemplaires, étant entièrement épuisée depuis deux mois, nous nous sommes déterminés à faire paraître ce nouvel ouvrage. Nous ne pouvions passer sous silence les innovations dont l’eflicacité nous a été démontrée ; aussi avons-nous refait entièrement la partie relative aux opérations, et c’est en suivant les procédés décrits dans le cours de cet ouvrage que nous avons exécuté les belles épreuves que l’on peut voir chaque jour dans nos magasins.

Nous nous sommes donc attachés à décrire le plus clairement possible, dans le premier volume, les procédés nouveaux adoptés et suivis par nous dans notre établissement pour le portrait; et nous avons ajouté

sous forme de noies, quelques détails ou faits qui nous ont paru intéressants.

Nous devons adresser ici nos sincères remercimentsànolre ami M. Claudel ; il nousacommuniqué, sans aucune réserve et avec une extrême bienveillance, des améliorations dont beaucoup d’autres à sa place auraient fait mystère. Les personnes qui ont admiré les superbes et nombreux portraits qu’il a présentés à l’Institut, s’empresseront assurément d’adopter les innovations décrites dans le cours de cet ouvrage et particulièrement au chapitre qui concerne le polissage ; elles obtiendront, par ces procédés plus sûrs et plus expéditifs, des épreuves plus belles et beaucoup plus vigoureuses que par toutes les autres méthodes précédemment décrites.

L’année dernière, en parlant des substances accélératrices, nous placions sur la même ligne le bromure d’iode et l’eau brômée , aujourd’hui nous serons beaucoup plus explicites ; partageant cette fois les idées émises dans un Manuel où tout le monde n’cst pas traité avec une égale faveur, mais qui renferme néanmoins d’excellents articles, nous dirons avec l’auteur (1) : «L’eau bromée est sans contredit la substance accélératrice la plus énergique,

(I) Noos avions en d'abord la pensée de répondre à quelques-unes des nombreuses assertions, au moins hasardées, contenues dans cet ouvrage, mais, toutes réflexions faites, nous croyons que ces épigrammcs, ces insinuations, dans lesquelles il faut bien forcément parler de soi, uesout guère du goftl du public qui demande avant tout qu’on l'instruise. D’ailleurs, nous

la plus simple et la plus parfaite qu’on ait encore employée en photographie. »

Nous ne sommes pas exclusifs au point de soutenir que l’eau brômée seule, peut produire des résultats parfaits : M. Tony Gaudin a prouvé que le bromure.d’iode bien préparé, avait la même sensibilité; mais que de difficultés pour arriver à ce maximum de sensibilité que l’on obtient immédiatement et sans tâtonnements avec l’eau brômée dosée !

Les cuvettes plates que nous n’avions proposées l’année dernière qu’avec une certaine timidité , étant devenues d’un usage général, nous avons cherché à y faire encore quelques améliorations , et nous croyons y être parvenus en simplifiant l’opération du dosage , et en les faisant servir à volonté avec planchettes, ou pour plaques nues.

On trouvera dans le même chapitre la description des nouveaux châssis en cuivre, employés par M. Claudet d’abord , et déjà par un grand nombre de personnes, pour le transport et la conservation des plaques brômées.

Le goût du plus grand nombre d’amateurs les ayant portés à s'occuper de portraits plutôt que de vues, ils ont dû nécessairement rechercher les objectifs qui opéraient avec la plus grande rapidité.

le déclarons, cette manière d’écrire dont nous ne nous sommes jamais servis les premiers, noos répugne vivement ; et nous trouvons qu’il n’y a pas compensation à satisfaire pour quelques instants son amour-propre, lorsque cette petite satisfaction peut altérer les sentiments d’estime que les hommes honorables se doivent réciproquement.

Or, comme nous l’avons imprimé l’année dernière, nous dirons encore que nous n’avons jamais rencontré dans les petites dimensions, c’est-à-dire pour les plaques sixièmes, de combinaison qui allât plus vile que Y objectif de nos appareils sixièmes, dits à portrait (1).

Lorsqu’il s’agit, au contraire, des grandeurs audessus, c’est-à-dire pour les plaques quart, demi et normales , il y a alors un très-grand avantage à employer l’objectif double : celui-ci en effet, à foyer égal , peut supporter, sans donner des traces apparentes d’aberration, une plus grande ouverture qu’un seul ; partant , avoir plus de lumière.

L’objectif, dit M. de Valicourt, « est sans contredit la partie la plus importante du photographe, aussi l’a-t on nommé à juste titre l’âme de l’appareil. C’est donc vers le choix d’un bon objectif que doit se diriger toute l’attention de l’amateur : car il aurait beau s’astreindre à toutes les autres conditions du procédé, il ne fera jamais de bonnes épreuves sans un objectif irréprochable ; mais comme ce n’est qu’à la longue et après de nombreuses expériences que l’on peut s’assurer des qualités d’un objectif,

(1) Il est clair qu’avec une même substance “accélératrice, la rapidité de l'opération, De peut être accrue qu’en accourcissant le foyer du verre; mais ce foyer plus court ne pouvant être atteint qu’en donnant des courbures plus fortes, il en résulte qu’un grand nombre d’appareils, & un ou à deux objectifs, faits avec peu de soin et sans aucun principe, donnent des images confuses partout et entièrement déformées vers les bords de la plaque.

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il est important de se le procurer chez un opticien dont la réputation soit telle qu elle lui impose l’obligation de ne livrer au commerce que des produits parfaits. Combien de personnes ne se sont-elles pas, dès l’abord, dégoûtées de la photographie, parce qu’ayant acheté au hasard un Daguerréotype tel quel, leurs épreuves se ressentaient nécessairement des vices de constructions de l’objectif ! »

Cet avis est excellent: on ne saurait trop recommander aux amateurs de s’adresser à des opticiens qui connaissent leur profession , et dont le nom offre quelque garantie; nous prenons de grands soins pour bien faire, mais nous devons ajouter qu'il existe h Paris plusieurs maisons qui offrent toute certitude de cette même bonne confection des instruments.

On verra dans le chapitre consacré à la description des appareils, que nous avons adopté pour tous, les sixièmes exceptés, des planchettes courbées qui font disparaître toute trace d’aberration (1).

( 1 ) Nous nous attendons bien qu'on nous dira : Vous n'adoptez les planchettes couches que parce que tous ne [HJ livre avec vos objectifs, obtenir, sur une planchette plane , In mime netteté aux bords qu'au centre. Ce reproche ne serait pas fait sérieusement , car nous défions qui que ce soit de nous présenter un objectif double de 0 m. OS d’ouverture sans diaphragme, et du foyer habituel, c'est-à-dire de o m. 27, qui donne l’image d'un objet plan d'une mauiére parfaitement distincte dans toutes les parties d’une plaque gui n’aura pas été courbée. Cette différence de netteté, nous le savons, est très-peu considérable, elle échapperait même au plus grand nombre; mais nous ne tojoos pas, de bonne foi, pourquoi le fabricant se refuserait à cet aveu, et pourquoi, surtout, il ne s'empresseait pas d’adopter une diquiaition qui , sans compliquer en rien le tuéca-

Quant à l’ébénisterie , nous avons choisi le noyer parce que c’est le bois qui nous a paru réunir le plus d’avantages. Nous avons proscrit le vernis; mais nous nous sommes surtout attachés à réunir toutes les améliorations connues, préférant vendre des appareils complets , et surtout commodes , sans nous inquiéter si le prix s’en trouvait élevé de quel* ques francs de plus : en un mot, plutôt que de diminuer le prix au détriment de la qualité, nous avons cherché à perfectionner toutes les parties de l’instrument ; les amateurs , seul public compétent , compareront et jugeront.

Nousavons, dans le second livre, indiqué les meilleures méthodes pour reproduire les Vues, Intérieurs, Académies, Portraits, etc. Nous n’avons rien omis de ce que l’expérience nous a appris sur ce sujet, soumis chaque jour à notre pratique, et nous nous sommes fait un devoir de l’accompagner de documents utiles, empruntés aux notes de divers auteurs.

La troisième partie devra être consultée d’abord pour les excellentes notes de M. Fizeau sur l’eau bromée. Elle renferme tous les renseignements nécessaires pour préparer les substances et compo-

nistne , apporte à l'appareil une légère perfection de plue. Au reste , cette opinion ne nous est pas seulement personnelle , et nous pourrons l'appuyer d’une haute autorité ; car, au moment où nous exprimions ainsi uotre pensée , nous reçûmes la visite de M. Daguerre, et, lui ayant demandé son avis, il nous répondit que, malgré les très-légers désagréments que présentaient les planchettes courbes, il ne fallait pas, suivant lui, Msiter à les adopter pour tous les grands appareils à court foyer.

ses employés dans les expériences photographiques. Nous avons pensé qu’il était utile de réunir ces notes disséminées dans des ouvrages peu répandus, et qu’il est en outre difficile de se procurer.

Enfin , il nous a semblé que des expériences qui se rattachent d’une manière plus ou moins directe au Daguerréotype, mais qui sont toutes du plus haut intérêt pour les physiciens, devaient nécessairement trouver place dans un traité que nous avons voulu rendre aussi complet que possible; nous avons donc inséré, avec tous leurs détails , les préparations des divers papiers. Enfin, après avoir dit quelques mots de la reproduction des épreuves par la galvanoplastie, nous avons cité divers essais de gravures , les expériences de M. Moser, etc., etc.

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