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DESCRIPTION DES APPAREILS ET DES PLANCHES

Les appareils des différents fabricants peuvent être plus ou moins bien exécutés , les objectifs peuvent être à un seul ou à double objectif, l’effet peut en être plus ou moins satisfaisant , enfin ils peuvent être plus ou mois complets; mais chacun d’eux, renfermant les principales pièces que nous allons passer en revue, cette description peut servir à tous, de quelque fabrique qu’ils soient sortis.

La première opération , pour obtenir une épreuve photographique , consistant dans le polissage de plaque, la première pièce dont nous avons à nous occuper est la planchette à polir représentée fig. 1. Pour s’en servir, on engage le tasseau A B sur le bord d’une table ; on serre solidement la vis C, et l’on engage l’un des anglesde la plaque dans la petite échancrure fixe a; l’autre petite pièce échancrée b, étant mobile et à coulisse, sert à engager l’angle opposé; on serre alors

la petite vis de pression, qui permet de maintenir la plaque et de la dégager quand le poli est terminé.

Les substances dont on fait usage avec la plan* chette à polir sont les sachets de rouge et de tripoli , ou, si on aime mieux, les petits flacons fermés par une gaze qui ont été proposés récemment par M.de Valicourt. On emploie aussi les velours à poignée de M. Claudet, lig. 2, mais seulement pour donner le dernier coup.

Lorsqu’on prépare à la fois plusieurs plaques on pourra, en les retirant de la planchette à polir et après avoir essuyé leur revers et leurs côtés, les renfermer dans la boite à plaques, dont il est inutile de donner le dessin. Mais il sera mieux de les placer, les deux faces argentées en regard , sur les cadres Claudet, ftg.3; lorsqu’on a ainsi placé un cadre entre deux plaques, on les enveloppe dans du papier fin glacé, deux par deux , jusqu’au moment où on veut lesioder(l).

Nous avons représenté, fig. 4, la coupe de notre boite à iode. Au fond , se trouve une carde de coton entre laquelle on a saupoudré des parcelles d’iode; a b est un carton lisse enchâssé entre des bandes de verre qu’il faut avoir soin d’essuyer de temps en temps. Si la plaque s'iodait trop lentement, on retournerait le cadre qui porte le carton ; et l’autre face de celui-ci, se saturant de nouveau , se trouvera.

(I) Après qu'elles ont été passées à l’iode et an brème, on peut les conserver de la même manière pendant plusieurs heures.

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au bout de quelques instants , prèle pour une nouvelle expérience.

Fig. 5. Cuvette pour passer les plaques aux substances accélératrices. Ces cuvettes que nous avons fait confectionner les premiers, d’après l’avis d’un amateur distingué des sciences physiques, M. de Notbomb, de Longlaville, sont beaucoup plus commodes que les vases coniques; à l’aide d'un petit châssis verni qui repose sur les oreilles a b, et qui est joint à chacune de ces cuvettes, on peut se servir de la plaque nue ou de la plaque avec sa planchette. La glace c d est rodée sur la cuvette de manière à empêcher toute évaporation.

La chambre noire est à peu près la même pour tous les appareils; la construction que nous regardons comme lameilleure, pour les portraits de petite dimension, et qui est désignée dans notre prix courant sous le titre de nouveau Daguerréotype pour plaques sixièmes, est représentée fig. 6 (1). Nous avons adopté la

(1) Nous imprimions, en mai 1842, dans notre dernière édition :

« Quoique M. Daguerre eût fait de nombreuses recherches à cet égard , les constructions de grandeurs si variées que l’on a exécutées depuis (*) ont dû nécessairement conduire à des courbures obtenues par des méthodes différentes. C’est ainsi que nous présentâmes les premiers, il y a trois ans, un appareil propre à faire le portrait en deux minutes. Ce résultat, que l’on trouvait alors rapide , provenait de trois causes : le peu de longueur fo-

f) Nom flmei , en décembre 1 839, un appareil qui non» donna de belle» épreuves de 11 pouce» sur i5. Si nous citons ce résultat, ce n’e»t pas qne nous le regardions comme une difficulté vaincue , mais seulement pour constater que nous nous sommes sans cesse occupé» activement de tous les essais relatifs & l'avancement de la photographie. Aujourd’hui, avec des appareils à objectif double, npus faisons sur des plaques semblables des vues en quinxe secondes et des portraits Ji lombre en une minute

disposition imaginée par M. Tony Gaudin, qui eut le premier l’idée de placer l’objectif à fleur de l’appareil. Les nombreux essais auxquels nous nous sommes livrés nous autorisent à affirmer que, comparé à un grand nombre d'objectifs doubles pour plaques de mêmes dimensions, exécutés par les meilleurs fabricants, le nôtre, à égalité de netteté, a toujours eu un avantage d’un quart pour la rapidité.

Nous avons conservéà cet appareil les diaphragmes variables des microscopes, que notre chef d’ateliers avait adaptés aux appareils Gaudin, il y a deux ans (1), et nous avons emprunté au même instrument le pe-

calc de l’objectif , le bon choix des courbures et l’excellence de la matière. De|niis, nous avons encore amélioré cette construction par le déplacement et les ouvertures mieux raisonnées des diaphragmes. Aujourd'hui, avec le même appareil ainsi perfectionné, en faisant usage d'eau brémée , nous faisons des vues en moins d'un dixième de seconde et des portraits à l’ombre, en employant le grand diaphragme, eu une fraction de seconde. Dans les premières, les personnages, les voitures, les chevaux qui n’ont pas un mouvement trop rapide sont représentés sur l’épreuve ; de là à l’instantanéité il n'y a pas loin.

(1) Les diaphragmes variables b, c, d, viennent se placer à volonté devant l’objectif : avec le buuton a on amène en avant des verres l’ouverture la mieux appropriée à l'intensité de la lumière, et aussi à la netteté que réclame le sujet. Deux exemples suffiront pour faire comprendre notre |>cnséc : si l’on veut une vue instantanée avec des corps en mouvement, on devra se servir de la plus large ouverture d ; car on ne saurait aller trop vite pour reproduire des objets mouvants. Si l'on veut reproduire une vue avec une distinction telle que les objets situés aux bords du tableau soient aussi nets que ceux du centre, on se servira des diaphragmes c et d. Le portrait d'une personne qui est belle devra être exécuté avecune de ces petites ouvertures; car, plus ii sera précis, plus il renfermera de beautés. Si, au contraire , on doit reproduire une personne qui a des rides , des marques de petite vérole ou bien même des traits peu agréables, on emploiera la grande ouverture , et l’on aura alors un de ces portraits suaves et un peu vagues que les peintres appellent llous.

tit rideau qui peutseul être employé à démasquer l'objectif assez vite pour reproduire les objets en mouvement ou pour masquer le ciel dans les paysages.

Plusieurs personnes éprouvant beaucoup de dillicuités à se servir des plaques nues , nous avons fait établir des appareils avec l’une ou l’autre disposition ; ceux qui sont à châssis en ont deux , ce qui permet d’avoir deux plaques toutes préparées : nous considérons celte addition comme indispensable , car, l’exposition à la chambre à mercure devant durer d’un quart d’heure à une demi-heure, il en résultait, avec une seule planchette, que l’opérateur- restait pendant ce temps les bras croisés; le tiroir à coulisse ABC sert à mettre au foyer, en même temps qu’il permet, avec le châssis qui porte la glace dépolie, déjuger de l’effet et de la position de l’objet à reproduire. Quant au foyer, il sera aisé d'établir sur ce tiroirdesdivisionsque l’on déterminera avec un grand soin (1).

Lorsque l’on aura amené le tiroir sur l’une de ces divisions on serrera fortement le petit écrou,

(I) Quand on voudra faire usage de ers repères on ne devra pas employer la crémaillère, qui n'est véritablement uUle que pour les distances intermédiaires; le tube qu’elle fait mouvoir devra donc être sorti ou rentré entièrement. Après avoir mis le châssis à glace dépolie, on amènera l’ouverture c devant l’objectif et on dirigera l’appareil vers un paysage. Lorsque l’image sera arrivée â sa plus grande netteté, on tracera une marque sur la planche E F. Pour tous les paysages on amènera le tiroir sur ce repère. On tracera également une division à deux mètres , distance la plus convenable pour reproduire des groupe. Enfin on fera une troisième marque it un mètre cinquante centimètres, celle-ci pour le portrait. On voit par là -que l’on sera à jamais dispensé de chercher le foyer sur ta glace dépolie, ce qui est

afin que le fojer ne puisse plus changer pendant l’opération. Ledit appareil est renfermé dans deux boites entièrement distinctes; les avantages de ce modèle, qui est plus complet qu’aucun autre et qui met la chambre noire et la boite à mercuré à l’abri des émanations des substances accélératrices, nous ont déterminés à l’adopter pour les appareils de toutes les grandeurs à un ou à deux objectifs (1). L’une des caisses renferme donc une grande boîte à mercure (lig. 8), avec pieds rentrants c d; un thermomètre m n , et un verre jaune, uvx, pour éclairer avec la bougie et voir, à travers la vitre blanche pq, les progrès de l’opération; la chambre noire, renfermée dans la même boîte, contient les deux châssis à volet avec planchette, la glace dépolie, la botte à

toujours tort long; U suffira en effet de mettre une seule fbls exactement au loyer, pour les diverses distances que nous avons indiquées plus haut, et pour cela on se servira avec avantage de caractères d'imprimerie. On n’aura donc qn'à amener, à chaque opération , le tiroir snr le repère, et à placer l'objet ou la personne à une distance approchée de celle qui a servi h déterminer ce point, ce qui s'obtient facilement avec une mesure a ruban O

(1) Il est arrivé h une Toute de personnes, et une fois k nous-mêmes , de ne pouvoir rien obtenir avec un appareil de toute une journée , parce qu'il était renfermé dans la même boite que les substances accélératrices, qui avaient saturé tous les bols. (*)

(*) Les difficultés que plusieurs personnes rencontraient pour établir les repères avec précision , nous oot engagés à les tracer nous-mêmes. Nos appareils seront donc livrés tout divisés et prêts k servir pour les distances les plus usuelles. Pour les autres, bien entendu, on se servira de la crémaillère ; seulement, la distance locale variant d’une petite quantité avec l'ouverture du diaphragote , on aura soin de se rappeler que pour tous les appareils doubles les repères pour portraits sont pris sans diaphragmes, et la division pour les vues a été établie avec le plus pctil-

plaque et deux cadres Claudet, pour conserver les plaques brômées.

Ainsi, lorsqu’on voudra faire une excursion et prendre des épreuves pendant toute une journée , il suffira de se munir d’une série de plaques brômées; on ajoutera dans l’espace vide : un briquet, la boîte à mercure en buis , la lampe à esprit-de-vin , et, quand on pense que tout cela est renfermé dans une seule boite fermant à clef, qui n’a pas plus de 22 centimètres sur tout sens, et qui ne pèse pas 2 kilog., on conviendra que ce qu’on appelait le bagage daguerrien se trouve singulièrement réduit. On doit se rappeler, cependant, qu’il s’agit ici d’un appareil sixième; mais comme les mêmes dispositions existent pour toutes les autres grandeurs , ces appareils sont bien différents de ce qu’ils étaient autrefois. Les personnes qui se méfieraient, mais à tort, des plaques bromées le matin (1), trouveront assez de place dans la même boîte pour y loger momentanément une planchette à polir, un sachet de rouge ou

(1) Lorsque des plaques seront de bonne .qualité, nous garantissons que préparées iodées , et brdméea le matin , elles donneront pendant tout le cours de ta journée d’excellentes épreuves ; si , malgré cette assurance, il restait encore quelques doutes , nous nous appuierions d’un fait qui suffira pour convaincre les plus incrédules. Dans un grand établissement de portraits , à Londres, dirigé par M. Claudet , trente à quarante plaques sont tous les matins Iodées et brémées comme il sera dit plus loin, ces plaques servent pendant toute la journée, et s'il en reste quelques-unes, ce sont les premières employées le lendemaio matin ; sur celles-ci par exemple, il existe souvent quelques picots noirs, mais seulement sur quelques-unes. D’un autre cdté, M. Claudet a cru remarquer qu’elles avaient acquis un degré de plus de sensibilité.

— iode tripoli, le velours pour donner le dernier coup, la boîte à iode, la cuvette à brômer, le pied à fixer et le chlorure d’or; de façon que si elles chargent en même temps leurs poches d’un flacon d’eau brômée et d’un flacon d’hyposullite elles peuvent, à la campagne, faire des portraits ou prendre des vues, et les terminer sur place, avec le simple bagage de la petite boîte dont nous avons donné plus haut les dimensions.

Maintenant que nous avons décrit tous les objets qui ont besoin d’être séparés de la pharmacie, nous allons donner la liste des substances ou objets contenus dans chacune des deux boites qui ont de semblables dimensions :

1° Chambre nqire à diaphragmes variables, lig. G.

2° Boite à mercure à verres jaune et blanc et thermomètre, fig. 7 ;

3° Châssis à glace dépolie;

4° Deux châssis à volet avec ou sans planchette;

5° Boîte à plaques ;

6° Planchette à polir, (ig, i ;

7° Deux cadres Claudel pour conserver les plaques brômées lig. 3 ;

8“ Pied à fixer, en cuivre, sans vis à caller.

9’ Boîte à iode, fig. 4;

10° Cuvette à brômer, avec sa glace, fig. 5 ;

U» Lampe à esprit-de-vin;

12° Briquet ;

i3° Sachet de tripoli;

•14° Un quart de litre d’eau brômée au litre;

15° Un flacon d’eau brômée saturée, divisé en 40®* de quart de litre.

16° Esprit-de-vin dans un

grand flacon, bouchon

taillé et usé à l’émeri.

17° Tripoli ;

Id.

Id.

18° Iode;

Id.

Id.

19° Huile;

Id.

Id.

20° Hyposulfite.

Id.

Id.

21° Rouge à polir dans un petit flacon bouché à

l’émeri ;

22° Acide nitrique;

Id.

Id.

23° Un flacon en buis renfermant le mercure;

24° Bocal en verre avec mousseline renfermant le tripoli;

23° Bocal en verre renfermant le rouge à polir.

On verra dans le prix courant, qui est à la suite de cet ouvrage, que nous avons divisé tous nos appareils en deux catégories bien distinctes: les cinq premiers articles seuls, composent la première; et, comme chez la plupart des fabricants , toutes les pièces, appareil et pharmacie, sont réunies dans une même boite. Ceux de la seconde catégorie, composée de tous les autres instruments à un et à deux objectifs , ont , comme le nouveau sixième dont nous venons de donner la description, une boite pour

— ta —

l’appareil, et une seconde pour la pharmacie. Cette description suffira pour donner une idée des appareils de plus grande dimension : dans ceux-ci , ■ les accessoires sont à peu près les mêmes; seulement, tout étant proportionné, les substances se trouvent dans des flacons beaucoup plus grands.

Nous ne saurions trop recommander à toutes les personnes que ce petit surcroît de dépense n’effraiera pas, de prendre l’appareil à deux boîtes. On sera amplement dédommagé de l’augmentation de prix, par la possession d'un appareil bien plus complet et surtout bien plus commode.

Avant de terminer ce chapitre, nous dirons quelques mots sur nos objectifs doubles.

L’objectif double, pour quart ou demi-plaque, est représenté fig. 8 ; il se compose de deux objectifs A, B. En C se trouve la crémaillère pour mettre au foyer, O E est une glace à surfaces parallèles que l’on peut y adapter à volonté pour redresser les vues. G est un diaphragme que l’on adapte à la partie antérieure, seulement quand on veut faire des vues d’une netteté remarquable ; car, pour le portrait et la reproduction de la plupart des objets, il est absolument inutile, et ne ferait que retarder l’opération.

La construction des objectifs pour les plaques normales et pour celles de 24 centimètres sur 32 , ne diffère de celle ci-dessus que par l’addition d’un troisième objectif de rechange qui se met à la place

de celui figuré en B. Ce troisième objectif ayant un foyer beaucoup plus court que l’autre, on l’emploie pour les portraits et presque toujours sans diaphragme.

Nous continuons , pour redresser les images, de faire usage de la glace parallèle D, E ; nous avons constaté qu’elle opère plus rapidement que le prisme rectangulaire et qu’elle donne des résultats aussi nets, tout en coûtant beaucoup moins.

Fig. IX. Bassine et séchoir pour grandes plaques.

Fig. X. Support pour fixer la plaque au chlorure d’or; à l’aide des trois vis de la base, on met la plaque de niveau presque immédiatement.

Fig. XI. Pied de M. le baron Seguier pour le voyage ; le mouvement à boule situé en a permet de donner à l’appareil telle inclinaison que l’on veut, la planchette c d se démonte à vis et les pieds se brisent en deux parties eae ee.

Fig. XII. Chaise avec support pour appuyer la tête.

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