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DES VUES

Nous comprenons sous cette dénomination les épreuves qui représentent, soit un monument, une vue générale ou un paysage. Pour les opérations préliminaires, on se conformera à ce qui a été dit au commencement du chapitre VII. Pour une vue d’un horizon étendu , ou pour la reproduction d’un paysage, on se gardera bien d’ajuster au point de vue sur les lointains : on réservera, au contraire, toute la netteté pour les premiers et seconds plans. La manière de se placer a une bien grande importance sur le résultat. Pour un monument, on se reculera, toutes les. fois que le terrain le permettra, à une distance double de sa plus grande dimension; l’on évitera par là qu’il paraisse comme écrasé sur la plaque par le manque d’air. On aura soin de s’élever au moins au tiers de la hauteur totale de l’cdifice, car sans cela, pour l’avoir en totalité, il faudrait incliner la chambre noire; et alors les lignes verticales, qui devraient être d’aplomb et parallèles entre elles, iraient, comme ledit M. Hubert, concourir à un point

accidentel céleste, et sembleraient faire tomber le monument à la renverse (1).

On évitera, autant que possible, de reproduire un monument ancien d’une teinte colorée en même temps qu’une construction neuve. Le temps nécessaire pour reproduire le premier, excédant de beaucoup celui nécessaire pour la construction moderne, il s’ensuivrait que celle-ci serait plus ou moins passée; néanmoins, quand le cas se présentera, on pourra éluder la difficulté en faisant usage du drap noir que nous engageons à placer devant tous les appareils. En effet , si la partie la plus éclairée du tableau se trouve à droite, il sera facile avec le drap d’empêcher les rayons qui émanent de cette partie d'arriver jusqu’à l’objectif. On pourra avoir recours à cet expédient dans une foule de circonstances;

(1) ■ Il est certaines vues qu'il est difficile et presque impossible de représenter , ce sont celles où l'on est forcé de se placer prés d'un objet composé de plusieurs plans très-prononoés. Dans ce cas, s’il s’agit d’un monument ou d’un site intéressant dont on ait besoin d’obtenir tous les détails avec exactitude, le meilleur parti à prendre est, sans changer la chambre noire de position, de faire plusieurs épreuves, en variant le foyer pour les divers plans qu’on vent obtenir.

■ Mais si l’on n'avait que le temps de faire une seule épreuve , dans ce ras il faudrait choisir le point le plus intéressant du tableau pour fixer le foyer, dût-on avoir du vague pour les autres plans.

• Je pourrais appuyer ce conseil , en disant qu'en agissant ainsi l'on suivrait la méthode qu’ont adoptée, après de nombreuses observations de la nature , des artistes très-distingués , qui , pour attirer l’oeil du spectateur sur la scène la plus intéressante de leur tableau , y consacrent tout leur talent, en négligeant i dessein ce qui n’est qu'accessoire* *. » (Notes de M. Hubert.)

* On voit que l'opinion de M. Hubert est d’accord avec celle que nous avons exprimée page 43 , relativement à l'effet que l'on doit chercher à produire dans un tableau.

L’emploi en sera môme presque toujours indispensable lorsqu’on voudra masquer le ciel pendant une partie de l’opération et T empêcher de passer; on ne manquera pas, par exemple, de l’employer toutes les fois qu’on voudra obtenir la reproduction de beaux groupes de nuages. A. défaut de drap noir, on peut faire usage d’un mouchoir rouge; il nous est même souvent arrivé à la campagne d’employer une feuille d’arbre, verte et épaisse, dont la forme s’adapte quelquefois parfaitement à la partie que l’on veut masquer. Les premières fois, pour bien se rendre jpompte de ce qui se passe et ne pas agir au hasard, on observera l’effet produit, sur la glace dépolie.

C’est principalement dans la reproduction des paysages , que l’on est souvent obligé de masquer certaines parties du tableau , et cela se comprend : il arrive souvent qu’on veut faire une étude d’arbre, ou bien que l’image est formée de deux zones bien distinctes : le terrain d’une part , couvert de végétations, et le ciel de l’autre. Or, on sait que les couleurs vertes sont les plus longues et les plus difficiles à venir, tandis que le ciel vient avec une rapidité extrême. Dans le premier cas, nous nous sommes souvent servis avec succès d’une feuille dentelée qui masquait la totalité du ciel et qui donnait à l’arbre dont on voulait avoir la reproduction le temps de venir. Dans le second, l’emploi du rideau pour masquer le ciel est extrêmement facile et commode; il suffira de l’élever entièrement pour la première partie de l’opération et de l’abaisser jusqu’à la ligne

d’horizon , ou on le balancera jusqu’à ce qu’on ferme entièrement l’obturateur. Dans les vues de glaciers, de montagnes couvertes de neige , il est impossible d’obtenir le moindre effet si l’on n'emploie l’écran.

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