‹ Traite de photographieChapitre 47 sur 61 · PAR M. MOSER · texte numérisé non relu

PAR M. MOSER

« Je m’empresse de vous communiquer mes nouvelles recherches sur la formation des images produites par l’action des rayons invisibles. Lorsque ces rayons ont agi , l’image ne parait qu’en souillant sur la plaque ou en l’exposant à la vapeur d’une tension plus élevée. Si les rayons invisibles ont agi pendant long-temps (comme c’est le cas dans les gravures opposées, sans contact, à une glace), l’humidité de l’atmosphère suffit. Cette humidité se condense sur les parties qui ont éprouvé l’action des rayons; les vapeurs y adhèrent. L’image se montre comme lorsque des vapeurs de mercure adhèrent à la plaque soumise au procédé daguerrien. Cette explication, sur laquelle il ne me reste aucun doute , m’a conduit aux inductions qui suivent. J’ai déjà prouvé que des rayons de toute réfrangibilité produisent les mômes effets, mais qu’ils exigent un temps plus ou moins long. Si donc les rayons invisibles condensent les vapeurs contenues dans l’air, les rayons visibles doivent faire la même chose si on les fait agir pendant long-temps et avec une grande intensité. Une plaque restera long-temps exposée au soleil, et, quoique

élevée à une haute température , elle se couvrira de rosée. J’ai , en effet, exposé l’été dernier des plaques de métal et de verre couvertes d'écrans dans lesquels j’avais fait des découpures, c’est-à-dire dont j’avais enlevé des parties, pendant plusieurs heures, au soleil. J’obtins des images très-nettes représentant les découpures, les parties de l’écran enlevées. Ces images étaient entièrement semblables à celles que vous m’avez envoyées et qui s’étaient formées, pendant de longues années, en regard d’une gravure, Dans mon expérience directe la vapeur de l’atmosphère s’était précipitée sur les plaques , quoique celles-ci n’étaient aucunement au-dessous de la température de l’air, condition requise par la fosée ordinaire. Je me trouve forcé d’admettre que du soleil émanent deux forces, la lumière et la chaleur. Sous le rapport de la composition de la rosée, elles ont des propriétés diamétralement opposées. Notre théorie de la rosée n’était donc pas complète : on ne connaissait pas le rôle que joue la lumière dans ce phénomène. Pour faire voir cotnment la chaleur peul favoriser la formation des images et l’adhésion de l’humidité , je vous rappellerai que dans mes expériences l’élévation de température d’une plaque de laiton gravée au burin favorise la production dès images. La vapeur se condense très-rapidement sur la plaque polie qui est en contact avec la plaque gravée, quoique la dernière soit fortement chauffée^ Dans la production de ces images, le contact immé-' diat n’est aucunement nécessaire, on peut éloigner

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