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les deux plaques, celle qui donne de celle qui reçoit, par l’interposition de lames de mica. La chaleur favorisera encore la production des images, mais l’action sera plus lente ét plus faible. Lorsqu’on échauffe trop, après que l’image est déjà formée, la vapeur condensée se dissipe de nouveau. J’ai été très-satisfait d’apprendre que vous ayez bien voulu communiquer ma dernière lettre à l’Académie des sciences. J’ai envoyé , d’après vos conseils , à l’Académie de Èerlirl des images produites par des rayons invisibles. J’ai exposé en même temps mes doutes sur l’identité de la lumière cl de la chaleur. Je suis toujours occupé d’expériences sur la lumière latente. C’est un travail difficile et qui demande beaucoup de repos et de la patience. »

SUR LES CAUSES QUI CONCOURENT A t-A PRODUCTION DES IMACES DE riOSÈR; PAR M. FIZEAU.

« Depuis mon retour je me suis active-

ment occupé des singuliers phénomènes observés par M. Moser, et j’espère avoir l’honneur de présenter prochainement à l’Académie un travail sur ce sujet. Je me bornerai donc ici à vous parler des résultats généraux auxquels je suis parvenu.

» Les expériences que j’ai faites jusqu’ici ont pour

la plupart confirme les faits annoncés; mais je dois dire que toutes m’ont conduit à envisager ce sujet sous un toutaulre point de vuequecelui de M. Moser.

» Loin de penser qu’il faille admettre de nouvelles radiations s’échappant de tous les corps , même dans une obscurité complète, et soumise dans leur émission à des lois toutes spéciales , je suis convaincu qu’aucune espèce de radiations ne doit être invoquée dans l’explication de ces phénomènes , mais qu’il faut plutôt les rattacher aux faits connus que je vais rappeler.

» l 1 * La plupart des corps sur lesquels nous opérons ont leur surface revêtue d’une légère couche de matière organique, analogue aux corps gras, et volatile, ou au moins susceptible d'être entraînée parla vapeur d’eau.

» 2° Lorsque l’on fait condenser une vapeur sur une surface polie , si les différentes parties de cette surface sont inégalement souillées par des corps étrangers, même en quantité extrêmement petite, la condensation se fait d’une manière visiblement différente sur les diverses parties dp celte surface.

» Lors donc que l’on exposera une surface polie et pure au contact ou à une petite distance d’un corps quelconque à surface inégale, il arrivera qu’une partie de la matière organique volatile dont cette dernière surface est revêtue sera condensée par la surface polie en présence de laquelle elle se trouve; et comme j’ai supposé que le corps présentait des inégalités ou des saillies et des creux , c’est-à-dire que ses

différents points étaient inégalement distants de la surface polie, il en résultera un transport inégal de la matière organique sur les différents points de cette surface: aux points correspondant aux saillies du corps, la surface polie aura reçu plus; aux points correspondant aux creux, elle aura reçu moins : il en résultera donc une sorte d’image , mais ordinairement invisible. Si l’on fait condenser alors une vapeur sur cette surface polie, on voit qu’elle se trouve dans les conditions que je rappelais tout à l’heure; et' que la condensation va se faire d’une manière visiblement différente sur les différents points, c’est-à-dire que l’image invisible deviendra visible.

» Voilà en raccourci l’idée que mes expériences m’ont conduit à me former au sujet des phénomènes nouveaux observés par M. Moser. A ce point de vue leur étude présente sans doute moins d’intérêt qu’à celui du physicien de Konigsberg ; cependant le rôle singulier que parait jouer ici cette matière organique, que l’on retrouve à la surface de presque tous les corps, peut faire espérer quelques lumières sur sa nature et ses propriétés encore si peu connues.»

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