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SLR LA FORMATION DES IMAGES DE MOSER

(Elirait d'uue lettre de M. Koorr, eommuBi(|udc far M. Dregmt.)

> Je tne suis occupé, durant quatre semaines, à poursuivre les découvertes de M. Moser, de Konigsberg, sur la lumière obscure. J’ai écrit sur cet objet un petit mémoire que j'ai lu à la séance de notre Société savante, le 7 (19) novembre 1842. Je n’y exposai que des faits nouveaux découverts par moi , sans entrer dans des spéculations théoriques; mais je crois que ces faits prouvent suffisamment que toutes les actions que M. Moser attribue à la lumière obscure doivent leur origine à la chaleur. Aussi je viens de créer un art tout nouveau , que j’ai nommé thermographie ; car j’ai trouvé qu’on peut obtenir des images visibles sans aucune condensation de vapeur sur les plaques, simplement par l’action de la chaleur. Il y a pour cela trois méthodes différentes ; par la première, op peut obtenir des images en 8 et jusqu’à 15 secondes; mais on ne réussit pas toujours : la seconde ne parait applicable que pour les corps qui ne sont pas très-bons conducteurs de la chaleur; la troisième mérite la préférence, parce qu’ori réussit le mieux, et presque toujours, mais il faut 8 à 10 minutes pour obtenir une image. Ainsi j’ai reçu des épreuves de monnaies de platine, d’or,

d’argent, des plaques de cuivre et de laiton gravées, des pierres gravées, d’acier et de verre, même de gravures imprimées sur papier ordinaire; les images se formaient sur des lames de cuivre plaquées d’argent , ou de cuivre pur, sur de l’acier et du laiton. » A la même époque, c’est-à-dire le 13 février 1813, M. Fizeau rappelait à M. Arago que, par suite de sa première communication ( voyez page 191 ), il considérait déjà alors ces faits nouveaux ; c’est-à-dire 1? formation des images qui se montrent sur une surface polie lorsque des corps sont placés très-près de celte surface, contrairement à l’opinion de Moser, comme étrangers à toute espèce de radiations, et qu’il les rattachait à l’existence bien constatée de matières grasses et volatiles qui souillent la plupart des corps à leur surface.

EXPÉRIENCES DE M. KARSTEN RELATIVES A LA FORMATION DES IMAGES DE MOSER.

« En plaçant une médaille sur une plaque de verre au-dessous de laquelle se trouve une plaque métallique, M. Karsten (le fils du minéralogiste) a reconnu qu’il se forme une image sur la surface supérieure du verre lorsqu’on fait tomber l’étincelle d’une machine électrique sur la médaille (1). Si la médaille re-

(I) Noos avons répété plusieurs fois les expériences décrites ci -après ; c'est une sorte de verre jaune qui nous a donné les résultats les plus prompte et les plus satisfaisants.

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pose sur plusieurs plaques de verre et que la dernière soit en contact avec une plaque de métal, l’étincelle engendre des images sur toutes les plaques, mais seulement à leurs surfaces supérieures. Les images les plus faibles correspondent aux plaques les plus éloignées de la médaille. Ces images ne deviennent visibles qu’en les exposant à de la vapeur d’iode ou de mercure. L'étincelle est nécessaire. M. Karsten n’a pas réussi avec l’électricité de la pile. »

« J’ai été voir les expériences de M. Karsten. L’ef fet est instantané et les dessins sont de la plus grande pureté... L’électricité émanant avec plus d’intensité des parties saillantes ou convexes de la médaille, change en pénétrant vers le bas l’état moléculaire des plaques de verre. L’image devient visible par le souffle le plus léger. La vapeur d’eau se dépose en gouttelettes sur toutes les parties dont l’état moléculaire a changé, tandis que la vapeur se répand uniformément là où l’électricité n’a pas sensiblement altéré la plaque. L’image ne devient réellement visible que par la présence des gouttelettes (t). »

M. Poggendorff avant eu connaissance des expériences de M. Moser, s’occupa aussitôt de les répéter

(1) M. Masson a obtenu, il y a quelque temps, des images trèi-curieuses à l'aide d’un procédé analogue, quoique différent en certains points. H pose une médaille sur un gâteau de résine, puis fait passer une étincelle électrique à travers la médaille. L’image se trouve alors formée sur le gâleau de résine; pour la faire paraître il n’y a plus qu’à insuffler sur le gâteau un mélange de minium et de soufre , ce qui se fait à l'aide d’un petit soufflet bien connu des physiciens. Le miuium s’attaclic à certains points déterminés du gâteau de résine et y dessine les parties saillantes du modèle. {Noie de l'éditeur.)

en les variant. D’après les résultats obtenus , il pense que la chaleur seule joue un rôle dans ces sortes de phénomènes et que c’est à tort que M. Moser les attribue à l’action de la lumière obscure. De là, il insiste pour que l'art nouveau prenne le nom de thermographie.

Voici quelques-unes des plus curieuses expériences faites par M. Knorr. Malheureusement quoique assez simples, elles ne sont pas, de l’avis même de l’auteur, assez constantes pour qu’on puisse en tirer des lois scientifiques.

Au-dessus de la flamme d’une lampe de Berzélius il place une planche de cuivre de 20 pouces carrés , sur laquelle il pose les plaques qui doivent recevoir les images; et sur celles-ci (1), l’objet à copier. Le tout chauffé lentement, jusqu’au degré où une piaqu , de cuivre bien poli commence à changer decouleure on éteignait la lampe, et on retirait les objets.

A une température constante de 0 centigrade aussi bien pour les plaques que pour les objets, l’action fut à peu près nulle quoique le contact fût prolongé de 2 à 9 heures.

La même planche gravée mise en contact avec une planche de cuivre bien polie et exposée ensuite à un froid de 20 à 25 degrés pendant 10 ou 12 heures, donna par le procédé de M. Moser une image d’une netteté et d’une vigueur remarquables.

Ayant fait abaisser la température des mêmes ob-

(1) Elles avaient environ I/o à 1/2 ligne d'épaisseur.

jets en les exposant au froid pendant 2 heures , puis les ayant inis en contact, les circonstances et l’eXposition étant les mêmes que ci-dessus, on n’obtint aucun résultat.

M. Knorr, comme on voit, a obtenu des images visibles sans aucune condensation de vapeur, mais par la seule action de la chaleur.

11 fit aussi l’expérience suivante :

Ayant poli une planche de cuivre avec du nitrate de mercure, il la débarrassa de tout excédant jeu la lavant à grande eau. Puis, quand elle fut sèche, il la frotta avec un morceau de peau et quelques gouttes de mercure, de manière à lui donner l’aspect d’un miroir.

11 prit une gravure et la plaça doucement sur la plaque ainsi préparée , et ayant mis en double plusieurs feuilles de papier, il obtint un contact parfait en pressant. le tout soit avec une planche bien dressée , soit avec une glace épaisse. 11 laissa le tout pendant environ 1 ou 2 heures (1), puis exposa la plaque à la vapeur du mercure très-doucement chauffé , au bout de quelques secondes l’image commence à paraître, la vapeur de mercure fait blanchir tout ce qui correspond aux parties blanches de la gravure dont on a une reproduction identique mais un peu floue. Si l’on expose quelques instants la même plaque audessus d’une boite à iode, la vapeur s’attache aux

(I) Ce temps peut être beaucoup diminué eu chauffant la plaque tièslégèfcnaent.

parties non modiiiées par le mercure et les noircit.

Le dessin résultant des vapeurs de mercure et d’iode ressemble beaucoup à une épreuve de daguerréotype , dont il a aussi la fragilité.

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