EXPOSITION A LA CHAMBRE NOTRE
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Il existe diverses méthodes de disposer la chambre noire pour obtenir une épreuve. Par exemple, on doit , après avoir fait choix du point de vue, en examinant la manière dont il se compose sur la glace dépolie, laisser le pied en place, emporter la chambre noire dans la pièce sombre servant à passer au brôme, et la rapporter, sur le pied, garnie de la plaque sensible. Il va sans dire que la chambre noire doit être fixée très-solidement sur son pied, et que, soit à l’aide de la crémaillère, soit par la vérification des repères du tiroir, on s’est bien assuré, avant de commencer une opération, que l’image est parfaitement nette. Si l’on emploie une table , on établira des repères qui serviront de nouveau à la placer dans la première direction. L’expérimentateur devra s’exercer à opérer sans le secours de la glace dépolie , et la grande habitude lui fera découvrir immédiatement ce qu’il peut y avoir de désagréable dans la pose ; il apprendra de même à diriger son appareil de manière que la tête se trouve sur telle
ou telle partie de la plaque ; pour cela, il suffît tout simplement de viser par les deux arêtes supérieures de la boite, et de placer à égale distance de ces deux projections, l’objet qui doit occuper le milieu du tableau. Pour déterminer l’inclinaison, on agira d’une manière tout à fait adaloguê.
D’autres personnes commencent par diriger leur appareil, et quand elles ont bien arrêté leur sujet sur la glace dépolie, elles retirent celle-ci et lui substituent le châssis qui porte la plaque. Le volet sera ouvert avec beaucoup de précaution, afin de ne pas mettre en mouvement par une secousse ou un fort courant d’air , les poussières contenues dans la chambre noire ( 1 ) ; enfin , il ne restera plus qu’à ouvrir l'obturateur et à le fermer après quelques secondes. C’est ici que se présente, pour les commençants, une véritable difficulté; comme rien n’est visible , il leur est impossible de préciser avec justesse le temps que doit durer l’exposition à la chambre noire, mais avec un peu d’habitude ils parviennent à l’apprécier. On se rappellera que l’exposition dépend en grande partie de l’intensité de
(1) Pour éviter ces poussières qui produisent une foule de piqùots noirs sur l’image , fl faut avoir le soin de bien essuyer l'Intérieur de la chambre noire, ainsi que toutes les rainures des volets. Si, pour prendre uue vue, on transportait plusieurs plaques préparées dans leurs châssis , on aurait soin d’envelopper ceut-ci dans une étoffe qui ne renfermât pas elle-même de poussière, par exemple une toile cirée, et en suivant les recommandations que nous avons données plua haut pour ouvrir et fermer le volet , on évitera ces petites taches qui suffisent pour ôter à une belle épreuve toute sa valeur.
lumière de l’objet qu’on veut reproduire; ainsi, dans le midi de la France, en Italie, en Égypte, on opérera, toutes circonstances étant égales d’ailleurs, .bien plus rapidement que dans le nord ; il faudra aussi tenir compte, avec un môme appareil, l’ouverture restant constante, de la couleur de l’objet à reproduire (1), de la teiiile et de Y intensité de la lumière solaire (2). Si les appareils et les ouvertures sont dissemblables, il faudra ajouter à ces causes d’incertitude la différence résultant des disproportions de longueur focale et d’ouvertures de diaphragmes (3). Tout cela, au premier abord, semble bien effrayant, mais en réalité cela sc borne à quelques épreuves d’essai ; et une fois qu’on aura acquis un peu d’expérience et l'habitude d'un même appareil, on réussira presque toujours à apprécier le temps convenable du premier coup (4).
(IJ Toutes les couleurs ne sont pas également photogéniques. Ainsi les jaunes de chrême, le vert P. Véronèse, le vermillon, trois des couleurs les plus brillantes de la palette des peintres, n'out presque aucune action sur la plaque sensible; les bleus, les violets, les laques, ont au contraire une action très-éaergfque. nous avons fait , à ce sujet , un grand nombre d’expériences que nous publierons probablement plus tard.
(i) L’intensité photogénique décroît d’une manière considérable à mesure que le soleil s’approche de l'horizon. Ainsi, par une belle journée d'été sans naage , il faudra à midi , avec un appareil siiièmc à un seul objectif, une fraction de seconde, à e heures du soir il faudra 3 ou 4 secondes, et à 7 heures, au moment où les objets sont encore inondés par la lumière chaude du soleil couchant, il ne faudra pas moins de 15 k SO secondes.
(3) Encore ici négligeons-nous de faire entrer en ligne de compte la plus ou moins grande sensibilité de la plaque, qui variera bien peu il est vrai, si l'on suit sans s'en écarter, la méthode prescrite par M. Eizeau.
(4) Ci-contre, nous donnons quelques inUicntionx sur la duree de l’exposition avec différents appareils :