IV. IODURE DE POTASSIUM
L’iodure de potassium est blanc; il cristallise en cubes, comme le bromure ; il attire l'humidité de l’air; il produit un abaissement considérable de température en se dissolvant dans l’eau ; il est fusible au-dessous de la chaleur rouge, et répand des fumées épaisses à une température plus élevée ; il présente, après la fusion, une masse cristalline et nacrée, qui exerce une réaction alcaline sur les papiers colorés.
Le meilleur procédé pour obtenir ce sel, est celui de MM. Baup et Caillot. Voici comment ces savants conseillent
d’opérer :
Iode . . . 1 kilog.
Limaille de fer . 300 gram.
Carbonate de potasse.. . . 832 gram.
On met dans une marmite de fonte environ 10 litres d’eau de pluie; on y ajoute successivement l’iode et le fer, jusqu’à ce que la liqueur soit en grande partie décolorée. On chauffe pour opérer la décoloration. On filtre la liqueur; on lave le
résidu de fer qui reste dans la chaudière ; on filtre, et l’on ajoute aux premières liqueurs. On a ainsi une dissolution étendue d’iodure de fer.
On verse dans cette dissolution un petit excès de carbonate de potasse, jusqu’à ce qu’il cesse de se former un précipitée On laisse reposer la liqueur ; on sépare par décantation le liquide qui surnage le dépôt qui s’est formé; on lave celui-ci à l’eau bouillante; on laisse reposer de nouveau; on sépare le liquide par décantation, et on réunit celui-ci aux premières liqueurs. On évapore le tout jusqu'à siccilé dans la marmite de fonte qui a servi à la formation de l’iodure de fer, et qu’on a eu soin de bien laver à cet effet. Le produit qu’on obtient, est de l’iodure de potassium mêlé d’iodure de fer. On redissout le sel dans l’eau, on filtre, on évapore de nouveau dans une capsule de porcelaine, en ayant soin de remplacer la perte produite par l’évaporation par l’addition d’une nouvelle quantité de dissolution. Quand les liqueurs sont trèsconcentrées, on laisse refroidir la capsule sur le bain de sable même. On obtient de fort beaux cristaux cubiques d’iodure de potassium.
Les eaux-mères fournissent, par des évaporations et des cristallisations successives, de nouveaux cristaux, dont les derniers ne sont pas purs, et que l’on garde pour les mêler aux liqueurs d’une nouvelle opération.
Il est plus avantageux de demander ce sel au commerce, à moins d’en faire une grande consommation.
§ V. HYPOSULFITE DE SOUDE.
Le procédé le plus expéditif pour préparer ce sel consiste à saturer une dissolution de carbonate de soude par l’acide sulfureux, puis à faire dissoudre du soufre à la liqueur, jusqu’à nouvelle saturation; pour cela, on opère de la manière suivante :
On prend un ballon de 2 litres de capacité, on le remplit à moitié d’un mélange fait avec quatre parties de soufre et cinq parties de péroxyde de manganèse. On place le ballon sur un fourneau, on le munit d’un bouchon terminé par un tube abducteur qui vient plonger dans une terrine remplie aux trois quarts d’une dissolution de carbonate de soude. En chauffant le ballon, il se dégage de l’acide sulfureux, lequel se combine à la soude et prend la place de l’acide carbonique.
La liqueur contient du bi-sulfite de soude; pour convertir le sel en hyposulfite, on verse la liqueur dans une grande casserole de terre, on ajoute un excès de soufre, on chauffe légèrement et on filtre. On conserve la liqueur dans des flacons
soigneusement bouchés, et on l’étend de plus ou moins d’eau, selon son état de concentration. Quelques essais sur lesquels nous insisterons dans la suite permettent de déterminer facilement la quantité d’eau dont il faut étendre la dissolution d’hyposulfite.
Au lieu de laisser l’hyposulfite en dissolution, on pourrait le faire cristalliser; pour cela, il suffirait d’évaporer les liqueurs avec un excès de soufre, de filtrer et de laisser reposer dans un lieu frais; mais il vaut mieux préparer l’hyposulfite en dissolution et le conserver dans cet état.