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CHAPITRE IL

CONDITIONS AUXQUELLES LE PAPIER DOIT SATISFAIRE POUR DONNER DE BONS RÉSULTATS.

§ Ier. PAPIERS POUR LES ÉPREUVES POSITIVES ET NÉGATIVES.

On ne trouve pas toujours dans le commerce des papiers propres aux opérations de la photographie. Leur qualité, variable à l’infini, est une cause d’insuccès, contre laquelle viennent échouer souvent les efforts les mieux dirigés. Nous nous sommes efforcés depuis longtemps de lever cette difficulté, et de rendre les opérations de la photographie indépendantes de la qualité du papier. Aujourd’hui, la qualité du papier est sans influence sur le résultat des opérations. On peut obtenir, sans difficultés , des épreuves irréprochables sur du papier ordinaire.

Dans les procédés primitifs, le papier imprégné profondément d’une liqueur impressionnable par la lumière, était le milieu où s’opéraient toutes les réactions chimiques, dont l’effet final produisait l’image.

Dans les procédés actuels, le rôle du papier se borne à celui d’un écran. On le recouvre d'une couche photogénique épaisse et consistante, dans l’intérieur de laquelle s’opèrent toutes les réactions.

Les deux méthodes peuvent être employées indistinctement , et fournissent des résultats également satisfaisants. Suivant les effets qu’on veut produire, on donne la préférence à l’une ou à l’autre des deux méthodes.

Le papier est-il d’une homogénéité parfaite et exempt de matières étrangères qui produisent ordinairement des taches dans les bains chimiques? La première méthode est plus avantageuse et plus expéditive.

Le papier est-il de qualité inférieure ou du moins privé de celles que le photographiste recherche? La seconde méthode doit être préférée; elle donne des résultats supérieurs à la première; avec du papier de qualité supérieure, les épreuves sont admirables.

De tous les défauts qu’un papier puisse présenter, le plus grave est sans comparaison l’inégalité d’épaisseur. Si l’on faisait, par exemple, une épreuve négative sur un papier vergé, on aurait une image qui accuserait les vergeures du papier, et qui serait ainsi traversée et formée successivement de rayures pales et foncées.

Avant d’ employer un papier pour faire des épreuves, il faut l’essayer. Si l’on a à choisir entre un grand nombre d’échantillons de papier, paraissant également bons, il suffira

d’en prendre un fragment de chaque sorte, de les appliquer sur une feuille de papier positif, et de les exposer à la lumière, comme si l’on allait faire une épreuve. La teinte que prendra le papier sera plus ou moins rayée, grenue ou limpide, en raison de l’homogénéité des papiers essayés; on connaîtra donc ainsi, et par avance, une des parties essentielles du bon effet que l’on peut attendre du papier qu’on emploiera, et on pourra choisir a\ec assurance celui qui sera le meilleur, c’est-à-dire celui qui donnera une teinte plus égale, plus limpide.

Nous voilà donc en possession d’un moyen de faire un choix judicieux du papier, sous le rapport le plus essentiel.

Passons maintenant aux autres qualités qu'il faut rechercher dans le papier négatif, en raison des effets qu'on désire obtenir.

Nous savons que, pour obtenir de telles épreuves, il faut imbiber le papier de la liqueur photogénique ; ici, va se montrer la fécondité de ce précepte.

Comme première conséquence, nous pouvons prévoir déjà que plus le papier sera léger, plus l’imprégnation sera facile et complète, et plus l’impression à la chambre noire s’accomplira activement.

Ainsi , lorsque l’on se proposera de reproduire la nature animée, le paysage avec figure, le portrait comme étude de physionomie, on choisira des papiers minces. L’action de la lumière sera plus prompte, et il suffira d’une exposition de quelques instants pour obtenir une épreuve d’une grande netteté.

Lorsque le modèle permet, au contraire, une exposition plus longue, on doit donner la préférence à un papier épais, Photographie sur papier, 2

parce que la couche photogénique étant à son tour plus épaisse , produit des effets plus puissants et des dégradations plus ménagées dans le passage de la lumière aux ombres.

Nous traiterons de ces effets dans le chapitre suivant. Nous ne les signalons ici que pour montrer le rôle important que le papier joue par son épaisseur dans les résultats et le parti qu’on en peut tirer suivant les effets qu’on veut obtenir.

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