III. PAPIERS SECS AU BROMURE D’IODE
La préparation des papiers au brômure d’iode a été décrite au§IV du chapitre IV. Passés à l’acéto-nitrate et séchés ensuite au papier buvard, comme il vient d’être dit pour les papiers au sérum, ils peuvent donner une épreuve à l'état sec, si l’exposition a lieu dans la journée de leur préparation.
On obtient un meilleur résultat en procédant de la manière suivante :
On verse dans une cuvette une dissolution de :
1 partie nitrate d’argent ;
30 parties eau distillée.
On dépose le papier sur la surface du liquide. Il faut prendre garde de ne pas laisser de bulles d’air entre la masse du liquide et le papier ; on laisse le papier une minute sur le bain , puis on le retire et on le fait égoutter eu le suspendant par un des angles ; on le dépose ensuite sur une surface imperméable bien propre, sur une feuille de verre, une table de marbre, un meuble verni ou une toile cirée, etc. On le laisse
sécher lentement, en évitant que le liquide ne se rassemble en masses séparées, ce qui produirait des taches sur les épreuves.
Si l’on éprouvait quelque embarras à opérer de la sorte, on pourrait sécher le papier entre plusieurs feuilles de papier buvard.
Dans un autre vase où l’on aura versé une dissolution de :
25 parties iodure de potassium , i partie bromure de potassium .
560 eau distillée,
on plonge entièrement le papier pendant une minute et demie, ou deux minutes si le papier est très-épais, en laissant audessus le côté nitraté; on le retire de ce bain, en le prenant par deux coins, et on le passe, sans le lâcher, dans un vase plus grand rempli d’eau distillée, afin de le laver et d’enlever tout dépôt de sel qui pourrait, sans cela, rester à la surface; puis, sur un cordon en fil blanc, tendu horizontalement, on l'attache avec des épingles par un ou deux coins, et on le laisse égoutter et sécher complètement. On l’enferme ensuite dans une boîte de carton, où on le conserve à l’abri de la lumière, et sans le tasser. Si on préserve ce papier de l’humidité, il est d’un usage excellent, plusieurs années après sa préparation.
Si quelques taches se formaient lorsqu’on passe le papier au bain d’iodure, il sera prudent de mettre les feuilles tachées à part, car les taches se communiqueraient aux feuilles avec lesquelles celles-ci seraient en contact.
Lorsqu’on veut disposer les papiers pour opérer à sec, on les passe au bain de bromure d’iode décrit au chapitre IV, § IV; lorsque le papier est sec, on forme un mélange de par-
lies égales d’acéto-nitrate d’argent et d'une dissolution saturée d’acide gallique. On fait, avec de la ouate de coton, un tampon bien doux, qu'on renouvelle à chaque opération; on l’imbibe légèrement de cette nouvelle dissolution , et on le passe doucement sur la surface du papier. Pour obtenir de bons résultats, il ne faut fournir au papier que la quantité de gallonitrate d’argent qui est absolument nécessaire pour le faire passer de la teinte violette, qu’il avait d’abord, au blanc pur, qu’il prend sous l’influence de la nouvelle préparation.
Indépendamment de cette précaution, il est encore necessaire d’essuyer de suite le papier ainsi blanchi entre plusieurs feuilles de papier buvard ; on le place enfin sur un lit de papier doublure, également sec, entre les deux verres du châssis de la chambre noire.
Le papier ainsi préparé se conserve comme ceux au sérum Pendant l’hiver, le papier préparé dans la journée est bon jusqu’au lendemain.
Ces trois genres de papiers, que l’on peut employer à sec, ne sont pas également propres à tous les sujets : on obtient des noirs puissants avec les papiers au sérum; une grande douceur, beaucoup de velouté, avec ceux à l’albumine; un effet plus uniforme, moins puissant, avec ceux au bromure d'iode.