III. MOYENS POUR DÉCOLORER LES EPREUVES NÉGATIVES SUR PAPIER
Nous venons de voir qu’une épreuve trop faible, sur papier ou sur glace, pouvait être renforcée : nous allons nous occuper maintenant du problème contraire , et traiter des moyens d’affaiblir une épreuve trop colorée. Celle nouvelle opération est plus délicate que la première, car il faut conserver à l’épreuve toute son harmonie, et affaiblir la valeur des lumières et des ombres, sans changer leurs rapports relatifs.
Le cyanure de potassium, les acides minéraux énergiques, comme l’acide chlorhydrique, et l’acide nitrique, ne peuvent être employés à cet usage. Leur action s’exerce avec trop d’énergie sur les demi-teintes du dessin.
Pour juger si une épreuve est trop colorée, il ne faut pas se contenter de l’examen de la surface; il faut la regarder par transparence, car la coloration d’une épreuve 11e résulte pas seulement de l’ intensité de- la nuance des
parties colorées, mais encore de l’opacité plus ou moins grande de ces parties, et de la résistance qu’elles opposent à la lumière, lorsqu’on tire à leur aide des épreuves positives.
II en résulte que pour diminuer la coloration d’une épreuve, on peut avoir recours à deux moyens.
Le premier consiste à rendre les noirs plus transparents , et le second à les atténuer : on peut même combiner dans certains cas ces deux moyens avec avantage. L’emploi de l’un n’est pas un motif d’exclusion pour l’emploi de l’autre.
Lorsque l’épreuve trop colorée est une épreuve sur papier, on augmente sa transparence au moyen de la cire, et lorsqu’elle est sur glace, au moyen d’une couche de vernis. Si ce moyen est insuffisant, on peut avoir recours au bain d’hyposulfite, surtout si l’épreuve a été fixée au bromure de potassium.
On peut avoir recours encore au bromure d’iode.
Bans une cuvette d’une grande et profonde dimension,
moitié pleine d’eau, on verse quelques gouttes de bromure d’iode saturées de brome; on agite. La liqueur doit se colorera peine; si elle prenait une teinte jaune, on aurait trop mis de bromure d’iode, et il faudrait étendre la liqueur d’une nouvelle quantité d’eau.
On reconnaît que la liqueur a atteint le degré de concentration convenable, en y trempant une bande de papier ordinaire. Ce papier doit prendre, en séchant, une teinte lilas.
On plonge dans le bain l’épreuve négative qu’il s’agit d’affaiblir; cette épreuve doit avoir été préalablement cirée au moyen d’un chiffon de papier un peu raide; il faut empêcher aussi, avec le plus grand soin, la formation de bulles d’air à la surface du papier.
An bout, de quelque temps, l’épreuve prend une teinte lilas, puis violette, et enfin bleue. Lorsque l’épreuve a pris celle nuance, on la plonge dans une dissolution d’hyposulfite de soude acidulée. Dans ce nouveau bain, l’épreuve se décolore : elle devient d’autant plus claire, que sa nuance dans le bromure d’iode était plus foncée. Au bout d’une minute, lorsque le papier a repris toute sa transparence, on lave l’épreuve à grande eau, et on la laisse séjourner plusieurs heures dans une cuvette remplie d’eau , qu’on renouvelle de temps en temps.
Lorsque l’épreuve a été dépouillée de tout son hyposulfite, on la pend par un angle, à un cordon qui a été tendu à cet effet , ou on la fait sécher entre plusieurs feuilles de papier buvard.
Il nous est impossible de donner des indications plus précises sur le temps que l’épreuve doit séjourner dans les différents bains. L’action qu’il faut produire dépend du degré de coloration de chaque épreuve. Il en résulte que pour chaque épreuve, la durée de l’immersion doit être différente. Heureusement, toutes ces opérations s’accomplissent sans interruption sous les yeux de l’opérateur, et avec un peu d’attention il est facile de reconnaître le moment où il faut retirer les épreuves et les passer d’un bain dans un autre.
Avec le bromure d’iode , comme avec l’hyposulfite de soude, il est avantageux de procéder .avec réserve. Si après un premier bain, l’épreuve n’est pas assez décolorée, rien ne s’oppose à ce qu’on la soumette à l’action d’un nouveau bain.