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VII. MOYENS POUR MULTIPLIER LES EPREUVES NÉGATIVES

On peut reproduire une épreuve négative de deux manières : par décalque , et au moyen de la chambre noire.

Parlons d’abord de la reproduction par décalque.

On passe à l’acéto-nitrate une glace albuminée , en se conformant aux préceptes (pie nous avons donnés § V, chap. IV. Après avoir lavé la glace à l’eau distillée , on la fait sécher lentement.

Lorsque l’albumine est bien sèche , ce qui demande au moins une demi-journée , on la met en contact avec la surface impressionnée de l’épreuve négative qu’il s’agit de reproduire. On presse l’épreuve sur la glace , au moyen de deux autres glaces , exactement comme dans le tirage des épreuves positives.

11 est indispensable de préserver le revers de la glace albuminée de l’action de la lumière : Après une exposition de deux à six. secondes si l’on opère au soleil , et de quinze à trente si l’on opère à l’ombre , on passe la glace à l’acide gallique ; on s’arrange pour que l’image se développe lentement et régulièrement. 11 faut donc procéder avec réserve à l’exposition.

On vient d’obtenir , par cette opération , une épreuve positive sur glace , dont on se sert ensuite pour multiplier , autant de fois qu’on le veut , la première épreuve négative.

On pourrait croire peut-être qu’une épreuve positive ordinaire remplirait le même emploi, mais il n’en est rien, et l’expérience viendrait bientôt le démontrer aux opérateurs qui voudraient éviter ce tirage spécial ; car , quelque puissantes que soient les épreuves positives, elles ne le sont jamais assez pour reproduire par décalque de bonnes épreuves négatives.

Lorsqu’on possède une bonne épreuve négative, on peut se dispenser d’en produire de nouvelles, à moins qu’on no veuille en modifier le caractère général et produire alors , avec facilité et par le même procédé , des épreuves positives tout-à-fait différentes. On peut, en effet, en se conformant aux indications que nous avons données, animer ou affaiblir les lumières , augmenter ou diminuer le passage des ombres aux pleines lumières , et disposer les effets secondaires en vue du sujet principal.

La reproduction des épreuves négatives est encore possible, par des moyens optiques.

Lorsqu'il s’agit de reproduire une épreuve négative, au moyen de la chambre obscure, on se sert d’une belle épreuve

positive comme d'une gravure, et l’opération rentre toul-à-fait dans ce que nous avons dit de ces sortes de reproductions.

Lorsqu’on reproduit une épreuve par celte méthode , on peut donner à la nouvelle épreuve plus de finesse que n’en a celle qui a servi de modèle , et pour cela il suffit d’en réduire les dimensions dans la chambre noire.

On peut faire l’opération inverse , c’est-à-dire , avec une épreuve petite , obtenir une épreuve plus grande. Pour cela , il suffit de rapprocher beaucoup la première épreuve de l’objectif, et d’éloigner le tiroir qui porte le châssis, au moyen d’une seconde boîte qui s’adapte sur ce tiroir.

Pour que l’image qui se produit dans ces nouvelles conditions, soit régulière et sans difformité , il faut déterminer par tâtonnement le point où il convient le mieux de placer l’épreuve extérieure et d’arrêter le tiroir.

L’avantage qu’il y a à multiplier ainsi les épreuves négatives qu’on possède, lient à ce qu’on peut remplacer un cliché sur papier par un cliché sur verre , dont l’emploi est à la fois plus commode et donne de meilleurs résultats.

Toutes les épreuves positives indistinctement ne sont pas propres à fournir de bons clichés. Il faut éviter , avec grand soin , d’employer à cet usage une épreuve dont le papier serait grenu ; et pour affaiblir l’impression que les grains produiraient sur la glace , il faut choisir une épreuve positive très-colorée et l’affaiblir en la faisant tremper dans un bain d’hyposuffite. L’action de ce sel détruit toute la couleur des clairs ; il est vrai quelle affaiblit en même temps la vigueur des ombres ; mais en raison de la puissance un peu exagérée qu’on leur avait donnée, cet affaiblissement ne trouble pas du tout l'harmonie du tableau.

Enfin , par des retouches habiles , on peut améliorer une épreuve et effacer les traces que le pinceau ou le crayon auraient pu laisser de leur passage , en reproduisant cette épreuve à la chambre obscure, comme si c’était une gravure ordinaire. I)e cette manière , on obtient une nouvelle épreuve où l’art et la photographie se sont réunies pour donner au tableau plus de charme et de variété.

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