VIII. MOYENS POUR RENFORCER LES ÉPREUVES POSITIVES
Les épreuves positives peuvent être renforcées par l'acide gallique, tout aussi bien que les épreuves négatives.
Cependant, il y a deux conditions qu’il faut observer, pour arriver à des résultats satisfaisants : La première, c’est que le papier ne contienne pas la plus légère trace de sel photogénique; et la seconde, c’est que le papier soit soumis à l’action de l’acide acétique cristallisable , avant d’ètre passé de nouveau à l’acide gallique. L’acide acétique limite l’action de ce dernier acide, aux seules parties colorées de l’épreuve»
Lorsque l’épreuve a été passée à l’acide acétique, elle doit être transparente, et avoir le même aspect qu’une feuille de papier huilé.
Lorsque les épreuves sont grenues, il est impossible de les renforcer, car le papier contient un excès de sels photogéniques , qui noircirait sous l’influence de l’acide gallique, au point de rendre l’épreuve tout-à-fait noire.
Photographie sur papier. ii
Mais si l’épreuve est bien transparente, alors l’acide gallique additionné de deux ou trois gouttes d’acéto-nitrate, produit tout son effet, renforce l'image, sans compromettre l’épreuve.
Lorsque l’épreuve est arrivée au point de coloration convenable, on arrête l’action de l’acide gallique, en plongeant l’épreuve dans un bain d’hyposulfite. Ce bain doit être concentré. Il est même avantageux d’employer de l’hyposulfite qui n’ait jamais servi. Son action est plus énergique, et les blancs du dessin prennent plus d’éclat.
Si on voulait se servir d’une vieille dissolution d’hyposuliite, on le pourrait encore, mais il faudrait alors l’additionner d’acide acétique, et laver l’épreuve à grande eau, lorsqu’on la sortirait de l’acide gallique.
Sous l’influence de l’acide gallique, l’épreuve se colore en rouge, mais cette coloration disparaît bientôt sous l’influence de l’hyposulfite acidulé, et les épreuves prennent une teinte noire d’un aspect de gravure à l aqua linlâ, qui leur donne beaucoup d’éclat et de fermeté. 11 faut à peu près de 8 a 10 minutes pour que cette nuance se produise. Lorsque l’épreuve a pris enfin l’aspect qu’on désirait, on la sort de l’hyposulfîte, on la lave ;i grande eau, et on la laisse tremper pendant une demi-journée dans une cuvette, dont on renouvelle l’eau de temps en temps.
Après ce traitement, l’épreuve, qui dans le principe était grise et blafarde, est devenue brillante et vivement colorée, mais pour que cet effet se produise, il faut que l’épreuve n'ait pas conservé de sels photogéniques, lorsqu’on l’a fixée ali sortir de la chambre noire.
Ainsi, une épreuve trop peu venue , par suite d’une expo-
sition insuffisante, peut être renforcée, en suivant le procédé que nous venons de décrire; par le même procédé, on peut rendre à une épreuve trop décolorée par l’hyposulfite tout sou éclat primitif.
Enfin, ce traitement peut changer la coloration d’pne épreuve qui serait défectueuse sous ce rapport, et lui donner tout le charme d'une épreuve bien réussie.
Si, au lieu d’obtenir des épreuves d’une nuance noire, on voulait leur donner une couleur de sépia, il faudrait remplacer le bain d’hyposulfite acidulé par un bain de bromure de potassium. Mais nous ne pouvons pas affirmer que dans ce dernier cas, l’épreuve se conserverait aussi bien, ni aussi longtemps; les expériences que nous avons faites étant trop peu nombreuses et trop récentes, pour nous permettre de rien affirmer à cet égard.