IX. MOYENS POUR DÉCOLORER LES ÉPREUVES POSITIVES
Lorsqu’une épreuve positive est trop colorée, ou que sa coloration est trop uniforme, soit qu’on ait abusé de l'exposition, ou que le bain d’hyposubile acidulé ait trop renforcé le ton général de l’épreuve, on peut l’améliorer d’une manière remarquable, en la passant dans un bain de bromure d'iode très-étendu, comme nous l’avons conseillé pour les épreuves négatives.
Il faut que le bromure d’iode ait à peine coloré l’eau. On fait tremper l’épreuve dans le bain , en ayant soin de chasser les bulles d’air qui pourraient adhérer à sa surface et rendre le contact imparfait entre le papier et le liquide. Il faut agiter doucement l’épreuve, il faut aussi opérer de préférence à la lumière du jour, afin de mieux suivre le travail qui se produit. Lorsque l’envers de l’épreuve prend une légère teinte lilas, c’est la preuve que le papier ne contient pas un excès d’hyposulfite , et le succès de l’opération est assuré.
Si réprouve qu'il s’agit d’améliorer est trop ferme et manque de dégradation dans le passage des lumières aux ombres, il faut prolonger l’action du bromure d’iode, jusqu’à ce que les parties blanches du dessin soient devenues bleu clair. Il est temps alors de faire cesser l’action du bromure, ce qui a lieu au moyen de l’iiyposulfile , comme dans toutes les actions de ce genre. '
Lorsque l’hyposulfite a produit tout son effet, on lave l’épreuve à grande eau, et on la fait sécher par les procédés ordinaires.
Sous l’influence de ce traitement, l’épreuve qui manquait de douceur et de modelé, a changé complètement d’aspect, et les demi-teintes qui avaient trop de valeur , sont accusées maintenant de la manière la plus satisfaisante, et donnent au tableau l’harmonie qui lui manquait.
Il nous est difficile de préciser plus que nous venons de le faire, le degré de concentration auquel il faut employer le bromure d’iode, et le temps que doit durer son action : l’effet qu’il s’agit de produire dépend de la coloration de l’épreuve sur laquelle on opère, et l’effet qu’il faut produire, pour en améliorer le dessin, varie avec chacune d’elles.
Lorsque le bromure d’iode agit trop vite, l’épreuve manque d’harmonie et de modelé , les parties colorées sont attaquées avec trop de vigueur; lorsque le bromure agit trop longtemps, le résultat qu’on obtient est encore défectueux, et les lumières deviennent trop larges.
Comme dans toutes les opérations de ce genre, on se trouvera bien de procéder avec circonspection; on aura tout avantage à rester en deçà de l’action que le bromure d’iode peut produire; de celle manière on se ménage la faculté
de revenir sur ses pas, et de compléter par un second bain de bromure d’iode, l’action insuffisante du premier. Cette recommandation est d’autant plus importante, qu’il est impossible de renforcer par l’acide gallique une épreuve qui a été trop affaiblie par le bromure d’iode. La coloration de l’épreuve augmente bien, mais elle se voile, et le résultat est défectueux, car elle manque alors de netteté, de modelé, et de demi-teintes.