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III. TRANSFORMATION DE LA CHAMRRE NOIRE EN CHAMBRE BLANCHE

Parmi les améliorations les plus importantes que nous ayons pu apporter aux anciens procédés de la photographie , nous signalerons , en première ligne, la transformation de la chambre noire en chambre blanche.

En collant du papier sur les parois intérieures de la chambre blanche , ou, ce qui est préférable encore , en les couvrant d’une couche de couleur à la colle, on augmente l’impressionnabilité des papiers et des glaces dans la proportion de 9 à 15, c’est-à-dire de près de moitié.

Indépendamment de l’accélération de vitesse , Limage présente plus d’harmonie dans son ensemble , le passage des ombres aux lumières est moins sec et plus tempéré.

Ce résultat est d’autant plus précieux, que les épreuves pèchent ordinairement par des contrastes exagérés, surtout lorsqu'on opère sur glace.

Un résultat qui est plus précieux encore , c’est que les cou-

leurs verte, jaune et rouge, qui produisent si peu d’action sur la couche sensible, lorsqu’on opère avec la chambre noire, s’accusent beaucoup mieux lorsqu’on a recours à la chambre blanche.

Enfin, l’emploi de la chambre blanche permet la formation de l’image, avec une lumière qui ne l’eût jamais permis avec une chambre noire, quelle que fût la durée de l’exposition.

Il résulte de ce qui précède, que la chambre blanche présente de grands avantages sur la chambre noire. On a contesté, il est vrai, l' exactitude de nos assertions , Malheureusement , dans les questions de pratique , une expérience bien faite est plus concluante que tous les raisonnements du monde , et aux personnes qui se montrent opposées à la chambre blanche , nous nous bornerons à répondre : recommencez-en l’essai. Si vous échouez dans vos nouvelles tentatives, recommencez encore, et il viendra un moment où vous reconnaîtrez que l’insuccès tient à l’opérateur, et non à l’appareil.

Photographie sur papier.

5 If» NOUVEAU PROCÉDÉ, PLUS FACILE ET PLUS SUR

pour LÀ Préparation dès glaces

ALBUMINÉES,

On bat les œufs en neige comme à l'ordinaire, mais sans addition de substances étrangères, et on les laisse se liquéfier ; on filtre le liquide au papier buvard.

On nettoie les glaces que l’on veut albuminer avec le plus grand soin à l’eau d’abord , puis à l’alcool. Lorsque les glaces sont propres, on les place l’une après l’autre sur un support métallique à claire voie , comme ceux qui servent à passer les plaques au chlorure d’or, dans la photographie sur métal. On chauffe la glace au moyen d’une petite lampe à alcool. On promène la flamme de la lampe sur toute la surface de la glace, afin qu’elle s’échauffe bien également. Lorsqu’elle a atteint environ 40 ou 50 degrés, on verse sur la face supé-

rieure une ou deux cuillerées d’albumine filtrée , on chauffe encore un peu , puis on incline la glace afin de laisser couler l’excès d’albumine.

Pendant que l’albumine s’écoule, on chauffe une forte glace qui est fixée dans un cadre de bois, de manière à former le fond d’une boite ou d’une cuvette; la face intérieure de la glace est couverte d’un drap , dont les extrémités viennent se fixer sur les quatre faces du cadre.

Lorsque la glace est chaude , on verse sur le drap un peu d’acide acétique cristallisable , et renversant le cadre sur luimême, on l’applique sur un second cadre en bois au fond duquel on a placé la glace albuminée.

Tout l’appareil se compose donc d’une boite en deux parties : l’une des parties a un fond en bois, et l’autre un fond en glace; la partie qui a le fond en glace , forme le dessus de la boite, et la partie qui a le fond en bois, le dessous.

Sous l’influence de la chaleur de la glace chauffée , l'acide acétique se change en vapeur; la vapeur vient agir sur l’albumine de la glace , et la coagule au bout de deux ou trois minutes. La glace prend alors un aspect mat, qui ressemble sous quelque rapport au biscuit de porcelaine.

Pendant qu’une glace est exposée à l’action de l’acide acétique, et que son albumine se coagule, on recouvre une seconde glace d’albumine, de manière que lorsque la première est coagulée , la seconde est prête à prendre sa place dans la boîte.

Si l’on veut employer les glaces immédiatement , il faut compléter leur dessiccation au moyen de la lampe à alcool, dont on modère la chaleur en éloignant la flamme. Lorsqu’on n’est pas pressé, il suffit de mettre les glaces à côté les unes

des autres sur une surface bien horizontale , leur dessiccation s’opère d’elle-même, et dans un temps assez court.

Il est important, dans le cours des opérations , de bien caler le support sur lequel on place la glace, pour la chauffer et la recouvrir d’albumine , afin que la couche ait une épaisseur bien égale. Il est important encore de veiller à ce que la glace soit chaude, lorsqu’on la dépose dans la boite à acide acétique, afin que les vapeurs de cet acide ne viennent pas se condenser à sa surface.

Le procédé que nous venons de décrire l’emporte de beaucoup sur tous ceux qu’on a proposés jusqu’ici, et sur ceux que nous avons proposés nous-mêmes, par la facilité avec laquelle il permet d’étendre l’albumine en couche uniforme , et par l’adhérence que cette couche acquiert sur la surface de la glace.

Pour rendre les glaces ainsi obtenues photogéniques , on procède de la manière suivante :

On dissout dans cent parties d’eau distillée, cinq parties de nitrate d’argent.

On plonge une glace dans cette dissolution , on la retire, et on la frappe sur la table par l’un de ses angles, afin de faire tomber les gouttelettes du liquide qui sont déposées à sa surface, après quoi on la laisse sécher, en la maintenant toujours dans une position verticale. Lorsque la glace est sèche, onia plonge dans un nouveau bain, composé de cinq parties d’iodure de potassium, et de cent parties d’eau, et on procède ensuite comme au sortir du premier bain.

Les glaces ainsi préparées se conservent fort longtemps, des mois entiers, sans rien perdre de leurs bonnes qualités.

Lorsqu’on veut se servir d’une glace ainsi préparée, on la

passe à l’acéto-nitrate d’argent, en se conformant aux indications que nous avons données à cet égard.

Avec ces nouvelles glaces , les agents accélérateurs , le fluorure, ou mieux encore, le cyanure de potassium ne produisent pas au même degré, tant s’en faut, les accidents que nous avons signalés, et qui rendent leur emploi si difficile.

Du reste, les glaces préparées comme nous venons de l'indiquer, sont très-sensibles à l’action de la lumière, et on peut se dispenser, dans la plupartdes cas, d’avoir recours aux agents accélérateurs. Lorsqu’on fait venir l’image à F acide gallique, il faut se tenir en garde, car on est bien plus exposé à dépasser la limite, qui assure à l’épreuve toutes les qualités, qu’à rester en-deçà.

Lorsqu’on emploie l’albumine, additionnée de miel et d’iodure de potassium, suivant la méthode de M. Niepcede St-Yictor , on trouve de grands avantages à la coaguler sur les plaques de verre , en exposant celles-ci aux vapeurs de l’acide acétique, comme nous venons de le décrire.

Cette seule modification dans le procédé de M. Niepce, suffit pour changer totalement le caractère et la valeur des épreuves.

Les épreuves sur albumine manquent le plus ordinairement d’harmonie et de modelé. Le passage des lumières aux ombres s’y fait trop brusquement. En employant l’acide acétique pour coaguler l’albumine, on évite en grande partie ce défaut; les épreuves n’offrent plus les oppositions exagérées qui les déprécient.

L’emploi de l’acide acétique a encore un autre avantage, il rend les plaques préparées à l’avance moins déliquescentes et, d'une meilleure conservation.

Lorsqu'on emploie l’albumine additionnée de miel , et coagulée par les vapeurs d’acide acétique, il faut apporter les soins les plus minutieux dans le lavage des épreuves, lorsqu’on les sort du bain d’acide gallique et d’hyposulfite. Des mouvements trop brusques pourraient faire détacher l’albumine ; lorsque l’albumine est humide, elle n’adhère presque pas à la glace, bien qu’après la dessiccation son adhérence soit excessive.

Lorsque l’albumine est sèche et que l’épreuve est terminée , elle a lout-à-fait l’aspect d’un biscuit de porcelaine , et il faut s’être convaincu, par expérience , qu’elle donne d’excellentes épreuves positives , pour être rassuré sur sa valeur.

Lorsque l’action de l’acide acétique a été trop énergique, ou que la eouc}ie d’albumine est un peu trop épaisse , il arrive alors que l’épreuve positive est voilée. Pour remédier à cet inconvénient, il sufiit de vernir l’épreuve négative, elle acquiert aussitôt toute la transparence qui est nécessaire pour former d’excellents produits,

| y. PAPIERS

Les papiers négatifs albuminés, en suivant la méthode qu« nous avons décrite au c}iap. IV, § III, sont d'un emploi plus facile et assurent de meilleurs résultats, si on coagule 1’albu-* mine avec les vapeurs d’acide acétique.

On emploie pour opérer cette coagulation , une boîte profonde qui ferme parfaitement. Dans le fond de cette boîte, on dépose une ou plusieurs capsules remplies d’acide acétique cristallisable. Le papier est pendu dans l’intérieur de la boîte au moyen de cordons disposés à cet effet; la boite étant bien fermée, au bout de vingt-quatre heures, les vapeurs d’acide acétique ont produit tout leur effet.

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