VIL EPREUVES POSITIVES OBTENUES EN QUELQUES SECONDES
Jusqu’à présent la photographie a été bannie du domaine de l’industrie , ses produits sont trop chers , et les procédés qui servent à les obtenir trop longs et trop compliqués , pour qu’on ait pu établir des fabriques d’épreuves, comme on établit des imprimeries en taille douce , ou des ateliers de lithographie.
Dans les circonstances présentes , on ne peut pas obtenir plus de trois à quatre épreuves positives par jour , avec la même épreuve négative, et encore chaque épreuve positive exige-t-elle un traitement de plusieurs jours. Aussi chaque épreuve se vend-elle de 5 à 10 francs.
Par le procédé que nous allons décrire chaque épreuve négative peut facilement fournir deux ou trois cents épreuves
par jour , qui peuvent être terminées le même jour, et dont le prix de revient n’est pas de plus de 5 à 15 centimes.
Ainsi, dans une usine où 30 ou 40 clichets fonctionneraient journellement , on pourrait facilement produire quatre à cinq mille épreuves par jour , à un prix assez modéré pour que la librairie pût y avoir recours pour illustrer ses publications.
Voici en quoi consiste le nouveau procédé :
On passe du papier àl’acéto-nitrate d’argent , en suivant la méthode que nous avons tracée chapitre V , page 62. Le papier doit être préparé par le procédé que nous avons décrit chapitre IV, § II, avec cette différence qu'on ajoute un gramme de cyanure de potassium par litre de sérum.
On doit choisir par économie un papier mince : il absorbe moins de sel d’argent.
L’acéto-nitrate qu’on emploie doit être bien blanc, et composé de la manière suivante :
Nitrate d’argent. ....... 1 partie.
Eau distillée. . . 6
Acide acétique cris tallisable . .... 3
Lorsque le papier est devenu transparent, on le sèche complètement entre plusieurs feuilles de papier buvard , suffisamment renouvelées. Si on n’emploie pas le papier immédiatement , on empile les feuilles les unes sur les autres , de
manière à les maintenir dans un état constant d’humidité. En
prenant cette précaution on peut attendre plusieurs heures , sans inconvénient, avant d’employer le papier.
Pour obtenir une épreuve positive , on se sert de ce papier comme du papier positif ordinaire. On met la face nilralée en contact avec l’image de l’épreuve négative ; on enferme le
elichet et le papier dans un châssis, de manière à faire naître un contact aussi parfait que possible , on expose ensuite le châssis à la lumière : au soleil cinq à six secondes suffisent ; à l’ombre il en faut 30 ou 40. Dans l’intérêt du travail de la journée , il faut considérer les premières épreuves comme des essais , pour déterminer le temps de l’exposition.
Au sortir du châssis , l’épreuve est plongée dans un bain saturé d’acide gallique , dans lequel on a dissous préalablement un ou deux pour cent d’acide acétique cristallisable. L’épreuve se développe alors dans toutes ses parties. Elle prend d’abord une teinte rouge qui passe ensuite au brun foncé.
Lorsque l’épreuve a pris un ton assez ferme, on la retire du bain d’acide gallique , et on la passe dans un bain d’hyposulfite acidulé très-concentré. Sous l’influence de l’hyposulfite, les parties de l’image qui avaient conservé un ton roux le perdent complètement ; le ton général devient noir , et le papier qui avait pris une teinte jaune-citron reprend toute sa blancheur. En général , huit à dix minutes suffisent pour que l’hyposulfite ait produit toute son action.
En sortant du bain, l’épreuve est lavée à grande eau et mise à dégorger dans une cuve pleine d’eau , que l’on renouvelle de temps en temps.
On pourrait aussi, par cette méthode, obtenir des épreuves positives sur du papier albuminé.
Les épreuves négatives sur albumine , et en particulier celles sur glace, sont d’un emploi plus facile et donnent des épreuves plus parfaites.
La possibilité de produire avec facilité et en nombre considérable de bonnes épreuves positives, est due à l’addition de
l'acide acétique dans les bains d’acide gallique et d’hyposulfite de soude. Sans le secours de cet acide on obtiendrait des épreuves sans uniformité, d’une nuance rousse et terne, qui les rendrait inacceptables comme produit d’art, et par conséquent comme produit de consommation.
FIN DI L APPENDICB.