IL
Les 08 qui entrent dans la composition du crâne de l'homme sont au nombre de huit : tous sont représentés sur la pi. XI; ce sont : le coronal ou frontal, fig. 1 ; l'occipital , fig. 2 ; l'ethmoïde , fig 3 ; les deux pariétaux , fig. 4 et S ; le sphénoïde , fig. 6 ; et les deux temporaux, fig. 7 et 8.
Dans presque tous les cours d'anatomie et dans les ouvrages eur le môme sujet, on commence toujours la description des os du crâne par le coronal ; ce-
I)cndant d'autres auteurs ont préféré , et nous croyons avec juste raison , commencer par celui de tous les os qui servait de support à tous les autres, celui qui avait avec eux plus de connexions ; nous voulons i)arlcr du spliénoïde. C'est aussi par lui que nous croyons devoir commencer la description des os entrant dans la composition du crâne.
!îu sphc-noi'lr.
Cet os est appelô spliénoïde, de deux mots grecs Ep^y signifiant coin, et de la particule ^ifc^ entraînant avec elle l'idée de similitude ou ressemblance. Les anciens anatonusies avaient comparé sa forme à celle d'une chauve-souris dont les ailes seraient étendues : on est d'abord frappé de cette comparaison, dont un examen attentif ne tarde pas à faire voir le peu de justesse.
Le sphénoïde occupe le milieu de la base du crâne , dont il forme presque à lui seul la plus graode partie de la fosse moyenne , voir la pi. V, fig. 2. Voici quelles sont de ses faces celles qui peuvent présenter de l'intérêt au phrénologiste : celle qui répond au cerveau, face cérébrale, pi. XI, Og. 6 , et pi.- XI bis, fig. 6. Toute cette surface , comme on le voit, est assez inégale : elle se trouve recouverte pat- la inembvane dure-mère. Voici les principales choses que l'on y observe : exactement au milieu, voir la planche XI, fig. 6, une fosse destinée à loger le corps pituitaire(I) , d; au-devant de cette fosse et plus en dehors , deux apophyses triangulaires , a , a , ailes d'Ingrassias , à la base desquelles se trouvent deux trous, c, c, destinés 'À laisser passer les nerfs optiques; au-devant de ceux-ci , une surface lisse sur laquelle reposent les nerfs olfactifs.
Les parties latérales de la face cérébrale du sphénoïde sont très-importantes àconnaUre (Gall et tous les auteurs qui ont écrit après lui sur la phrénologie , n'ont rien dit sur les organes qui s'y trouvent logés) ; leurs usages sont encore généralement inconnus. Une grande fente et trois trous se remarquent dans les fosses latérales; la fente résulte de l'écartement placé entre les grandes et les petites ailes , 10, 10. Les trous placés sur la même ligne, sont le grand rond, 7,7, destiné au passage du nerf maxillaire supérieur ou deuxième branche du nerf trifacial ; le trou ovale , l] , H , par lequel passe le nerf maxillaire inférieur ou troisième branche du nerf précité ; enfin , le petit rond ou sphéno-épineux, 12 , 12, à travers lequel passe l'artère qui va se distribuer à la duremère, et former à la surface interne du crâne ces rameaux indiqués sur la fig. 1 de k pi. V.
Voici les principaux points de la surface cérébrale des grandes ailes , que les
(1) Les usages (le ce corps qnc quelques analomislcs ont assimile' improprement aux glandes , ne sont pas connus. Ce qu'il y a de certain , c'est que nous l'avons (rouvé cbrz tous ks maramilèrcs , les quadrupèilcs tl les oiseaux dont nous avons disséqué les cerveaux.
DB PHBÉNOLOGIE. 45
phrénolocislcs ne doivent pas ignorer, et sur lesquels nous croyons devoir fixer leur allenlion (1). Nous diviserons cette répiou en trois parties : 1° Une antérieure et irlerne , 2 : elle répond dans l'orbite , et en forme la partie externe la plus profonde. 2" Une supîy-ieure, 1 : clic répond en deliors à la région temporale inférieure, et se trouve recouverte au dehors par les fibres du muscle temporal. Nous verrons plus loin que l'épaisseur des fibres de ce muscle peut devenir un obstacle à saisir , sur le vivant , le développement de la partie cérébrale occupant celte région. Nous indiquerons cependant quelques signes qui peuvent quelquefois servir à l'apprécier. La troisième région est celle marquée è : il est impossible de saisir à l'extérieur son développement , lorsque le crâne est entouré de ses parties molles. Sa surface externe répondu la fosse zigomalique. La fosse gutturale du sphénoïde (voir la planche X , fig. 6 , oii le sphénoïde se trouve représenté de manière à faire voir la face opposée à celle que nous venons de décrire) offre peu d'ifttérêt pour le phrénologistc : elle est extrêmement irrégulière et présente à sa partie moyenne une crête, 8, 8, fig. 6, pi. X his , qui s'articule avec l'os connu sous le nom de vomer. En dehors de celte crête, se voient de chaque côté deux rainures pour l'articulation de ces deux os. Plus en dehors, un appendice osseux connu sous le nom de ptérygoïde. Toute celte surface est, comme on '/; voit, très-irrégulière , et recouverte par la membrane pituilaire : elle donne attache à plusieurs muscles appartenant au voile du palais. Nous laissons de côté et à dessein une foule de petits détails minutieux , iusignifians pour le physiologiste , et qui ne doivent trouver leur place que dans un ouvrage d'analomie purement topographique. L'os sphénoïde s'articule avec le coronal, par les grandes et les petites ailes ; avec le vomer , par la partie moyenne de sa face inférieure ; avec les temporaux , par les parties latérales des grandes ailes ; avec l'occipital , l'ethmoïde , les os palatins et de la pommette ; enfin avec les pariétaux.
S IV
De rettmo'ùle.
Cet os, d'une forme assez singulière , est composé d'une substance presque entièrement compacte. Les anciens l'avaient comparé à une éponge , probablement à cause de la grande quantité de trous et de cellules résultant de son mode particulier de slru'clure ; il est situé à la partie antérieure et moyenne de la base du cnnie. Les anciens l'appelèrent etlimoïde de l'expression II'^/^3l crible , et de celle i(V;ç signifiant ressemblance. Sa forme est à peu prés celle d'un cube : il
(l) L<^ (Ii'veloppomfut donc.'; parties ne peut être appre'eio pendant la vie. Il csl absolumcul nécessaire, pour hicn coniprciilrc nos descriptions, J'exainiacr le dessin.
est composé d'une grande partie de lames mJnccs évidemment destinées à augmenter son étendue , et conséquemment celle de la membrane mince qui le tapisse.
Cet 03, ayant une forme cubique, présente nécessairement six faces; nous en examinerons seulement deux : celle qui répond au cerveau ou face cérébrale , face sui)érieure , fig. 3 , pi. X bis, et id. (ig. , pi. XI bis ; et celle qui répond aux fosses nasales ou face inférieure , id. pi. , fig. 3.
Au milieu de la face supérieure ou cérébrale de l'eUimoïde , se voit une crête a , a , a , a , ayant une forme triangulaire , légèrement aplatie sur les côtés ; elle est décrite dans les ouvrages d'anatomie , sous le nom de crête etbraoïdale , apopbyse crista galli ; sa base est fixée et fait corps avec l'ethmoïde ; son sommet doime allache à la partie antérieure du repli de la dure-mère , désigné sous le nom de faulx , voir la pi. LXXXII his. Sur les côtés de la crête ethmoïdale, se voient une multitude de trous destinés au passage des nerfs olfactifs : le nombre , l'étendue et la forme de ces trous varient beaucoup chez l'homme et encore plus chez les animaux , comme nous le verrons par la suite, ta dépression peu profonde et assez large que l'on voit sur les côtés de la crête elhmoïdale , répond aux nerfs olfactifs. Plus en dehors , et sur les parlies latérales PC voient les cellules ethmoidales 2, 2,2,2,2,2. La face inférieure ou nasale, pi. X, fig. 3, et pi. X bis, id. fig. , est assez irrégulière; on aperçoit, à sa partie moyenne , une appendice , désignée sous le nom de lame perpendiculaire de l'ethmoïde a , b ; ses points n , n , n , s'articulent avec l'os vomer. Sur les côtés de la lame perpendiculaire se voient deux enfoncemens ou rainures, dans le fond desquels se trouvent les orifices des trous que nous avons vus à la face supérieure de cet os ; plus en dehors des rainures se voient deux lames recourbées ,6, 6,6, 6,6, 6: ce sont les cornets elhmoïdaux. Toute la face inférieure de l'os ethmoïde se trouve tapissée par la membrane pituitaire.
Les faces postérieures k , k, les latérales 1 , 1 , 1 , 1 , et l'antérieure m , m , m , m , de cet os , n'offrent rien de remarquable pour le phrénologiste.
L'ethmoïde s'articule avec un assez grand nombre d'os, avec les os du nez , le coronal , les cornets sphénoïdaux , les os maxillaires supérieurs , les palatins, les cornets inférieurs , le vomer et les os lacrymaux.
De Tos coronal ou frontal de l'homme.
L'os frontal , pi. X et XI, et mêmes pi. bis, fig. 1 , est ordinairement composé d'une seule i)ièce : il n'est pas rare cependant , ainsi que nous l'avons déjà dit lorsqu'il a été question de la tête considérée d une manière générale , que cet os soit formé de deux.
L'étude du coronal de l'homme , comparé avec celui des principaux animaux vertébrés , mérite toute l'attention des phrénologistes. L'homme est , de tous les
DE riIHÉNOlOGIE. 47
nnîmaux , celui qui le présente dans le plus haut dectrè de développement. Il offre douv faces, l'une externe, pi. \ cl X bis, fig. 1 , l'autre interne, pi. XI et pi. XI his, id. (ig. ; en bas et au milieu, se voit une échancrure où se trouve logé l'os que nous venons de décrire , l'ethmoïde; sur les côtés de cette échancrure , pi. XI bis , fig 1 , deux surfaces concaves formant les voûtes orhitaires ,7,7.
La partie moyenne de la face externe du frontal , pi. X his , fig. 1 , présente ordinairement une surface arrondie , mais quelquefois une dépression ; dans ce dernier cas , les organes situés à la partie moyenne du front ne se touchent pas ; ils sont placés plus en dehors qu'à l'ordinaire.
La partie inférieure de cette région, marquée q, q, est quelquefois assez saillante : elle porte le nom de bosse nasale. Elle peut contribuer pour beaucoup à la forme du nez , en lui donnant le caractère grec. Il ne faut pas confondre cette saillie avec celle qui résulte d'un organe placé plus haut , et à laquelle le docteur Spurzheim (1) atfribue , sans doute par inadvertance, cette forme de nez si remarquable. Sur les côtés de la bosse nasale, se voient deux reliefs appelés arcades sourcilières , S , S. Recouvertes par deux muscles destinés à rapprocher les sourcils , ces arcades présentent assez souvent deux crêtes que les personnes peu familiarisées avec l'application de la phrènologie confondent avec les organes placés au-dessous. Plus en dehors, se remarquent deux appendices appelés apophyses orbitaires externes ,9,9. J'ai quelquefois rencontré une telle épaisseur de ces apophyses, qu'elle suffisait pour empêcher de bien apprécier les organes qui l'avoisinent (2).
Examiné généralement ou partiellement , le frontal de l'homme varie beaucoup de forme et d'étendue, selon les races humaines et les individus de la même race. Sur plus de cinq cents crânes humains que nous avons examinés avec soin , il ne nous est pas arrivé de trouver deux os frontaux dont les forrae.s fussent rigoureusement identiques (â). Le frontal de la femme est généralement moins haut et moins large que celui de l'homme.
Nous ferons, pour le coronal , ce que nous avons déjà fait pour l'os sphénoïde , c'est-à-dire , que nous aurons recours à une division de cet os en plusieurs régions. Cette division n'est pas arbitraire, comme on pourrait le penser, elle résulte de la présence des organes cérébraux que cet os recouvre. Voici quelles sont ces régions, pi. X bis, fig. 1 ; 1° deux supérieures, 1,1; deux moyennes ,2,2; deux inférieures S , S ; deux plus inférieures encore ,8,8; deux latérales antérieures et inférieures ,6,6, deux latérales moyennes , 3 , à , et deux latérales externes, A , 4. Ces divisions ne sont pas encore celles que nous présenterons lorsqu'il sera question do l'application de la phrènolo-
(1) Phrènologie , 3" édition; Lcidrcs. page 274.
(2) Voir la fig. 3 de la pi. CIX, représentant le frontal d'un liabilanl de la Nouvelle- Holla iule.
(3) Voir la pi. CIX représentant six fVoutaux.
gic; elles doivent être seulement considérées, dans ce cas, comme un acheminement à l'élude de celle-ci. Leur principale ulilitô pour le moment consiste à mieux faire ressortir les rapports et les différences anatomiques des os de la tète de l'homme comparés avec ceux des principaux animaux vertébrés (1).
On peut apprécier à l'extérieur , et sur une tète dépourvue de ses cheveux , le développement de toutes les parties cérébrales répondant à l'os frontal , les régions orbitaires exceptées , où se trouvent quelques parties que Gall a cru pouvoir reconnaître par la manière dont se présente le globe de l'œil à l'extérieur. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. On conçoit très-bien que s'il existe, et cela se rencontre quelquefois, des sinus frontaux très-étendus , il est absolument impossible de bien apprécier le développement des parties situées derrière la table externe qui contribue à les former (2).
La face interne ou cérébrale de l'os frontal, pi. XI et pi. Xï bis, tig. 1 , est concave et se trouve en contact avec le cerveau dont elle n'est séparée que par la membrane appelée dure-mère. On voit à sa partie moyenne une dépression destinée à loger le sinus longitudinal supérieur, n , n , n , n , n. On y distingue aussi la suture dite coronale , quand cet os se trouve formé de deux pièces. Plus bas que la dépression précitée, se voit une espèce de crête , x , x, où s'insère la faulx du cerveau. Toute la face interne du frontal présente des empreintes cérébrales assez marquées ; mais nulle part elles ne se trouvent plus prononcées que sur le plancher orbifaire , dont on aperçoit bien ici la surface interne, 6, 7, 9, 10, 11 , pL Xî, fig, 1 et pi. XI bis, id. fig.
Le coronal s'ariicdé avec sept os du crâne : 1" avec les deux pariétaux, par son bord supérieur, q,q,q,q,q,q;2° avec l'eihmoïde, parsa^jrande èchancrure ; '3° avec les os du nez , en devant et inférieurement ; avec les os unguis , par sa face inférieure ; enfin, avec les os de la pommette, parles apophyses orbitaires externes, 9 ? ^'
§ VL
Os parietal de ILoDime.
L'os pariétal , ainsi nommé parce qu'il contrir.ue à former une grande partie de la voûte du crâne ou ses parois , paries , est double, irrégulier, ayant une
(l) Il est presque impossible d'apprécier toute Veteudue du crâne chez les bcmmes qui ont beaucoup de cheveux; et Ton peut, duns ce cas, commettre des erreurs grossières. Ainsi, tel individu qui paraît avoir le front petit l'a cependant plus développé que tel autre , ou il ne semble plus grand que parce qu'il se trouve complètement à découvert. Voilà pourquoi les hommes chauves ou qui portent de faux toupets paraissent avoir généralement le front plus développe que les autres hommes, l'état de calvitie de la peau du frontal faisant mieux apercevoir toute la surface de cet os.
(8) Nous ne saurions trop engager les personnes qui désirent s'instruire en phrénologie , à comparer entre elles plusieurs tètes osseuses, seulement pour les variétés de formes présentées par l'os frontal.
DB PnnÛNOLOGIE. JlQ
forme qiiadrllalcfc , pi. X et XI , X et XI his , fig. 4 et î). On y irh;tinguo tlcu^: faces et qiialrc bords. Les deux os représeniés sur ces fouines apparleuaicnt à la même (clc. Nous en décrirons seulement un ; ce qui lui est applicable l'étant rigoureusement à celui du côté opposé. La face externe du pariétal est convexe, mais surtout dans sa partie moyenne qui répond au point d'ossiilcalion de cet os; voir la fig. 2 de la pi. Ylil his, représentant le crâne d'un fœtus à terme : clic est recouverte par le cuir chevelu. La face interne est concave et recouverte par la membrane dure-mère : on y voit des enfonccmcns répondant aux circonvolutions cérébrales ; celui du milieu S , pi. XI bis , fig. S , est de tous celui qui offre le plus de profondeur. Vers l'augîe antérieur de cet os , se remarque un sillon, k, k; il loge l'artère méningée moyenne. Tout le \ùng du bord supérieur , S , 5 , o , S , existe une dépression où se trouve logé le sinus supérieur de la dure-mère.
Nous avons divisé le pariétal en neuf régions , propres à mieux faire ressortir les différences entre le développement général ou partiel de cet os comparé avec le même chez les autres vertébrés.
Le pariétal s'articule : 1° avec son semblable , par le bord supérieur marqué, n , n , n , n : leur réunion dans ce point forme la suture sagittale ; 2 ' avec le coronal , par l'antérieur , o , o , o , o ; avec l'occipital , par son bord postérieur, q, q, q, q. C'est ordinairement à l'angle supérieur de ce bord, b, et môme quelquefois dans toute sa longueur , que se remarquent les os vorraiens. Enfin, le pariétal s'articule avec les temporaux par son bord inférieur, p, p- p.
Cet os présente autant de variétés de développement que le coronal dans les diverses races humaines et chez les nalions. Sa partie moyenne estordinairement peu saillante chez les Français ; elle l'est au contraire d'une manière trèsprononcée chez les Allemands. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet , particulièrement lorsqu'il sera question de l'application de la phrénologic et des tètes nationales.
Le pariétal est de tous les os du crâne de l'homme , celui qui contient le plus de substance diploïque.