‹ Traité de phrénologie (volume 2)Chapitre 11 sur 78 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

Os occipital de l'homme.

L'os occipital , fig. 2 , pi. X et XI , et pi. X et Xï his, est impair, situé à la partie inférieure moyenne et postérieure du crâne. Vu par sa face externe , fig. 2 , pi. X his , il présente les objets suivans , en procédant de bas en haut. 1" Une surface presque quadrilatère , o , o , o , o , donnant attache aux muscles grands et petits droits de la tète. 2" le trou occipital , p. , par lequel passe la moelle alongée , ses enveloppas , les nerfs spinaux et les artères vertébrales. Sur les parties latérales de ce trou , deux saillies , q , q , dirigées de dehors en dedans et recouvertes dans l'état frais par un cartilage : elles s'arficulcnt avec

Tatlaeou premiere verlèhrc. Plus en dehors de ces apophyses , deux gouttières ou dépressions, 'j, ii; plus en dehors encore, de lécrères crêtes destinées à l'insertion do n\«sclcs. Nous diviserons toute la face externe de cet os, qui se (rouve correspondre aux parties du syslt'me nerveux cérébral qu'elle recouvre, en huit régions : 1° deux supérieures , 1 , 1 ; 2" deux moyennes ,2,2; deux latérales , S, 3 , et deux inférieures ,6,6. Tout l'o.space compris entre les deux lignes, m , m , m , b , b , répond aux sinus latéraux.

La surface interne de l'os occipital , pi. XI his , fia. 2 , répond au cerveau et au cervelet dont elle se trouve séparée par la dure-mère, elle est concave; on y remarque , mais seulement dans les espaces indiqués par les numéros 1,2, 3 , les enïpreinles des circonvolutions cérébrales, tandis que les deux régions marquées, 6, 6, présentent une surface lisse. La différence dans l'aspect de ces deux surfaces de l'occipital se voit encore mieux suj- le dessin fini , pi. XF, (ig. 2 : elle résulte de celle que présentent les organes qui s'y trouvent locés : la région supérieure 1,2, 3, offre des empreintes, parce que le cerveau qui y répond présente des reliefs ou circonvolutions à sa surface ; tandis que le cervelet , formé de lamelles sans anfractuosités , ou , pour mieux dire , n'ayant entre elles que de légers sillons presque oblitérés dans l'état frais, par la présence des liquides contenus dans les vaisseaux , présente un aspect lisse , comme la région inférieure et interne de l'occipital où elle repose : les lettres et les chiffres nuirqués sur la fig. 2 répondent exactement aux divisions que nous avons remarquées à la face externe. Au milieu , se remarque une crête, V , V , V, qui part du trou occipital : elle donne attache à la faulx du cervelet. Sur les côtés, se voient deux gouttières , m, m , m , m, logeant les sinus latéraux : une autre gouttière, k, k, k, renferme la fin du sinus longitudinal supérieur. Devant le trou occipital se voit un appendice osseux appelé basilaire ; c'est sur sa face interne ,9,9, que repose la protubérance annulaire -et le commencement de la moelle opiniére. L'occipital s'articule avec cinq os du crâne et la premiere vertèbre. Ces cinq os sont les pariétaux , les temporaux et le sphénoïde.

Les variétés de conformation do l'occipital , sont aussi remarquables que Cilles des os dont nous avons déjà fait l'histoire. Elles se remarquent dans les diverses races , les nations et les individus de la même espèce. Chez l'homme et dans toutes les espèces où la femelle est plus attachée aux petits que le mâle, la région , 2 , 2 , se trouve plus développée , d'où résulte une augmentation du diamètre longitudinal du crànc dans ce point. Que l'on compare sous ce rapport la tète du sajou mâle , pi. III , fig. A , avec celle du sajou femelle , id. pi. , fig. 3. C'est ordinairement à la réunion du bord supérieur de cet os avec l'os pariétal , que se voient les os surnuméraires connus sous le nom de vormiens ; os que nous n'avons rencontrés chez aucun quadrupède, à moins que l'on ne veuille considérer comme tels une petite portion osseuse que nous ferons connaître lorsque nous décrirons les os du crâne de ces animaux.

DIS l»URÉ.\O1.0GlE. SI

S Vill.

Os temporal de l'Lomme.

L'os lemporal osl doulilc, situé sur les parlies latérales de la tète, les tempes, pi. X et XI bis , fig. 7 et 8 ; on y dislingue deux parties d'une conformalion euliorenient différente, l'une mince, plate, appelée portion écailleuse; l'autre presque triangulaire , renfermant les organes de l'ouïe portion pierreuse de l'os temporal , portion pyramidale , 9 , 9 , pi XI bis , fig. 7.

La portion écailleusc présente deux faces , l'une externe , a , pi. X et X bis , lig. 7 et 8 ; l'autre interne , pi. XI bis , h. La face externe se trouve recouverte par le muscle temporal ; à sa basa se voit im appendice osseux , fig. 8 , 6 , 6 , C, mince, dirigée de dedans en dehors et s'arliculant avec l'os de la pommette ; uu autre appendice , y , v , v , beaucoup plus large dirigé de haut en bas , et désigné , à cause de sa prétendue ressemblance avec un mamelon , sous le nom d'apophyse mastoïdc. Cette dernière portion de l'os temporal est presque entièrement celluleuse et recouverte par une légère lame de matière compacte : elle n'a aucun rapport avec le système nerveux cérébro-spinal; elle donne, à l'extérieur, insertion au muscle stcrno-mastoïdien. Entre les deux apophyses, on aperçoit le conduit auditif externe , dirigé de dehors en dedans, c ; auîour de ce conduit , des aspérités servant d'insertion à la conque de l'oreille. Ce trou n'existe pas encore chez l'enfant à terme, pi. Vlfl bis, fig. 2 , il se trouve remplacé , comme on le voit , par un cercle osseux sur lequel s'applique la membrane du tympan (1). La face interne de la portion écailleuse do l'os temporal, pi. XI , fig. 8, et XI bis , fig. 9, est inégale ; elle présente des empreintes plus ou moins profondes et des reliefs en rapport avec les saillies, formées par les circonvolutions logées dans la région de cet os. Cette partie dd l'os temporal présente quelquefois très-peu d'épaisseur. Je possède dans ma collection , déjà très-nombreuse en crânes humains , la tète d'une femme de soixante-quatre ans dont la portion écailleuse de l'os temporal n'offre pas plus d'épaisseur qu'une feuille de papier à lettre , examiné par la face interne et placé entre l'œil et la lumière , cet os présente l'aspect du papier térébenthine, dont se servent les peintres pour calquer leurs dessins. Le plus légef choc eût été suffisant pour en occasiouer la fracture et peut-être donner lieu à la mort. (2)

A la base de la face interne de la portion écailleuse , se voit l'apophyse triangulaire dont nous avons déjà parlé ; derrière cette apophyse , une gouttière assez largo , 5 , S , 3 , où se trouve logée une portion du sinus latéral ;

(1) Ce caractère se trouve encore mieux exprimé sur le crâne d'un fœlus de six mois et dçmi, même pi,, Cg. 4.

(2) 11 est exlrènicmeut important , en mddecine légale , de tenir compte de la plus ou moins (jraude épaisseur des os du crâne dans les blessures suivies de mort peu de temps aprèa avoir été reçues.

Si TRAITÉ DB PUnÊNOLOGIF.

devant lo sinus, quelques empreintes de circonvolutions cérébrales, h, h, el l'orifice interne du conduit audilif , c.

La face inférieure de la portion pierreuse ne prégcnlc rien d'intéressant pour Icphrénologiste ; elle est inégale : ou y voit quelquefois une longue apophyse, voir la fig. 1 de la planche LXXXVl , qui s'articule avec l'os temporal par un cartilage, et souvent s'y soude avec l'âge.

Le temporal s'articule avec quatre os , trois appartenant au crâne et deux à la face : les premiers sont le pariétal, l'occipital et le sphénoïde ; les seconds , l'os de la pommette et de la mûchoire inférieure.

La forme de Tos temporal , mais surtout celle de sa portion écailleusc , présente des différences bien remarquables daas l'espèce humaine. La seule inspection de cette partie de l'os suffirait , dans certains cas , pour faire connaître à quelle nation le crâne d'un individu aurait appartenu. Ainsi , chez tous les peuples de l'Orient , la portion écailleuse se trouve déprimée. J'ai déjà vu un assez grand nombre de crânes d'individus appartenant à cette partie du globe, notamment des Egyptiens et des ludous, et j'ai constamment trouvé chez eux le même caractère , je veux dire une dépression de la portion écailleuse de l'os temporal. On peut avoir un exemple de ce mode de conformation dans la tète d'une momie apportée des catacombes d'Egypte et que je dois à la bienveillance de M. Geoffroy-Sainl-Ililaire , pi. C , fig. 2. Cette tète , comme on le voit , forme avec celle qui se trouve à cùté , un contraste frappant sous ce rapport (1). Sur la fig. 1 , toute la région écailleuse se trouve fortement bqmbée et portéo en dehors. La tribu des Caraïbes , celle des peuplades sauvages de l'Amérique du Nord, ont cette partie de l'os temporal frès-renilée.

Nous diviserons le temporal en trois régions , sur lesquelles nous reviendrons lors de l'histoire et de l'application de chaque faculté fondamentale : 1" une postérieure , 1 ; 2° une supérieure , 2 ; .3° une antérieure , â , pi. X el pi. XI his.

(1) Bien que je n'aie aucun renseignement sur le sexe de la personne à' qui celle tète appartenait, il m'est facile de voir qu'elle ne pouvait être qu'une feoune.

ch/vpithe v.

OS DU CRATIE DES aUADRïMANES, DES aUADRUPEDES , DES OISEAUX ET DES BEFTILES.

N'ayant pas seulement en vue , dans noire ouvrage , l'étudo dd'anatomic et de la physiologie du cerveau de l'homme , mais encore celle de ces deux sciences dans les classes les plus remarquables des animaux vertébrés , nous devons nécessairement entrer dans plusieurs détails anatomiques sur la boite osseuse renfermant la masse encéphalique de ces animaux. Les descriptions oiseuses seront mises de côté avec soin ; nous ne nous attacherons qu'à celles qui intéressent réellement le physiologiste. Mais quelque succinctes que puissent être nos descriptions, elles demandent cependant , pour être bien comprises, quo nous entrions dans des détails un peu circonstanciés. On verra par ces descriptions anatomiques combien le champ de la physiologie du cerveau peut s'agrandir; comment, pour être bien comprise, la phrénologie , c'est-à-dire l'étude de l'organisation et des fonctions du système nerveux cérébral , demanda de connaissances en anatomic et en zoologie. Nous savions très-Lien qu'avant de mettre les personnes qui cultivent cette partie si intéressante des sciences naturelles , dans le cas d'arriver à des connaissances un peu étendues et positives , nous aurions de grandes difficultés à surmonter : aussi avons-nous donné à la partie descriptive de notre travail la plus grande attention : les dessins surtout sans lesquels les meilleures descriptions n'auraient pu être saisies , ont été principalement l'objet de tous nos soins ; aussi avons-nous eu la douce satisfaction d'entendre dire à des gens très-versés dans les sciences naturelles et profonds anatomistes , qu'ils n'avaient rien vu de comparable à leur exactitude et à leur bonne exécution. Plus la phrénologie sera cultivée , plus on l'envisagera d'une manière large et philosophique , c'est-à-dire , dans la grande série des animaux vertébrés, et plus nous croyons que notre ouvrage gagnera dans l'esprit des vrais Savans.

Huit os entrent dans la composition du crâne des quadrumancs(l) , comme dans celui de l'homme ; et bien qu'il y ait entre eux rapport de nombre et de situation , il existe cependant des différences de forme très-remarquables : c'est à les faire rcssorlir , que nous allons consacrer ces paragraphes.

(1) On appelle (luadrumaiies dos animaux de la classe des mammifères ayant beaucoup (1<; rapport, dans leur conformatioji , avec l'honime. Le nom de quadrumanes leur a été donné, n cause de l'écarlement du pouce de leurs pieds de derrière : ceux-ci sont écartés comme Itr, mains. Celte classe comprend toute la famille des singes.

34 TRAlTli

Les planches XII et XII bis reprcsenfenl les os cnlraut dans la composilion •lu crâne d'un sajou; tous sont vus dans la mémo silualion que couv do l'iiomme représentés pi. X et XI. Il en résulte que les différences d'étendue, de forme et de rapport seront plus faciles à saisir. Celle manière de présenter les objets, nous nietlra aussi dans le cas d'insisler beaucoup moins sur une infinité de petits détails, que la seule inspection du nos dessins suffira pjur faire couuailrc.

Os frontal du singe sajou.

PI. XII , %. 1 , et pi. XII bis, Cg. 1.

La planche XII représente tous les os qui entrent dans la composilion du crâne du singe sajou : tous sont vus par leur face externe ; ce sont le coronal , fig. 1 ; le pariétal gauche et droit , fig. 2 et 3 ; l'occipital , fig. 4 ; les deux temporaux, fig. 5 et G ; le sphénoïde, fig. 7 ; sa portion antérieure, fig. 8, et l'élhinoïde , fig. 9. Au-dessous de chacun de ces dessins , se remarquent leur esquisse au trait , pourvue de numéros et de lettres indiquant les parties les plus essentielles à connaître. Examinés superficiellement, tous ces os paraissent présenter beaucoup de ressemblance avec ceux du crâne de l'homme ; mais un peu d'attention suffit pour faire voir qu'il existe entre eux des différences très-remarquables d'étendue et de forme. Commençons par l'os coronal , fig. 1. En le comparant avec celui de l'homme , pi. X et X 6 is, fig. 1 , on est d'abord frappé du développement de ce dernier , bien que l'os représenté ici soit loin d'offrir le maximum d'étendue du coronal de la race européenne. L'examen de chaque région fera mieux ressortir encore leurs différences de proportion : commençons par celles qui se remarquent à la partie moyenne , en procédant de haut en bas. Les régions ,1,1, chez le singe, sont un peu renflées dans leur partie moyenne et légèrement déprimées sur les côtés ; dans l'homme , au contraire, ces mêmes parties sont dix fois plus développées en haut, sur les côtés et en avant. Il en est de même des régions marquées 2,2: bien que leur partie moyenne soit assez prononcée chez le singe , elle l'est cependant à un degré infiniment moindre que chez l'homme ; en dehors de celle-ci , toute la surface marquée 3 , 3 , est à peu près nulle chez le sajou ; celle indiquée par le n» 6 et placée au-dessus du rebord orhitaire , présente entre le coronal du singe et celui de l'homme un contraste frappant. Toute cette surface si étroite, si peu apparente chez le singe, présente au contraire un développement remarquable chez l'homme : la parjie moyenne de cette région chez le singe , ost tout-à-fait déprimée et arrondie ; dans Ihomme elle est bombée , pleine , et se porte plus ou moius eu avant et en dehors.

DE rnuÉNOLOGii:. SS

Les régions latérales , A , vont encore nous préscnlcr ilans là comparaison de CCS deux os , des différences bien renuuquablcs. ÎSous avons élevé avec inlenlion deux rerpendiculaircs sur les apophyses orbilaires de ces os ; on pcuf , jiar ce moyen, mieux apprécier encore leur différence d'élenduc et de conformation. Chez le sinçrc, les perpendiculaires, a, b , ne sont pas dépassées par les parlies latérales de l'os frontal ; taudis que chez l'iiommc , l'os frontal ressort de beaucoup sur les côtés. Ces deux perpendiculaires font encore mieux ressortir l'élroilcsse de la partie supérieure du frontal du singe.

Vu par sa face cérébrale , pi. XII bis , fig. 1 , le frontal du singe nous offre, comme chez l'homme , l'empreinte des circonvolutions cérébrales ; nous n'y retrouvons point au milieu et en bas , comme chez celui-ci , une échancrurc recevant la portion de l'os elhmoïde , connue sous le nom d'apophyse crista (jalli : nous verrons plus tard que cela tient à ce que l'elhmoïde est très-peu développé chez cet animal. La partie de cet os répondant aux cellules ethmoidales , est tout-à-fait nulle chez lui ; une petite lame verticale osseuse préseulaut quelques trous destinés au passage des nerfs olfactifs , fig. 10, pi. XII bis, vicut clore une cavité qui se remarque au-dessous du n" 8 , ici. pl« , fig. 1.

Les régions orbitaires sont , de toutes celles que nous présente 1 intérieur du frontal , celles qui nous offrent la différence la plus tranchée de conformation, avec les mêmes parties du frontal de l'homme ; dans celui-ci , pi. XI , fig. 1 , et XI bis , id. fig. 6, 7,9, 10, 11, non-seulement toute la surface orbitaire est plus étendue , mais encore plus déprimée de haut en bas : nous verrons plus tard quelles sont les inductions physiologiques que nous pouvons tirer de cette différence d'organisation.

Le frontal du singe s'articule avec les mêmes os du crâne que chez l'homme , seulement son bord inférieur ne présentant pas d'èchancrure , il a moins de points de contact avec l'elhmoïde (1).

La peau du crâne qui recouvre l'os frontal des singes , est pourvue , dans certaines espèces, de poils si épais , qu'il est à peu près impossible de bien apprécier le développement de cet os à l'aide de l'œil et môme du loucher.

Cs frontal des carnassiers.

Chat, pi. XIII.

Nous trouverons dans le frontal des carnassiers, un mode d'organisalion bien différent de celui que nous avons rencontré dans le frontal de l'homme et

(1) Chez Jouze tètes de singes assez avaneés en âge, je n'ai point trouvé , comme chez l'homme , cet écartement entre les deux tables du coronal que nous avons désigné sous le nom de sinus frontaux.

JÎ6 TïlMTÎi

(lu singe ; cl bien qu'an premier aspect , cet os clicz celui-ci paraisse présenter plus d'analogie avec celui de l'homme, il est loin d'offrir dans quelques-uns de ces points, le même développement que celui de certains carnassiers, du chien par exemple, qui parait le dépasser de beaucoup eu intelligence et en sagacité (1).

Nous ne ferons point ici la description du frontal de toutes les espèces do carnassiers ; nous nous contenterons de faire ressortir les caractères les plus tranchés de cet os, chez l'une des espèces qui ont été le sujet de nos observations. Nous prendrons pour terme de comparaison le frontal du chat, dont tous les os du crAne se trouvent représentés pi. XIII : fig. 1 et 2 , les frontaux ; fig. 3 et 4 les deux pariétaux; fig. 13 , portion osseuse placée entre l'occipital et les deux pariétaux; fig. 6 , l'occipital : tous ces os sont vus en dedans. Les fig. 7, 8 , 9 , 10 , 11 et 12 , i</. pi. , représentent les mêmes os vus en dehors.

L'os frontal des carnassiers est constamment formé de deux pièces , fig. 7 et 8 ; leur soudure s'opère d'assez bonne heure ; il n'existe pas cependant de terme moyen pour le temps de celte réunion : elle varie suivant les espèces. Nous examinerons seulement une de ces pièces , l'autre présentant une conformation rigoureusement semblable. La fig. 7 représente l'os frontal droit d'un chat, exactement dans sa position naturelle, et vu par sa face externe. Voici les choses les plus remarquables qu'il nous présente, vu de celle manière : 1° un bord interne , marqué q , q , q ? q » q ? s'articulant avec le frontal ; du côté opposé , deux appendices osseuses , n , n , présentant au milieu une échancrure ; 2" un bord postérieur , o , o , o , o , o , taillé en biseau en dehors , cl s'articulant avec le bord antérieur de l'os pariétal correspondant. Les lettres n , a , indicpient la région des sinus frontaux généralement assez développés chez le chat adulte (2). On peut avoir une idée juste de ces sinus et de leur étendue, en examinant la fig. 1 de la pi. IV , représentant la coupe verticale d'un chat complètement développé. Ce sont les mêmes sinus frontaux qui, chez le lion , pi. XXIV , forment cette énorme saillie occupant plus du tiers anlérier.r de son os frontal. Chez le loup , les sinus frontaux sont énormes ; ils sont aussi très développés dans certaines espèces de chiens, notamment chez le dogue de forte race. Je possède dans ma collection , le crâne d'un chien appartenant à cette espèce , et dans lequel les sinus forment presque la moitié de la cavité crânienne. Généralement , les petites espèces de chiens sont dépourvues de sinus frontaux ; il existe cependant quelques exceptions à cet égard.

La pi. IX représente la coupe verticale du crâne de deux chiens , l'un appartenant à l'espèce malin, de moyenne taille , fig. 1 ; l'autre est une tète de bichon , fig. 2 : la première , comme on le voit , se trouve pourvue d'énormes

(1) Nous exceptons cepciulant rourang-ou'ang dont certains actes intellectuels sont cxtrênionient remarquables.

(2) Call , qui n'avait étudie q\ie très-imparfaitement Tanatoinie du crâne des animaux, avait nié la présence des sinu.s frontaux cLcz les chats. Pajje 47, t. Ill , edit. in-S".

DE MIRÉNOLOGIi:. 67

sinus, tandis qu'il n'en existe aucune trace dans l'autre. On conçoit aisément comment il serait impossible , dans la prenùère do ces ((Mes , d'apprécier à l'extérieur le développement des parties cérébrales répondant à ces sinus. Dans la marte, le putois cl la belette, les sinus frontaux sont peu développés; on voit cependant chez la première, pi. 1 , fig. 1 , quelques ouvcriures communiquant avec les fosses nasales.

Les n" 1 , 2 , 3 ,'^iudiqucnt des parties répondant au cerveau , fig. 7 , pi, XIII : nous verrons lorsqu'il sera question d'établir des propositions anatomico-physiologiques , les différences remarquables que ces régions nous présenieut dans la classe des carnivores et dos autres animaux ; on pourra alors se convaincre combien l'anatomic étudiée dans ce sens , offre d'intérêt.

Vu par sa face inférieure , fig. 1 , ici pi. , l'os frontal du chat nous présente les objets suivans : 1" un bord interne qui s'articule avec le frontal opposé, n > q > Q ' q > q ; ^'' u^^^ surface concave , y , y , répondant au globe de l'œil ; une appendice , o, représentant l'apophyse orbitaire externe; une rainure, n , n , recevant la partie antérieure et supérieure de l'os ethmoïde ; 3" une èchancrure , o , séparant les deux apophyses marquées n , n , fig. 7 et 8 ; •4' une partie de la face cérébrale du frontal , a , a (1).

La face externe du frontal du chat se trouve recouverte par le péricrânc et quelques muscles ; ceux-ci se trouvent recouvertes à leur tour , par la peau, à laquelle ils adhérent par un tissu cellulaire idus ou moins lâche. Le poil qui recouvre la portion cutanée de celte région du crâne , varie prodigieusement d'épaisseur et de longueur suivant les espèces.

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