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talent musical.
L'ouïe est à la faculté de percevoir les rapports qui existent cutic les soufe
produits par les ondulations d'un corps sonore , ce que la vue est à la faculté de percevoir les formes ou l'harmonie des couleurs; je veux dire un véritable iustrumenl de transmission , mais non de perception et de jugement , comme l'ont supposé mal à propos les partisans de l'action des sens.
De même qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une vue exquise pour être bon coloriste, de même aussi peut-on rencontrer d'excellens musiciens sans une grande finesse de l'organe de l'ouïe. La phrénologie comparée abonde en faits propres à démontrer que la finesse de cet organe n'a aucune influence, si ce n'est comme moyen de transmission des sons, dans la production du talent musical. Comme la faculté de construire, celle de la musique est un don que l'insfruclion pourra développer, mais ne produira jamais. Il suffit d'examiner les différences qui existent à cet égard chez plusieurs oiseaux sortis des mêmes père et mère, pour être convaincu de la vérité de celte assertion. Le coucou qui n'a jamais reçu de soin de sa famille, qui, au contraire, a été élevé par des oiseaux dont il aurait du retenir le chant, ne conserve rien des habitudes de ses parens adoptifs , et fait entendre le chant de son espèce. Comment se fait-il que de tous les serins d'une couvée , les uns soient incapables de chanter , tandis que les autres se font remarquer par leur talent musical ? Cependant tous ont reçu les mômes soins, tous ont été placés dans les mêmes circonstances. D'où provient donc une différence si frappante, si ce n'est d'une organisation intérieure plus forte que les circonstances extérieures qui tendent à la modifier? Plus celte organisation sera développée, et plus les actes qui en dépendent se manifesteront au dehors en dépit de l'entourage.
Ce que je viens de dire du talent musical est applicable à toutes les facultés sans exception. Éludiez les habitudes des oiseaux d'une volière, tant chez les individus d'espèces différenles que chez ceux de la même espèce sortis de mêmes parens, et vous trouverez dans ce monde en miniature , comme dans l'espèce humaine , tout ce que peut produire l'influence de l'organisation. Vous pourrez apprécier combien l'action des circonstances extérieures est peu propre à modifier l'action d'une organisation fortement développée. Ici, c'est une poltronnerie ou uu courage étonnant , là , un attachement ou une inconstance sans exemple; plus loin un chant ravissant à côté de sons discordans ou monotones , etc. , etc. (1).
(l) Jusqu'à présent les volières n'ont été, pour les quatre cinquièmes des hommes qu'un objet «le luxe ou d'amusement frivole ; cependant il n'est pas d'étude plus intéressante pour celui qui veut étudier avec soin les habitudes des oiseaux, surtout s'il sait tirer parti des faits nombreux qu'il est à nicme d'observer , et les rattacher aux actes psycholosiques. Va membre de la Société pUrénologique de Paris , M. Maohado, possède depuis plusieurs années une volière d'oiseaux dont il étudie les mœurs et les bnbltudes. Bien que je sois loin de partager les opinions de cet homme estimable sur les rapports qu'il a cherché à établir entre la robe des animaux et leurs habitudes, je me plais à rendre justice à la vérité de ces remarques sur les facultés de plusieurs espèces d'oiseaux ; elles méritent d'autant plus Ue conûance , qu'elles sont le fruit d'observations multipliées rrcuclllics avrc bonne foi.
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Ed observant les hommes dès l'ûgc le plus fendre , nous verrons la faculté qui consliluo le talent musical se manifester et se développer sans circonstances extérieures déterminantes. Il n'est pas rare , pour peu qu'une famille soit nombreuse , de voir un enfant chanter avec infiniment de justesse , trahir par l'expression de sa ligure l'impression que produisent sur lui de sons ravissans qu'il entend pour la première fois, tandis que son frère, bien que supérieur sous beaucoup de rapports, n'y est aucunement sensible, et trouve singulier que l'on puisse éprouver du plaisir dans des sons qui lui paraissent ètourdissans.
S'il fallait citer les faits qui viennent à l'appui de l'opinion , que le talent de la musique est une faculté fondamentale, je pourrais en composer un volume. Je passe donc au siège de son organe. Chez l'homme il se trouve placé au-dessus de l'angle orbitaire externe, et se présente souvent sous la forme d'un triangle dont la base est dirigée en bas , n" 28 , fig 2 , pi. XCI. La fig. 2 de la pi. CI peut donner une excellente idée dont cet organe se présente à l'extérieur. J'ai fait représenter à côté la figure d'une autre personne, qui s'est appliquée très-longtemps à l'étude de la musique, et dont le zèle et les soins assidus n'ont été couronnés d'aucun succès. Ses parens , conseillés par un maître ignorant, crurent que l'instrument dont elle faisait usage (c'était le piano) était probablement un obstacle aux progrès de leur fille : on y substitua la liarpe sur laquelle , comme on doit bien le penser , elle ne fut pas plus heureuse. 11 parait que cette jeune personne a fini par où elle aurait dû com- ^mencer, c'est-à-dire qu'elle a quitté la musique pour laquelle elle n'avait que peu de dispositions.
L'autre personne, au contraire, manifesta de très-bonne heure un goût décidé pour la musique : à peine âgée de 4 ans, sa principale occupation consistait à tendre des fils de diverses longueurs en les fixant aux barreaux d'une chaise; elle obtenait alors, en les pinçant ensemble, des nuances de son, auxquelles elle prétait la plus vive attention : à 10 ans elle parvint, après avoir entendu solfier la gamme à son père, à nommer et donner le ton des notes d'une romance qui lui fut présentée. Un résultai si curieux éveilla l'attention de ses parens qui lui donnèrent un maître de solfège : en 10 mois elle connut parfaitement la clef de sol et la clef de fa nécessaires à son piano : admise au Conservatoire à 12 ans, elle y subit un examen au bout de «5 mois, et solfia la leçon à changement de clefs. Ayant concouru peu de temps après, elle obtint le second prix ; l'année suivante elle rcmportnlc premier prix. Enfin, j'apprends aujourdliui qu'elle est professeur de cet établissement , et qu'elle y a débuté avec le plus heureux succès. Le talent d'harmoniste est celui qui parait surtout distinguer M"« U On sait que ce qui distingue l'harmoniste, est la
faculté de saisir les rapports qui existent entre plusieurs tons émis à la fois. Je ne sais pourquoi Spurzheim a cliangé l'expression de talent ou sens de la musique en celui de mélodie, qui n'indique qu'un mode de celte faculté, c'està-dire, l'appréciation des rapports d'une note à une autre.
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Un phrénologîste d'Edimbourg, M. Scoll, a inséré dans le journal phrènologique de cette ville , des observations plus ingénieuses que solides, sur les rapports qui existent entre le développement de certaines facultés et le talent musical.
Les recherches que j'ai faites en phrénologie humaine et comparée , ne s'accordent pas avec les faits avancés par ce phrênologisle , dans qui je me plais d'ailleurs à reconnaître un talent d'observation remarquable. Je dois dire aussi que l'auteur ne donne passes observations comme chose démontrée, mais comme de simples conjectures, qui ne doivent être admises qu'après des expériences nombreuses.
Gall a signalé une autre manière dont l'organe de la musique se manifeste extérieurement : elle consiste dans un élargissement du front au-dessus et en dehors de l'angle orbilaire externe , de telle manière que cette région dépasse
l'angle: ce caractère se retrouve avec le premier sur la tète de Mu*" H
C'est lui qui contribue à donner au frontal cette étendue considérable d'un angle orbi taire à l'autre. On voit qu'il existe une différence très-remarquable à cet égard entre les deux figures de la pi. CI. Gall a fait représenter dans son atlas, le crâne de Kreiberg, célèbre virtuose qui jouait ordinairement du violon avec l'empereur Joseph II. Comme ce crâne est à peine ébauché , et que sa forme est inexacte , j'ai jugé convenable de faire représenter le frontal de ce musicien célèbre d'après le crâne déposé au Jardin des Plantes ; c'est celui qui est représenté fig. 5, pi. CIX. Toute la région placée au-dessus de l'angle orbifaire externe, est très-pleine, et de même celle qui se trouve placée plus haut et plus en dehors.
Les portraits de Dussek , Marchesi , Viofti , etc. , etc. , représentés dans l'ouvrage de Gall , sont plus propres, à cause de leur imperfection et de leur inexactitude, à induire en erreur qu'à donner une juste idée de la manière dont se présente extérieurement l'organe du talent musical. Cet organe est un de ceux qui demandent, pour être bien appréciés, une longue habitude des variétés de développement des parties cérébrales qui l'avoisinent.
Gall prétend avoir rencontré le sens du calcul assez prononcé chez les compositeurs. Il est certain que la coraposilioa demanda la réunion de plusieurs facultés , ainsi on peut être excellent harmoniste , très-bon mélodiste , excessivement remarquable sous le rapport de l'exécution , sans être pour cela compositeur. Au reste , c'est un sujet sur lequel nous reviendrons eu parlant de la combinaison des facultés.
Il est inutile , selon moi , de chercher chez les quadrupèdes un organe pour la musique. Gall dit qu'il ne soutiendrait pas que certains quadrupèdes ne sont pas doués du sens de l'harmonie , et il s'appuie sur le fait que des èléphans, et quelquefois des chiens, ont paru écouter la musique avec intérêt. Des chameaux, des ânes, des mulets et même des bœufs, dit-il, supportent mieux la fatigue de leur travail accoutumé , lorsqu'on leur fait entendre de la musique , ou qu'on leur chante des chansons. Tout le monde a vu danser
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en mesure des cIucds, des ours et les chevaux de Franconi. Je ne vois rien de solide dans tous ces faits, qui puisse démontrer que le sens de l'harmonie existe chez les quadrupèdes. Le bruit d'un instrument de musique peut bien fixer l'attention des animaux, sans qu'ils soient pour cela sensibles à la différence qui existe entre les tons. Quant à la mesure, cela peut très-bien s'expliquer par le sens du temps , qui existe souvent dans un très-haut degré chez les animaux. J'ai connu un boucher qui avait un chien chez qui cette faculté était si prononcée , que tous les samedis, et sans que rien pût lui faire connaître les intentions de son mailre , il parlait seul de très-grand matin , et allait se rendre à plus d'une lieue de dislance, à une maison qui servait d'abattoir à son maîlre.
Tout ce que Gall a dit sur la manière de reconnaître l'organe de la musique à la surface du crâne des animaux , est excessivement vague. Voici quelles sont ses expressions : « que l'on compare le cerveau et le crâne des oiseaux chanteurs , avec le cerveau et le crâne des oiseaux qui ne chantent pas : chez ces derniers, le cerveau est moins large près des yeux ou de la partie supérieure des orbites; les orbiles mêmes sont très-grandes et ovales, et dans beaucoup d'espèces le cerveau n'avauce pas jusqu'aux yeux.
Chez les oiseaux chanteurs, au contraire, le cerveau, et par conséquent aussi le crâne , sont plus larges vers le bord extérieur antérieur ; de là il arrive que les orbites sont plus rondes ; car l'échancrure latérale qui existe chez ceux qui manquent de l'organe de la musique, est diminuée parle développement de cet organe » (1).
Gall donne ensuite comme exemple de la première conformation la poule , le diude , le cygne et le cormoran. Il est certain que chez la poule et le dinde, il existe peu de largeur près des yeux ou de la partie antérieure supérieure des orbites ; mais le cygne fait exception : chez les oies et les canards, qui ne brillent pas par leur talent musical, le rebord de l'orbite est très-arrondi, notamment chez les espèces sauvages , ce qui ne devrait pas être d'après les observations précédentes de Gall. Celte comparaison entre les crânes d'espèces différentes est extrêmement vicieuse , car il y a une multitude de variétés de développement d'organes que Gall n'a jamais étudiées, et qui sont capables d'induire en erreur. Il résulte de mes recherches anatomiques , auxquelles j'ai apporté la plus grande attention , que la différence d'organisation entre le cerveau et le crâne des oiseaux musiciens et ceux des oiseaux qui ne chantent pas , n'est bien appréciable que chez les individus de même espèce ou de même genre. On conçoit aisément comment on peut saisir ici la différence ; car la masse cérébrale ayant une conformation absolument semblable, il ne s'agit plus que de voir celle qui présente plus de volume dans la région affectée à l'organe de la musique ; c'est donc après avoir comparé les crânes de deux serins , de deux chardonnerets, de deux bouvreuils doués
(0 Uv. cit., 5« vol ., pages 123 el 126.
de facullés différentes , sous le rapport de la facollë qui nous occupe , que je suis parvenu à préciser le siège de l'organe de la musique qui est situé dans la région 28 , fig. -4, pi. XCIII.
J'ai fait représenter, pi. LXV, fig. 3 et 6, les crânes du cardinal et du grosbec. Ces deux animaux appartiennent au même genre (gros-bec , loxia.) On voit que cbez le premier, qui est Ircs-bon chanleur , la région du crâne que je viens d'indiquer est évidemment plus développée que sur le gros-Lec , où se trouve, au lieu d'une saillie, uue véritable dépression. J'ai comparé entre eux un certain nombre de crânes , ayant appartenu à des fauvettes, des chardonnerets , et surtout des serins bons chanteurs : la différence de développement dans le point indiqué, avec les crânes d'oiseaux de même espèce qui ne chantaient pas, était très-sensible (1).
Organe du langage d'expression. — Talent d'Imitation .
Le langage articulé chez l'homme, et les cris chez les animaux, ne sont pas le seul moyen de manifester au dehors leurs impressions. Il existe encore un autre langage très-étendu, et souvent très-expressif. Supposons pour uu instant un homme dépourvu , à sa naissance , de l'organe de l'ouïe, incapable , par conséquent , de se faire entendre à l'aide de sons articulés ; nous le verrons suppléer à ce vice d'organisation par des gestes. Tantôt ces objets serviront à faire connaître les sensations qu'il éprouve intérieurement, ou à reproduire celles qui lui seront venues des objets extérieurs.
Il est exlrêmemenl rare que le langage d'expression ne soit pas réuni au langage articulé chez l'homme, surtout quand il s'agit d'émouvoir. Ou sait toute l'influence que peut avoir le geste dans l'art oratoire et sur la scène ; mais pour qu'il produise tout son effet , il faut quil soit bien en harmonie avec l'action de la faculté qui est mise en jeu, sinon on tombe dans le mauvais goût ou le ridicule. Chaque faculté , lorsqu'elle entre en action, est accompagnée de signes extérieurs; ces signes peuvent se rencontrer chez toutes les persouncs : il n'en est pas de même de la faculté de les reproduire à volonté, celle-ci suppose une organisation particulière, c'est-à-dire, le giand développement d'un organe.
C'est une chose vraiment curieuse que la tendance qu'ont naturellement certaines personnes à reproduire les gestes et les habitudes des autres sans avoir reçu de leçons , et sans que rien ait jamais pu les engager à cela. Je connais une jeune et jolie personne , qui manifesta de très-bonne heure un talent d'imiter vraiment étonnant. Sa mère l'a surprise plusieurs fois faisant des grimaces effroyables devant une glace. Elle m'a raconté qu'une de ses sœurs,
(1) J'ai rhabitiule dans mes leçon'; de présenter une multitude de crânes de divers oiseaux.
UK rUUl.NOl.Oiill^
qui aiine beaucoup celle jeune porsonue , vint lui faire visile. A [leiiie rentrée, elle aperrul sa lille simulant devant une glace lesgeslos et la voix de sa taule. Je me disposais à la reprendre verlcnioDl , me dit-elle , mais elle avait mis tant d'art dans sa manière d'imiter , la peinture était si frappante que je ne pus conserver mon sérieux. Je suis désolée , ajouta-t-elle , de lui voir une disposition semblable, car elle no peut lui èlre d'aucune ulililé et peut lui faire beaucoup de tort.
J'ai remarqué que les personnes qui possèdent le talent d'imiter dans un haut degré , contractent en quelque sorte à leur insu les habitudes de gestes et de voix de celles qui les entourent. C'est la même faculté qui les porte à singer le geste et même la mise de quelques hommes célèbres , croyant peutêtre par une telle conduite se rapprocher de leurs grands modèles , dont ils ne sont que la parodie ridicule.
J'ai constamment trouvé chez les personnes ainsi organisées , une certaine affectation dans la manière de rendre leurs senlimens. Qu'une personne de ce. genre éprouve un accident qui la mette dans le cas de recevoir la visite de gens qui s'intéressent à elle, soyez persuadé qu'il y aura toujours dans ce qu'elle fera quelque chose d'affecté. Personne ne s'entendra mieux qu'elle à reproduire les gestes qui accompagnent une joie ou une douleur très-vive : pour peu que la ruse, dans un certain degré de développement, se trouve réunie au talent d'imiter , on trouvera toujours' que les personnes ne manqueront jamais de donner à leur figure l'expression qu'elles croiront la plus capable de produire l'effet désiré. Il m'est arrivé plusieurs fois de discerner chez quelques hommes ayant la faculté d'imiter très-pronoacée , ce qu'il y avait de sincère de ce qui était affecté dans leurs manières. Gall s'est étendu très au long et a cité beaucoup de faits pour établir l'évidence de la faculté d'imitation. Son existence et le siège de son organe me paraissent trop bien démontrés pour insister davantage sur ce point. Je ferai seulement quelques remarques sur cette faculté chez les animaux.
Gall , ainsi que je l'ai fait observer en traitant du langage articulé , a mal à propos placé le perroquet à la tête des oiseaux remarquables sous ce rapport Le vrai langage de cet oiseau n'est pas celui qu'il répète , mais bien celui qu'il emploie avec ceux de son espèce. Son langage articulé n'est que la suite de la faculté d'imitation qui est très-prononcée chez lui.
Si nous observons attentivement les cris des animaux , nous verrons qu'indépendamment de ceux qu'ils emploient communément entre eux, il en existe qui dominent tous les autres , qui donnent à l'animal un cachet particulier, et qu'il emploie sans se trouver en contact avec les autres animaux. Le grognement du cochon , le roucoulement de la tourterelle , le hennissement du cheval , le braiement de l'àne , le hurlement des loups , etc. , etc. , me paraissent appartenir au langage d'expression, ou n'en sont qu'une modification.
Chez l'homme, l'organe de l'imitation répond aux parties latérales moyennes de la région supérieure de l'os frontal, n" 29, pi. XCI, Hg. 2. Quand cet
•i02 TRAITÉ DB PHRÉNOLOGIE.
organe est lrès-Jé\L'Iuj)pé, il produit une hauteur et une largeur du front assez prononcées pour faire croire aux personnes peu versées dans l'application (le la phrénologie , que ces tètes appartiennent à des individus doués de facultés réflectives très-fortes. J'ai vu commettre plusieurs fois celte erreur au lliéâtre : elle devient encore plus facile si les organes de la bienveillance et du penchant au merveilleux sont très-développés.
Gall n'a rien dit sur le siège de l'organe de l'imitation chez les animaux. Je n'ai pu recueillir chez les quadrupèdes des observations assez bien faites pour l'indiquer d'une manière rigoureuse. 11 est probable, en raisonnant par voie d'analogie, que c'est cet organe qui contribue chez le singe à renfler les parlies latérales moyennes supérieures du frontal.
J'ai pu , par des observations assez nombreuses, préciser avec soin le siège de l'organe de l'imitation chez les oiseaux. Je possède dans ma collection les crânes de deux ciseaux de même espèce , deux geais , que j'ai fait représenter pi. LXVIII , fig. 1 et fig. 2 ; il existait entre eux une différence bien tranchée, sous le rapport de la faculté en question. Nonobstant les soins et les précautions que l'on prit pour instruire celui qui est représenté fig, 2, il ne put jamais rien apprendre. L'autre, au contraire, en très-peu de temps et sans aucune instruction, répétait avec la plus grande facilité un grand nombre de mots et des phrases entières. Il imitait parfaitement le grognement du cochon , le bruit d'une scie , le miaulement du chat, etc, etc. En 182o, son maître, ancien marin, éprouva un rhume suivi d'une toux opiniâtre : le geai parvînt à simuler avec tant d'art la toux et l'éternueraenl de son maître, qu'il était très-difficile de distinguer l'un de l'autre à une certaine distance. Tous les gros jurons étaient reproduits avec une rare netteté d'expression. Il est facile de voir en comparant les deux têtes que la région 29, pi. XCIII, fig. B, qui se trouve être le siège de l'organe du talent d'imitation , est bien plus prononcée sur son crâne que sur Vautre.
Les perroquets, du moins certaines espèces, la pie, le grand corbeau, le merle , l'étourneau , ont celte région assez développée.
Le talent d'imiter est un des principaux élémens de la profession du comédien ; cependant , comme on le verra , lorsque je traiterai de la combinaison des organes, il est loin de suffire pour exceller dans l'art dramatique , qui résulte d'un grand nombre de facultés.