FACULTÉS INTELLECTUELLES
lie Genre.
Talent de construction.
Encore une faculté qui prouve jusqu'à la dernière évidence , que les sens ne sont que des instrumens mis en œuvre par le cerveau. Que de belles phrases , que de belles théories n'a-t-on pas faites pour démontrer que , sans l'organisation de sa main , l'homme n'eût été qu'au niveau des quadrupèdes ? Il fallait vraiment que le philosophe Helvétius fût aveugle , quand il soutînt une pareille opinion, car la vue seule suffisait pour en démontrer toute l'absurdité. Il appartenait à celui qui soutenait que tous les hommes naissent égaux en intelligence, d'avancer de pareilles assertions; et ce sont d'aussi bons observateurs qui se sont cru appelés à donner des règles pour l'éducation de l'homme. On sourit de pitié en voyant que des philosophes complètement étrangers à la constitution de l'homme et à l'histoire de ses facultés intellectuelles et morales , se soient arrogés le droit de le diriger , semblables en cela à des gens qui, ignorant la navigation, auraient la prétention de commander un vaisseau. Quelle absurdité !
On se demande encore comment des naturalistes, familiarisés avec les mœurs et l'organisation des animaux , ont pu soutenir que leur talent de construction était en rapport avec l'instrument qu'ils employaient ; tandis qu'il est bien démontré , au contraire, qu'avec des variétés innombrables dans la forme du bec chez les oiseaux, des conformations différentes ou semblables dans les pattes des quadrupèdes , on peut rencontrer ou non un talent remarquable pour construire. Celui-là serait bien habile qui par la seule inspection des becs ou des pattes, serait en étal d'apprécier l'aptitude à construire!
La main, chez l'homme, le bec et les pattes , chez les oiseaux et les quadrupèdes , sont si bien des instrumens mis en œuvre par l'intelligence , que l'on rencontre tous les jours des hommes pourvus de mains grossièrement faites, et qui exécutent des ouvrages d'un travail admirable pour le fini et
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l'exactitude. Comment se fait-il que l'on soit encore à trouver une femme qui puisse rivaliser avec les plus grands peintres de l'antiquité ou des temps modernes? Cependant la main de la femme présente généralement une organisalion plus délicate, et conséquemment plus capable de donner , selon les partisans des sens, plus de finesse et plus d'étendue à l'intelligence.
La penduline , espèce de mésange, présente un bec qui diffère peu, pour la forme , de celui de la fauvette des roseaux ; la première , cependant , fait un nid d'une structure admirable , tandis que l'autre se contente de quelques brins d'herbe sèche placés circulairement et sans art.
Comme toutes les facultés, celle de construire est innée, et dépend d'une organisation spéciale , que des circonstances heureuses et le temps pourront perfectionner, mais ne donneront jamais. Toutes les fois que cette faculté se rencontrera dans un très-faible degré chez un individu , il ne sera pas plus facile d'en faire un mécanicien , que d'apprendre la musique à celui qui ne sera pas sensible à l'harmonie.
Comme l'existence de cette faculté et le siège de son organe peuvent être constatés journellement, je m'abstiendrai de faire connaître les faits nombreux qui viendraient démontrer que le talent pour la construction est une faculté fondamentale.
Avant d'en venir au siège de l'organe de construction chez l'homme et les animaux, il ne sera pas indifférent de savoir si celte faculté constitue à elle seule le talent de construire, ou si elle peut être aidée par plusieurs autres ou en demande le secours, pour constituer le talent dit de mécanique ou de construction. Nous verrons que la phrénologie comparée poui:ra nous éclairer dans cette question , comme elle l'a fait avec tant d'avantages pour celles que nous avons déjà traitées.
Si nous éludions celle faculté chez les oiseaux et les quadrupèdes , nous verrons que le talent de construire peut se rencontrer avec des facultés intellectuelles excessivement limitées, ou presque nulles. L'oiseau qui construit le mieux son nid , n'est pas toujours celui qui brille le plus par son intelligence. Le chien qui ne construit pas de galeries souterraines comme le renard ou le blaireau, est cependant, de beaucoup supérieur à ceux-ci, qui ne sont pas capables de recevoir d'éducation. Le singe que l'on peut apprivoiser , à qui l'on peut même apprendre beaucoup de choses , n'égalera jamais l'écureuil dans la manière de construire un nid (1).
La faculté de construire , bien qu'appartenant à la catégorie des facultés
(1) le domicile des écureuils , dit Buffon , est propre , chaud , Impénétrable à la pluie , c'est ordinairement sur l'enfourchure d'un arbre qu'ils l'établissent. Ils commencent par y porter des bûchettes qu'ils mêlent, qu'ils entrelacent avec de la mousse; ils la serrent; ils la foulent et donnent assez de capacité et de solidité à leur ouvrage , pour y être à l'aise et en sûreté avec leurs petits ; il n'y a qu'une ouverture vers le haut , juste , étroite , et qui leur suffit à peine pour passer; au-dessus de l'ouverture est une espèce de couvert en cône, qui met le tout â l'abri, el fatt que la pluie s'écoule par les côtés, el ne pénètre pas.
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intellectuelles , n'exige pas , pour sa manifestatioD , des facultés rëflectives supérieures. Je prouverai cependant, quand il sera question de la combinaison des facultés , que le talent du mécanicien ne se borne pas à l'emploi de la faculté de construire , et que le secours de certaines facultés perceptives devient indispensable.
Il n'est pas rare de rencontrer dans l'espèce humaine des personnes qui sont douées du talent de construction à un degré remarquable, et qui , sous tous les autres rapports , sont d'une grande faiblesse d'esprit. J'ai déjà eu occasion d'observer plusieurs personnes ainsi organisées, et j'ai pu me convaincre qu'elles n'étaient réellement , hors leur talent mécanique , que de vraies machines. Je me rappellerai toujours l'histoire d'un jeune homme que j'ai connu, qui réussissait dans tout ce qui demandait une grande adresse des mains. Sans avoir jamais manié le scalpel, il disséquait admirablement bien. Il faisait avec de la terre ou des morceaux de bois blanc , de petites figures d'hommes assez régulières. Il eût surtout excellé dans l'art de faire des jouets d'enfans. Bien que rien n'eût été négligé pour son éducation , il était d'une nullité à peu prés absolue : jamais il n'a pu jeter sur le papier quatre phrases bien liées entre elles ; jamais il n'a pu saisir les rapports des faits et des choses pour en déduire des conséquences. Des hommes ainsi organisés ne sont que des êtres machines que des personnes supérieures pourront mettre en œuvre en les plaçant dans la sphère qui leur convient.
Gall , après avoir observé les tètes d'un grand nombre de mécaniciens célèbres, vit qu'elles présentaient toutes un caractère commun, bien que trèsdifférenles sous tous les autres rapports : il consistait dans un élargissement ou un renflement arrondi de la région des tempes , placé quelquefois derrière l'œil , d'autres fois un peu au-dessus.
Des expériences multipliées ont constaté la vérité des remarques faites par Gall. Je ferai seulement observer qu'il me paraît avoir confondu dans un seul organe deux parties lout-à-fait distinctes ; l'une placée à la partie supérieure de la tempe , que Gall a considérée comme l'organe de construction , tandis que mes observations sur plusieurs personnes me portent à croire qu'elle ne constitue que le sens du beau dans les arts, et qu'on peut la posséder sans avoir une grande adresse manuelle ; et je considère comme sens de construction la portion cérébrale située plus bas. J'ai indiqué sur la Gg. 2 de la pi. XCI et par le n° -42 , le siège de la première faculté , et par le n° 27 id. fig. , celui de l'organe du talent manuel.
Chez toutes les personnes qui excellent dans les arts qui demandent une certaine adresse des mains , on trouve la région marquée 27 , fig. 2 , pi. XCI , très-dèveloppèe : elle est très-apparente sur un plâtre que l'on conserve à Rome, et que j'ai fait représenter pi. CVIII, fig. 2. L'académie de St-Luc croyait qu'il avait appartenu à Raphaël (1).
(I) L'année dernirre le tombeau de ce peintre célèbre a Clé ouverl par ordre du Salnt-Père : le
Quelle différence dans la région que je viens d'indiquer, et la même région sur un crâne d'Iiabilanl de la nouvelle Guinée , id. pi. , fig. 1. La fig. 2 de la pi. CXX représente le même crâne vu de profil; on dislingue mieux encore dans celle position l'aplatissement de la région indiquée.
En jetant les yeux sur les crânes représentés pi. CXV , fig. 2 , et pi. CIX , on pourra avoir une idée du développement de l'organe de conslruction à Un certain degré dans la première figure , et de son peu de saillie dans la seconde.
Le crâne représenté fig. 2 , pi. CXV , est celui d'un chef de la nouvelle Zélande. Sur plusieurs crânes ayant appartenu aux Labilans de celte île, et que j'ai eu occasion d'observer, j'ai constamment trouvé l'organe de construction assez développé ; il n'est donc pas surprenant que les inslrumens de guerre, les pirogues et les cercueils de ces insulaires, se fassent remarquer par leur fini , et même une certaine élégance. Les Nouveaux Hollandais , au contraire , ont le talent de conslruction si peu développé , qu'ils ne sont pas encore parvenus à se construire des cabanes pour s'abriter , et des vases propres à contenir de l'eau o« les objets de première nécessité.
Leur défaut d'industrie les a privés, jusqu'à ce jour, de l'emploi de vêlemens qui pussent les garantir de l'inclémence du climat. La fig. 2 de la pi. CXix représente le crâne d'un habitant de la Nouvelle-Hollande. On voit qu'il existe entre lui et celui du Zélandais, une différence de conformation très-remarquable dans la région de l'organe de construction. On ne peut avoir une juste idée de l'organe de conslruction chez les quadrupèdes , qu'après avoir comparé les crânes de deux animaux de la même classe ou du même genre , l'un possédant la faculté de construire dans un degré assez prononcé , et l'autre en étant tout à fait dépourvu. Chez le renard , pi. XXXV, fig. 1 , l'organe de construction est situé au-devant de l'angle antérieur du pariétal , où il forme un renflement facile à distinguer : en se confondant avec l'organe des lieux , il donne lieu à une masse qui contribue à élargir la partie latérale externe du frontal. Dans le blaireau , pi. XXVIII , fig. 1 , l'organe se trouve plus en arrière ; il renfle l'angle antérieur du pariétal et une petite portion de l'os frontal : celte différence de situation est facile à concevoir; elle lient au défaut de sinus frontaux chez le premier animal (voir la coupe de son crâne , pi. VI, fig. 1) (1) ; taudis que chez le second ils sont assez étendus : ce sont
squelette a été retrouvé intact. Le crâae que j'ai fait représenter , et que l'on avait jusqu'à ce jour considéré comme celui de Raphaël , est donc celui d'une autre personne. Quoi qu'il en soit, i! est si remarquable par le grand développement du sens de construction , qu'il n'est pas surprenant que Gall, en le voyant, ait dit qu'il n'avait jamais rencontré un plus beau développement de la région affectée à l'organe de cette faculté. Le sens du beau dans les arts est aussitrès-prononcé sur ce crâne.
(1 ) J'ai quelquefois trouvé , chez de très-vieux renards, une légère excavation entre les deux lames du frontal ; mais elle était trop peu considérable pour être considérée comme vrai sinus , et ne devenait , en aucune manière un obstacle à saisir le développement des parties cérébrales placées au-dessous de cet os.
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oux qui forment celle masse placée au-dessus des os du nez et s'éleiidaul jusqu'à plus d'un pouce en arrière.
Je ne crois pas avec Gall que le chien soit complélement dépourvu du penchant à construire , bien qu'il ne le possède que dans un Irès-faible degré : je crois que c'est cet organe qui porte cet animal à gratter quelquefois la terre à la manière des lapins : j'ai vu plusieurs fois des chiens s'amuser à faire des espèces de creux dans la terre , et à s'y coucher. Peut-être est-ce la même faculté, réunie an sens de raliraenlalion, qui pousse l'hyène à gratter la terre des tombeaux pour en dévorer les cadavres. Si l'organe de l'alimentation était seul en jeu dans celle conduite, pourquoi d'autres animaux pressés par la faim , tels que le tigre et le lion , n'auraienl-ils pas recours au même procédé?
Chez les rongeurs , l'organe du penchant à construire est facile à reconnaître , lorsque l'animal le possède dans un haut degré : c'est lui qui élargit l'angle antérieur et inférieur du pariétal et la portion de l'os frontal qui s'articule avec cet angle.
Je retrouve encore dans l'ouvrage de Gaîl , pour le siège de l'organe de construction chez les animaux , le même vague et la même inexactitude que j'ai déjà signalés pour plusieurs organes.
Chez le hamster, dit cet auteur, la marmotte et le castor, l'organe des constructions est très-facile à reconnaître ; aussi les crânes de ces trois animaux se ressemblent-ils beaucoup dans la région où cet organe est placé. En général , il faut le chercher , chez tous les rongeurs , immédiatement au-dessus et en avant de la base de l'arcade zygomatique. Mais ce qui se trouve au-devant de cette apophyse (voir le crâne de l'écureuil , pi. XXXVII , fig. 1, c'est l'os temporal , et ce n'est pas là que se trouve l'organe de construction , mais celui qui préside au choix des alimens ou à la deslruclion : le point indiqué par Gall est donc inexact.
Il existe dans la conformation du crâne des rongeurs, des variétés d'organisation assez remarquables , donl Gall n'a malheureusement tenu aucun compte : c'est là ce qui explique les erreurs graves qu'il commet dans ses applications. Afin de mettre facilement sur la voie les personnes qui voudraient appliquer la phrènologie aux crânes des vertébrés, je vais faire connaître quelques dispositions du crâne chez les rongeurs.
Si l'on compare l'étendue de l'angle antérieur du pariétal, là où il s'articule avec l'os frontal , on trouvera que chez plusieurs rongeurs qui construisent très-bien, tels sont le castor (1), pi. XLI , fig. 1 ; la marmotte, id. pi., fig. 2; l'écureuil, pi. XXXVII, fig. 1 ; il existe plus de largeur dans celle région du crâne que chez ceux qui ne contruisenl pas. On peut comparer à cet égard le crâne de l'écureuil , pi. XXXVII, fig. 1 , avec celui du cochon cabiais , id. pi. , fig. 'î.
(1) Je crois qu'il y i hi-nuconp d'exagération dans tout ce que l'on a dit sur le talent de construction des castors.
WA TBAITK
Chez !c hamster, pi. XLI, fig. 8 (1), il existe dans la région que je viens d'indiquer une saillie assez prononcée, mais je crois que, chez cet animal , deux organes contribuent à la former; et puis il existe chez le hamster une disposition particulière de l'os temporal que Gall ignorait complètement, et que je vais faire connaître.
J'ai dit tout à l'heure que le temporal des rongeurs était loin de présenter la même disposition ; c'est ce que nous allons surtout trouver dans la portion écailleuse de l'os temporal. Chez les hamster et les rats , cette partie se prolonge plus en devant que chez l'écureuil ; c'est elle qui , en se réunissant au frontal, donne lieu à une saillie inégale placée sur les parties latérales antérieures du crâne ; cette portion contribue donc pour quelque chose à recouvrir l'organe de construction chez le hamster. Dans les rats ordinaires, pi. XXXVII, fig. 2 , cette région est bien moins saillante que chez le hamster. Je crois cependant que les rats ne sont pas dépourvus de celte faculté ; je crois que c'est elle qui les excite à gratter avec leurs pattes les corps qui présentent peu de résistance , tels que la terre , de vieux plâtras : c'est «lie aussi qui porte la femelle de ces animaux à former une espèce de nid sur lequel elle dépose ses petits.
Il est extrêmement facile de juger de la différence , qu'apportent sur le crâne et dans le point que je viens d'indiquer, l'absence ou le développMnenl assez remarquable de l'organe de construction chez deux animaux dont le crâne offre à peu près le même volume, et qui sont du même genre, le campagnol, par exemple, fig. 9 et 10 , pi. XXIX, et la souris, te?, pi. , fig. 11 et 12
Gall n'a rien dit sur le siège de l'organe de la construction chez les oiseaux. Après l'avoir indiqué, comme je viens de le démontrer, d'une manière extrêmement vague chez les quadrupèdes , il ajoute : l'on trouve la même différence entre les crânes des oiseaux qui construiseut des nids et de ceux qui n'en font pas. Sans doute qu'il doit exister une différence entre eux; mais en quoi consiste- l-elle? Voilà ce que Gall ne nous apprend pas. Il n'a donné dans son atlas aucun exemple qui pût servira faire distinguer l'oiseau qui construit de celui qui ne possède pas ce talent.
On ne peut arriver à bien préciser le siège de l'organe de construction chez les oiseaux , qu'après avoir comparé un grand nombre de crânes ayant appartenu à diverses classes , ordres , genres et espèces. On doit toujours commencer par des crânes d'oiseaux de même genre et d'espèce différente , l'un possédant le talent de construire dans un degré assez prononcé , et l'autre trèspeu ou pas du tout.
Je vais indiquer le nom et la figure du crâne de plusieurs espèces, dans
(l) Le hamster est un rat très-commun en Allemagne , en Russie et en Pologne , ayant l'babilude de se creuser des galeries et de faire des provisions. On trouve ordinairement jusqu'à deux boisseaux de grains dans le terrier d'un seul liamster ; leurs dOgâls sont si considérables, que leur léte est à prix dans quelques contrées de rAllemagne. 11 est très-difficile de dOcourrir leurs provisions, car, ils prennent la précaution de recouvrir leurs galeries avec de la terre.
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l'ordre qui m'a paru le plus avantageux pour faire connaître aux plirèuologistes le siège de l'organe de construction chez les oiseaux.
oiso-aux qui ne coiislnilscnt pas ou qui construisent iu3l.
oiseaui qui construisent (rÈs-bicn
le dinde, pi. M, Tig. 5.
le coq, pi. LVill , ng. 3.
l'oie , pi. Ll , flg. 2.
le martin pCclieur, pi. LXVl, ng. 2.
le loriot, pi. I.XII, fis. 5.
l'hirondelle de fenêtre, pi. XLVIl, flg. i. le chardonneret , pU LXV, ng. 4.
les mésanges, pi. XLVI, ng. 1 et 6 .
Comparés entre eux dans la région marquée 27 , pi. XCIII , fig. 4, c'est-àdire derrière l'orbite et sur les parlies latérales , on trouvera une différence frappante de développement entre les crânes des espèces qui appartiennent à la section des oiseaux qui ne construiseut pas ou qui construisent mal , et ceux qui appartiennent à l'autre section.
Que l'on compare , par exemple , le crâne d'un coq , pi. LVllI , fig. 8, avec celui du pigeon ramier , pi. LXIII , fig. 2 , et l'on verra que chez le premier la région que je viens d'indiquer est peu saillante , tandis qu'elle est bien rea» fiée dans le second. On peut encore comparer, ainsi que je le fais dans mes leçons, le crâne du pigeon domestique avec celui du ramier. Eu plaçant ces deux crânes l'un près de l'autre et de profil, une différence assez marquée se laisse apercevoir entre eux : la région indiquée est évidemment plus saillante chez le pigeon ramier.
Chez certains oiseaux , l'organe de la construction se confond avec celui qui préside au choix des alimens : je donnerai comme exemple de ce mode de conformation le héron bleu , pi. LV, fig. 2 , et la cigogne , pi. XLV, fig. 3; c'est la réunion de ces deux parties cérébrales qui donne lieu à ce renflement placé derrière l'orbite, que Gall confondait mal à propos avec ce qu'il appelle l'organe de l'instinct carnassier. Mon observation est si vraie , que chez le goëland, pi. LIX , fig. 6 , l'hirondelle de vaer , pi. LXIV , fig. 4 , qui se nourrissent de chair, mais ne construiseut pas, celte région est peu saillante.
Il m'a toujours été facile , dans mes nombreuses dissections d'encéphales d'oiseaux, de distinguera la simple vue ceux qui appartenaient ou non à des oiseaux constructeurs. Que l'on compare, par exemple, le cerveau duhéroa bleu , pi. LXX , fig. 1 , avec celui de l'oie domestique , id. pi., fig. 2 , celui de l'hirondelle et du coucou , pi. LXXIII , fig. 6 et 9 , du corbeau et de la pie de mer , fig. 1 et 8 , i J pi. , et l'on verra que la masse cérébrale qui se trouve être le siège du sens de construction , diffère de beaucoup en volume chez ces diverses espèces, selon qu'elles possèdent ou non celle faculté.