COBCEUTRÀTIVITÉ
Cet organe est situé immédiatement au-dessus de celui de la philoprogéniiure et au-dessous de celui de l'estime de soi. Une excroissance osseuse do la smurc existe quelquefois à l'endroit du crâne correspondant, cl pourrait induire en erreur un observateur supcrQciel; mais elle est beaucoup plus circonscrile et farine une saillie aigué, ce qui n'a pas lieu quand la protubérance est le résuliai d'un grand développement de l'organe. Pour chacun des hémisphères, une circonvolution cérébrale part des organes de la conceniralivité et de Yeitime de soi, s'étend le long du sommet du corps calleux, et vient aboutir à la région frontale, siege des organes des facultés
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intellectuelles. II est encore en rapport avec plusieurs autres organes des prupensités cl des seulimeuts. Dans mus les cas, il nous semble évident que les organes de la concentralïviU et de ['estime de soi peuvent éire considères comme formant
intellectuels siégeant au front, forment l'cxlrémilé antérieure.
L'observa lion prouve que cette faculté a un organe distinct, car on le trouve quelquefois Irès-proéminent lorsque les organes de lu pliilo progéniture et de lcstiiuo de soi, qui l'avoisiiiem immédiatement, sont petits, et vice versâ. Gall n'avait pas découvert ses fonctions. Ce fut Spureheitn qui observa que celle portion de l'encéphide élail fort large clicz les personnes et les animaux remarquables par leur attachcment à certaines plmus iiuniesilieres. • Je considère, » dit-il. «la portion du cerveau qui gii immédiatement au-dessus de la pbiloprogémture, comme donnant aux animaux l'instinct qui les porte a choisir une habitation particulière, et je propose de l'appeler organe de Yhabitatimlt. Tout le inonde sait que les chats sont plus attaches aux lieux qu'aux personnes, et qu'en cela ils dilTèri'Hl complètement dis chiens. Mon attention se porta bientôt sur des individus de l'espèce humaine, et j'en trouvai qui montraient un attachement remarquable pour les lieux auxquels ils étaient habitués Un membre du clergé anglais, habitant Manchester, était connu par son attachement à son habitation; c'était a le! point qu'il se considérait comme très-mal heurcuï lorsqu'il tkait obligé de passer une seule nuit dehors. J'examinai sa tète en présence de plusieurs personnes opposecsà la phiénologie; mais toutes furent obligées de convenir que le pni.nl du crâne correspondant au n" 5 était plus proéminent cl plus chaud que lotîtes les antres régions. Certaines nations sont remarquables par leur attachement à leur pays natal , tandis qu'il en est d'autres qui émigrenl sans cesse. Certaines tribus de l'Amérique, cl les Arabes, n'ont
pas d' h ab il a lions et semblent affectionner une vie nomade, tandis que d'au ire s irihns, également sauvages, montrent le plus invincible 'attachement pour les lieux qui les ont vus naître. Chacun connaît l'nilnrlirinnil ihs montagnards à la terre natale; ceux d'entre eux qui parcourent les capitales étrangères, ne semblent animés que du désir de faire proniptement une petite fortune, et retourner vivre paisiblement sur lu terre chérie. J'ai plus d'une fois invité les phréflologaet qui ont eu l'occasion de visiter ces contrées, ù constater l'état de développement de l'organe n° 5, situé immédiatement au-dessns de lu philoprogéiliture. Quelques personnes pensent qtio cet organe donne le désir de voir les pays étrangers rt l'amour de voyager; c'est tout à fuit le contraire, l'amour des voyages dépenJ de l'organe de la localité. Ceux qui ont l'organe de l'hubilativilé largement développé et la localité faible, éprouvent de la répugnance a quitter leur demenre r ceux qui ont ces deux organes très-larges, aiment les voyages, mais ils révent le retour a la maison , et un avenir de repos. Parmi les nations civilisées, on voit des individus dont le désir le plus puissant est de demeurer chez eux. Si les besoins de leurs affaires les obligent à quitter les lieux qu'ils habitent, on les voit tout occupés ù amasser, le plus rapidement possible, mie certaine fortune pour pouvoir satisfaire au désir qui les domine de revenir an lieu de leur naissance. Nous avons examiné les léiesde plusieurs individus de ee caractère, et nous avons toujours trouvé l'organe dont nous nous occupons fortement développé (i). » Piéanmoins, Spurzheim considérait encore les fonctions de cet organe comme n'étant pas suffisamment établies. De nombreuses observations me font penser que la sphère d'action de cet organe est beaucoup plus étendue que celle que lui assignait Spurzheim.
(I) Phrrnolojjtf , derotère édition. Bo.iwi.iaH.
Chez certains individus , les sentiments et les idées prennent de si prorondes racines dans l'esprit, qu'ils y restent empreints jusqu'il lu mort. Chez d'autres, ils ne font que glisser : leur esprit peut Sir e u>iiip;ii-é à la sui-fan; d'un ininiir , sur laquelle les sentiments cl les pensées se réfléchissent comme une ombre mouvante dont l'impression passagère doit s'effacer en peu d'instants; ils éprouvent ta plus grande difficulté' à conserver leurs sentiments ci les idées qui ont frappé leur esprit, inconséquent, tout à fait incapables do concentrer leur attention pendant quelque temps sur un même sujet. J'ai toujours constaté que la coucentralivité est très-peu développée chez les derniers, et qu'elle est, au contraire, très-volumineuse chez ceux dont j'ai parlé au commencement de ce paragraphe.
Il est difficile de donner une idée exacte des variétés de l'esprit humain; mais le développement ou la faiblesse do cet organe imprime au caractère une disposition si tranchée, qu'on reconnaîtra toujours leur influence si une fois on l'a comprise. En causant avec certaines personnes, on trouve que leur esprit est naturellement porté à suivre une certaine série d'idées : soit que la conversation tombe sur un sujet qui les intéresse ou non, on s'aperçoit que les idées se présentent a leur esprit dans un ordre clair et précis; en général, toutes ces personnes sont douées d'un large développement de l'organe de la concentrativité. Il est une autre espèce de personnes qui, dans des circonstances identiques, ne peuvent parvenir à poursuivre une idée pendant quelques minutes; ils passent d'une matière à l'autre sans égard aux rapports qu'elles peuvent avoir ensemble; leur conversation à bâtons rompus ne laisse aucune impression sur l'esprit de ceux qui les écoutent ; celle versatilité d'esprit s'observe même chez des personnes qui sont douées d'assez de force de réflexion. Chez ces individus, l'organe
dont nous nous occupons, est toujours faiblement développé. J'ai connu un officiel- cheit qui les organes de lu localité cl do la couccnlralivilc étaient également larges; il disait qu'il aimait la vie errante el aventureusi! du soldat , tant qu'il était engagé dans des opérations actives : mais s'il arrivait que l'armée fil une Italie, cela lui était fort agréable, el il pouvait à l'instant même concentrer sou esprit sur une lecture attachante ou sur une correspondance avec ses ami*; que j;imais il n'éprouvait l'ennui, pur défaut d'occupation , dont la plupart do ses en marades se plaignaient. D'un autre dite, un homme élevé pour la profession de légiste, et che» qui cet organe était presque nul , avouait que tout effort pour concentrer sa pensée lui élail douloureux, quoique ses organes de la comparaison, de la causalité et du langage lussent fortement développés.
Il s'agit de décider quel est le sentiment primitif qui doiim; lieu a ces phénomènes. La première idée qui me porln à penser qu'un scniiineut primitif donne il l'esprit la puissance de se concentrer sur lui-même pour arriver à coiirdunrtor une certaine série il idées, me fut suggérée par uni' dune qui avait remarqué que rciie cpi:dilé était le propre de ceui chei qui cet organe est Irfs -développé. 1* dorti nr Welsh el la docteur llope, de Copenhague, apnl élé infurroén do crtin découverte, ladopiérrnt. Jn considère donc cette faculté comme donnant la puissance de cnnsrrver et ite ronrenlrer tel faculté) réflectives pendant longtemps sur les sentiments et les idées que nous avons une fois perçues. Ln puissance de rester longtemps sous l'influence de la même émotion, est un des traits les plus marques du talent de John Kemblu et de miatress Sidilons : pendant [es pauses longues el solennelles de leur déclamation ihëalral», on reste saisi et ému en voyant le sentiment qu'ils expriment empreint dans tous leurs traits, et celle émotion continue ajoute à la puissance de l'effet qu'ils veulent produire. I.i concentra li vite me semble un
élément indispensable au caractère moral; il nous serait difficile de donner une définition plus claire de la faculté conférée par cei organe; nous comprenons louie la difficulté d'être assez clair pour être facilement compris. Une excellente lettre sur ce sujet a paru dans le Journal phrinologique d'Édimbourg, vol. III, p. 193, sans désignation d'auteur: elle contient un grand nombre de remarques intéressantes sur le véritable principe de cette faculté. Nous allons en donner quelques
< Si nous considérons l'esprit liumain, dit H. Home, dans sa dissertation sur les passions, nous observons que, en ce qui concerne les passions, il ne faut pas les considérer comme des instruments à vent, qui, après avoir fourni une certaine série de notes, ne rendent plus aucun son, dès que lo souffle du musicien a cessé de les animer : comparons-les aux instruments à cordes, qui continuent à vibrer pendant un certain temps après que la main ou l'arcliet a cessé de leur imprimer le mouvement.i De là il iiilèro que quand un objct.destiné a produire un certain nombre d'émotions, se présente it l'esprit, cliaqiie impulsion ne fait que faire vibrer une passion d'une manière claire al distincte; mais toutes celles qui sont éveillées se confondent plus ou moins cuire elles. Dans ses observations sur les lois du principe d'action, le D'Thormis Brown remarque le même fait do permanence ou coexistence de nos conceptions mentales en général, dérivant d'une émotion mentale particulière. <Je vois un livre sur ma table, • dit-il, < il me rappelle un amidequijel'ai reçu. Ce souvenir en éveille d'autres sur sa famille ; ma mémoire se reporte à une soirée passée au milieu d'elle, et aux divers sujets de conversation qui l'ont remplie. Cependant, le souvenir de mon ami s'est mêlé à toutes ces pensées qui se sont présentées successivement sans effacer la première impression (i). i <t) làmu.vA. XI, p. 303.
Le docteur Brown continue, avec celte naïveté de style qui distingue ses écrits, il expliquer comment cette coexistence d'idées nous donne les moyens de poursuivre, avec persévérance, une série d'impression! un d'émotions morales. Mais laissons-le parler: < Quand nous commençons, i dit-il, ■ l'étude d'un siijd spécial, nous pouvons déjà en avoir une idée confuse; en l'étudiant, celte idée se complique, diverses conceptions e rattacher à l'objet dont nous nous
d'envisager h roéu physique est la véritable. Si nous roncevoos que l'unique fonction de celte faculté est de donner de la durée ou de la fixité oui idées et aux Impressions morales, les diverses fondions attntiuées u b ronceolrativité découlent de cette fonction comme il'no principe élémentaire, • Dans le dernier oUvriRO de M. Cumin- (i), li- srnliment primitif qui résulte du phénomène de la concentrativité est considéré comme devant donner à l'esprit une tendance a se concentrer sur lui-même et a faire converger toute sa puissance vers un point quelconque. Ces paroles peuvent être considérées, plutôt comme une description de la manière d'agir de cette faculté, (pie comme une appréciation de L'élément primitif dont ce phénomène dérive. Si nous tenons compte de ce qui se passe dans notre esprit , quand nous nous efforçons de concentrer notre pensée sur un sujet quelconque, nous trouvons que nous n'exerçons aucune action directe sur nos différentes facultés , mais que nous lâchons simplement de comprendre le sujet dont nous voulons nous occuper, et de concentrer toute notre pensée sur lui seul. Nous avons quelquefois la conscience de l'inefficacité do nos efforts d'attention ; si nous examinons ce qui sa passe alors en nous, nous reconnaîtrons
(1) SstttmofPhTciKlogy, 18».
que nous faisons <Ir vains efforts pour nous occuper d'unobjel qui a moins d'attrait pour noire esprit que d'autres qui, malgré
nous, raplïvcnl notre pensw v.t rirms dm ni i)ps distractions.
Ou ii\hï iw à l:i |m.sil>iliir di' riiui-LTiircr [mites les forées de snn intelligence sur un sujet que quand les premières impressions qu'il produit sont profondes cl durables; el la concentration des idées est, dans ce cas, d'aulanl plus intense qu'elle exige moinsd'cll'iirls.Cct élul peut (Ht-e douloureux on agréable.
le bannir de noire pensée, quelque désir que nous en ayons, la série d'idées qui a occupé exclusivement noire attention continue à la tenir éveillée el engendre une surexcitation douloureuse et fatigante. On dit que l'esprit commande aux idées: ce dicton n'est pas exact; car, philosophiquement parlant, ce sont nos idées qui mailriscnl notre espril (i). Dans les cas mêmes qui paraissent faire exception à ce principe, on reconnaît, par un examen attentif, qu'une séried'idées a simplement pris assez d'empire rar l'esprit pour en écarter toutes les autres. Quand nous passons volontairement d'une pensée à l'autre, et que nous nous efforçons de concentrer notre esprit sur un sujet quelconque, c'est que nous senlons la nécessité d'arriver a la cou naissance parfaite de tel ou tel sujet; nous cherchons il écarter lotitc autre idée , pour ne nous occuper que du point qu'il nous importe d'approfondir, il y a peu de personnes qui ne soient capables de faire cet effort et d'y revenir a plusieurs reprises; mais cetlc attention soutenue et prolongée, qui naît d'une concentrait vi té énergique, est une
(1) Lej homroci fortement organisé*, eaux chcj qui la roncciitrativiW a une grande énergie, sool, juiqu'i un certain point, raallrei ileiiiiiger leur attention ïiir !••.[ nu i.-l <uj,'i, i:l im'im: il.: la sin-jicmlre ; Napoléon comparait ta Ittc il un M-cri'Iaii :■ lioul II murait U'5 tiioira S mlonUi ol qu'il fermait quaml il voulait dormir. (tfem. de Stt-Hêlini.)
qualité tont à fait différente de ces efforts momentanés d'attention; sous son inlluonne, l'esprit si- ouiii-i iitic sans te moindre effort, et c'est même là une de sus qualités dislincliveï. Celle faeullé paraît avoir sur IV-pni iiillurriits degrés d'action.
Cl'Sl Util! loi <!>' i'< ]ll('[L(]L'IIUMlt ildlllisi; llilllS lullS les bVSlOIIICS
de philosophie morale , quoiqu'elle ail élé expliquée de différentes manières, qu'une idée ou un sentiment, quand ils su présentent à l'esprit, rappellent lUiluniNfriicul d'autres idées, d'autres sentiments de nature analogue. Une idée de causalité éveille d'autres idées de même nature; une émotion bienveillante nu de destruction est nécessairement suivied'une émotion semblable; si alors une idée ou un sentiment prédominant vient frapper l'esprit d'une personne douée d'une conceutrativité énergique, l'action mentale éveillée agira avec vigueur et constance, les idées secondairement éveillées réagiront sur l'idée mère et concourront à lui donner un nouveau degré de force , en excitant l'entendement ; de celle manière, une série plus étendue d'idées, plus ou moins lires cuire elles, se présentent! l'esprit; alors l'intdli^curc, apercevant (bus un point éloigné le but qu'elle doit atteindre, trace le meilleur plan pour arriver au but ; et la force de l'altenlion est en raison de la vivacité do l'impression reçue ; l'influence de la coucentrativité, quand elle s'exerce avec énergie, donne naturellement une grande puissance à la pensée , toutes les facultés intellectuelles se concentrant sur un point.
Conformément à ces idées, nous trouvons que toute circonstance dn nature a inspirer nue émotion jn-nua neiiie , produit le même elïei indépendamment de la concentrait vîté. L'influence continue d'une cause de provocation excite la destructiviié au point d'en faire une passion indomptable. Si l'organe de la circonspection est Fortement développé , et que celui de l'espérance soit très-faible, il en résultera une modification permanente dans le caractère; si, en outre, ii éprouve une surexcitation
maladive, la propensilé qui en résulte agira sur toutes les facultés mentales, et lVsprii, nilliissé sous les. sombres pensées qu'il suggère, sera in:tet:essililt: :i toute impression capable de le relever. Tout sentiment, quelle que soit sa nature, imprime au caractère la teinte qui lui est propre, et les objets ne semblent pénétrer dans l'esprit qu'après- avoir été modifiés par son influence, soit qu'il porte l'esprit aux idées gaies et riantes, soit qu'il appartienne aux propcnsilés de destruction et de la défense personnelle, ou aox propcnsiiés irisicsct décourageantes.
Nous pensons que la somme de ces puissances concourant à la formation du caractère mental, a été parfaitement comprise par la plirénologic.
S;ius le secours do la plii'énoliigie , ces différences du caractère moral ne peuvent, selon nous, être expliquées d'une manière, satisfais;! nie; e:ir en un ne m 1rs omi prendre si on ignore que la concentrativiié est un élément originaire de l'esprit, variant en force die/ U s dilluviils individus.
Pour prouver que cette prupeusilé résulte d'un des organes qui constituent le cerveau, les plircnologues ont pris l'expérience pour guide; et nos propres observations, quelque limitées qu'elles soient, nous ont fait reconnaître les coïncidences remarquables qui existent entre les faits et le poinlde la science phré no logique. Les remarques qui suivent, résultant de nos observations, ne sont pas purement spéculatives; nous les sou niellons ;ni ju^mout des plin'ieilo^nes qui , par leur longue expérience et leurs nombreuses observations, sont plus capables de juger la matière.
Je n'ai pas eu l'occasion de constater par moi-même les résultats d'une extrême faiblesse do cet organe (i). Un degré
(l)Je connaît un entant idiot complètement loaltcnlil. Il erre sani ccmc sans paraître prendre le moindre hiiéii'l ans ctiofO! qui l'environnent; il n'. ;[,.:[■.,, lit ni Li's Ir.ie.J qu'il li i i u ■.' , ni tesdiuM't i;ni j,'i;i i.-ul lui iiuiiv.
(.YoK du Iraduclrar.)
moindre de faiblesse se décèle de di Hercules manières, selon qu'elle se combine avec d'autres facultés. Certains individus sont incapables de se former un plan de vie régulier; d'autres, mieux élevés ou modifiés par d'autres organes, ne montrent qu'un esprit peu intelligent et un besoin incessant de changer d'occupation et d'habitudes. On s'aperçoit que leur pensée n'a aucune direction précise vers un but particulier; les circonstances les plus fulilis renversent leur s plans; ai d'autres facilités viennent ajouter à cette disposition, il en résulte une sorte d'insouciance de caractère et de vivacité insolite, line grande circonspection, jointe à une fermeté énergique, ntodiiie notablement les clleis d'une ciiticeulnuivilé faible; si, en même temps, les facultés intcllcctu'iles jouissent d'un bon développement, le caractère se présente sous un aspect entièrement dilférenl. Le raisonnement et l i pi.ssihiliié de se livrer il des idées spéculatives peuvent exister chez un individu montrant, dans la eonl roverse, un esprit épais et lourd , résultat évident du l'incapacité où il se trouve de maintenir ion attention fixée sur le sujet dunl il veut s'occuper.
Certaines personnes, jouissant d'un large développement des facultés réfleelives, étonnent par le peu d'aptitude qu'elles montrent à suivre u ne dissertation philosophique; ces personnes, douées d'une causalité et d'un esprit de saillie puissants, manquent complètement de concentrativilé; chez d'autres, les perceptions intellectuelles sont fortes et rapides, et leur esprit joint a loin le brillant que confère l'idéalité l'énergie qui résulte d'un fort développement de la combativité; mais le travail intellectuel ne se soutient pas , l'énergie cesse quand l'émotion, qui a éveillé l'action de lu combativité, est éteinte; ils arrivent it conclure et portent un jugement non raisonné; leurs perceptions sont rapides, ils sont doués de beaucoup d'originalité Cl de perspicacité ; mais ils midi impuissants à tirer une déduction abstraite dont la solution exige un long raisonne-
tuent; ils font, avec la plus admirable vivacité, une foute de remarques fines et spirituelles, mais ils échouent s'il fuul, par un examen approfondi, arriver a l.i solution d'arguments nombreux cl obscurs; ils sont ormws plus qu'écrivains, mais c'est surtout dans la conversation que leur esprit brille dans tout son éclat. Il petit arriver qu'ils souliennenl une controverse avec avantage , mais cela n'a lieu que parce que la chaleur de lu conversation excile leurs facullcs raisonnantes, et qu'elle leur fouroit s:ins cesse df nouvelles occasions de porter un jugement. Toutes ces nioililiiMiiuii- ilépenileiii , croyons-nous, du défaut d'action de la conc^nlralivilé. -\ous devons faire observer cependant que, si chez les personnes organisées de celle manière, les facultés sonl fortement excitées, elles déploient une unité et une intensité d'action que la légèreté de leur espril ne |icnneLi;iii pus île smipi.'diiiKT, Ces laits ne prouvent rien contre ce que nous avons dit des phénomènes qui résultent du défaut d'uclion de la concentrai vile. Néanmoins, quelque faible que puisse être un organe, il n'est jamais complètement sans action, et, dans certains cas, une vive excitation peut considérablement augmenter sa puissance. Hais si vous supposez, dans les niâmes circonslnnces, une conccnlralivité énergique, alors sa puissance sera immense. Tel était, sans doute, le c:is d'Airhimude , si profondément absorbé par ses calculs, que des soldais furieux, à la suite d'un combat acharné, pénétrèrent jusqu'à lui sans que son attention put en être distraite.
Une concentrativilé forte, ou modérément forte, donne lieu encore a quelques autres modifications dans le caractère. Nous avuis dr' temps ni p'inps I"u(.v;lmoi] d'ol&Tvn' îles | :crs' î riTU's qui, ayant des organes intellectuels asseï faibles, sont néanmoins irès-purlccs à l'ars; entaliou. On pourrait les comparer
à des gladiateurs lilliputiens; ils sont continuellement disposés à combattre ceux qui ont le malheur de ne pas partager des
opinions qui souvent ne sont comprises que par eux. Ce son! )ii des caractères rares et <:si-q>tionncls; mais une nuance moins tranchée s« rencontra fri'ipicniment. Il ksi probable que cheices individus, l'organe de la concentrai ni té est osiez fort: son influence perce dans leur langage, dans leurs regards, dans leurs gestes; on trouvera en même temps que la causalité est de tous leurs organes cérébraux, si bibles d'ailleurs, le plus développe'. Si on le considère d'une manière absolue, leurs raisonnements iléc: N-nt la liiihlMsc. et le peu de porlée de leurs conceptions; leurs discours sont semblables aux lignes que tracent les navigateurs sur les caries, ils n'indiquent rien et ne sont remarquables que par leur continuité. Le second, c'est que jamais ils ne partent du principe général qui domine la question; ils ont la facullé de voir et de disséquer ce que renferme l'horizon borné que leur vue peut saisir ; leurs discours sont obscurs el incohérents, ils passent a I le i native ment du vrai an faux ; mais, en général, une absnrdilé patente vient bientôt les meure on conl radie lion avec les principes généraux qu'ils n'ont pas la force de comprendre dans lenr ensemble.
Si on compare ces individus avec ceux dont nous avons parlé en premier lieu , chez lesquels la causaliic' est proéminente, et qui néanmoins manquent de raison, une contradiction apparente semble en résulter. Les phréuologues ont avancé que les eiïets d'une forte causalité sont de disposer aux travaux mêla pli piques, < et qu'elle confère en même temps une tendance vers la logique. > La contradiction disparaît si on réQéchil que nous admettons lu nécessité de la réunion de deux facultés pour pouvoir raisonner avec suite. Dans tout esprit sain, la causalilé peut percevoir les rapports qui existent entre la cause et l'effet, ou entre les prémisses et la conclusion. Si la concciiirativiié vient, par son influence, conférer la puissance de fixer longtemps sa pensée sur le point qu'on veut connaître, on jouira de la faculté de poursuivre et de comprendre les raicomt. — rut ri nr, mnéxotocis. 2*
sonnements les plus abstraits. Los calculs mathématiques, dont chaque terme a un sens précis cl iu-rôté, si i ont facilement compris par tout esprit ainsi j ■t-^.ui i ï>.i' ; m\iU IV unie des science» miiinli's e\igc- la faculté de comprendre li's divers rapports de chaque terme employé pour arriver à forme] 1 une déduction ; ici une puissante causalité est nécessaire, en même temps qu'an heureux développement des organes perceptifs. La causalité donne la faculté de se souvenir des rapports antérieurement découverts, et les facultés perceptives fournissent les matériaux sur lesquels se fondent les décisions de la causalité.
Quand il une concentralivité énergique se joignent une causalité et une individualité proéminentes, la puissance défaire des raisonnements philosophiques est à son apogée. L'esprit possède de vastes ressources intellectuelles, et il peut en tirer tous les avantages possibles en combinant ses idées aussi longtemps et dune manière aussi abstraite qu'il le juge nécessaire.
Les écrits de Tacite et de Grattait nous paraissent empreints, à un haut degré , de l'influence d'une concentralivité puissante. Cotte qualité est beaucoup plus marquée dans la poésie de Thomas: Campbell et de Crabbe que dans celle de Walter Scott.
Ou a dit qu'un style serré est, dans beaucoup de cas, le résultat d'un travail opiniâtre: je conviens de ce Tait, mais pour qu'un auteur prenne la peine de travailler asseï ses ouvrages pour les amener à ce point de perfection, il doit s'en sentir ta force ; et celle force ne peut lui venir que par l'effet d'uno concentra tivilé énergique.
On a supposé que l'individualité et l'éventualité, quand elles sont fortement développées, peuvent produire les effets attribués à la concentralivité; il n'eu est rien. Je connais un littérateur cher qui les deux premiers organes soui larges, mais dont la concentralivité est extrêmement faible; il montre une vaste connaissance des faits et des détails, mais il manque de
l'aptitude de fixer la puissance de son esprit sur on seul fait et, par conséquent, d'en approfondir aucun. D'un autre cûlé, j'ai eu l'occasion d'observer l'aïui-tir de phi.ii'tirs nnvrjgps de philosophie chez qui la concentrât! vité est très-forte, mais dont l'éventualité est faible; il se plaignait d'éprouver une grande difficulté a se rappeler les détails; il était obligé d'écrire a l'instant le résultat de ses lectures cl de ses observations; mais di! ires faits qui emplissaient son portefeuille , pas un seul n'était resté dans son cerveau. Quand la comparaison et la causalité sont très-fortes, aiusl que la concentrativité, la tendance de l'esprit vers les études systématiques est extrême. Quand cette dernière est faible, le contraire a lieu. Nous considérons comme la première condition d'un esprit systématique, la puissance de conserver longtemps l'impression d'un sentiment ou d'une idée, puissance qui donne a l'intelligence la faculté de les étudier sous toutes leurs faces.
D'après cette manière d'envisager la faculté dont nous nous occupons, un individu peut montrer un goût, une aptitude spéciale pour l'étude d'une science, la botanique, par exemple, la phrénologie, etc.; s'il possède la combinaison des facultés qui portent à ces éludes, il les poursuivra avec ardeur, quoique la concenlrativïlé soit faible. Nous connaissons des personnes organisées de cette manière , mais tontes , malgré leurs efforts
une idée générale, à comprendre, d'une manière large et étendue, l'ensemble du système qui fait le sujet do leurs études.
Spurzhciro combat celte manière de voir et prétend que son expérience lui en a prouvé la fausseté; mais les faits seuls
d'ailleurs rien fait découvrir dans les ouvrages de Spurzhcim, relativement à l'habittlivfté,qui soit directement contraire aux idées que nous avons émises sur la nature de cette faculté.
].e même auteur ajoute que i l'habilativité no peut être une faculté primitive; car elle ne peut agir seule, ni Être malade seule; et son existence ne devient apparente que par le concours d'autres familles agissant sur un point. ■ Mais il existe un grand nombre de facultés qui ne peuvent agir seules; ainsi la fermeté agit presque toujours de concert avec d'autres facultés; nousaimons, nous baissons, nous sommes ambitieux ou studieux, avec passion et d'une manière durable; mais celte persévérance n'est pas une puissance abstraite. La circonspection éveille nos craintes, mais la connaissance de ce que nous devons redouter nous vient de l'action d'autres facultés; car rarement on éprouve une crainte sans objet. On voit que la nécessité du concours d'autres facultés n'est pas un phénomène exclusivement propre a la con central ivi té. Je ne doute pas néanmoins qu'elle n'agisse parfois isolément, mais ce fait est fort rare et l'obscurité qui environne les dernières limites de sa puissance nepermet guère d'en étudier les effets.
Relativement à l'influence qu'une surexcitation maladive peut exercer sur la faculté dont nous nous occupons, nous citerons la manie caractérisée par une impression fixe. On voit, dans ces cas, l'attention des malades concentrée dans une méditation profonde et silencieuse qui les rend insensibles a tout ce qui se passe autour d'eus et à l'action des corps externes. Ils différent des autres maniaques, en ce que ces derniers, malgré les erreurs de perception dans lesquelles ils tombent, et les inductions erronées qu'ils en tirent, conservent le pouvoir de diriger leur attention sur les choses qui les intéressent, et parfois même d'en tirer de justes déductions. Les phénomènes que nous supposons devoir résulter d'une surexcilalion de l'urgam; Ji; lu com;(intr;ilivi(é doivent être distingués aussi d'une espèce de démence avec laquelle on l'a quelquefois confondue; le regard fixe du malade, son silence et son calme apparent , ne résultent pas, dans ce dernier cas,
d'une préoccupa lion mentale, mais d'un état d'insensibilité morale plus ou moins complète. Lorsque la roncontralivïté est surexcitée, les malades c. innervent 1:i la.iisrieiu'e d'eux-mêmes, et souvent, après leur guérison , ils se souviennent des idées qui ont occupé leur esprit pendant la maladie; la démence est, si je puis m'expi imer ainsi, une jiuye blanche dans la vie; et, dans les cas très-rares où les malades reviennent à cm, ils no se souviennent de rien, Le D r A. Combe, à qui nous sommes redevables de ces observations, a entendu JI. Lsquirol, dans ses leçons îi lu Salpfitrière, citer des cas semblables à ceux dont nous venons de parler ; lui-même, en avait vu des exemples, mais comme c'était avant que la faculté attribuée à la Concentra Uvi té fût découverte, il ne lit aucune attention au développement plus ou moins considérable di- cette portion du cerveau. Nous connaissons une personne, douée d'un liés-fort développement de cet organe, et qui, sous l'empire d'une maladie nerveuse, dans laquelle la circonspection et la conscienrioslië étaient sure sellées, se croyait sur le point de perdre l'esprit et fa i su il (util au niunile pour le conserver; elle s'efforçait de concentrer son attention sur un point, le plus souvent sur un monument ou sur l'extrémité d'une longue rue, et maintenait avec loi -ce sa pensée fixée sur cet objet pendant
un temps considéra l>li', à 1 im iu>i le toute autre idée. Il en
arriva que l'organe, déjà affaibli, s'irrita maladivement, et une fixité d'esprit anormale en Tut la suite; tout senti ment, toute idée qui atteignait son esprit éveillait une telle intensité d'examen, qu'elle devenait insensible à tout le reste. A celte époque, elle n'avait uni une idée de la plirénologie, mais depuis, ayant eu l'occasion de s'instruire, elle s'est convaincue que les phénomènes que nous venons de rapparier furent le résultat d'un état maladif do l'organe dont nous nous occupons.
Spuntbeim a encore objecté que , quand une personne cherchait à concentrer fortement son attention sur un sujet quel-
conque , rien, dans ses gestes ni dans l'expression de sa physionomie, n'indiquait qu'un organe situé à la pat-tic poslé-
indiqiiait que le travail s'exerçait dans les régions fronlales. Quelle que soit noire déférence pour l'expérience , les profondes connaissantes el la haute intelligence de Spurzheim, nous dirons que de nombreuses observations nous ont démontré que les personnes qui possèdent réellement la faculté de concentrer fortement leur espr it, porlent, lorsqu'elles se préparent à un travail prolongé, la tête et le corps en arrièro, dans la ligne de cet organe. L'auteur de Waverley parle de celte altitude comme caractérisant les penseurs profonds. Les prédicateurs et les orateurs, chez lesquels la concentralivité est forte, portent, lorsqu'ils sont animés, la léte en arrière, dans la ligne de cet organe et de l'individualité, c'esl-ii-dire alternativement en avant et en arrière. Quand la combativité prédomine sur ta concentralivité chez un orateur, il porte la tête en arrière et de cùlé, dans la ligne, de la combativité, i Cet organe,! dit Spurzheim, < est en général plus large chez la femme que chez l'homme, et je laisse a chacun a décider si les femmes l'emportent sur les hommes par la lîviic de leur attention. • L'observation nous a prouvé, au contraire, que cet or^aiie iM eu pim'i'al plus iléveluppc riiez l'homme que chez ta femme. « De plus, > dit-il, > on observe qu'il est plus proéminent chez la race nègre et les tribus celtiques, que dans les races toutoniques; qu'il est plus large chez les Français que chez les Allemands. El pourtant, le caractère national de ces peuples ne confirme pas l'opinion de M. Combe, il est même en ron' radietion manifeste avec elle. • De cosobservali' ins de Spur/.lieim el de quelques autres que je passe sous silence, il résulte pour nous, à l'évidence, que Spurzlieim s'est complètement trompé sur la nature de la faculté qui résulte d'un bon développement de la concentra-
tivilé. Cela provient, sans aucun doute, de ce que nous ne nous
les Français, nous (lii ons que ce que nous con naissons de leur littérature, n'annonce pas que chez eux celle faculté soit sans énergie. L'intelligence de cette nation a ses limites, mais aucune autre n'a atteint à la liauteur où ses savants et ses lilléraieursse sont élevés dans les matières adaplées à la nature de leurs facultés; aucun peuple de l'Europe ne possède, pour les sciences, des livres élémentaires comparables aux siens, et la concentratmté est indispensable à quiconque veut tenter d'écrire des ouvragesde cette nature. Les Allemands possèdent des facultés rélkclives plus puissantes que les Français, et une persévérance plus grande; mais, à en juger par leur littérature, l'organe que nous éludions est chez eux moins énergique. Ils se livrent fréquemment a des digressions étrangères au* sujets qu'ils traitent; leurs compositions sont, en général, moins claires et moins complètes. Lu concentra livilé est trèsdéveloppée chez les nègres et les Écossais, moins chez les Allemands, les Chinois et leslndous, moins encore chez les Grecs et surtout chez les Péruviens.
Relativement a la tendance :i llmbiimii-i!,'. on conçoit que la concentration de l'esprit favorise celle disposition chez l'homme et les animaux, qui en reçoivent une forte inclination a s'attacher aux lieux qu'ils habitent. Ko outre, les animaux qui paissent sur les montagnes, ceux qui se nichent dans les lieux élevés et presque inaccessibles, ceux qui habitent les bordsdes grands fleuves, y uni été pinces par la sagesse divine qui a répandu autour d'eux lout ce qui est nécessaire au bienêtre, a la sûreté et a la conservation de leur espèce. L'aigle, doué d'une vue perçante, s'élance des pics inaccessibles, cl , planant dans l'immensité de l'air, découvre sa proie à des' distances infinies; la nature l'a doué, en outre, de la faculté de concentrer toute son attention sur l'animal qui doit servir à sa
pâture, et, selon sa force ou sa faim , il ehoisit entre l'agneau et la colombe que menace sa serre puissante. Les crlnes des animaux carnivores indiquent tin large développement de cet organe, tandis qu'il est ;i peine marque sur celui des herbivores. Aussi, les habitudes des premiers décèlent une puissance d'attenlion tout à fait étrangère aux derniers.
Une puissance extrême do cette faculté est surtout nécessaire aux individus qui se destinent aux exercices acrobates et à la danse sur la corde; loule leur habitude extérieure décèle une forte contention d'esprit; ils sont sans cesse occupés à veiller et à diriger les moindres mouvements de leur corps. Le cr.'inc du ct-lrbn; éniyer Duirow , qui fait partie de la collection de la Sudélé plirendu^ique d'Edimbourg , indique un dcYc-lopgx'int'iU Rxli'jiiinliiiiiire de la fruiftisilralWilé.
Dans une démine réponsi 1 à nos oliservaliniis sur l'inQuence do cet organe, publiée pur Spuiv.lufim, à Boston, en 1832, vol. I, p. 169, que nous avons examinée avec toute l'attention el tout le respect dus a un maître que nous estimons et que nous chérissons, nous n'avons pu trouver aucun argument capable de uous convaincre que nous sommes dans l'erreur. Néanmoins, nous n'avons pas cru devoir répondre à des objections qui ne sont pas appuyées par des faits ; car c'est l.t seule autorité dans une controverse de cette nature.
Quoi qu'il en soit, on ne peut pas considérer les fonctions attribuées à cet organe comme poslivement établies; de nouvelles observations sont encore nécessaires.