IMHLOPttOGÉMTlinE
L'a t lâchement que montrent [es animaux pour leurs petits a Clé souvent tin sujet d'admii'alion pour les naturalistes; on n dit qui; chez eux le sentiment était un instinct. On entend par
II) VoyEi > Essag im 1ht rharnettr and etrthral itrrtlnpmenl of the Eiquiaaux , by Robert Cox.
instinct une 1 Mit' originelle par l'elïel île laquelle l'animal qui eu est doué, agit d'une certaine manière, sans intenlionnï calcul, mais par un entraînement qui lient h sa nature. L'amour do l'homme pour ses enfants est-il la conséquence d'une faculté semblable , ou bien un acte de tu raison ou d'une modification de la bienveillance et des antres sentiments? Il nous semble bien évident que la réflexion y est tout à fait étrangère. La raison recherche les causes et les effets, et juge en comparant les faits. La mère qui sourit aux premières caresses de son enfant ne cherche pas à s'expliquer ses délicieuses émotions; l'impression est spontanée; il suffit que l'image de l'enfant se présente ans yeux ou à l'imagination des parents pour que l'amour paternel se réveille dans son irrésistible impétuosité. Il esl donc vrai que ce sentiment résulte de l'action d'un organe qui lui est propre, et qu'il n'est nullement une modification de la bienveillance ou de tonte amre faculté mentale. S'il tirait sa source de la bienveillance, l'égoïste ne montrerait jamais qu'un attachement médiocre pour ses enfants ; et pourtant on voit souvent le contraire. S'il n'était qu'une modification do l'amour de soi, comme on l'a supposé, l'amour paternel serait d'autant plus faible que l'abnégation de soi serait plus complet»; nuis l'expérience contredit aussi cette théorie. L'amour paternel n'est pas non plus sous l'influence des facultés intellectuelles : une femme peu intelligente montre ou ardent amour pour ses enfants; une filtre, dans les mêmes conditions intolleettielk'S , se montre pliiâ ou moins iiiilillei-ehle. 'Quelques femmes, douées de liantes facultés morales, joignent le sentimenl de l'amour maternel à leurs autres vertus, tandis que d'autres, non moios heureusement douées sous le rapport des facultés intellectuelles, considèrent leurs enfants comme un fardeau. Nous avons donc les plus fortes raisons de considérer l'amour des enfants comme une tendance primitive de l'esprit ; et toutes muni:. — irait £ et riwiMLtic.it. il
les observations plirénologiques appuient celle conclusion.
Cel organe est situé immédiatement au-dessus de la portion moyenne ilu cervelet, et répond il la protubérance de l'os occipital. Gall rapporte comme il suit l'histoire de sa découverte. Dans le cours de ses observations il avait remarqué que dans l'espèce humaine la partie supérieure de l'occiput est , en général, moins proéminente i-hei l'homme que chel la femme, el il en infera que la portion nirnisponihato du r.erscau devait Cire l'organe de quelque sentiment plus fort chez la femme que chez l'homme; mais il fallait encore déterminer quelle était la nature de ce sentiment. Pendant plusieurs années, il se présenta a son cspiiL uti grand nombre de. conjectures qu'il adopta ci rejeta successivement, cl il entretint souvent ses élèves des doutes qu'il éprouvait à tel égard. Enfin, ayant remarqué que le crâne des singes présentait , sous ce rapport, beaucoup d'analogie avec celui de l'homme, il dut en conclure
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propensilé proéminente dans celte race d'animaux, ainsi que dans l'espèce humaine ; et celte idée lit d'auianl plus d'impression sur lui , que ses éludes lui avaient déjà faii connaître qne nul organe des facultés morales ou intellectuelles élevées n'avait son siège dans ectie li-^îu-j ; il ivclinrha dans ses souvenirs quelles pouvaient être les propensilés qui se montrent également prépondérantes chez la remme el chez le singe, et, dans un de ces heureux moments où la pensée se déploie dans toute son étendue, il fut frappé d'un rayon de lumière en réfléchissant qu'un des instincts les plus énergiques du singe est na amuiii' ardent puni 1 ses jn'i-is. Les naturalistes, et en gênerai, les personnes qui ont vécu dans les pays où ces animaux sont nombreux, ont été frappés de la force de rattachement qu'ils leur portent ; cette tendresse s'étend jusqu'aux enfants, et spécialement aux jeunes nègres qu'ils cuivrent de caresses quand ils les rencontrent dans leur chemin. Ces remarques
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Gréai enfin jaillir un irait île lumière dans l'esprit de Gall, relativement aux fonctions île l'oi-gnno qui l'occupait. Impatient d'éclaircir ses doutes en comparant entre eux l'immense quantité de crânes de mâles et de femelles qui formaient sa collection, il suspendit pendant quelque temps ses leçons publiques; il ne larda pas à s'assurer que les crânes des mâles et des femelles, chez les animaux, offraient , en général, la même différence quecclle que présentent le crâne de l'homme et celui de ta femme. Ce fait le confirma dans l'idée que la faculté liée à cet organe était l'amour de la progéniture, faculté beaucoup plus énergique, en général, chez la femelle que chez le mâle. Cette conclusion lui parut beaucoup plus plausible encore par la circonstance que cet organe est placé fort près do l'organe de la propagation. Dans la suite, de nombreuses observations vinrmi rcnili'C: son esisiciii'i' irrécusable
Cette faculté produit donc un amour plus ou moins vif des enfants.
Ce sentiment a été dépeint d'une manière admirable par le plus grand des poêles modernes, dans sa tragédie de Coîn; nous allons essayer d'en donner une traduction :
■ Oh! Caïn! regarde-le! Vois comme il est plein de vie! t vois sa hoauté, sa fraicheur; admire comme il est fort cl gai,
■ combien il me ressemble! combien il te ressemble aussi
• quand tu es bon! car alors nous nous ressemblons tous, < le père, la mère, le fils, n'est-il pas vrai, Cainï Ce sont tous c nos traits réfléchis dans les siens.
. Regarde! il sourit, il étend ses bras, il fixe sur toi ses i grands jeux bleus; son joli petit corps s'incline avec grâce
• comme pour saluer son père. Oh! ne parlons plus de nos i douleurs! les anges privés d'enfants nous porteront envie!
■ Bénis-le, o Gain! il n'a pas encore de paroles pour te re-
■ mercier , maïs son cœur et le lien se sont déjà entendus ! >
(Caïn, act. 111 , scène V.)
— ISO —
La j.roémiuencc du col organe pi'u! iHre facilement constatée; il est un des plus en évidence, surtout dans l'espèce humaine, el lu propensilé qu'il confère est aussi des plus trandiées. Clii'/ les personnes (>;iiiin'inmi'iit ilnm'-i-s de l;i [ilii l.i[.r. rgénitiirc.ceseiiiimeul se trahit dans chaque mol, chaque regard qu'elles adressent a leurs errants; l'auteur de Waverley, cet observateur sublime , a Tilt la remarque que , par une sorte de franc-maçonnerie, les enfanis découvrent rapidement les personnes en présence Uirsijiu lli-s ils peuvent se livrer sans contrainte à toute la pétulance capricieuse de leur âge; il u'csl pas rare de les voir accueillir ces amis qu'ils devinent, de leurs caresses cluvrr. des cris de joie. Il est, au contraire, des personnes qui ne sont susceptibles d'aucune affection [jour les enfants, el qui ne peuvent cacher l'ennui que leur c;iuseni leurs jeux bruyants. Waltcr Scoit remarque que, si dos personnes, dans l'espoir de plaire :m\ parents, s'efforcent do faire des avances d'amilié aux cnfanls, la fausseté de l'affection qu'ils veulent leur témoigner est instinctivement appréciée par eux, et ils n'y répondent qu'avec déliann: el froideur. Si ou examine la ifitc de deux personnes dont les sentiments sont opposés sous ce rapport, on y remarquera de notables différences vers la légion assignée à cet organe.
Par suite d'une loi remarquable de la nature, ce sentiment est excité, bien plus par l'état de faiblesse et do dépendance de ceux qui en sont l'objet, que par leurs qualités physiques et morales. C'est surtout pendant les premiers mois do son existence, lorsque l'enfant n'a aucun allrail pour d'autres, que la mère lui montre le plus d'affeelton et d'amour; plus il est faible el misérable, plus sou dévouement est aciif et passionne. C'est ainsi que le plus jenne do la lamille est ordinairement le favori, à moins que quelque maladie ne vienne atteindre un plus âge, et n'attire ainsi sur lui toutes les sympathies maternelles. L'impulsion primitive de ceue faculté semble être d'exciter un
■vîf intérêt pour la f:iil>lossc de l'enfance : néanmoins elle communique en même temps une grande aménité cuvera ceux qui sont faibles et souffrants, quoique dans un âge plus avancé. Les personnes c.hr/. Icsijiie'IIe's cet tirgam* es! très-fort , et qui sont en mémo temps douées d'une grande bienveillance , sont, en général, plus portées à prodiguer leurs soins à ceux qui souffrent que celles qui ont l'organe de la philo progéniture peu actif. Le langage de ceux qui mu cuiii; Gu-ulu; proéminente est doux, tendre et caressant. Elle est indispensable aux personnes chargées des soins qu'exige l'éducation des enfants ; celles che» qui elle est pen active ne peuvent que difficilement sympathiser avec eux. S'ils sont chargés de quelque partie de l'enseignement, leur ton et leurs manières repoussent la confiance des élèves, au lieu de la leur attirer. C'est ainsi que certaines personnes, dont les manières sont convenables dans les rapports ordinaires de la vie, sont en horreur aux enfants confiés à leurs soins, et il est bien rare que les antipathies do ces
derniers ne soient pas i k:es, alors que leurs parents, jugeant
selon les inspirations de leur âge, les accusent de caprice.
Walter Scott pensait que l'extrême attachement quo la plupart des vieilles Tilles portent à certains animaux , en général des espèces les plus faibles et qui exigent les soins les plus minutieux, pourrait bien tirer sa source de l'influence de cet organe. < Ëllescèdent, > dit-il, i à la force irrésistible d'un sentiment qui, dans des circonstances plus heureuses, en eût Tait d'excellentes mères de famille (i). •
Cesl cette propensité qui inspire aux mères ces chants et . ces douces cajoleries, au moyen desquels elles endorment le jeune enfant, unique objet de toutes leurs pensées, de tous leurs soins. Grand nombre de poètes et d'auteurs dramatiques ont écrit d'admirables pages sous son inspiration.
(i) Hrmohçifal Jiwnat, vol. Il, p. 199-600-
Le sentiment qui naît de celle facullë est si puissant et si doux qu'il entraîne plus fréquemment qu'aueun autre vers de fûcheuscs exagérations, Quand il est trop énergique et que le ju^i-iueut csl tnip bible puni' y meure lie justes bornes, il ejUivti.'ut iliis inquii'iUHli'i exnjéiëos, ou bien il entraîne ;i céder à tous les caprices de l'enfance, cl présente ses défauts comme des qualités précieuses. Celle aveugle exagération est, pour l'enfant, lu source de vices qui, dans un 3gc plus avancé, feront le malheur et souvent la honte de sa vie.
Sur ïingl-ueuf infanticides que Gall et Spunheim eurent l'occasion d'examiner, vingt-cinq présentaient l'organe de la philoprogéniture très-fa ib le meni développé; cependant, Gall a observé que ce n'est pas la faiblisse de cet organe seule qui détermine une mire il tuer son enfant; mais celles qui sont dans ce cas cèdent plus facilement que les autres aux circonstances qui tes poussent au crime, car elles ne sont pas retenues par ce sentiment, si puissant chez une bonne mère, qu'il est difficile qu'il ne triomphe pas de toutes les tentations.
Dans le choix d'une nourrice ou d'une bonne, on devrait tenir compte du développement do cet orgaoe. Ceux qui sont étrangers à la phrénologie souriront ù l'idée d'une semblable investigation; mais le phrénologue, sûr de ses principes qu'il a pu vérifier mille fois, ne manquera pas de mettre son expérience en pratique , et il s'en trouvera bien.
La léte des individus du sexe masculin présente, en général, une forme plus large et plus ronde; celle des individus du sexe féminin est manifestement plus longue et plus étroite. Cela a lieu par suite du développement plus grand de l'organe de la philo progéniture chez ces derniers. La partie du cerveau qui répond à l'occiput, étant plus développée dans la femme que dans l'homme , cause cette différence , quoique la somme totale de la masse encéphalique soit moins volumineuse chez la première. Cette différence peut être observée même sur le
crâne des fœlus des deux sexes; clic est très-remarquable chez les jeunes filles et les jeunes garçons. Le sentiment qui en naît se montre aussi d'uni! manière fort tranchée à celle période pou avancée de la vie; l'attachement que montrent les petites Biles pour 1rs enfants ei tout ce qui leur en fournit la représentation forme un irait de leur caractère qui les dislingue complètement des garçons, gruécalem^nl pu nés vers les jeux bruyants et les exercices gymnastique*. Un exemple curieux de celle différence de caractère entre les filles et les garçons a été observé par Morier, pendant son voyage en Perse : < Le médecin de l'ambassade, • dit-il, t voulut introduire l'usage de la vaccine parmi les Perses , ses efforts furent couronnes de succès; mais bientôt il se vil arrêté par le gouvernement luimême; des gardes furent places aux portes de l'hfttel de l'ambassade, sous prétexte de rendre honneur à Son Excellence; mais dans le but réel d'cmpirlmr les fcinmcs d'arriver jusqu'au médecin. On prétendu que si les enfants devaient être vaccinés, c'était aux pères et non aux mères à les conduire près du docteur; il en résulta que la vaccination fut arrêtée; car les hommes se montrèrent, eu s;éin:r:il , fort insuucianis de mettre leurs enfantsà l'abri du tc ri ilili' lli'iin dont préserve la vacrine.i 11 est néanmoins des exceptions ù celte règle générale : quelquefois la poriion occipitale du cerveau acquiert un trèsgrand développement dans l'homme, et, dans ce cas. le sentiment de ramolli' dvs l'id'iints \ irpunl. fin II pensai qm; l'homme doit avoir alors une forte ressemblance avec sa mère, à moins qu'une telle conformaiion ne soit héréditaire dans la famille. Il est des hommes ainsi organisés qui sont remarquables par leur amour pour les enfants, et riiez lesquels, cependant, les organes de Yamalivité ci de i'adkésmti sont extrêmement
faibles : ils perdent une fe e. qui leui oi;iit < inu-esans trop de
regrets , tandis que la mort d'un enfant les plonge dans la plus amère douleur. Pour ces hommes, le manque d'enfants est
une source continuelle de chagrins, et souvent celte circonstance les dispose à Imiter avec dureté une femme estimable.
Gall a observé que cet organe est plus développé chez certaines nations que ebez d'autres; il se montre, en général, trèsproéminenl chez les nègres; aussi l'infanticide est un crime inconnu parmi oc tic vark'ic de l'espèce humaine- Des personnes ayant mie connaissance parfaite de leur caractère, nous ont assuré que jamais elles n'avaient entendu parler d'un infanticide commis par un nc^rc. Cet organe est également très-développé chez les noirs du sexe masculin] aussi ils inoutrent un grand penchant à se charger de la garde des enfants.
Le D r Patterson assure que les Indous sont également remarquables par un grand développement de cet organe : . Il se manifeste, > dil-il, «dans leur prédilection pnur les jouissances d'un bonheur domestique tranquille, et qu'ils semblent smïinit appu'cii-r i[ii;md ils se voient entuurcs d'une nombreuse famille; l'esprit de lu plupart de leurs chants, les caresses incessantes qu'ils prodiguent a leurs petits, annoncent l'influence de leur ardent amour des i nfants. Sur douze crânes d'Indous que possède la Société pbrénoiogique d'Edimbourg,
onze préscntcuL une proéminence remarquable an siéjje de oci organe; sur un seul, il est modéré. Les crânes des habitants de l'ile de Cejlan sont ansM roiii.inpwliles par le développement de la philoprogéuiture. Dans quelques anciennes descriptions de cette ile, on trouve que les habitants ont coutume d'exposer leurs enfants, mais les rapports des voyageurs modernes sont tout à fait contraires à cotte asscr-
Ce sentiment, si nécessaire a la propagation et à la conservation de l'espèce, est puissant chez un grand nombre de tribus sauvages ; les crânes des Caraïbes, qui, sans aucune comparai-
son, sont les plus malheureusement organisés sous tous les autres rapports, paraissent jouir d'un assez Tort développement de cet organe. Sur sis crânes CàMilit de Caraïbes que possède la Société phrénologiquo d'Édimbourg, deux ont uueforte proéminence au siège organe; Irois présentent saillie large; les autres sont ™ un peu moins saillants. Cette l / tribn, par sa conformation cérébrale et d'après le rapport remarquable par la férocité indomptable de s par l'absence complète de toute bienveillance; lu nature l'a douée de ce sentiment couservan la philoprogdniture. Cet exemple prouve, comi sonnes le prétendent , que la bienveillance n't direct qui fait naître le sentiment qui porte si les parents ù prodiguer leurs soins à leurs enfants, mais qu'il existe un organe uniquement destiné à éveiller cette propension , et que cet organe , c'est la pliiloprogéuiiure. Les Esquimaux fournissent une nouvelle preuve à l'appui de ce que nous venons d'avancer. Sur la plupart des crânes que possède
des voyageurs, est caractère et , néanmoins, de l'espèce, :er laines perpas l'organe ipe rien sèment
la Société pbrénologique d'Édimbourg, cet organe est trèsproéminent, cl Blumenbach avait déjà remarqué celte proéminence de l'occiput sur des crânes d'Esquimaux du Ubr:uior, au point d'en Taire graver un dans sa troitiime Décade, pl. 24. On observe aussi que ces peuples, d'ailleurs insouciants et très- égoïstes , soignent leurs enfants avec beaucoup do sollicitude. Le capitaine Parry a également remarqué celle particularité.
Cet organe, comme tous ceux qui concourent à former la masse encé plia li que, est snsci-piililt- di; maladie, et, par suite, de troubles dans ses fonclinns. On voit quelquefois l'esprit d'une mere plein d'anxiété sur le sort de ses enfants , sans que la moindre rliose, dans l'éiaide leur santé, puisse expliquer cette inquiétude. C'est la bien certainement l'clfct d'une surexcitation morbide de cet organe.
Le D' André Combe donnait des soins à une dame affectée d'une aliénation mentale, dont le principal symptôme, pendant les trois jours que dura l'accès, fut une vive inquiétude sur l'état de ses enfants. Elle croyait, tantôt qu'on les avait assassinés, tantôt qu'on les lui avait ravis ; a son retour à la raison, elle se plaignit d'éprouver de la douleur à l'endroit où siège l'organe de la pbiloprogénilure; elle n'avait, du reste, aucun souvenir de ce qui s'était passé, et n'avait aucune idée de h plucnoingie.
Call a rapporté le cas d'une femme se trouvant au grand hôpital de Vienne, qui, dans son élat d'aliénation, soutenait qu'elle était sur le point d'accoucher de six enfants; on apprit, par des rapports sur les fuïls antérieurs, que cette hallucination dépendait d'un grand développement, joint à une surexcitation de la plidoprogéniiurc. La malade mourut, et on reconnut que cet organe avait un développement extraordinaire; les lobes postérieurs du cerveau dépassaient de beaucoup le cervelet; ils étaient arrondis, et d'un volume tout à
fait extraordinaire. Gall rapporte qnëlanl à Paria, il fut appelé chez une jeune dame d'une modestie parfaile qui, depuis quelque temps, élait en proie a une aliénation mentale: élevée dans la meilleure société, elle était récemment arrivée de Vienne, accompagnée de personnes fort respectables; a peine à Paris, elle leur déclara, avec beaucoup de jeie, et sans le moindre embarras, qu'elle était enceinte. Les nminslances de celte dérla ration, et If earartèiT nui cm Je ee lté jeune personne, firent penser à ses amis qui! sa raison était égarée. Bientôt sa joie lit place à une grande anxiété d'esprit; elle devint sombra et taciturne. Peu après, elle mourut dans un étal de consomption. Chez elle aussi, l'organe de la philoprogéniture avait un volume extraordinaire, el pendant toute sa vie elle avait constamment montré un grand amour des enfants. A l'hôpital des fous d'Amsterdam, Gall et Spurihcim virent une femme qui se croyait entmn êe d'enTauts dont elle h' oempait Sans cesse. Sa téie était petite, l'organe de la philoprogéniture seul était fortement développé. Dans une autre maison d'aliénés, ils virent on homme qui croyait avoir auprès de lui deux enfants jumeaux; Gall annonça qu'il devait avoir l'organe- de la pliiloprogéohnre très-dcvcloppé, et l'examen de la létc du malade prouva qu'il ne s'était pas trompé. Des cas d'excitation maladive de cet organe viennent encore ajouter à la force des preuves
toute 1 attention dont il était capable , les crises des différentes espèces d'oiseaux, depuis les plus petits jusqu'aux plus grands, de même que ceux des quadrupèdes, depuis la souris jusqu'à l'éléphant, il a constamment trouvé la |>arue du cerveau qui répond ù l'organede. la philo progéniture dans l'espèce humaine, plus proéminente dans les femelles ipiedansles maies. Il a joule que si on lui avait présenté la cervelle de deux animaux de même espèce, mile et femelle, il ne lui aurait pas été difficile de les distinguer l'une de l'autre. En général, le cerveau du
mile est plus gros, mais les lobes postérieurs sont plus petits que ceux de la femelle. Il est donc possible, dans la plupart des cas, de distinguer le mille de la femelle, à la seule inspection des crânes. Dans les espèces 011 les proportions du mâle cl de la femelle diffèrent beaucoup en ce qui a rapport aux petits, leurs crânes diffèrent quelquefois d'une manière si notable par leur forme, qu'ils ont été placés dans un cabinet d'histoire naturelle, comme appartenant a des variétés de l'espèce, quoiqu'ils :qip;ii-tiEissnit bien manifestement à la même variété, et qu'ils ne différassent que par le sexe.
Gall a rassemblé une immense série de faits à l'appui de celte proposition. On ne peut s'en faire une juste idée qu'en compulsant les planches qui se trouvent dans le grand ouvrage de cet homme célèbre et dans le livre publié par le D r Vimont, on bien en parcourant les collections phréno logiques. Ces recherches exigent, du reste, une grande attention, un coup d'œil vigilant et exercé. On trouvera aussi de notables différences entre les femelles de la même espèce. 11 n'est pas d'habitant de la campagne, qui ne sache distinguer, au milieu de sa basse-cour, les femelles quicouvent leurs œufsavec le plus de soin et de constance, et qui savent le mieux mener leur couvée à bien; il en est qui détruisent leurs nids ou abandonnent leur couvée n peine éclosc. Si on compare la tete de ceux de ces animaux qui montrent des dispositions si différentes, on ne manquera pas d'y trouver des différences également marquées. Eu conséquence, ceux qui forment des collections phrénologiques, doivent avoir soin de prendre les renseignements les plus précis sur les dispositions particulières qui distinguaient les individus dont ils possèdent les
Presque tous les meta physiciens ont admis l'amour des enfants comtne une propensité instinctive de l'esprit humain. Un grand observateur est parvenu a découvrir que cette pro-
pensilé était le résultat de l'action d'un organe, et qu'elle était d'autant plus énergique que l'organe a plus d'étendue, ou qu'une surexcitai ion maladive vient lui donner une activité anormale.
En examinant ces deux crânes, on pourra se faire une idée des différences qu'ils peuvent présenter dans leur plus grand contraste.
L'existence de cet organe est prouvée.