‹ Traité de phrénologieChapitre 16 sur 35 · Combativité · texte numérisé non relu

Combativité

Cet organe est situé à l'angle postérieur et inférieur de l'os pariétal, un peu nu-dessus cl en arrière de l'oreille.

Giill fuit ainsi l'historique de sa découverte, i Ayant abandonné tons les systèmes de métaphysique intellectuelle, et voulant, au moyen de l'observation, tacher de reconnaître les diverses propeasités de la nature humaine, je cherchai a attirer chez moi un certain nombre d'individus des classes inférieureset de professions diverses, tels que cochers, domestiques, portiers, etc. Après avoir gayiié leur confiance, et les avoir disposés à la sincérité en leur donnant du vin et de l'argent , je les faisais causer sur eux et leurs camarades, sur leurs qualités et leurs défauts, cl surtout sur les traits les plus frappants du caractère de chacun d'eux. Je remarquai que ceui qui jouissaient de la plus grande considération étaient ceux qui se montraient querelleurs et batailleurs. D'autres, d'un caractère éminemment pacifique, étaient l'objet du mépris de leurs camarades, qui les désignaient comme des poltrons. > Gull rechercha si les têtes des tapageurs ne différaient pas, sous certains rapports, de celles des hommes

querelleur avaient une saillie remarquable à la région du crâne qui se trouve un peu ati-dt'Sïtn et <:\i 11 trière de l'oreille. 11 fant remarquer qu'ici l'influence de l'éducation était

nulle, et que les causes externes ne pouvaient, en rien, être considérées comme ayant modifié le caractère de ces individus, qui, par leur position sociale, s'étaient trouves pins nu iniiins abandonnés à l'impulsion de leurs disposition'; naturelles.

Vienne avait encore, a cette époque, des spectacles de eombais d'animaux. Un individu, attaché a l'un de ces établissements, était d'une telle intrépidité, que trés-souvent, il descendait dans l'arène, tout seul, pour combattre les ours et les taureaux. Son rrâne présentait on fort développement de cet organe. Dans la suite, Gall examina la tête de plusieurs de ses élèves, qui avaient été renvoyés des universités à cause de leur esprit querelleur. Chez eux, aussi, l'organe de la combativité était très-fort. Dans le cours de ses recherches, il reucunlra une jeune dame qui avait l'habitude de prendre des habits d'homme, et qui, sous ce travestissement, se montrait très-querelleuse. Elle avait aussi un grand développement de l'organe de la combativité. D'un antre côté , il examina la tête do certains individus remarquables par leur poltronnerie, el il constata que chez eux cet organe avait très-peu de développement. Les têtes des personnes courageuses variaient, d'ailleurs, sur les autres poinls, mais tontes offraient une saillie plus ou moins forte à l'endroit remarqué; il en était de même pour les personnes craintives dont les tétes, variables d'ailleurs, dans les autres régions, oll raient toutes une dépression a l'endroit correspondant à la combativité.

La découverte (le. relie faculté donna lieu a de nombreuses plaisanteries; on soutint d'ailleurs que le Créateur ne pouvait avuir voulu ilnmirr à l'ii munir l'un h un- des mm! ml s ; 1rs objections ne pouvaient être faites que par ceux qui n'avaient pas une connaissance assez approfondie îles faits, et qui n'avaient pas suffisamment étudié la nature de l'homme. Les plus profonds métaphysiciens admettent l'existence de celte propen-

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sion, el des auteurs célèbres ont décrit son influence et les actes qui en émanent : le caractère de mon oncle Toby, tracé par Sterne, est la nature prise sur h- lait; il retrace admirablement l'union d'une grande probité, d'une grande bienveillance avec l'amour des combats, t Si, t dit mon oncle Toby, i quand je n'étais encore qu'un écolier, je ne pouvais entendre battre le tambour sans que mon cœur lintiit à l'unisson, était-ce ma faute? pou vais- je me défendre contre celte impulsion? • Et, continuant à se jusiiliiT lie. l'aenisalioii de. cruauté qu'on lui adressait parce qu'il aimait les champs de bataille : • Est-il aucun de vous, < dit-il, i qui ait versé plus de larmes que moi sur le sort d'Hector? et quand nous lisions que le roi Priam était venu réclamer son corps en vain, e: avait dû rentrer seul dans Troie, vnus savez., mon frère , s'il m'était possible de dîner ce jour-iâl Est-ce là ce que vous appelez être cruel? ou parce que mon sang a coulé sur les champs de bataille , et que mon cœur bat pour la guerre , ne peut-il saigner pour le malheur? >

Tacite, dans son histoire de la guerre de Vespasicn contre Vitellius, rapporte que • les femmes mêmes voulaient entrer au Capitole et soutenir le siège. La plus brave d'entre elles, Gracilie Verulanie, ne se montrait accessible a auenue émotion, si ce n'est à celles de la guerre. > — ■ Le courage, • dit le D r Jobnson, « est une qualité si nécessaire à la vertu, qu'on le respecte même ipuiid il s'assueie au vice. >

MM. Stewart et Reid admettent celte propensité qu'ils nomment ressentiment soudain, et le D r Thomas Brown, sous le nom de ressentiment instantané, décrit admirablement l'action de cet organe combinée avec celle de la destruclivité : i Jî existe un principe data noire esprit, » dit-il , < gui' est pour nous un protecteur constant, • Le principe peut sommeiller, mais seulement lorsque su viyiLmce serait inutile; il s'éveille a la moindre apparence d'une injuste agression, et déploie

COURE. — TMFTÊ DF MWtHOLOOW. SB

d'amant plus de viguenr et d'activité , qne l'attaque se montre plus violente. Avec quel sentiment d'à dm i ration ne contemplerions-nous pas l'admirable sagesse de In nature, qui placerait aux mains d'un être faible et désarmé, menacé de quelque agression imprévue, une arme redoutable pour sa défense? Et pourtant ce serait là une faible assistance comparée à celle que nous donne celte émotion qui s'éveille en nous et nons rend si puissant pour repousser l'attaque {Vol. III , pag. 524). Cette émotion n'est exactement, selon les phrénulogues, que l'action de la combativité et de la destruclivité réunies. H n'existe aucune différence entre l'opinion du D r Brown et la noire, si ce n'est qu'il considère cette faculté comme susceptible de s'émonvoir seulement lorsque l'individu est provoqué , tandis que nous reconnaissons qu'il peut entrer spontanément en action, indépendamment de toute agression, et exercer une influence notable sur les actes do la vie. Pour exprimer l'impulsion qui nait de cet organe , nous le désignons sous le titre de combativité. La combativité fait nailre l'esprit d'opposition; modérée, elle se traduit par une simple résistance; plus énergique, elle porte à l'agr^ssiini cl au renverscnient des obstacles physiques el moraux. Le courage est le sentiment qui areiiitipaguc l'éiat actif de mie [îi opensilé. Ainsi une personne, cher laquelle l'organe de la co m lia livi té est prédominant, aime la guerre, pour satisfaire sa passion dominante, sans s'arrêter à nulle autre considération. Son amour des combats est instinctif; néanmoins le courage, quand il est bien dirigé, est indispensable au maintien du bon droit et fait partie essentielle des qualités que doivent posséder les hommes d'un caractère élevé et magnanime. Les plans qu'ils peuvent former même pour le bien-être de l'humanité, pour la propagation des principes religieux, rencontrent toujours de l'opposition; la combativité donne a leur esprit la hardiesse nécessaire pour envisager d'un œil ferme les combats qu'ils

ouronl a woienir afin' d'amener le triomphe de' la venu. Si le courage leur manque, le rooiudre obstacle les déconcerte et tient renverser mutes leurs combinaisons. Si M°" Frj n'avait pas eu cet organe très-développé, aurait-elle jamais eu le courage nëressairu pour arriver A la réformat.oo de IScwfjain '.'Sans l;i l'iunkiiiiiti-, mui i".piit ;mrait-il eu la fermeté, qui lui était îiidis[ii-ns;ililiî puur surmonter les nombreuses difficultés qui s'opposaient à celte liante entreprise? Le philanthrope IloïïarJ.niraii-il, sans cet organe, méprisé les dangers auxquels il s'exposailen visitant Imites les prisonsde l'Europe? J'ai presque luu jours observé que les personnes les plus bienïcillauicsdes deux sexes, celles qui, pour soulager la misère et le malheur, ne craignent pas de In rem outrer en face, qui , pour corriger le vice, osent le visiter dans ses repaires les plus odieux, oui cet ornant; tbriciiieni développé. Luther et Knox, pour prèi'licr i l établir la n'Tm inc. ont eu besoin de la force morale que lit c>uibaiivii. ; seule confère.

Cet organe est très-fort riiez les grands capitaines; il est très- proéminent sur les crânes de Robert Bruce et de Wurmser, qui défendit si vaillamment Mantuiie i on Ire le plus grand capitaine des temps modernes. Les deux gravures ci-dessous représentent le crûno de Wurmser en contraste avec celui d'un jeune Cingalèsc, chez lequel cet organe est très-faible.

Les bustes de tiare el de Mélanclhon, page 130, montrent la

combativité fortement et modérément développée. On penl voir encore des exemples d'unie forte proéminence de cel orgaoe sur les bustes de Caracalla cl d'un gladiateur romain, dans la Physiognomonie de Spurilieini, pag. 1-tet 32; ii est encore trés-proémincnt sur le buste de Linn, et modéré sur celui du révérend M. M'", donné J la page 470.

Dans les temps féodaux , un fort développement de l'organe de la combativité était beaucoup plus nécessaire aux chefs militaires que dans les temps modernes. Riclmrd Cœur de Lion, Bruce et Wallace lùiuraient pn maintenir sous leur commandement les barbares qu'ils guidaient sur les champs de bataille, sans la supériorité de leur bravoure personnelle. L'espoir de vaincre n'était alors fondé que sur le courage d'où naissent ta force, l'adresse et le sang-froid. Maiiucmim une intelligence capable d'enfanter les plus liâmes- combinaisons, est une qualité indispensable au grand capitaine, mais un grand courage ne lui est pas moins néressaiiv. iS'npoléon possédait au plus haut degré la réunion de toutes ces qualités. Lorsqu'il parle de Murât et de IS'ey, il les dépeint comme des hommes chez qui le courage animal était bien supérieur au jugement, et commo proprés à conduire une attaque ou à s'élancer, lo sabre au poing , à la léte de sa cavalerie ; mais faibles et incapables pour la conduite des grandes affaires. « Le meilleur général, > disait-il, < est celui chez lequel le courage et In sagacité se tiennent en équilibre; > c'est-à-dire dans le langage phrénologiquc, quand les organes de la combativité, des sentiments et de la réflexion existent dans de justes proportions.

Cette faculté est nécessaire à l'avocat; elle donne l'esprit guerroyiint, et fait que die/, lui l'éiier-tu de la résistance augmente en raison de la violence île l'attaque.

La combativité, uuie à la di.'strueiiviié , inspire aux poûtes l'amour des batailles. Homère et Walter Scott ont fait preuve d'une énergie plusqu ordinaire dans leurs peintures de combats,

de carnage , cl dans leurs chaals de victoire. Cette tendance de l'esprit des pofites, des orali'ori, des liiïkii'irus, pas peu contribué à meure les héros en honneur; trop souvent leur conrage a été exulte, 5:111s O^iii'il pour la justirc de leur cause. La plirénologie , en appréciant à sa valeur réelle la passion des combats, ramènera, il faut l'espérer, la conscience publique a des idées de vérité et de justice , et lu courage aveugle employé à soutenir une cause injuste , cessera d'être considéré comme une vertu. La science aura ainsi contribué à éteindre cette lièvre des batailles si funeste au bonheur de l'humanité.

Quand la combativité est trop énergique et mal dirigée, elle D les plus funestes résultats; il en naît un besoin ardent de guerroyer pour sa seule satisfaction personnelle. Elle fomente daus la société un radieux esprit de contradiction qui fait que l'on dispute encore alors même qu'un se sent vaincu : quand son énergie trop active n'est point contenue par des sentiments élevés, elle compromet sans eessc la paix et le bonheur domestique. On fait de l'opposition par caractère, et chaque heure de lu vie est empoisonnée pur une suite de querelles et de discussions. Unie à la liestiuiiiviié, ellu produit des scènes de meurtre et de dévastation. Dans tous les siècles il a suffi de lever l'étendard de la guerre pour que les hommes l'entourassent par milliers, appelant a grands cris la mort et la destruction.

Les personnes cliess lesquelles eet organe est très-énergique, si son action n'est pas tempérée par une morale élevée, sont portées, par instinct, à faire de l'opposition outre toute mesure, contre tout sentiment, contre toute doctrine; elles méconnaissent leur propre caractère au point de prendre celte propensilé de leur esprit pour un amour an lent de la justice et d'une vraie philosophie, et se croient plus fermes dans leur ligne de conduite que les autres bummes. Bayle, l'auteur du Dictionnaire, offre un exemple de cet esprit d'opposition. Il

semble, dans ses écrits, prendre à lâche de contrarier toul le monde. Aussi, disait-on que le meillenr moyen de l'affermir dans le vrai, était de l'attaquer, car alors il soutenait son opinion avec une Force et une énergie admirables. William Cubl.ett rapporte quo le bruit du tambour éveillait en lui, dès ses plus jeunes ans, un a mou s' Irrésistible de la vie militaire, et que, dans l'âge mur, l'amour des combats exerçait encore sur son esprit lu plus puissante influence, mais dirigée vers un pins noble but. Par ses discours et ses écrils , il combattait puissamment et) faveur des opinions du jour. Cette énergie, celte hardiesse, que ses ennemis mûmes ne pouvaient lui refuser, liraient leur source d'un fort développement de l'organe de la combativité.

Cet organe se montre aussi tnVdévetoppé dtev, ceux qui commettent un meurtre en cédant plutôt à l'impulsion du moment qu'il une résolution froids et réfléchie. Les bustes de Haggart et de Marie Macinnes en offrent des exemples; cet organe est généralement très-proéminent sur le crâne des Caraïbes, nation remarquable par un caractère indomptable et féroce. Les statuaires de l'antiquité le figuraient très-saillant sur la létc des gladiateurs.

Quand cet organe est fort et actif, il donne à la voix un caractère de rudesse et' une sonorité remarquable; les mot* fortement artii'uléssemlilentiooioii' porter coup. Selon M°™ de Staël, la voix de Napoléon devenait stridente et comme métallique lorsqu'il était irrité; j'ai moi-même fait l'expérience sur lunles les personnes que j'ai rommes ri qui avaient rot organe proéminent; il donne aussi à la bouche une expression de fierté particulière, et imprime à lit tétc une sorte de mouvement instinctif qui la porte en arrière en la penchant vers l'épaule. Ce mouvement est remarquable chez les boxeurs de profession.

Toute personne chez laquelle cet organe est faible, est

portée à céder à la moindre opposition ; tout obstacle l'arrête dans sa rouie. Les enfants qui se moulrent excessivement timides, manquent en général de cet organe, et ont en revanche la circonspection proéminente , leur tête ressemble à celle du jeune Cingalèse, donnée à la page 219. La timidité du poëte Coytper me parait devoir être attribuée à une semblable combinaison d'organes, ses vers peignent son horreur de la guerre. La faiblesse de l'organe de la combativité ne sulli! pas, néanmoins, pour produire la crainte. La crainte est une émotion , souvent très-vive, qui ne peut être le résultat de l'absence d'une qualité opposée.

Cet organe csi, en général, plus développé chez les hommes que chez les femmes; cependant, il peut être très-fort chez celles-ci; elles ont alors un air hardi et résolu, éiranger à leur sexe. Les petiles filles, chez lesquelles cet organe est puissant, aiment à se mêler aux jeux et aux combats des garçons.

Dans l'élat social, il est fort utile de pouvoir reconnaître les personnes douées de celle faculté, car elles exigent des ménagements particuliers; si on veut convaincre quelqu'un chez lequel cet organe est proéminent et la conscienciosilé faible, on s'aperçoit bientôt qu'il ne dim-lic guère ù saisir le but on l'esprit des observations qu'on lui fait, mais a trouver l'occasion d'en tirer des inductions en-oiiccs cl d'embrouiller la discussion; les personne:! :iinsi or^misecs som ilinicilesà convaincre; le meilleur moyen est de leur dire nettement sa pensée et de leur abandonner immédiatement le champ de la discussion. En leur étant le moyen de satisfaire leur inslincl de combativité, on leur inflige une véritable punition et l'on a beaucoup plus do chances de faire impression sur leur esprit en abandonnant le principe à leurs propres réflexions , sans éveiller leur amour

Quand cet organe est proéminent chez uu individu, il se montre turbulent et querelleur, surtout s'il est excité par l'abus

des liqueurs fortes. On voit des individus chez lesquels cet organe est proéminent, niais qui ont en même temps des facultés intellectuelles assez énergiques pour on modérer les écarts quand ils jouissent de loule leur raison, changer pour ainsi dire de i-ieaetéi-e et devenir inimitables loi squ'ils ont bu avec excès (i). Certains filais maladifs peuvent aussi surexciter fortement cet organe; Pixel a rnpponé plusieurs exemples de monomanie provenant évidemment d'une surexcitation de la destruclivité. t Un maniaque, ■ dit-il, < naturellement paisible et doux, parai! inspiré, pendant ses accès, par le démon de la médiane clé; il est alors continuellement or.rnpé à faire le mal; il renferme ses eoiii] Mimons du us leurs cellules, les provoque, les frappe, leur r.lierelie querelle an moindre mot. i Un autre qui , pendant ses moments lucides, se montre dons, obligeant, réservé el même limide, devient, pendant l'accès, d'une liardicsso extrême, i éprouve la plus violente propensité à l„ ..- ...(i, [ .]■■■ I J|>|ir..- Ii. 1,1 cl ■ I.-ei ■■n.l-Jllf. i ■ utran.r > En visilanl Bedlam, en 1 82-i, j'examinai la tète d'un aliéné, et je prmmnrai qu'il éiuii énnneinment porté a [;i doslnielii ilé. et à la combativité; bientôt je m'aperçus que ses mains étaient retenues au moyen d'un anneau de fer. On m'apprit qu'il avait commis un meurtre, et qu'il manifestait, pendant ses accès, une propension évidente à se livrer a de nouveaux actes de

Cet organe existe aussi chez certains animaux; mais son degré d'énergie varie beaucoup. Les lapins, par exemple, sont beaucoup plus courageux que les lièvres; on voit certains chiens rechercher enm inné Urinent l'ui'r.isitm de se battre,

tandis que d'autres se montrent excessivement poltrons; suus ce rapport, le bouledogue forme un contraste frappant avec

(I) L'ivresio temhle ci ciccr spécialement ion action inr les or^anM rte

le lévrier, aussi ln téle liu premier cst-eilo beaucoup plus large, e n ire e[ derrière les oreilles, que celle du dernier, t C'est là , i dit Spurzhcim, • un signe infaillible pour reconnaître si un cheval est ombrageai e! timide, ou hardi el sur. La même différence s'observe chei les coqs de combat et les coqs do basse-cour; les amateurs do ces sortes de jeux en ont fait depuis longtemps l'observation, >

Gall désignait celte faculté sous le nom d'organe de la défaut de soi ou de la défense de sa propriété; Spuribeim considérait avec raison celle dénomination comme défectueuse, i Selon les lois de lo nature, • dit-it, • l'homme est obligé do combattre pour sa défense; celle propensilé a donc pour principe la défense de soi , mais il me semble qu'elle est, comme les autres, d'une application générale, et qu'elle n'est pas limitée à la défense personnelle : en conséquence, j'appelle la portion du cerveau qoi lui est affectée, l'organe de In propensiti au combat ou combativité, i M. Robert Cox a publié une analyse minutieuse de celte faculté dans le 9 mt volume du Journal phrénohgique ( p. 147), et il conclut que, abstraction faite de toutes les modifications accessoires, elle n'est ni plus ni moins que fiiistinet ou la propensilé de {apposition, ou, en un mot, ropposivité. Il considère la combativité, ou l'amour des combats, comme le résultat de l'action combinée de cet organe et de la dcsiructivité.

Sir George Macketisii: avail, avant M. Coï , exprimé une opinion semblable dans son ouvrage intitulé : Illustrations of pkrcnology, publié en 1820. . ïïous sommes porté > dit-il, ■ a considérer 1'ammiv des cnnibats comme un sentiment composé; de mémo que le désir, i[iie quclqurs linmmes semblent éprouver, d'inspirer la terreur aux autres, l'amour des combats implique la volonté de nuire. Tout homme qui ressent le désir d'en attaquer un autre, doit avouer que son but est de le blesser, i (Pag. 99). Le Journal phrénahgique renferme des

observations relatives a l'action do cet organe. Foy.lII.p.570; — VII, 638; — VIII, SOli, *56, 596; — IX, 6i.

fi. Destiiuctitité.

Cet organe est situé immédiatement au-dessus de l'onvertnre externe de l'oreillB , et s'étend un peu en avant et en arrière, dans la région correspondant a la partie inférieure de la portion écaillcusc du temporal. Sur les planches tracées par Call, il s'étend quelques lignes plus en arrière que dans celles de Spurzheim; Gall dit que, quand il est excessivement large, toute la portion du crlnc comprise entre la portion inférieure du pariétal et l'ouverture externe de l'oreille, forme une saillie remarquable, et que, lorsque son développement est minime, celle proéminence se borne à la portion inférieure de l'os temporal. J'ai vu des exemples de l'une et de l'autre espèce. L'ouverture de l'oreille est située beaucoup plus bas chez certainsindmdus que chez d'autres. Cette dépression est causée par io volume plus considérable des circonvolutions cérébrales situées sur la portion pierreuse de l'os temporal et dans la fosse muqueuse du crâne. Ce phénomène indique que la destructivilé est fortement développée.

Gall rapporte ainsi b découverte de cet organe : en comparant attentivement les crânes des divers animaux, il observa une différence caractéristique entre ceux des carnivores et ceux des herbivores; chez ces derniers, la portion de substance cérébrale qui correspond â l'oreille externe est peu volumineuse, taudis que chez les carnivores, elle forme une masse beaucoup plus considérable. 11 remarqua également que les crânes de ceux-ci offrent mit: proéminence au-dessus de oreille, qui n'existe pas chez les herbivores. Ce ne fut que

longtemps après qu'il fil part de cette observation à ses élèves, sans en tirer aucune conséquence phrénologiqnc : seulement, il leur lit remarquer que, infime lorsque les dents manquaient, on pouvait, & la seule inspection du crdne, déterminer à quel genre un anima! appartient. Un jour, un de ses élèves lui apporta le cranc d'un parricide ; mais Gall le mit île cûlé, ne pensant pas que le iTàue 'l'un meurtrier [n'u offrir des particularités dignes d'inlérilt. Peu de temps après, on lui envoya le crine d'un voleur de grand chemin qui , non content de voler, avait assassiné un sjraml nombre de personnes. Il plaça les deux crânes à coté l'un de l'autre, et les examina h plusieurs reprises. Chaque Toit il fui frappé do cotte circonstance que, quoiqu'il* difféi a«< ni sur presque [oui b's autres points, il* • chacun une saillie également remarquable au-

dessus du conduit auditif externe. Néanmoins, ayant observé relie proéininrnre sur quelques autres crânes de la col I ce lion, il pensa qu'elle pouvait n'exister qu'accidentellement tnr les crânes de ces deux meurtriers. Ce oe fui que fort longtemps après qu'il réfléchit j la diflerennr de ronfnrroalion qui se remarquait .sur les ri-jncs ries animaux e.irnivores et sur ceux des herbivores. Ayant alors observé que la saillie qui distinguait les cWtncs di s i-irniïunrs était précisément celle qui se présentait sur la tfile des iiieurlriers, il se demanda s'il n'existait pas quelque connexion entre la conformation du cerveau que cette proéminence du erâne indique, et le penchant ù tuer, i Je fus d'ubnnl révolu' de celle idée, > dit-il, •maiscnmme mon unique but était d'observer et do constater le résultat do mes observations, je crus devoir établir la vérité avant tout. . < Mous no devons pas craindre , i dit-il , < de dévoiler les mystères de min e organisation , car ce n'est que par la découverte des sources cachées des actions de l'homme , qu'on peut arriver à les diriger vers un but louable. ■

Celle faculté a été souvent tournée eu dérision , eu grande

partie par suite de la dénomination de penchant au meurtre, sous laquelle Gall ia désignait! c'est néanmoins par méprise qu'on a cru qu'il voulait en inférer que cel organe était particulier aux meurtriers. La propensilé à tuer étant indispensable à l'homme, obligé qu'il est de se nourrir de la chair des animaux, il considérait cette propensilé comme utile, quand elle est bien dirigée : « Jamais, > dit-il , «je n'ai voulu dire, en parlant de l'frufincf du meurtre, que ce fut nécessairement uno propensilé a l'homicide. • Le terme dt&tructivili , employé par Spurihcim, est plus rigoureusement vrai, et celte propensilé ainsi désignée est admise par plusieurs auteurs comme inhérente a. l'esprit humain. Lord Kames observe que c'est un moyen de la nature aussi simple qu'cllicacc de donner a l'homme la force de supporter avec courage les fatigues de la chasse et l'ennui de ses chances, et que c'est l'amour de la chasse, i C'est un exemple frappant des soins que prend la Providence d'adapter la constitution de l'homme aux circonstances qui l'entourent. La passion de la chasse, quoique peu nécessaire comme moyen do fournir à ['homme sa subsistance dans l'état actuel de la société, est cependant fort commune parmi les jeunes gens, sans distinction de rang et de fortune.

Les propensilés naturelles peuvent être

imprimées ou assou-

pies , mais jamais totalement effacées. »

Vi cesilnus Knox, dans

ses Essais, expose une théorio sembla

ble de la chasse. Le

plaisir qu'elle procure a élé aitiiliué à l'excitation qu'elle

donne, a l'émulation qu'elle fait naître e

au désir de réussir à

atteindre le bui que l'on se propose ; n

seules sources d'amusement qu'elle fouri

t » il serait également

agréable de courir à cheval pur monts e

par vaux , en sautant

les haies et les fossés , sans être à la pou

*suile d'un animal, ou

de tirer sur un objet inanimé au lieu de

s'envole. Cependant il n'en est pas ains

car, i moins que la

destruction d'une créature vivante ne so

1 le but de la course

ou «lu lir, iioas trouvons peu de plaisir à nous livrer à ces laborieux passe-temps.

Colle propension a été observée par les écrivains et les poêles qui ont décrit les sentiments de l'homme. Walter Scott, lorsqu'il dépeint le roi Robert Bruce vengeant sur Cormac Doil la mort d'Allan, trace un tableau admirable de l'action de la destrnclivilé :

■ A peine éveillé, le Roi saisit un tison ardent , la mile arme gui l'offrit à sa colère, et s'élança sur les pas dv meurtrier pour venger la mort du jeune Allan. Bientôt le sang et la cervelle de Cormac Doil jaillissent sur le tison, qu'ils éteignent; k malheureux chancelle et tombe pour ne plus se relever. >

Cet auteur célèbre peint encore l'histoire de plusieurs facultés phrénologiques dans les lignes suivantes, principalement l'amour de l'approbation et la destructivité, celte dernière faculté, il est vrai, dans ses cmxs. Les vers suivants ont rapporta la bataille de Bannockburn ;

i Au milieu du carnage, gue de motifs divers attisent le feu du combat ! Le gentilhomme meurt pour la gloire, le patriote pour son pays; là, un jeune chevalier essaie ses forets, un autre ne songe qu'à mériter l'amour de sa dame. Il en est qui combattait pour satisfaire une aoeugle soif de sang et de carnage, d'autres, par habitude ou par bravoure: mais tous, la meurtrier féroce comme l'homme courageux, le soldat, le noble et {esclave, quel gue soit le sentiment qui les anime , s'élancent par la même voie vers [abîme du tombeau, i

Dans les Souvenirs de la Péninsule, par l'auteur des Esquisses de [Inde, on lit le passage suivant : ■ Un soir, au moment où une brume glacée tombait sur nos bivouacs, un sousofficier, accompgné d'un courrier, arriva au galop elsc dirigea vers le quartier général. On sut bientôt qu'une action sérieuse et sanglante avait eu lieo à ïalavera; de vagues rumenrs parlaient de hauts faits d'armes, de grandes pertes , et de

lu retraite des Fronçais. Je n'oublierai jamais les rassemblements que nous formions autour des faux pour écouler, Taire des conjectures cl parler de ce glorieus mais sanglant combat; nous regretlions que notre étoile nous eût frustrés de l'honneur d'y assister, noua éprouvions un plaisir infini à revenir sur tous les détails de ces seines de carnage. Oui, quel qu'étrange que cela puisse paraître, les soldais el même ceux qui ne le sont pas, éprouvent, en parlant des scènes effroyables du champ de bataille, une sensation qui n'est pas sans un mélange de plaisir (pag. 59]. ■ Je puis confirmer celte remarque; car j'ai connu des jeunes gens doués de liâmes qualités morales, mais dont les pensées se tournaient habituellement vers des scènes de combats et de meurtres; ils résistaient a celte impulsion, mais ils avouaient qu'ils éprouvaient un vif désir do combattre et de donner la mort; chez eux l'organe était trèsdéveloppé.

Dieu, en douant l'homme do cette faculté, a eu un but d'ulililé qu'il esl facile d'apercevoir : en jelaul les yeux sur la création, l'homme apparaît environné d'animaux féroces qui, lels que le lion, le tigre, l'ours, le loup, sont organisés de manière à ne pouvoir être que ùillinintient apprivoisai , jamais employés d'une manière utile, et qu'il esl forcé de détruire pour sa propre sécurité; leur mort est donc ta condition de sou existence, lin outre, l'estomac de l'homme exige une nourriture animale; car sa santé a besoin, pour se soutenir, de l'activité et de l'excitation que cet aliment procure. Ses appétits exigent donc qu'il tue les animaux ; car la chair qu'ils lui fournissent est malsaine et mauvaise quand ils meurent de maladie ou de vieillesse. Enfin, il existe des hommes qui, pour satisfaire leurs passions désordonnées, sacrifieraient leurs frères, si la crainte de la mon ne les forçait à contenir leurs mauvais penchants. Voyons maintenant quelle eût clé la condition de l'homme dépourvu de cette piupensité ; n'eùl-il pas

élé la proie timide de tout animal féroce qui eût voulu s'en repnîlre? La destructible imprime a son regard une audace qui tient mime le Mon et lu tigre en respect, à moins qu'ils ne soient poussés par une faim aveugle.

Si noos imaginons une léuniun d'hommes privés do cet organe, et réduits a convaincre, a supplier, ou a fuir leurs adversaires, leur e*islcnce ncsrraii-elle pas sans cesse menacée par Une fonte d'homme >aus principes qui en feraient leurs esclaves? Que d'injusiicesjl de mépris u'auraienl-ils pas à souffrir? L'organe de la combativité donne l'audace indispensable i l'homme qui vent faire respecter les droits; il lève i.. son étendard, sur lequel, . l'escmplc des anciens

roi* d'Écosso, il inscris ■ AWna mt impuni lactntt, > adage inspiré par l'influence rumhinée de la drslruclivilé cl de la ■ - ■ i ■■ cl furl de la justice de sa cause, il repousse

fièrement une injuste agressinn. Un peuple semblable, protégé par la juste terreur qu'il inspire , vil tranquillement fi l'ombre de sa vigne et de son olivier.

La combativité donne le courage d'envisager le danger sans pÛlir et la force de se défendre; la ileMnirliviié rend l'attaque périlleuse pour l'agresseur. La combativité donne la puissance d'aborder et de vaincre l'obstacle, niais rien de plus. La destructivité inflige le dut liment et pousse à l'extermination de l'agresseur; la combativité donne à Lutlier et 1 linox le courage de résister à la puissance do Home; la destruciiviié les pousse à méprisée la liiérareliie du clergé romain et à fouler aux pieds ses insignes vénérés.

L'homme chez qui celle facullé est tics-énergique cl la

bieuveill :e modérée, envisage sans émotion les scènes de

douleur ci de destruction. Si, au conteaire, cette faculté est faible, et la bienveillance forte, la mort et la destruction lui causent une émotion douloureuse, cl pourtant la mort et la destruction nous apparaissent sous mille formes. La nature.

en créant l'organe de la destinai vité, a donné a noire esprit la trempe nécessaire pour qu'il puisse supporter le spectacle de ces scènes, qui sont la condition de l'existence humaine; une certaine forée île caractère qui nous préserve des entraînements d'une pilié banale à l'aspect des souffrances imposées à l'humanité, rend seule l'existence lolérable dans ce monde, où la peine est toujours à coté du plaisir. J'ai connu des personnes qu'un sentiment de [liiiéirscrciT romluii vûi'iiublcnit.'nt malheureuses; l'aspect des souffrances humaine* déchirait leur cœur cl les tenait dans un éial continuel de malaise inconnu aux personnes douées d'uni; (Irslnu-iivilé éiii'ru'irjiic.

M. Robert Cox, dans sou ingénieux Essai sur les lois de Tactivité de la destrvctmlé, publié dans le Journal pkrénologique, vol. IX, p. 102, considère la propensiti à faire souffrir comme l'impulsion primitive conférée par cet organe, t Hais, • dit-il , i il faut bien me comprendre : je ne prétends pas que celle tendance implique nécessairement un caractère méchant; il est quelquefois indispensable d'infliger un châiiiiieiii aux auires: mais il faut avouer que cette faculté est moins fréquemment en action dans ses usages salutaires que dans ses abus. L'homme détruit, cMlie ou tue, aussi bien à bonne qu'à mauvaise intention; la faculté qui nous porte ù infliger le châtiment doit seulement élre réglée par la morale et la raison. La destruction, c'est l'injure portée à l'extrême; la mort c'est ftnjun mortelle; la calomnie et les reproches conslituent {injure verbale. Le châtiment est une injure au bien-être corporel ; nous injurions une statue en la mutilant. > II. Cox remarque qu'il semble que, par une loi de la constitution humaine, quand un de nos organes est surexcite ou douloureux, cette propensité acquiert une plus grande somme d'activité, c'est-àdire que l'individu est plus disposé à nuire. Celle propensité tend surtout à s'exercer sur celui qui a causé la douleur; s'il ne peut être atteint, et si la propensité n'esl pas suffisamment

contrôlée par tes facultés morales cl intellectuelles, la vengeance devra s'assouvir snr une personne innocente et même sur des objets inanimés. Qu'une niuii-ncff slupide batte la pierre sur laquelle l'enfant esl tombé, elle «■veilh; clwz lui le sentiment de la vengeance et le désir d'injurier l'objet qui lui a causé de la douleur. • Je partage l'opinion de M. Cox en ce que ennsiderc le désir de nuire comme aiiv. manifestation de l'organe de la destnieiivilc; mais je doute que ce désir soit instinctivement ressenti dans ions les cas où l'on éprouve de la douleur. Ce désir ne me si'ioble s'éveiller que quand il est accidentellement excité, ou quand cet organe est tris-fort et très-actif. Mais les individus chez lesquels cet organe est modère", et qui possèdent une bienveillance et une vénération puissantes, n'éprouvent, au moment où ils ressentent de la douleur, qu'un sentiment de résignation, de bienveillance et de soumission, M. Cos répond à cela que ces impressions résultent do l'action des organes des facultés morales et religieuses, mais que la tendance naturelle et immédiate de la douleur est d'exciter la destnictivilé. Ce fait résulte évidemment, selon lui, de la conduite que tiennent, en semblables circonstances, les gens mal élevés, les enfants et les sauvages, qui tous agissent plus ou moins exclusivement sous l'influence de facultés instinctives non soumises au contrôle des facultés morales et intellectuelles. Plus la destruc Livi té est énergique, plus elle est facilement excitée.

Cet organe est proéminent sur le crino des assassins. Il est très-fort et la iiicnvciltaiici: très-faible sur celui de Bellingbain, qui assassina M. Perce val. La portion ccailicusc des os temporaux forme deux saillies remarquables a l'endroit qui correspond au siège de cet organe; tandis que le frontal présente un enfoncement à l'endroit où siège l'organe de la bienveillance, celte région présente une forte saillie sur le crâne des personnes remarquables par la bienveillance de leur

caractère. On peut vérifier- cette observation sur le buste de la léle de Bellingbam, qui fait partie de la collection de la Société phrénologique d'Èdimbourg. Cet organe est encore très-proéminent sur le crâne de Gordon, qui, accompagnant un pauvre colporteur, à nooilié idiut, lui cassa la tête avec le talon de son sabot , pour lui voler sa pacotille qui ne valait pas vingt schellings. La Société pbrénologique possède le crâne mémo de cet assassin, et lea os forment une saillie considérable des deux côtés a la région dont nous venons de parler; la protubérance qu'on remarque sur les os, dans ces cas, provient du volume plus considéwble de l'organo sous-jacant et de l'empiétement qu'il exerce sur ceux qui l'entourent. Si tons les organes d'une région étaient développés d'une manière égale, le crâne, an lieu de présenter une sorte de bosselure, se présenterait uniformément développé; c'est ce qui fait que les observateurs inexpérimentés tombent souvent dans l'erreur en no tenant compte que des saillies partielles. Cet organe est fort saillant sur le crâne de Charles Rolherliam, qui brisa le crâne d'une pauvre femme au moyen d'un pieu qu'il arracha d'une baie, pour lui dérober quelques nippes; il l'est également sur les crânes de llusscy, Nisbet et Lockey, qui furent exécutés pour meurtre; il est très-fort, elles organes des sentiments moraux très-faibles, sur le crâne de llare, qui étouffa lfi personnes pour vendre leurs cadavres aux salles de disseclion;demême sur celui de Goiifried, dont nous avons déjà parlé; sur le buste de Vitcllius et sur celui de Unn. Il esttrès-fort, de même que l'organe de l'acquisïvilé.sur la tête de Heaman.qui fut exécuté a Ëdimbourg, comme pirate et meurtrier; sur la téle de Robert Dean, qui assassina un enfant sans motif apparent; sur la léte de Mitchril, assassin d'une jeune femme qu'il avait séduite; sur celles de David Ho ggart et de Mario Hacinnes, exécutés à Ëdimbourg; sur celle de Boolh, meurtrier, exécuté à York. La desiruciiviié et la combativité sont toujours proé-

min entes snr la tête des individus qui commençât des meurtres par une impulsion instantanée. La saillie qu'elle forme sur le crâne de Tardy, pirate, meurtrier el suicide, est énorme, de même que sur le crâne de Robert Burns.

l/.i Société pliréimlt^iqn,' ilïvli:iiliLiiiry possède les crânes

de cinq Caraïbes, tribu connue par sa férocité; nr tons, cet organe forme une saillie remarquable; d'un autre cité, le D' George Paterson, chirurgien au service de la compagnie des Indes, rapporte, comme le résultat de trois mille observations, que cet organe est petit sur h téle des Indons, si connus par leur horreur pour le sang. Les crânes de37 lndous, dont douie furent offerts il la Société. Je plnénologie par ce docteur, deux par le D' I. S. Combe de Leilh, et les aulres par sir George Mackeniie, présentent un développement beaucoup moins considérable que celui qu'on remarque sur la tête des Européens.

Cet organe est modérément développé sur le crâne des Cingalèsesel des Esquimaux, dont le caractère est en général fort doux. II est très-fort chez les Pu pu uns d'Islande, trèsportes au niennre. Sur le crâne di: trois Lijnms, présentés par M. G. M. Sclnvarlz de Stockholm, cet organe est fol 1 , el le caractère de ce peuple a quelque eliuse de féroce.

Les crânes ûguiés ici sont ceui de Tardy cl d'un Cingalèse,

Un liommc chez qui cet organe csl proéminent devient intraitable s'il e=l suivxcilé ]>ar l'ivresse, el éprouve le besoin de briser les glaces, les labiés, les meubles qui 50 ni à sa parlée; un loi individu , habituellement paisible, s'amusera à

casser les tanlcrncs qu'il trouvera sur so.n rhomin,s'il se trouve,

assuré que, se trouvant un jour ivre dans Us nies, il lui semblait que les lanternes ne jelaieiil suc son passage qu'un jour faible el douteux, et que déjà il levait sa canne pour les briser, quand un éclair de raison le retint; l'organe de la deslructivilé est fort proéminent sur sa tête; cependant il n'existe pas d'homme plus doux que lui quand il est il jeun.

Cet organe est plus développe chez l'homme que cliei la femme; aussi la uHe d« l'homme esl , eu général, plus large; celle propeusité est, en conséquence, benueonp moins active cliezia femme.

Un certain développement de cet organe est indispensable à l'a ccom plissement des soins el dos affaires de la vie. Rien n'arrêterait le despotisme de certains hommes orgueilleux, s'ils

le résultat de la desirueiivité exeiiéc par une alleinie à ïestime de soi. Comment les clicfs obtiendraient-ils l'obéissance des soldais au milieu des entreprises les plus dangereuses, si ceux-ci ne savaient pas que le châtiment suivrait do près la déstilirnssaiiiv '.' liiiui'.idu éneine. île l;i de-tiueilviié mise tu action par la justice. Le glaive de la loi est l'emblème de la destruction piélc à tomber sur ceux qui la transgressent.

Ces idées ne sont pas purement théoriques, elles sont fondées sur une observation eonslnnlc. La lÈte de Tlndou est plus petite que celle de l'Européen , et la combativité , ainsi que la destructivité , sont surtout encore moins développées que les autres organes. Aussi voit-on des millions d'Indous subjugués par qnehpies milliers île si.lilufs européens. On rencontre des personnes si timides qu'elles semblent résignées à souffrir tomes les insultes, s'effrayent et s'émeuvent à la moindre menace. Ces individus ne possèdent qu'à un faible degré les

organes de la combativité et de la deslruciivité; ils semblent ne pouvoir affronter les vicissitudes de celle vie qu'appuyés sur un ûire fort, capable de combattre pour eux les obstacles qui se présentent à chaque pas. Les hommes doués d'un bon développement de ces organes, et qui ont, en monte temps, des sentiments moraux élevés, leur doivent une partie de leurs succès. Dans l'état actuel de la civilisation, les collisions sont moins fréquentes, parce que ces organes, sentinelles avancées, veillent et rendent toute attaque dangereuse. Tout homme eonnu pour manquer de l'énergie que confèrent ces organes, est sans cesse exposé à l'agression.

Quelques phrénologues pensent que la deslruciivité exerce une influence sur l'esprit en général, et accroît son activité; pour expliquer les causes de ce phénomène, ils supposent que la deslruciivité donne un besoin d'aclion, un désir de bruit et d'émotion, qui fait que l'homme ainsi organisé se complaît bien plus dans le trouble et l'agiialion, que dans le calme elle silence du repos. Un large développement de la combativité esl donc incompatible avec cet élut d'engourdissement intellectuel qui fait que la vie se passe comme un réve au milieu de l'indolence el do l'inactivité, que l'on accepte l'absence de souffrance comme le bonheur, et que l'oit préfère supporter une position pénible, que d'en sortir au moyen de quelque» efforts. Envisagé sous ce point de vue, il semble donc conférer aux facultés intellectuelles un élan salutaire. Les Indous , chez lesquels cet organe est petit, sont remarquables par leur timidité et par le peu d'énergie de leur caractère. Néanmoins, le cerveau doit être fort cl actif, pour qu'une grande puissance intellectuelle puisse se manifester; les effets réels do la destructivité me paraissent être de communiquer au cerveau un degré d'activité qui le rend capable de déployer, dans certaines occasions, une énergie d'action supérieure il ses forces réelles. Sous ce point de vue, cet organe peut augmenter l'ac-

liïitë do la bienveillance mime, à laquelle il semble être directement opposé , non pas en augmentant positivement la somme de bienveillance, mais en mettant l'homme à même d'exercer des actes de bonté, lorsqu'ils exigent une certaine sévérité de

Un caractère hargneux, est aussi nécessaire que l'esprit pour engendrer les écrits satiriques. C'est la deslr activité qui inspire le sarcasme et l'invective; elle porte également l'imagination à enfanter des scènes de terreur, qui deviennent sublimes ou horribles, selon qu'elles sont rendues poétiques par l'idéalité, ou qu'elles sont décrites dans toute leur nullité. Les poésies de Byron en fournissent à chaque instant des preuves: son amour du danger se montre dans les scènes de carnage et d'horreur qu'il se plaît à décrire; l'énergie de la deslruclivilé se trahit encore dans la véhémence qu'il apportait dans ses querelles littéraires. Cet organe porte, en général, les poêles à peindre dt's scènes de ramage et de déïastalion; ils semblent se complaire dans les peintures qu'ils en font. Le poème des Ténèbres de Byron en est un exemple frappant.

Chaque jour, dans le monde, on est frappé de l'abus de celte fac.ullc ; on rencontre dos personnes dont la colère s'éveille a la moindre contrariété, et qui épuisent leur rage sur des malheureux soumis à Irar autorité. C'est là une manifestation yiiIiILiirei:! grossière de la ikslrnelh ilê; il en i-sl qui, pins réservés, épuisant néanmoins leur ftel en Taisant des remarques pleines d'aigreur, cl des observations blessantes. S'ils commandent, c'est en termes durs et d'une voix Apre; leurs ordres sont ordinaircinnil air. un pagnes 'le "estes ou de propos menaçants. D'autres montrent une excessive sévérité au moindre uubli des devoirs, cl s'iuqmeleut [>eu iiu hniheiir de ceux qui vivent sous leur joug; ce sont là amant d'abus de la deslruclivité.

Quand celle prupensité est très-active cher, un individu , sa démarche est rapide, il porte fièrement la téle haute et en

arrière; de temps en temps, il lui imprime un mouvement singulier qu'ex écn tcu t tellement le chien on le taureau furieux; sa voix est âpre et criarde, l'expression générale de toute sa personne est sombre et menaçante. Dansune conversation même amicale avec une personne i'ln'/. laquelle cet organe est fort et la sécrétivitc faible, s'il arrive qu'on aborde une matière irritante, à l'instant lu d 'eur que confère, la bienveillance et la

courtoisie qui vient de l'amour de l'approbation s'évanouissent, eldes paroles dictées par la destniciiviléaiiniuieent que l'orage va éclater, a moins que la raison ne parvienne a le conjurer.

Les jurements et les imprécations sont un abus tle cette faculté; si vous observe! les classes inférieures, vous verrei des enfants qui, par esprit d'imitation, jurent a chaque parole. Mais jamais ceux dont la destruclivité a peu d'énergie, ne parviennent à prendre le ton de violence et de dureté si naturel aux autres.

J'ai dit que celte faculté imprima au commandement un ton de menace qui force à l'obéissance. La lîiblc abonde en motifs pour détourner l'bonmie du péché. J'ai souvent remarqué que les personnes clic/ lesquelles la dcMrurtivilé prédomine, ont une tendance naturelle à iti^istiji- sur les menaces que contient lo livre saint; taudis que celles dont la bienveillance, l'espérance cl la vénération forment le caractère, et dont la destruclivité est faible, s'arrêtent avec complaisance aux tableaux de félicité qu'elle promet. Si elles sont obligées de parler des peines qui attendent l'impie, l'aménité de leur esprit tempère à tel point leurs pandes, qu'elles en paraissent beaucoup moina terribles. Certains prédicateurs prennent souvent les inspirations d'une destruclivité énergique pour les élans d'une éloquence vigoureuse; mais si l'âprelé de leurs discours plaît aux hommes d'un naturel énergique, ils portent le trouble et le découragement dans l'Ame des faibles. L'amour est un motif plus élevé que la crainte, et ce mobile doit être préféré, quand

on peut arriver au but par lui. Mais la terreur exerce sur la plupart des hommes une inllucnce que ni l'espérance ni la vénération ne peuvent exercer; il faut dune quelquefois recourir a ce moyen : nous ne blâmons que son emploi exclusif. Plus les hommes sont éclairés, moins il est nécessaire de recourir a la crainte pour produire sur eux l'impression qu'on désire. La crainte résille <i« l'u version que l'homme éprouve pour la douleur: elle constitue un nmliile puissant, mais eutici munit ilillïiïfti! di' relui qui tt;iit. lie l'amour du bien.

Le plaisir qu'éprouvent les hommes en général, ceux mêmes dont l'esprit a été cultivé, en assistant à une exéeulion, n'esl explicable qu'en admettant l'organe de la destructible, joint a l'amour des émotions qu'éveillent quelques autres organes, parmi lesquels on peut mettre en première ligne l'organe du merveilleux. ■ Nous avons,! dit M. Scott dans un admirable essai sur cette propensllé, i trop d'humanité pour tuer un homme par nous-mfime; mais si un de nos semblables doit filrc mis a mort, nous desinms en t'urc léinoin , ou , si je puis ■n'exprimer ainsi, nous voulons jouir du plaisir do voir une exécution. Un individu doué d'une grande bienveillance el cher, lequel la dtistruriiviié manquerait, aurait horreur d'un semblable spectacle. > Un aveugle, a Édimbourg, assistait à toutes les exécutions; l'instinct de la destructivité était sans doute satisfait chez lui par les paroles que l'émotion arrachait aux autres spectateurs.

Les enfants et même quelques adultes décèlent leur instinct de destructivité en brisant des objets inanimés ; les gens do peuple se plaisent à dégrader les arbres, les ponts, les statues, les monuments publies auxquels ils peuvent atteindre, < Aucun objet d'art, ni même d'utilité, i dit un écrivain moderne, • n'est à l'abri de leur besoin de détruire; i il attribue cette tendance ■ à l'esprit du mal, > désignation applicable à la destructitité, quand elle agit aveuglément. Le troisième statut coude. — TnaiTf m MiHfmiJir.il. 39

de George IV, portant que loine personne qui, mal à propos et par pure cruauté, battra ou maltraitera des animaux, payera une ametiJe , est ëviilrinmrnl ilin^ nmlre les abus de cette propcnsilé, et, par coiisr ! qtieiU, suppose snn existence. Les adjectifs sévère, dur, colère, cruel, farouche, féroce, sauvage, brûlai, barbare, atroce, désignent des dispositions de l'esprit qui dérivent de cet organe.

Les métaphysiciens, en général , ne traitent d'aucune faculté qui se rattache à cette propensilé, considérée comme une puissance capable d'agir spontanément; habitués à réfléchir dans le silence du cabinet , beaucoup plus qu'à observer les actions de l'homme , ils ne peinent guère faire de semblables découvertes. Néanmoins, il est surprenant que l'étude approfondie de l'histoire n'ait pas attiré leur attention sur celte tendance générale de l'esprit humain, Caligula coupant la langue de ses victimes, les faisant jeter aux béics féroi;es, forçant les enfants à assister au supplice de leur père, torturant enfin de mille manières des malheureux pour la seule satisfaction de sa cruauté, exprimant le désir que le peuple romain n'eut qu'une léle, ponr le plaisir de la couper; Néron empoisonnant Britannicus, ordonnant la mort de sa propre mère, incendiant Rome et montant sur une tour pour jouir de ce speciacle; enfin, dans des temps plus rapprochés de nous, les horreurs de la Sainl-Barlhélemi, les Vêpres siciliennes, les cruautés commises par les Espagnols en Amérique, les bûchers dressés pour des dissidents en matière de religion, les massacres de la révolution française, sont des actes qui ne peuvent être expliqués qu'en admettant une propensilé telle que la destructivité. Si les métaphysiciens faisaient l'application de leurs systèmes aux actions humaines, ils verraient qu'aucun de leurs principes n'est applicable à des atrocités semblables à celles que nous venons de rappeler. La conformation de la téte de Néron, telle que la représentent les médailles et les bustes anii-

ques, indique que l'organe de la destruclivilé était chez lui irès-proéminenl.

Cet organe peut tire surexcité maladivement; sa propcnsiid manifeste alurs nv- vchcieorifr irrëMiiiliiî*. l/.iuieur des Elquiuti de Bottant rapporte l'observation de P.ii Walsh . mailiaque férmv, dont la folie data"! de dituie années, cl qui ■ eans ioienupiiim, montrait un esprit de vengeance el de cruauté à

peine concevable, même cbcl un Malgré Inuies les

! ■ iuIÎi , i|u*on avait prises, il avait tué trois personne» depuis sa rccliisinu.' Sa iinVkmi'eit: ei son esprit de destruction élaient aussi remarquables que sa soif de meurtre et de sang; bien qu'il eût les pieds et les mains eniravés, il avait cassé, dans l'espace des deux dernières années, environ soixantecl dix carreaux des croisées de la salle à manger, quoiqu'elles fussent prolégées par un fort treillis en fer; il se plaçait sur un escabeau, à quelque distance de la croisée, et, tenant à la bouche sa cuiller île huis, il passait le manche au travers du treillis et finissait par atteindre les carreaux, i Comme on dit que cet homme porte une forte ceinture de fer, garnie d'anneaux, je suppose que c'est lui que j'ai eu l'occasion d'cxaminoràHedhin,™ [Mi: iaiéie présentai! une proéminence extrême dus organes de la combalivilé ci An 1» destruc livité.

Quand ces deux organes sont fort développes, et que ceux des (acuités morales sont faibles, l'homme éprouve une tendance irrésistible il faire le mai et à se livrer à des actes de violence qui le rendent dangereux peur la soriélé. Lorsque je visitai la maison des aliénés de lliehiimnd à Dublin , en 1833 , le O' Crawford mr; présenta un maniaque, sur lequel je fia les

i C'est le plus méchant caractère que j'aie jamais vu; son organisation est pire que celle de Ilarc (i); la combativité et (1) Hure a ttoufï 10 mallieuTCUi pour vendre leurs oidovre» lui inats-

ta destrnctivité sont, clici lui, extrêmement proéminentes, et les organes dos sentiments moraux sont presque nuls : la bienveillance est néanmoins un peu plus développée que les autres, mais bien faible en comparaison de la combativité et de la deslructivilé; je suis surpris que cet liommc n'ait pas péri sur l'échafaud avant de devenir fou. > Voici les observations qu'a faites sur lui le D r Crawford : ■ Ce malade est Agé de 34 ans. 11 y a dix ans qu'il a été admis pour la première fois. Manque total de sentiments moraux et de principes ; caractère entièrement dépravé, enclin à tous les vices et même au crime; son intelligence est remarquable; il est adroit, astucieux ; il a été un fléau pour sa famille qui fut obligée de lo Taire soldat; il a attenté à la vie d'un de ses camarades; il subit plus d'une fois le châtiment du fouet ; plus tard, il essaya d'empoisonner son père. >

Lorsque je fis imprimer une notice sur ee cas et sur quelques autres destinée à la Société plirénulu^ijHc d'Edimbourg (vol. VI, p. 80), j'envoyai une des épreuves au D r Crawford, en le priant de la revoir ; il me répondit ce qui suit : < Je n'ai que peu de remarques à faire relativement au maniaque désigné par les lettres E. S. Vous dites dans vos noies : • Je suis surpris qu'il n'ait pas péri sur rér.liafatid avant de devenir fou; > cela ferait supposer qu'il a donné des signes d'aliénation ; il n'en est rien. A part la dépravation de son caractère , il a toujours été ce qu'il est à présent ; jamais il n'a manifesté la moindre incohén-na! d'iiiéi;s sur autant point, ni aucune hallucination. C'est un de ces cas dans lesquels il est extrêmement difficile de tracer la lignn do déni a ira Lion entre l'extrême dépravation des sentiments moraux el la folit, et de décider 6i l'individu doit être considéré comme maniaque, ou bien comme encore en élal de répondre de ses actes el sujet a la toi commune. Les directeurs et les médecins de l'asile ont souvent douté s'ils pouvaient considérer E. S. comme maniaque.

ou s'il no devait pas plutôt être envoyé dans une maison de correction. Néanmoins, il parait si complètement étranger a toute idée de moralité et de justice, il sait si peu discerner le bien du mal , il est si peu capable de bonté et de remords quand on lui reproche ses actions vicieuses ou criminelles, il s'en montre toujours si complètement incorrigible, qu'il est presque certain que lout jury , devant lequel il comparaîtrait, resterait dans le doute et le déclarerait insensé ; il sortit plusieurs fois de l'asile, et y fut renvoyé la dernière fois, après avoir lente d'empoisonner son pi re; il est probable qu'il y restera enfermé le reste de sa vie, comme atteint de folie; néanmoins, il n'a jamais montré le moindre symptôme bien manifeste d'un étal réellement maladif du cerveau, i Ces réflexions peuvent fort bien servir de base à une division des maladies mentales eu deux classes : celles qui résultent do l'organisation primitive et celles qui éclatent a une période donnée de la vie , par l'effet d'une maladie du cerveau permanente ou intermittente.

Gall cite un grand nombre d'observations d'excitation maladive de cette propensité, qu'il aeu l'occasion d'observer par lui-même, et diverses autres observées par Pinct ; j'en choisis une dans laquelle l'organe de la destrurlivité semble avoir été le seul affecté. Le malade, pendant la durée do ses accès, qui revenaient à c|hm|U' - fiscs, était furieux , Indomptable, et sentait un besoin irrésistible de se saisir de tout ce qui se trouvait sous sa maie, pour en frapper à la léle la première personne qui se présentait à lui. 11 éprouvait une sorte de combat intérieur entre cette impulsion féroce à détruire et l'horreur qu'il ressemait à lu seule idée d'un Ici ci 1 i nie. Itien n'indiquait un trouble de la mémoire, de l'imagination ou du jugement. 11 disait que cette propensité à commettre un meurtre était instinctive et involontaire, et que sa femme, qu'il aimait tendrement, avait failli être sa victime, ayant à peiue eu le temps

de l'avertir de se soustraire à sa furie; dans ses intervalles lucides, il déplorait son état et ressentait les plus cuisants remords. Il finit par éprouver un si grand dégoût de ia vie, qu'il tenta plusieurs fois ili' se suicider [ce <|tii, du reste, résulte également d'un excès de la destructivité). « Quelle raison puis- je avoir,! disait-il, «de couper la gorge au directeur de l'hôpital qui nous traite avec tant de bonté? Et pourtant dans mes accès de fureur, je suis tenté de me jeter sur lui, comme sur tout autre, et de lui déchirer le sein; c'est cette mallieureuso et im ; sistil>!r propension qui me met au désespoir et me porte à attenter à ma propre vie (i). •

Les individus qui commettent un meurtre sans préméditation, ou qui incendient sans motif raisonnable, attribuent quelquefois leurs crimes aux suggestions du démon; d'autres entendent sa ïui* nui leur nie im'es saiDiufiil à l'oreille : Ttte-h! tue-le! jusqu'à ce qu'ils aient obéi. La surexcitation maladive de l'organe de la destructivité inspirant sans cesse le désir de détruire, donne probablement lieu a ces hallucinations. Aux époques où la croyance aux sorciers était généralement répandue, les impulsions qui naissaient de ces propensités étaient attribuées aux suggestions des mauvais esprits.

La surexcitation maladive de cet organe se manifeste quelquefois d'une manière qu'il importe de connaître : c'est lorsqu'elle: piirle i:iTi;ii[ir$ fuinuics qui, jusque-là, uvuiml juin d'une bonne réputation, à tuer un enfant. L'observation suivante a été publiée par les journaux en 1 822. Un dimanche malin, vers les dix heures et demie, une jolie petite fille d'environ huit mois, Sarali Monnlford , a été assassinée par sa mère. Son mari, de la secte des méthodistes, était allé a la chapelle, laissant à sa femme le soin de laver et d'habiller su

(I) De (Aliénation Bienfait, î" million, p. 103-tOS, «ci. HT; Sur l« ^ndionidu<^flB.I,3M-4i7-4î3-«J-13T;tl,*T0;]ll,tli;IV,09-ti0-iT0.

jeune famille, qui devait se rendre à l'école du dimanche. Ayant accompli celle lâche, il parait qu'elle élait en train de s'habiller elle-même, quand, entraînée par une horrible aberration de l'intelligence, elle coupa la lêle de sa jeune enfant avec un rasoir; et, louic couverte de sang, elle raconta son crime aux gens de la maison, disant qu'elle avait mérite* la mon, et qu'il fallait la conduire en prison. La conduite de cette malheureuse femme après son crime ne permet pasde douter qu'elle ne fûl aliénée. La femme Mouniford subil un court interrogatoire le lundi, et fut envoyée devant les assises. Le coroner avant fait son enquflle , rendit un verdict qui déclarait celte infortunée coupable d'assassinat. Le désespoir de sa famille fut extrême; on vil le mari, avec ses deux filles ainées, parcourir les rues voisines de la prison comme de s insensés ; l'une d'elles est restée privée de la parole. < Cette femme , > dit le journaliste, t a été entraînée par une aberration extraordinaire de l'intelligence. » Cette manière de s'exprimer peut être pardonnée a un feuilletoniste, mais sous le point de vue philosophique, elle est absurde, l es puissances intellectuelles iioléea par les métaphysiciens, telles que la perception, la conception, la mémoire, l'imagination et le jugement, ne peuvent donner naissance à aucune propensilé qui, mime dans l'état maladif, puisse entraincr à commettre une action aussi barbare. Un dérangement des facultés intellectuelles fait que le malade forme des raisonnements absurdes, et parle avec incohérence; mais si ses propensitét sont à l'état normal, il n'accomplit aucun acte répréhensiblc. Et cependant cette malheureuse femme semble avoir été entraînée à tuer par une aveugle et irrésistible impulsion causée par une surexcitation maladive de la destructivilé.

De semblables récits sont affreux, et on peut mettre en doute s'il ne conviendrait pas mieux de s'abstenir de les publier; mais le public en général est plein do préjugés sur

ce point; les archives des cours ri-imsiirllus abondent en exemples de condamnai ions de malheureux que les juges et les jurys se contenterai ml d'envoyer dans les maisons de fous s'ils avaient quelques notions de la phrénologie.

Ainsi que nous l'ayons déjà dil , cel organe esl commun aux hommes ci aux animaux (i). Gall, cependant, remarque que « cet organe n 'est pas, chez tous les carnivores , rigoureusement situé au-dessus do conduit eMorno do l'on'illc. Dans quelques espèces d'oiseau*, tels que la cigoiîiu; , In cormoran, le héron, la mouelle, etc., le conduit externe de Toi cille esl situé beaucoup plus en arrière, cl l'organe de la propensité au meurtre se trouve place immédiatement derrière l'oHilie, où il forme line forte proéminence de chaipie cûlé, proéminence dont le développement est en raison directe de ['intensité de la propensité à tuer que montre l'animal. En comparant les crânes des uiseaux de proie avec reiix des oisoauv qui peuvent indistinctement se repaitre de chair et do graminées, on voit que la proéminence est moins marquée chei ces derniers : dans le duc, par exemple, et dans les différentes espèces de grives. 11 continue il devenir do moins en moins proéminent à mesure que l'oiseau montre une préférence plus marquée pour les végétaux : tels sont les oies, les cygnes; les planches de l'ouvrage de Gall indiquent ces différences. Si on compare les cerveaux de la brebis et du chien, on verra que cet organe esl beaucoup moins saillant chez la première.

En 1827, le D* Vimont présenta à l'Académie des sciences de franco un mémoire sur la phrénoloitie comparée , dans lequel il avait réuni un grand nombre de faits intéressants relativement à la disposition cl A la forme du cerveau chez les

(I) M. Itoheri Cm soiuii'W rjue t™ hrrhivnrcs ne. son i pas entièrement privii de l'organe de In [leunn ii.iié i'mje: Juurn. phrtn. IX, 108), on ne peut nier que le taureau et le cerf ne déploient parfois celle faculté a un haut degré".

animaux. < En ce qui regarde la destructivité, > dît-il, i tous les animaux qui vivent de chair ou qui ont une propensité a détruire ont une région prliruliére du rrâne dont le développcmcnl correspond an li^vrlorijinin'iu de cette faculté. Ainsi, tout le genre fériiw a , sans i'ïjcl'jiIhiii , une proéminence remarquable de la portion écaillons!! du temporal. Nous citerons comme exemple, le tigre, le chat, le renard, le furet, l'hermine, etc.

Les oiseaux de proie ont cette saillie derrière l'orbite, siège de l'organe de l'instinct carnassier; elle présente un développement remarquable. Chez les oiseaux carnivores celte saillie est un peu plus en arrière. ■

Cet organe est établi.

A1.1UBNT1V1TË OU ORGANE DE l/APPETIT DES ALIMENTS.

Gall et Spurzheim ont d'abord pensé que l'appétit des aliments était un instinct qui ne pouvait être rapporté à aucune faculté émanant du cerveau; ils étaient donc disposés à l'envisager comme une puissance primitive ayant un organe séparé dont ils ignoraient lu situation.

Dans la brebis, les nerfs olninifc très- vu lumineux tirent évidemment leur origine de deux circonvolutions cérébrales situées à la base du lobe moyen du cerveau, immédiatement au-dessous de ta partie occupée par l'organe de la destructivilé clicz les animaux. La brebis est guidée dans le choix, de sa nourriture par le sens de l'odorat, et j'en conclus que ces parties pourraient bien être l'organe de l'instinct qui porte l'animal à prendre sa nourriture. Des circonvolutions semblables se trouvent dans le cerveau humain; mais leur fonction

CMIL — TRAIT* Ct PHHÉII01 JWI I. . 30

n'est pas consistée, leur position présentant de grands obstacles Ji la détermina lion de leur volume pendant la vie; cependant les conjectures de ceux qui lenr attribuent des fondions semblables à celles qu'elles accomplissent clicz la brebis, sont trèsplausibles.

Ces idées ont attiré l'attention d'un phrénologue distingué, le n r Happe de Copenhague, et il a Fourni sur ce sujet deus articles remarquables au Journal dr phyéit<i!vt/ù' , vul. II, p. 70, 884. (Voyez aussi vol. IV, p. Ô08). Il pense qu'outre les nerfs de l'estomac et du palais, du ris lesquels, selon lut, résident les sensations de la soif et de la faim, il doit exister un organe intra-crânien pour l'instinct de la nutrition ( prendre la nourriture nécessaire à la conservation do la vie) qui porte aux jouissances sensuelles du goût, dont l'activité est indépendante de la faim et de la suif. < Comment, > dit-il, ■ la sensation seule de la faim , plus qu'aucune autre sensation désagréable ou douloureuse, porterait-elle l'animal à désirer h nininïluri!, lorsque l'expérience ne lui en a point démontré la nécessité? C'est la un pur effet de l'instinct, et nos actions doivent nécessairement recevoir leur impulsion d'un organe, quand elles n'émanent pas de l'expérience et de la réflexion.

« I.e poulet, a peine sorti de l'œuf, becqueté lesgroinesqui se trouvent a sa portée, l'enfant nouveau-né suce la mamelle. Ces actions peuvent-elles s'expliquer sans la supposition d'un organe analogue a celui qui porte le jeune canard a se plonger dans l'eau , le jeune chat à se lancer après la première souris qu'il rencontre?

■ Sans cela, pourrions-nous concevoir comment l'animal, à peine né, peut déjà distinguer la nourriture qui lui convient, comment il se fait, par exemple, que le poulet dislingue le grain du gravier, et comment les animaux évitent de manger les herbes vénéneuses qu'ils n'ont jamais goûtées.

. Quand l'enfant, même en bonne santé, a teté jusqu'à ce que

son estomac 6oii plein dans l'inanition rigoureuse du mol, il

conliiHH! il Je suter, nn/iuc lorsqu'il un il extrait h deniiun! goutte.

i Si la faim et la soif seules portaient l'homme à prendre de la nourriture, ni les vins les plus exquis, ni les mets les plus délicats ne le tenteraient pins lorsqu'il est rassasié ; et cependant, sa gourmandise le porte à manger et a boire encore, mfime aux dépens de sa santé. >

Le D' Hoppe fuit valoir plusieurs autres considérations pour prouver l'existence d'un organe de l'instinct de la nutrition, et résume son opinion en ces termes : < Selon moi, la faim et la soif doivent ilre distinguées de ce désir de prendre de la nourriture, que nous nommons appétit. Car je considère les premiers coin me provenant tl'u ne sensation éprouvée par les nerfs du palais et de l'estomac, qui résulte du manque de l'aliment nécessaire, tandis que l'appétit résulte de l'activité d'un instinct fondamental du l'animal qui a son point de départ dans le cerveau comme toutes les autres propensilés. Toutefois, il existe d'intimes connexions entre ces sensations, et la faim doit nécessairement éveiller l'appétit. >

Dans mes leçons d.' plii'éimlt^ii? , je désigne, depuis quelques années, la région du cerveau dont nous avons parlé, comme le siège probable de celte faculté : lo D' Hoppe, avant do connaître mnn opinion et les raisons sur lesquelles je fondais mes conjectures, assignait aussi la base du crâne comme siège do cet organe, et allait même jusqu'à indiquer une saillie extérieure qui lui correspond, t Relativement a l'organe de l'appétit, i disait-il, le 28 décembre 183 1, * je suis porté à penser que sa position et ses différents degrés de développement peuvent être notées sur le vivant : c'est dans les fosses zygomaliques, immédiatement sous {organe de faequisitivité, et ta avant

de la destructiviié. > Avant que je no m'occupasse de phrénologii: , j'avais déjà clé frappé do la largeur remarquable de la Tace d'un de nies amis , causée par la proéminence des pommelles, comme cela a lie» dans ci; nain es races liumaines, mais plus vers les oreilles , par l'effet de la convexité plus grande des arcades lygomaiiques. Sachant combien il émit gourmand, et que, malgré toute la puissance de son intelligence et la modération de ses goûts sous tout autre rapport , il était sujet à des excès de table, je pensai que cette conformation de sa téte, et son penchant à la gourmandise , pouvaient avoir quelques rapports entre eux, surtout, lorsque chez quelques personnes notoirement enclines aux excès de table , je trouvai une semblable conformation. Cette proéminence de l'arc osseux résulte, je pense, do ce que la portion du crâne, sur laquelle repose une partie du muscle temporal, forme une saillie qui domine, dans cette direction, la profondeur de la fosse ïygomatique, outre la sailliede l'arcade zygomolique; la portion du crâne située immédiatement au-dessus de l'organe do l'acquisilivité, se montre aussi plus bombée. La largeur de la téte produite par cette cause ne peut pas être confondue avec la simple proéminence de l'os do la pommette , ni avec celles que forment les organes de la destruclivîté ou de la conslructivîté, situés plus haut, en arrière ou en avant d'elle. Ayant toujours observé que la gloutonnerie est en raison directe du plus ou moins do proéminence de cette saillie, sans aucune exception, je considère mon opinion sur l'existence de ce'- organe comme parfaiiement fondée. >

Le D' Hoppe regarde l'organe de l'alimcntivité comme l'organe du sens du goût. « C'est, • dit-il, < un fait qui me parait suffisamment prouvé, que la sensation du goûler est seulement transmise par les nerfs , cl perçue par la parlio du cerveau dont nous nous mxupoiis. Maintenant il me parait fort probable, par analogie avec les autres faits connus, que c'est

le infime organe qui goûte (c'est-à-dire qui distingua el jouit), qui nous excite à,</uûler, ou, en d'autres termes, à boire et à manger. Ainsi donc, selon moi, il est en infime temps l'organe de l'appétit cl du goûter (jhs(us), et il existe les infimes rapports entre lui el le sens externe, c'est-à-dire, le palais, que ceux qui lient l'oreille et l'organe des tons. >

Le D r Crook, de Londres, rapporte que, plusieurs années avant la publication du mémoire du D r Uoppe, il s'était déjà formé une opinion semblable à la sienne, relativement aux fonctions et à la position de cet organe. ■ Trois personnes, > dit-il, t que j'ai particulièrement connues en 1819, m'avaient déjà fait penser qu'une portion du cerveau située en avant de l'oreille (près tic la deslruclivilé ) , avait des rapports avec l'instinct de la bonne chère; depuis lors jusqu'à la On de 1822, je recueillis un millier li'obsm varions tendant à me confirmer ce fait , dont je fis part à plusieurs phi énologues de mes amis. Depuis 1823, je ne doute plus que la portion antérieure du lobe moyen du cerveau no forme un organe distinct, ayant pour usage piïmiiii l'appétence dos aliments et la jouissance du goûter. Néanmoins, il est diiliciln de bien comprendre sa puissance; fonj union Lilr. La aiiiiaiiuii ili: l'organe sous l'arcade zygoiiialique et le muscle louipui al , empécht: souvent de l'observer exactement ; néanimiiiis, des cas bien constatés, soit positifs soit négatifs,, oui été observés, tes conclusions furent commimiquoes à la SunéLc plivéïiolngique du Londres, in 8 avril I82j, don* mois avant qu'on ne connut dans cette ville qu'une listlre do dot leur lloppc.de Copenhague, adressée il lïdimbourg, désignait la méiiit! partie du cerveau coinmn le siège d'un orpnc Je fnpjiclil. Celle it'ineidi.'tice est d'autaul plus remarquable, que j'avais niui-mfiiun, dès 1821, conçu une semblable idée; mais j'en avais été détourné par la pensée que la sensation de la soif et de la faim dépendait de la langue et de l'estomac.

Le D' Crook, induit, sans doute, cil erreur par le litre erroné" : i D'un organe conjectural de la faim et de la soif, > donné aux communications faites par le D r Hoppe au Journal phrénologique d'Éd i ni bourg , se trompe en supposant qu'il considère les sensations comme dépendantes do l'organe en question ; au contraire, ils sont d'accord pour rejeter cette idée en lundis:!!!! l'oi-ganii du goût.

Les parties externes auxquelles le D" Hoppe fait allusion, étaient antérieurement renfermées, par le D r Spurzheim, dans

de l'ouvrage de Gall , on voit qu'il ne donnait pns tant d'extension ù la place occupée parce dernier organe, et que les fonctions de l'organe en question étaient notées par cet illustre observateur comme inconnues. Dans les derniers temps , Spurzheim reconnue la justesse des vues du D r Hoppe, sur l'existence d'un organe de la propensilé ou de l'instinct de la nutrition; mais il n'admet pas, comme ce dernier, que cet organe donne l'instinct du choix de la nourriture, pas plus qu'il ne donne la délicatesse et la finesse du goût, i Tout, > dit-il, t concourt a prouver que la portion du cerveau ci-dessus mentionnée est l'organe de l'instinct de la nutrition, du désir de manger. Il existe chez les herbivores aussi bien que chez les carnivores. L'oie, le dindon, l'autruche, le castor, le cheval ont le lobe moyen aussi bien que le duc, l'aigle, le pélican, le tigre, le lion, le chien, etc.; le désir de manger est commun à tous les animaux, mais les carnivores joignent l'organe de la destructivité à celui dont nous nous occupons. ■ Il remarque, à l'appui di; cette opinion, que les circonvolutions antérieures îles lobes moyens snni développées de, le, premiers temps de la vie, avant beaucoup d'autres portions du cerveau, et que dans l'homme, aussi bien que dans les animaux, ils sont proportionnellement plus développés dans le jeune âge. (Cette propensilé, i ajoutc-t-il, «reçoit son complément do l'odorat.

et les nerfs olfactifs, clici tous les animaux, ont les plus intimes communications avec les lobes moyens, au point que chez la brebis, le bœuf, lu cheval, le cliicn, le renard, le lapin, le lièvre, la portion interne des lobes moyens semble n'être qu'une continuation des nerfs olfactifs. EnQn , les lobes moyens ont des communient i nus particulières avec la substance nerveuse qui constitue les lobes antérieurs 1 la portion antérieure

facultés intellectuelles ; ainsi le désir de se nourrir met en

lontaires de différentes parties, avant que la nourriture ne soit portée dans l'estomac pour la digestion. ■ Cette faculté est nommée dégmtalive par le D'Crook; mais Spurzheim renferme le sens du goût dans les nerfs, et considère l'instinct de se nourrir comme comprenant toute l'étendue de cette fonction, i Celte manière d'envisager les fonctions de cet organe se rapproche tellement de la véritable, • dit le D' Crook, < que c'est seulement dans les cas extraordinaires que la manifestation de ses facultés peut être facilement distinguée de celle des nerfs. Mais j'ai eu l'occasion d'observer, en 1827, un cas de celle espèce extrêmement tranché: c'était un enfant acéphale (in which no part of the cerebrum eïtsted); toutefois, pendant les huit jours que la vie se maintint chez cette créature imparfaite , elle poussa sans cesse des cris pour obtenir de la nourriture; elle en prit une; grandi! quantité, mais sans avoir la conscience de leur saveur ni de leur odeur (i). Admettre l'instinct de Y alimentation comme puissance primitive

(I) Je rapporte cette observation pour accomplir mon devoir de inducteur ronsciendem : niais il tint l'iri- ctrrircfjijr -.• tiink' i.lcc lïanalomie cl de physiologie V""' croin; enfant :i«-|iliale (sa ni cerveau) puisse vivre

pendant quelque:! jonrs cl iiirin.! i]i:ili|i:es licnrcs après sa sortie de Vulénu. Kl comment savoir s'il n'avait point la conscience des odeurs on des

serait subversif du principe fonda mental de la physiologie, In

Si le cas que anus vemms ■ 1 « : citer était exact, il fournirait une objection invincible contre l'opinion du Spurzheim; mais on a observe un si grand nombre de fails opposés, qu'il faut croire qu'ici l'organe existait, mais qu'il 3 Été confondu avec quelques autres parties qui se trouvent à la base du crâne.

Un cas intéressant de maladie de cet «i-ganc, rontcnii dans le Journal de phrénokgit, vol. VII, p. 64, a été observé à l'hospice royal d'EdimlnurL; : le nnliuli', ii';i|jvès le rapport de sa sn'iir, s'élait éveillé, le jour de son admission ;i l'hospice, à cinq heures du malin en demandai!! à manger, et avait depuis lors mangé sans disemiiinuer jusqu'au moment de son entrée, à midi: son eslomac était fort distendu par la quantité de nourriture qu'il avait prise, el néanmoins il se plaignait d'être encore mourant de faim; depuis ce moment jusqu'au lendemain malin, il avait été dans le délire, mais il s'assoupit graduellement : trente-quatre heures après son admission, quand, par des questions réitérées, on parvenait à l'éveiller, il ne répondait qu'imparfaitement et murmurait les mots : J'ai faim, j'ai faim; il se plaignait d'iine douleur qu'il rapportait exactement au siège de l'organe de l'a liment m lé. Le rédacteur de celte obser-

à suivre pour arriver sur le ïivanl h une juste appréciation du volume de l'organe, ce qui, en raison de sa situation, n'est pas sans difficulté, 1 11 est presque parallèle, > dit-il, • à l'arcade zygomoliquc qu'il rend plus proéminente, quand il eslfort développé; mais la dislance qui se trouve entre cette apophyse et les parois du crâne étant variable, ce signe n'est pas certain. Le muscle temporal est aussi un obstacle, cependant il peut quelquefois aider il discerner le volume de l'organe; en effet, quand il est plus fort que ceux qui l'a voisinent, la portion inférieure de re muscle est poussée en avant, ce qui

lui donne une apparence comme pyramidale, au lieu de sa forme aplatie ordinaire, la buse de la pyramide étant située en bas; quand l'organe estfon petit, le contraire a lieu. S'il est Irès-volumineu*. il forme une saillie vers l'orbite qui repousse le globe de l'œil en haut et en dehors , landis que le développement de l'organe du langage te porto en avant et en bas. Quand ils sont très-forts tous deux, le globe de l'œil {ainsi que je l'ai vu dans uti cas) est connue cm boité dans une saillie

l.t Journal de la Société phrénohgiqne de Paris, vol. II, n°5, contient une observation extraite des Aimaies de la médecine physiologique (oct. line femme, nommée Denise, était

remarquable par son insatiable appétit. Étant au maillot, elle épuisait le sein de plusieurs iieiirrices et mangeait quatre fois autant qu'un enfant de son âge. A l'école, elle dévorait le pain de ses compagnes; à la Salpolrière, on ne parvenait pas à satisfaire son appétit a moins île liult ;i div livres de pain par jour ; en outre, deux ou trois fois par mois, sa voracité devenait telle, qu'elle consommait jusqu'à vingt-quatre livres de pain en un jour. Si, durant ces accès, on s'opposait a ce qu'elle satisfit sa faim, elle devenait furieuse, déchirait de ses dénis ses vêlements et ses mains ; e lle ne recouvrait sa raison que quand son besoin de manger était apaisé. S'étant tin jour introduite dans la cuisine d'un-' maison opulente, pendant qu'on préparait un grand diner, elle décora en quelques minutes la soupe de vingt personnes et douze livres de pain. Dans une autre circonstance, elle avala, a la Salpetricre, le café préparé pour soixante et quinze <le ses compagnes! San crlnc est très-petit; la région des propensites prédomine, et l'organe de l'alimenlivité est largement développé. Plusieurs cas semblables de voracité ont été rapportés par les auteurs (t|.

(il Voyei Phil. tram., t»l. XIV, p. 306; GootTi Study of Mededne,

coule. — TUIT* DE FmrëlOLOGlE. 31

Le même journal (octobre 1835} contient un mémoire intéressant de MM. Ambras el PculelUhe, sur l'aliment ivi té, où le sens de la faim et de la soif est envisagé comme une faculté primitive du cerveau; les phrénologuej rapportent non-seulement le sens du goût à l'organe dont nous nous occupons, mais ils soutiennent encore, avec raison, qu'il est le siège de la sensation de la faim et de la soif. Un grand nombre de faits concluants prouvent que ces sensations sont v.a réalité des phénomènes cérébraux (<). La faim et le désir de manger résultent l'un de l'autre, comme le courage et l'esprit de résistance, la colère et la propensité à frapper. MM. Ambros cl Pcntelithe rapportent plusieurs faits de voracité maladive. Certains malades éprouvaient en même temps une céphalalgie qu'ils rapportaient aux tempes. Après la mort, on reconnut un état anormal de la partie du cerveau qui forme l'organe de l'olîmentivité (i). D'autres fois ils reconnurent que l'organe était plus ou moins développé, selon le plus ou le moins de gourmandise du sujet.

[Is pensent que le penchant a l'ivrognerie et la passion do fumer proviennent de cette faculté , et que l'hydro phobie el diverses aulres maladies sont des phénomènes dépendant d'un étal morbide de cet organe. Cette dernière assertion résulte d'un cas rapporté par M. David Richard dans le mémo n D du Journal de la Société de phrénologie.

Déjà depuis plusieurs années, le D' Caldweli avait émis, dans le Journal de médecine de Transylvanie (a" du troisième trimestre de 1832), l'opinion que l'ivrognerie résultait d'nn

ï™ éd., vol. 1, p. 1H, ttî; EUiomra't lilnmonbach , éa., p. Soi; D' A. Combo't Phj/tialogt) «fDtgtilhn, etc., p. 32.

(1) Voj«ia Ptyiff.lr.ji. ,(, !„ ;,-„,, par le docteur André Combe, et ■ea (16itntalioni tur i'ulirnnlion mentait.

(2) Cet obier val ion * iw soi il i;iiio: poiir inspirer la confiance: [et mddefins anr.i.'lil il il fl. ; i-i-irp h Tialucv m l'Hennir rie- ;rsir..r,s orptik|ti''S.

{Kvte du Iradvtmr.)

état anormal de l'a li menti vite 1 . En conséquence, il recommande, au lieu de remontrances inutiles au* ivrognes, la séquestration et le calme, les saignées, les ventouses, les purgaiifs, l'eau froide et la diète, comme les meilleurs moyen» de guérison, et il assure que l'emploi de ces moyens u été très-mile aux médecins de la maison des Tous de Kenlucky. Les idées du D r Caldwell sont d'accord avec la cinquième observation de MU, Ambros et Pentclilbe : il s'agit d'un vieil ivrogne, dans le cerveau duquel ils trouvèrent une érosion très- distincte snr l'organe de l'alinienlivllé, à la partie gauche du cerveau. Os auteurs rapportent plusieurs cas de voracité maladive, dans lesquels, a l'autopsie, on découvrait une lésion organique du cerveau, tandis que l'estomac était à l'état normal (i).

11 résulte de tout ce que nous venons de dire , qu'une portion du cerveau forme un organe qui nous porte iustinctivemenl a manger et à boire; que de là dépendent les sensations de la faim et de la soif, et peut-être aussi le sens du goûter; t Cependant, > dit Spumbeim, ■ quoique l'existence de cet orgaue semble attestée par le raisonnement et l'anatomie comparée, elle n'est encore que problématique. Je possède plusieurs faits qui viennent à l'appui de son existence. >

On Cl SE DE L'jUWCTt DE L* VIE.

Dans les nombreuses conversations que j'ai eues avec une foule de personnes, snr leurs sentiments Intimes, rien n'a plus fortement frappé mon attention que l'énorme différence qu'on

(t) Vo^ei Monro, An p. Kl.

du îojwt, etc., S" édition ,

remarque cliez les hommes relativement 6 l'amour de la vie. On croit généralement que le désir de conserver la vie est un sentiment commun agissant sur tous les êtres avec la même intensité; mais les hits prouvé! qu'il n'en est pas ainsi, loua sans doute, aiment la vie, mais à des degrés difl'érents. Quelques individus considèrent la mon comme le plus grand des malheurs et déchirent qu'ils prcicirn! vivre dans la plu3 profonde misère, que de faire le sacrifice [l'une partie (le leur exislence. L'idée du néant est insupportable à leur imagination et un de leurs plus forls arguments pour soutenir l'immortalité de l'âme, est que Dieu n'a pu être iojusie, et qu'il ne pouvait, sans injustice, faire a l'homme le don de la vie pourlereplonger ensuite dans le néant. Vivre est, selon eux, uu droit à l'immortalité.

t Si lu parvenais a me convaincre que les vœux ardents de l'homme a une autre vie seront déçus, que de nouvelles et insupportables angoisses pour mon cœur déchiré! Ali ! quelles que soient les pensées qu'inspirent le bonheur ou le désespoir, l'idée du néant blesse l'Ame et recule encore les bornes des souffrances humaines. > {Nuits d'Young.)

Il en est qui ne tiennent pas autant à la vie, et qui considèrent le malheur de quitter les objets de leurs affections, comme les seuls maux de la mort. Ils attachent si peu de prix à ta vie pour elle-même, qu'ils l'abandonnent presque sans regret; la mort, envisagée comme le terme de l'existence, n'a rien qui les élirait-, cl l'espérance de l'immortalité n'est pas considérée par eux comme néc.essmn' au bonlieur de leur vie terrestre. J'ai rencontré les imi'i'Si'S manières de sentir, combinées jveo les dispositions les plus opposées sous Ions les autres rapports. L'homme gai, riche et bien portant, n'est pas toujours celui qui se montre le plus attaché à la vie , pas plus que l'homme malheureux et misanthrope ne se montre le plus disposé à en fairelesacrifiec; ce sentiment est tout il fait indépen-

— aci —

dant de l'clat heureux ou malheureux où se trouve l'individu.

Ces dill'i'i'ciiues ne ilrju'iidi'iil pas davantage des qualités morales et religieuses de l'homme. Ce irait du caractère humain n'est pas généralement appri'vir'-; ] > i - [ 1 1 j : i ■ i l y.ti eu de si nombreuses occasions do reronnallre les divers degrés de fores de ce sentiment riiez des personnes de bonne fut cl d'un bon jugement, que je suis resté convaincu de l'existence d'un organe de l'amour de In vie. Nous semblons être nllaeliés à l'existence eu elle-même par une faeullé primitive cl indépendante, de même que par d'aulres nous sommes portés à la défendre et a la transmettre. Byron ne concevait pas les efforts qu'il avait faits dans une circonstance du su vie pour échapper à la submersion, lui qui tant île fois avait désiré de mourir. Le D'JohnÀikin, ai bon et si simple, ne concevait pas le sentiment de l'amour de la vie. i J'ai souvent causé, > dit-il, < avec des personnes qui me faisaient l'aveu d'un sentiment que je puisa peine comprendre , d'un attachement outré a la vie, lorsqu'elles avaient cessé de la considérer comme une source do bonheur. 1 Le D r Thomas llrown traite de celle faculté sous le nom de tfesir rfe la constrcalion de Fexislence. i Ce désir , i dit-il, • csi un sentiment général à l'homme, et une preuve évidente de la bonté de Dieu, qui , en lui imposant une série de devoirs, dont racromplisseuiMit cMge un certain nombre d'années sur celte terre de irausilion vers un monde meilleur, n'a pas voulu quo l'homme considérât comme un fardeau, un exil, le temps d'épreuve qu'il a voulu lui imposer; il lui a donné des passions qui jel U ni une sorte d'enchantement sur les émolions du cœur, et fait dériver le b heur de l'accomplissement de nos devoirs, Je noire séjour suc la lerre, de nos rapports sociaux, de l'exercice de la profession que nous avons embrassée (i). >

(1J Letlcri to hii Son, vol. II.

Cel organo est probablement situé à la base do crâne. Le senl fait tendant à établir son siège est contenu dans une observation du D' André Combe, insérée dans In Journal de phrénaiogie, vol. III, p. 471. En disséquant le cerveau d'une dame figée d'environ soixante ans, qui, plusieurs années avant sa mort, envisageait sa fin avec une extrême Frayeur, il trouva un développement énorme d'une des circonvolutions de la base du lobe moyen du cerveau, dont la fonction est encore inconnue. • Ce développement était trop frappant pour ne pas attirer notre attention : il était situé près de la ligne médiane, au bord interne et basiiaire du lobe moyen, et par conséquent de l'organe de la destructible; la région eu répondante du crioe présentait onc cavité profonde, s'élemlant [ongiindinalcment, on forme de gouttière à bords saillants. Cet enfoncement, extrêmement remarquable, formait une anomalie que je n'avais pas encore observée auparavant. Le lieu où git cette circonvolution fait que la proéminence ne peut être aperçue pendant la vie, et sa fonction ne peut, en conséquence, être constatée; des observations subséquentes pronveront si elle a quelques rapports avec l'amour de la via : tout ce qu'on peut dire maintenant, c'est que l'amour de la vie est un sentiment sui gencris, qui ne résulte ni d'une faculté, ni de la combinaison de plusieurs facultés connues ; la dame qui fait le snjet de l'observation avait ce sentiment au plus haut degré possible. Le temps et l'observation feront connaître un jour s'il existe une coïncidence entre celte faculté et l'extrême développement de la circonvolution dont nous avons parlé. > Spuribeim était disposé à admettre l'existence de celte faculté qu'il nommait vitatkité. * Il est très-probable, > dit-il, i qu'il existe un instinct particulier deTa/notir de ta vie, et je crois que l'organe de cette faculté est formé de la portion du cerveau qui se trouve îi la base du crâne entre les lobos postérieurs et moyens, en dedans de la combativité. ■

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