DU CERVEAU, DU CERVELET ET DU CHAISE
L'anatoinie du cerveau a élé minutieusement décrite par Gall cl Spurzbeitn dans leur ouvrage sur l'anaiomic et la physiologie du système nerveux. Néanmoins, quoiqu'il soit extrêmement avantageux à la pratique de la phrénologie de connaître parfaitement cet organe , son élude approfondie n'est pai d'une connaissance indispensable. Une description géné-
raie pcul suffire aux leeiiws naii niéileeins. Les sujets convenables polir l'observa ii m suut les individus qui jouissent d'une bonne santé cl qui n'uni p.s di'psM' h |h-iï. mIi moyenne de la vie.
Le cerveau, mis à découvert de sa membrane extérieure ( ta dure-mère), est rc présente pur les ligures 1 et 2 copiées des planches de Spurihciiu ; et la description qui les accompagne n'est pas destinée à les f;iii'e eounuitre a n a loin iq item en l, mais seulement à en donner une idée aux lecteurs qui n'uni pas eu l'occasion d'observer le cerveau dans l'état naturel.
La figure 1'° représente la partie supérieure du cerveau privée de ses membranes; la voûte du Crâne a été enlevée au moyen d'une section horizontale. La lettre A indique le front. La ligne entre A et B divise les deux hémisphères de l'un ei de l'autre coté. Une membrane solide formée par la dure-mère, représentée à la page 103, s'insinue entre les deux hémisphères, mais seulement jusqu'aux deux tiers de la fente qui les divise. Au-dessous de la faux , ces deux hémisphères sont
unis par des fibres nerveuses qui s' en ire- croise M pour former ce que les aualomistcs appellent le rorps calleux. Sir Charles Dell dit que < Chaque fuis que nous examinons une des parties du cerveau, nous trouvons que la partie correspondante est tout a fait semblable; cela a lieu pour toutes les parties du cerveau indistinctement (i), el si nous cherchons des preuves anatomiques, nous devons admettre que comme les nerfs soûl duubles, ainsi que les organes des sens, lo cerveau doit l'être également. Ainsi donc chaque sensation qui lui est apportée, arrive dans ces deux parties a la fois, et les opérations de l'intelligence doivent préalablement s'exécuter ù h fois dans les deux portions latérales. ■
(I) Celte assertion de sir Ch. Dell ne nous parait pas rigourc use ment eiaclo. Sam iloute L'a parti i 1 * 'Irnil.- h uain-hi- ilu i.'rvoiiu offrent ries ilis-
louteta rigueur du mol. II en esta peu Jirei ili: m'hue pour te cerveau que pour les taisscaui sangui m des membres droiu et gauches.
Les lignes irrégulières qu'on voit sur celle figure soni des circonvolutions cérébrale*, formant des enfoncements qui descendent de 4,2 pouce à 1 |imtce de profondeur. Quand il se forme des amasaqurux dans les parties internes de cet organe, ces circonvolutions s'effacent et le cerveau présente une surface plus ou moins lisse dans une assez grande ci tendue. Les portions du cerveau que l'on voildans celte figure sont toutes- formées exlérieuromentd'u ne substance grise dont nous parlerons pins tard-
La'figure 2 représente la base du cerveau telle qu'elle se présente lorsqu'on l'a extraite du crâne. La partie supérieure est celle qui correspond au front. Les anatomistes, pour en faciliter la description, divisent le cerveau en trois lobes qu'ils appellent antérieur, moyen et postérieur; les parties placées au-devant d'une ligne verticale tirée entre E et E forment les lobes antérieurs; celles placées entre EE et FF forment le lobe moyen; en arriére de FF est le lobe postérieur. Les circonvolutions que l'on voit en avant de EE reposem sur les portions osseuses qui forment les voûtes orbilaires : les deux lobes du cervelet (qui sont distincts du cerveau avec lequel elles ont des connexions ) sont désignés par les lettres AA. Leur surface présente des circonvolutions différentes, par leur grandeur et leur aspect, de celles qu'on observe sur le cerveau. L'espèce de cordon épais ou de racine marquée C, qui nait delà base du cerveau, est le commencement de la moelle allongée, qui s'étend dans la colonne vertébrale et remplit sa cavité. Jadis le cerveau était considéré par quelques-uns comme formé par la moelle épinière, par d'autres la moelle n'était considérée que comme le prolongement du cerveau; mais, en réalité, ces deux organes ont seulement des rapports intimes, sans pour cela procéder l'un de l'autre. Les mots de racines et de branches sont donc des abus de langage.
Les petits filaments ronds que l'on voit naître des deux cotés de la moelle allongée et près de la base du cerveau sont des
neck rie ta sensibilité et du mouvement , quelques-uns sont desiinéa aux organes des sens, d'autres vont a ta peau et aux muscles do h tête cl d'autres parties plus éloignées. Le cordon allongé et plat, marqué aa. qui s'étend à ta surface du lobe antérieur, est le nerf olfactif nu de l'odorat, se dirigeant vers le nez. Le nerf arrondi et gros 1 i , que l'on voit prés de la racine du premier, est le nerf optique on de la vision se rendant à l'œil. Celui marqué 6 est le nerf moteur destiné aux muscles du globe de l'œil. Un peu en arrière, la cinquième paire c semble sortir de la proi libéra nie I). nommé pont de Varolo; c'est un nerf volumineux , composé, divisé en trois branches qui vont se raimtW dans presque toutes les parties de la léto, de la face et de la mâchoire supérieure. Ce nerf est tout à la fois moteur et sensilif, el une de ses branches, qui se ramifie à la langue, forme le nerf du goût. D'autres brandies nombreuses se dijuiliui-ni aux deuis, aux glandes, à la peau, el leur donnent la sensibilité. La septième paire ou nerf auditif e se distribue à l'oreille interne el scri à l'audition. La huitième, ou nerf pneu m o-g!i s tri que il, fournit des filets au larynx, aux poumons, au cœur et il l'esionnic; ce nerf est d'une grande importance pour les phénomènes de ta voix cl de la respiralion ; il influence les mouvements du cœur et concourt à la
Le cerveau est nue musse do matière molle, non homogène, mais se présentant sous diverses apparences; une partie est blanche, incolore, d'un lissu (ibreux ou strie. Celle portion
du cerveau est généralemciil niée h tiibsiancc médullaire;
elle en occupe presque exclusivement les parties internes.
La figure 3 représente une sectiou perpendiculaire faite dans l'intérieur du cerveau et à une très-petite distance de la ligne médiane et le divisant depuis les circonvolutions supérieures jusqu'il sa base où se trouve la moelle allongée. Les parties les plus ombrées de la section forment les circonvolutions de la
surface externe , les autres parités s'aperçoivent dans la section. La portion marquée S est le cervelet. Les parties les plus claires et qui forment des radiations, sont lu surface médullaire uu fibreuse. La moelle allongée est indiquée par les lettres fie, et. La partie (lest lu protubérance annulaire (mésoeépliale ou pont de V:iro!c}; 1rs lettres et indiquent un des corps resliforme ; la lettre r. indique uu des corps pyramidaux. De la lettre y, qui indique une des cuisses du cerveau, les libres cérébrales qui ont passé sons le pont de Varole, s'éicudeul vers les circonvolutions, comme l'indiquent les nombres 54, 55, 57 et 58.
Dana les figures 1 et 2, cl aussi dans les régions ombrées de la figurr. 3. on aperçait la substance corticale. Celle sub-
stance est grise el n'a pas d'apparence fibreuse ; on l'a encore nommée cendTée à cause Je sa couleur. I,e nom de corticale lui vient parée qu'elle recouvre le cerveau absolument comme une écorce dans loute sa partie extérieure. La substance corticale ne se confond pas graduellement avec la subsiance médullaire; au contraire, la ligne de séparation est parfaitement tranchée, comme on peut le voir sur lu pbneheo. Cet le substance semble contenir une plus grande quantité de vaisseaux sanguinsquela médullaire. Le erroné contient point de substance adipeuse (graisse), qu'on trouve dans tontes le a autres parties du corps.
La subsiance externe ou corticale du cerveau est disposée» comme nous l'avons vu, de manière» former des circonvolutions. Ces circonvolutions punissent destinées à augmenter l'étendue de la superficie du cerveau sans occasionner une augmentation de volume ; on trouve une disposition analogue dans l'œil de l'aigle et du faucon, où la rétine ne forme pas une simple surface concave et unie, comme dans l'homme et les quadrupèdes, mais présente des replis qui semblent destinés il rendre la vue plus intense eu augmentant de beaucoup l'étendue de la surface destinée à recevoir les rayons lumineux. Ces circonvolutions de la substance eérébrule indiquent donc évidemment que l'étendue de la surface joue un grand râle dans l'intensité de ses fonctions. Chez quelques animaux, on ne rencontre point de cfi'cenïiiliiiions ; elles augmentent à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres ; iet comme l'homme est supérieur à tous les autres animant , les circonvolutions de son cerveau sont nombreuses, et les enfoncements qu'elles forment très-profonds : ainsi donc, chez lui, la masse de la subsiance grise et l'étendue de la surface qu'elle recouvre est incomparablement plus étendue que cliez toutes lus autres créatures (i).>
(i) Btll'i Analoray, lomo II. pope Mii.
Le poids du cerveau diffère beaucoup, selon les individu*. Selon Meckel, le poids du cerveau d'un enfant nouveau-né est d'environ dix onces. A cette époque, sa consistance est molle et pulpeuse, et on ne peut pas encore y distinguer des fibres , mais insensiblement elles deviennent de plus en plus apparentes, a mesure que l'individu arrive a l'âge adulte. La période du développement et de l'aceroissciiient complet du cerveau varie chez les di Oc rents individus. Il cstraremcnlcomplctavanl l'Age de vingt ans, et quelquefois morne, selon Gall, il ne i'csl p:is etiemv :i\;.nl l]ii;h , ;iiUi , (I). l'i'iul.inl h pcnui.lii de lïtjje mûr, on n'observe aucun changement dans le cerveau; mais, à l'approche de la vieillesse, comme toutes les autres parties du corps, son volume diminue; les circonvolutions perdent de leur plénitude, elles se présentent ridées, flasques et moins intimement unies qu'auparavant, et les aulractuosités paraissent élargies. Le poids du cerveau d'un adulte, y compris le cervelet, etc. , est, en général, d'environ trois livres, cinq onces eldemie(3), mais quelquefois il est beaucoup plus pesant : celui de Cuvier, par exemple, pesait trois livres, dix onces, quatre gros et demi (3).
La matière corticale s'etend sur toutes les parties supé-
(1) Sur les fonction! do cerveau , Mme t", page 102. l.e O'Vimonl Mllms que dans l'homme lr ilOid<>|>[inin'iil tmiiplc! du crâne a lien enlreK el Mans.
ji|H«).cl,Alli.l<iiHii'k>liiiV'i.;.:Ju'i|-.l)rii-li[."i!ir.l,li.H],.|!,Ul!),Mi,US;.
Dupuïtrcii , Allard, ftini , Vnl.-m-i.-nn.J . l.mtr ,1, llmuscan, Audral
neveu et iterard . On reconnut qui: la Mrp.iriorilc volume de la masse encépbaliqoe dépendait presque ciclusi veinent des loties eérébram , principalement d Biparties antérieures el supérieures ; le cervelet, etc., n'avait qu'un développement ordinaire. M. Ilérard assura au D' Froissac, rédacteur du JowTialfhrrnoiiiijiqitc , qu'aucune de. iil-lsunim i |>r<-.r'iite« a l'autopsie nf. se souvenait d'avoir vu un cerveau aussi plissé , des circonvolutions aussi m irilin-itse» tt an^sî |tcïsi i> , des anlricliioiiiës -i |irofondcs.
rieures, latérales et inférieures du cerveau. La substance médullaire ou blanche est située sous la corticale, et, dans quelques parties, ces deux substances se combinent entre ellesd'une manière intime. Les fibres médullaires s'étendent des circonvolutions d'un des côtés du cerveau aux circonvolutions de l'autre: an moyen de ces Bbret (qui s'élèvent du corps calleux, des commissures antérieures et postérieures), les deux hémisphères, et, par oiiisëtiuuiu, f'S organes de chacun des côtés du cerveau, communiquent entre eu* el peuvent agir simultanément, t Si la siibstniirc cu< Lk.ilti n'était pas un organe important,» dit sir Charles Bell, t les commissures ou les nerfs, formant un système distinct, arriveraient et se termineraient dans un tissu insignifiant,' mais si nu us les considérons comme les commissures te, formant le lien qui unit les deux côtés correspondant du grand organe de l'esprit, nous découvrons alors avec quel soin la nature a uni les deux portions latérales de l'organe pour en faire un tout plus parfait (1).
Il est une question importante; c'est celle de savoir si les substances médullaire et rorti^ile ont des fondions qui leur sont particulières, relativement à la manifestation des sentiments de l'esprit. L'opinion la plus généralement admise est que la matière corticale est essentiellement destinée aux actes intellectuels, et que la matière médullaire est un appareil de communication , au moyen duquel les différents organes sont liés de manière à agir simultanément, et à propager leur influence dans toutes les parties du corps. Gall et Spui-zheïm attachaient une grande importance aux circonvolutions et considéraient leur volume, leur profondeur el leur nombre comme exerçant une grande influence sur les manifestations mentales. Cependant rien ne prouve qu'ils aient considéré la substance grise comme formant exclusivement les organes de l'esprit:
d) Anatomio, passage déjà cilf.
■ Gall ei moi,i dit Spurzlicim, • supposons que chaque appareil do nerfs es! compost de deux substances particulières, la substance pulpeuse et fibreuse, cl que l'une et l'autre sont nécessaires pour former au iuslrouieiiL r:i(i;diU; d'accomplir une fonction complète (1).»
Les organes renfermant cet appareil supposé de communication, s' étende ni de la surface du cerveau ù la moelle allongée : chaque organe a été comparé a nn cone dont la pointe se dirige vers la moelle allongée et dont la base repose dans le cerveau. En raison du diamètre de l'organe à la surface interne du cr-Jnc, le nombre et l'épaisseur des fibres qu'il contient est plus ou moins considérable. ('.An est prouvé, du reste, par les rapports constants qui existent entre le volume du lobe antérieur du cerveau euiisiirré à l'intelligence ei celui des corps pyramidaux [c. fig. 3, pag. 106) , desquels les racines s'étendent, comme cela peut être prouvé an alo iniquement, pour
cela peut se prouver encore par les rapports qui existent entre l'épaisseur du renflement postérieur, ou cuistt du cerveau {g. fig. 3, pag. 106) , et le volume des lobes postérieur el moyen du cerveau. Cependant je m' me sers de la comparaison d'un cône que pour rendre mon idée plus facile ù saisir, et non dans la prétention de donner une description technique de la figure réelle des organes, car il n'est pas possible do tracer les points de démarcation qui les séparent les uns des autres, comme cela devrait être si la comparaison pouvait être prise ù la lettre.
L'opinion de Gall et de Spurzbeim élait que le volume des circonvolutions est d'une grande importance relativement à la puissance des facultés mentales, et celle opinion est partagée par tous les physiol ogistes.
(i) (imlo«o> ilu entrait, page 10.
Depuis longtemps Sœmmcring avait remarqué que dans les premiers mois de l'existence du fœtus, il n'y a nulle trace de cette organisation compliquée ni des circonvolutions du cerveau si remarquables chez l'adulte; selon ce savant anatomislc, c'est seulement vers le sixième ou le septième mois de la gestation que les circonvolutions apparaissent. Dès ce moment, elles vont en augmentant de nombre et de volume avec une rapidité qui se ralentit vers l'âge de la puberté. Dans cet accroissement progressif des circonvolutions, nous avons la contre-partie bien marquée du développement graduel des facultés mentales, de l'état de nullité presque absolue dans lequel elle se trouve cheï le fcelus pendant la plus grande période de la vie iaira-utcïinu jusqu'au développement complet de l'esprit chez l'adulte.
De mêmeque, cuezThotnmc, l'esprit se développe en raison directe du développement de la surface du cerveau dans les différentes périodes de la vie, ainsi, chez li s animaux, l'intelligence est plus ou moins parfaite en rais in nombre el de la
profondeur des cimuivnlulions cérébrales. On a anciennement objecté à lu plirénologie que quelques animaux dont le cerveau est volumineux étaient doués de moins d'intelligence <[uc d'autres dont le cerveau est très-petit; mais si même la comparaison des cerveaux d'aiiiiiiaus d'espèces différentes pouvait être rigoureusement admise, il suHirait, pour toute réponse, de dire que les parties du cerveau qui sont développées dans ces cas ne sont pas les mêmes die/, irs animaux; on pourrait encore opposer ces faits élaWis pai 1 Desiiiuuliiis el .Hii^eiidie,
que, dans les rerlieidies n breiises qu'ils ont faites sur le
cerveau de la plus grande partie dos animaux mammifères, ils ont trouvé un rapport presque constant entre l'étendue de lu surface ilu evrvean de i:h;n|Ue yeni'e et la somme d'intelligence déployée par eux. Quand on remarque des différences sur ces points, on peut être certain qu'on en trouvera
— na —
relativement aux fonctions intellectuelles, non-seulement dans les différents genres, maïs aussi dans les différentes espèces d'un même genre, ei de plus, dans les différents individus d'une mime espèce.
Le professeur Tiedemann de Heidelbcrg, dans son ouvrage sur l'anatomie du cerveau des singes el de quelques antres animaux, a parfaitement tnicil ci décrit la diminution progressive et la disparition finale des circonvolutions du cerveau dans les mammifères , depuis le singe jusqu'aux rongeurs; et selon Desmoulins (pag. 602) celte progression correspond exactement avec la diminution de l'intelligence. Il existe une différence frappante entre les singes du vieux monde et ceux du nouveau : plusieurs des premiers sont susceptibles d'éducation cl peuvent être employés utilement, tandis que les derniers ne sont susceptibles d'aucune éducation et ne montrent guère plus d'intelligence que l'écureuil ; celte différence corrcspiindà celle qu'on remarque dans les circonvolutions cérébrales de ces animaux. Chez quelques chiens, spécialement les chiens de chas.se, les circtinSolulions sont presque aussi
nombreuses et aussi profondes que celles des espèces de singes les plus élevées, tandis que dans les races canines moins intelligentes et chez les loups, elles ont un degré de développement bcauroii[> rii'imilrc II n'ist personne qui n'ait été frappé de l'extrême différence qui existe mitre les chiens el les chats, relativement à la docilité; une différence aussi frappante se reproduit dans le nombre et la profondeur des circonvolutions que présente leur cerveau; celte différence est telle que Desmoulins estime que les circonvolutions, chez le chien, surpassent six ou huit fois celles qu'on remarque chez le chat. Ce défaut de circonvolutions du chat s'observe dans la famille tout entière a laquelle II appartient. La race féline, qui comprend le chat, le lion, le tigre, la panthère el autres animaux de même nature, est également remarquable par l'uniformité
<jiie l'on observe dans ic nombre el la disposition des circonvolutions cérébrales, r.i il n'es! uui'unc famille d'animaux dont les espèces ont plu* île siiîiiliiiiiiL- il'liMiiie! i|nc> ceux de celle famille dans laquelle lu dcsimnivité et h séerétivilé se monireni il un si haut degré.
Il n'est aucun observateur qui n'ait remarqué que les différences du caractère moral sont beaucoup plus tranchées et beaucoup plus fréquentes chez, l'homme que chez les auimunv en général; il est rare, par exemple, qu'une brebis diffère beaucoup d'une autre brebis, qu'une vache montre des dispositions contraires à celles inhérentes à son espèce. Ce fait peut être considéré comme fournissant une présomption en faveur de l'idée que les divers caractères dépendent des variétés qu'où observe dans les circonvolutions; car presque tons les physiologistes ont obsene i|iie le cerveau de l'homme varie relativement au nombre et à la piTiIViiith-iir des circonvolutions bien plus que celui do toutes les autres espèces (i).
On a remarqué que, chez la plupart des idiols, le nombre el la profondeur des circonvolutions est moins considérable, sinon des deux cotes , du moins d'un seul. Dans la manie chronique , on trouve également les circonvolutions plus ou moins effacées et séparées les unes des autres par l'épaississcment maladif des lames de fa pie-incie qui les tapisse. Dans ces cas comme dans ceux d'imbécillité congéniulc, l'épaisseur de la lame corticale est beaucoup moindre, tandis que dans la manio aiguë, au contraire, son épaisseur reste la même el parait considérablement injectée; dans la vieillesse, les circonvolutions ^'affaissent.
Une grande partie de la pulpe du cerveau est privée de sensibilité; on peut le percer, l'inciser, sansque le sujet soumis à l'expé-
(0 Viund'Azjr, Mcm.de Paris, 1703. p. Slî. Mortel , Anatmnie, eu:. Vol. S, p. 0W. — Wenicl , De pmiliori ibvcturâ urtbri, p. 33, — Hajo, Phyiiology.
corne — iniliR nf rwiCKOiouE. Jî
ricncc en ail la conscience. Sir Charles Bell rapporte que dans un cas il enfonça le doigt à une grande profondeur dans la substance d'un des lobes aniéricurs sans que le malade, trèssensible d'ailleurs, se soit plaint d'autre chose, si ce n'est de la douleur qu'il éprouvai! aux légiimeiui. Jtien loin de croire que les portions insensibles du cerveau soient celles qui président au\ fonctions les moins élevées (car chaque partie a son usage), sir Charles lielt sou lient nu e île leur défaut de sensibilité même il faut conclure qu'elles sont destinées à l'arcomplissemenidcs fonctions les plus nobles, <''esi-:i-(lire qu'elles président aux actes intellectuels. La ilifférewt; immense qui sépare les fonctions d'une partie destinée à rerevoir les impressions de celles qui élaborent la pensée, est d'accord avec la sensibilité de certaines parties, et son absence rmnplèie dans d'autres.
Le cerveau reçoit, tomes choses égales d'ailleurs, une quantité de sang beaucoup plus considérable que tous les autres organes. Selon Ilallcr, elle équivaut à un cinquième de toute la niasse qui part du ctrur ; Monro ne l'estime qu'à un dixième.
Les doux cotés du cerveau et du cervelet reçoivent des artères distinctes qui leur apportent le sang qui leur est destiné, mais les sinus ou canaux destinés a rapporter vers le cœur relui qui a servi à leur nutrition , leur sont communs.
Le cervelet est formé, en apparence, de la même matière nerveuse que le cerveau, et présente comme lui une substance corticale et une substance meilnlkiicr; maïs il en diffère par sa forme et la disposition des substances qui le composent. Dans la figure 5 , page 106, on voit le cervelet en partie divisé (entre S et ■iS), et en partie intact. Le cervelet est 6éparé du cerveau par une forte membrane appelée la lente du cervelet. Chez les animaux sauteurs tels que le tigre et le chat, la lente du cervelet est ossifiée (i). En conséquence ses fibres tirent leur ori-
(i) Jticlieraïul eroil que lu but île celle ilisposillon est île provenir la