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Traité de phrénologie humaine et comparée

Je dois au lecteur le récit des circonsfances qui ont amené la publication de cet ouvrage.

Mon attention fut éveillée pour la première fois sur le système de Gall et Spurzheira , par la lecture d'un article contre la plirénologie , inséré dans le n*' 49 de la Revue d'Edimbourg. Subjugué par le ton doctoral du critique , je trouvai cette doctrine absurde, et considérai ses auteurs comme des hommes d'un esprit futile et d'un jugement peu solide.

Mais, en 181G, peu de temps après la publication de l'article qui avait produit sur moi une si vive impression, je fus invité, par mon ami le D"" Brownlée, à assister à une démonstration anatomique du cerveau qui devait être donnée chez lui parSpurzlieim. Cette matière n'était pas tout à fait nouvelle pour moi-, j'avais déjà, auparavant, assisté aux dissections

TRAITE DE VIIUr.NOLOGIK

du D' Barclay. Spiirzlieiin expliqua la slruclure de cet organe aux personnes jnésentes ( parmi lesquelles on conq:)lait des médecins), démontra le peu de fondement des critiques de la Revue , et porta , dans l'esprit de tous les assistants, la conviction la plus intime, que les assertions de son contradicteur se trouvaient réfutées par les faits anatomiques.

Ébranlé dans l'opinion que je m'étais trop promptement faite, je suivis les leçons de ce savant, et je reconnus bientôt que son système différait entièrement du tableau qu'en avait tracé le critique : convaincu de l'immense influence qu'il était appelé à exercer, lorsque l'évidence des preuves l'aurait suffisamment établi, j'étudiai les faits, et, après une observation consciencieuse de la nature elle-même, je restai intimement convaincu de la vérité de la doctrine de Gall.

En 1818, l'éditeur du « Magasin littéraire et statistique d'Ecosse » m'invita à discuter dans son ouvrage mes opinions phrénologiques; je publiai en conséquence quelques pages sur ce sujet qui, réunies en un volume, parurent en 1819, sous le titre d'Essais sur la plirénologie; cette édition ayant été rapidement épuisée, je crois répondre au désir du public en donnant cette seconde édition que j'intitule : « Sijstcme de plirénologie. » Le cliangement de litre ne fera pas supposer, je l'espère, que je pré-

lende avoir établi des faits nouveaux , ni que je veuille m'élever au rang des illustres fondateurs de cette science ; je l'ai adopté seulement en considération de l'extension que j'ai donnée à mon ouvrage, et pan^e que les matières y sont présentées avec plus de méthode.

J'ai cru devoir omettre les controverses contenues dans la première édition : la plupart des opposants ayant abandonné le champ ' de bataille , elles devenaient désormais superflues; je les ai remplacées par des recherches intéressant plus directement la matière. Quelques lecteurs penseront, peut-être, qu'une justice distributive sévère exigeait que je continuasse la publication des attaques des opposants, pour que l'esprit public, maintenant éclairé, pût juger et flétrir la conduite de ceux qui avaient tenté de l'égarer : mais l'étude de la phrénologie nous porte surtout à l'oubli des injures; et d'ailleurs ne seront-ils pas déjà assez punis, si leurs noms passent à la postérité avec la honte de s'être montrés les adversaires passionnés d'une des plus vastes et des plus importantes découvertes de l'esprit humain ?

Nous citons dans cet ouvrage plusieurs noms célèbres , appartenant à des personnages encore vivants; et nous comparons les facultés qui les distinguent, avec les développements organiques que l'on remarque sur leurs têtes. C'est ouvrir un champ de

discussions philosophiques qui, au premier aperçu, pourraient paraître inconvenantes; mais déjà les observations, imprimées dans d'autres ouvrages avec le buste ou la forme de leur crâne , sont tombées dans le domaine public , et j'ai cru pouvoir m'en servir à l'appui de mes théories. Quant à ceux dont le nom est cité pour la première fois, je me suis assuré que rien de ce que j'en ai dit , n'est de nature à les offenser.

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