AVERTISSEMENT
dï: la troisième p^dition.
La nécessité de publier une troisième édition de cet ouvrage est la preuve de l'intérêt croissant que le public prend à l'étude de la phrénologie. Dans l'introduction qui accompagne cette édition, j'ai exposé avec beaucoup plus de développement les principes sur lesquels cette science est fondée ; ces développements sont destinés à éclairer ceux qui pourraient douter encore qu'elle soit digne des méditations des hommes qui se vouent à l'étude de la philosophie. — De nombreuses additions ont été faites aussi dans d'autres parties de l'ouvrage. Des planches représentant la tête des personnes qui ont fourni le sujet de nombreuses observations, y ont été ajoutées; et si elles ne suffisent pas pour donner une idée parfaitement exacte des facultés qu'elles représentent, au moins elles fourniront au lecteur quelques notions propres à lui indiquer la route qu'il doit suivre dans le vaste champ de l'observation.
Depuis la publication de la seconde édition de notre ouvrage, quelques adversaires de la phrénologie, qui s'obstinent encore à nier les vérités qu'elle enseigne, ont avancé que la faveur toujours croissante avec laquelle le public accueille mon livre, n'est due qu'au talent d'écrivain que j'ai déployé en défendant
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sa caiisfi ; et ils ont rappelé au public que je ne suis connu dans le monde littéraire que comme phrénologue.
Je répondrai, en peu de mots, que ces messieurs font beaucoup trop d'honneur à mon talent d'écrivain; et que si mes arguments ont quelque force , je ne le dois qu'à la bonté de ma cause. J'ai étudié consciencieusement la phrénologie, je me suis pénétré de la vérité de ses doctrines en observant la nature sur le fait. Ce que j'avance comme point de fait, je l'ai vu; et coque je pose comme argument, a été confirmé par ma propre expérience. Ceux qui ont attaqué la phrénologie, au contraire, ne l'ont pas étudiée comme science; et l'observation de la nature ne leur a pas fourni les faits sur lesquels ils fondent leurs objections. Ils n'ont pas même essayé de mettre leurs arguments en harmonie avec d'autres vérités bien établies; et ils ne se sont pas davantage enquis de ce qui pourrait résulter de leurs principes, s'ils étaient mis en pratique. Pleins de confiance en eux-mêmes et de mépris pour leurs adversaires, ils se sont présentés au combat sans armes pour l'attaque ou pour la défense; et si dans toutes les circonstances ils ont succombé sous les coups de leurs adversaires, leur défaite ne doit être attribuée qu'à la faiblesse de leur cause, qui rendait nuls les avantages d'un incontestable talent, tandis que la vérité donnait une force invincible au parti qu'ils voulaient combattre.
On peut encore être fier, ne fùt-on connu dans le monde littéraire que comme phrénologue. La sagesse divine , qui a créé l'univers, a formé le cerveau pour l'accomplissement des fonctions que nous lui attribuons; elle a voulu qu'il fût l'organe de l'intelligence; et l'étude de l'intelligence humaine n'est-elle pas l'étude de la plus noble des œuvres de Dieu!
Convaincu que les vérités qu'enseigne la phrénologie doivent amener de grandes améliorations dans les systèmes d'éducation, dans les institutions morales, civiles et religieuses, je ne conçois point de mission plus honorable que celle qui
me porte h dévouer le peu de capacité que le ciel m'a départie, au triomphe d'une cause qui, de même que toutes les autres découvertes importantes, a eu à soutenir les attaques injustes et passionnées des partisans des vieux préjugés.
Si plus tard les hommes éclairés et impartiaux reconnaissent que j'y ai contribué autant que j'ai pu, malgré les sarcasmes et la dérision dont le vulgaire a assailli, d'abord, les premières tentatives des phrénologues, mon ambition sera largement satisfaite; je n'attends des sommités de la science et de la philosophie que haine et sarcasmes; j'ai choisi mon rôle comme ils ont choisi le leur. L'avenir fera justice à tout le monde.
Edimbourg, octobre 1850.