‹ Traité de phrénologie humaine et comparée (volume 2)Chapitre 12 sur 46 · FIG. 5. SECTION' UL" CRANE ET DC CEHVEAU · texte numérisé non relu

FIG. 5. SECTION' UL" CRANE ET DC CEHVEAU

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Dans les figures 1 et 2, et aussi dans les régions ombrées de la figure 5, on aperçoit la substance corticale. Celte sub-

slance est grise et n'a pas d'apparence fibreuse ; on l'a encore nommée cendrée à cause de sa couleur. Le nom de corticale lui vient parce qu'elle recouvre le cerveau absolument comme une écorce dans toute sa partie extérieure. La substance corticale ne se confond pas graduellement avec la substance médullaire ; au contraire, la ligne de séparation est parfaitement ti'anchée, comme on peut le voir sur la planche 3. Cette substance semble contenir une plus grande quantité de vaisseaux sanguins que la médullaire. Le crâne ne contient point de substance adipeuse (graisse), qu'on trouve dans toutes les autres parties du corps. La substance externe ou corticale du cerveau est disposée» comme nous l'avons vu, de manière à former des circonvolutions. Ces circonvolutions paraissent destinées à augmenter l'étendue de la superficie du cerveau sans occasionner une augmentation de volume; on trouve une disposition analogue dans l'œil de l'aigle et du faucon, où la rétine ne fornje pas une simple surface concave et unie, comme dans l'homme et les quadrupèdes, mais présente des replis qui semblent destinés à rendre la vue plus intense en augmentant de beaucoup l'étendue de la surface destinée à recevoir les rayons lumineux. Ces circonvolutions de la substance cérébrale indiquent donc évidemment que l'étendue de la surface joue un grand rôle dans l'intensité de ses fonctions. Chez quelques animaux, on ne rencontre point de circonvolutions ; elles augmentent à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres ; « et comme l'homme est supérieur à tous les autres animaux, les circonvolutions de son cerveau sont noml)r(nises, et les enfoncements qu'elles forment très-profonds : ainsi donc, chez lui, la masse de la substance grise et l'étendue de la surface qu'elle recouvre est incomparablement plus étendue que chez toutes les autres créatures (i).»

(i) BclTs Analoniy, tome 11, po^e 58(i.

Le poids du cerveau diffère beaucoup, sclou les individus. Selon Meckel, le poids du cerveau d'un enfant nouveau-né est d'environ dix onces. A celte époque, sa consistance est molle et pulpeuse, et on ne |>eut pas encor(! y distinguer des fibres , mais insensiblement elles deviennent de plus en plus apparentes, à mesure que l'individu ariive à l'âge adulte. La période du développement et de l'accroissement complet du cerveau varie chez les différents individus. 11 est rarement completavant l'âge de vingt ans, et quelquefois même, selon Gall, il ne l'est pas encore avant quaranle(I). Pendant la période de l'âge mûr, un n'observe aucun changement dans le cerveau; mais, à l'approche de la vieillesse, comme toutes les autres parties du corps, son volume diminue; les circonvolutions perdent de leuiplénitude, elles se présentent ridées, flasques et moins intimement unies qu'auparavant, et les anfractuosités paraissent élargies. Le poids du cerveau d'un adulte, y compris le cervelet, etc., est, en général, d'environ (rois livres, cinq onces et demie(2), mais quelquefois il est beaucoup plus pesant : celui de Cuvier, par exemple, pesait trois livres, dix onces, quatre gros et demi (3).

La matière corticale s'étend sur toutes les parties supé-

(i) Sur les fonctions du cerveau , tome I"', page 192. Le D' Viraont estime iiue dans l'homme le développement complet du crâne a lieu entre 25 et 30 ans.

(2) Meckel, Anatomie traduite par Jourdan et Breschet, tome 11,619,632,682.

(ô) Journal de la Société phrénologique de Paris, tome II, n" o. L'autopsie de Cuvier eut lieu le Ib mai 1832, en présence de MM. Orfila, Duméril, Dupuytren, AUard , Biett, Valenciennes, Laurillard, Rousseau , Andral neveu et Bérard. On reconnut que la supériorité de volume de la masse encéphalique dépendait presque exclusivement des lobes cérébraux , principalement des parties antérieures et supérieures; le cervelet, etc., n'avait qu'un développement ordinaire. M. Bérard assura au D" Froissac, rédacteur du Journal phrénologique , qu'aucune des personnes présentes à l'autopsie ne se souvenait d'avoir vu un cerveau aussi plissé, des circonvolutions aussi nombreuses et aussi pressées , des aufractuosiîés si profondes.

rieiires, latérales et inférieures du cerveau, La substance médullaire ou blanche est située sous la corticale, et, dans quelques parties, ces deux substances se combinent entre elles d'une manière intime. Les fibres médullaires s'étendent des circonvolutions d'un des côtés du cerveau aux circonvolutions de l'autre: au moyen de ces fibres(qui s'élèvent du corps calleux, des commissures antérieures et poslérieuies), les deux hémisphères, et, par conséquent, les organes de chacun des côtés du cerveau, communiquent entre eux et peuvent agir simultanément. « Si la substance corticale n'était pas un organe important,» dit sir Charles Bell, « les commissures ou les nerfs, formant un système distinct, arriveraient et se termineraient dans un tissu insignifiant; mais si nous les considérons comme les commissures i e, formant le lien (jui unit les deux côtés correspondant du grand organe de l'esprit, nous découvrons alors avec quel soin la nature a uni les deux portions latérales de l'organe pour en faire un tout plus parfait (1).

Il est une question importante; c'est celle de savoir si les substances médullaire et corticale ont des fonctions qui leur sont particulières, relativement à la manifestation des sentiments de l'esprit. L'opinion la plus généralement admise est que la matière corticale est essentiellement destinée aux actes intellectuels, et que la matière médullaire est un appareil de communication , au moyen duquel les dilTérents organes sont liés de manière à agir simultanément, et à propager leur influence dans toutes les parli(!s du corps. Gall et S[)urzheim attachaient mw. grande importance aux ciiconvulutions et considérai(!nt leur volume, leur profondeur et leur nombi'e comme exerçant une grande influence sur les manifestations mentales. Cependant rien ne prouve qu'ils aient considéré la substance grise comme formant exclusivement les organes de l'esprit:

(i) Analoniio, passage déjà cilé. •.

< Gall et moi,» ditSpurzheini, « supposons que chaque appareil de nerfs est composé de deux, substances particulières, la substance pulpeuse et fibreuse, et que l'une et l'autre sont nécessaires pour former un instrument capable d'accomplir une fonction complète (1).»

Les oi'ganes renfermant cet appareil supposé de communication, s'étendent de la surface du cerveau à la moelle allongée : chaque oi'gane a été comparé à un cône dont la pointe se dirige vers la moelle allongée et dont la base repose dans le cerveau. En raison du diamètre de l'organe à la suiface interne du crâne, le nombre et l'épaisseur des fibres qu'il contient est plus ou moins considérable. Gela est prouvé, du reste, par les rapports constants qui existent entre le volume du lobe antérieur du cerveau consacré à l'intelligence et celui des corps pyramidaux (c. fig. 3, pag. 40G) , desquels les racines s'étendent, comme cela peut être prouvé anatomiquement, pour venir se déployer dans les circonvolutions du lobe antérieur; cela peut se prouver encore par les rapports qui existent entre l'épaisseur du renflement postérieur, ou cuisse du cerveau (gf. fig. 5, pag. 100) , et le volume des lobes postérieur et moyen du cerveau. Cependant je ne me sers de la comparaison d'un cône que pour rendre mon idée plus facile à saisir, et non dans la prétention de donner une description technique de la figure réelle des organes, car il n'est pas possible de tracer les points de démarcation qui les séparent les uns des autres, comme cela devrait être si la comparaison pouvait être prise à la lettre.

L'opinion de Gall et de Spurzheim était que le volume des circonvolutions est d'une grande importance relativement à la puissance des facultés mentales, et cette opinion est partagée par tous les physiologistes.

(i) Analomie du cerveau, page 10.

— ni —

Dopuis longlemps Sœmniering avait remarque que dans les premiers mois de l'existence du fœtus, il n'y a nulle trace de celte organisation compliquée ni des circonvolutions du cerveau si lemarquables chez l'adulte; selon ce savant anaiomiste, c'est seulement vers le sixième ou le septième mois de la gestation que les circonvolutions apparaissent. Dès ce moment, elles vont en augmentant de nombre et de volume avec une rapidité qui se ralentit vers l'âge de la puberté. Dans cet accroissement progressif des circonvolutions , nous avons la contre-partie bien marquée du développement graduel des facultés mentales, de l'état de nullité presque absolue dans lequel elle se trouve chez le fœtus pendant la plus grande; période de la vie intra-utérine jusqu'au développement complet de l'esprit chez l'adulte.

De même que, chez l'homme, l'esprit se développe en i-aison directe du développement de la suiface du cerveau dans les différentes périodes de la vie, ainsi, (;hez les animaux, l'intelligence est plus ou moins parfaite en raison du nombre et de la profondeur des circonvokitions cérébrales. On a anciennement objecté à la phrénologie que quchpies animaux dont le cerveau est volumineux étaient doués de moins d'intelligence que d'autres dont le cerveau est très-petit; mais si même la comparaison des cerveaux d'animaux d'espèces dillerentes pouvait être rigoureusement admise, il sullirait, pour toute réponse, de dire que les parties du cerveau qui sont développées dans ces cas ne sont pas les mêmes chez ces animaux; on pourrait encoi-e opposer ces faits établis par Desmoulins et Magendie, que, dans les rech(U'ches nombreuses qu'ils ont faites sur le cerveau de la plus giandc; partie des animaux manmiifères, ils ont trouvé un rai)i>oi"t pi-esque constant entre l'étendue de la surface du cerveau de chaque genre et la somme d'intelligence déployée par eux. Quand on remarque des différences sur ces points, on peut être certain qu'on en trouvera

l'claÙYomcnt aux fonctions inlelleclucllfis, non-sculomont dans les difierenls genres, mais aussi dans les diiïércntes espèces d'un même genre, et de plus, dans les difTércnls individus d'une même espèce.

Le professeur Tiedomann de Heidelberg, dans son ouvrage sur l'anatomie du cerveau des singes et de quelques autres animaux , a parfaitement tracé et décrit la diminution progressive et la disparition finale des circonvolutions du cerveau dans les mammifères, depuis le singe jusqu'aux rongeurs; et selon Desmoulins (pag. 602) celte progression correspond exactement avec la diminution de l'intelligence. 11 existe une difTéience frappante entre les singes du vieux monde et ceux du nouveau : plusieurs des premiers sont susceptibles d'éducation et peuvent èlre employés utilement, tandis que les derniers ne sont susceptibles d'aucune éducation et ne montrent guère plus d'intelligence que l'écureuil ; cette différence correspond à celle qu'on remarque dans les circonvolutions cérébrales de ces animaux. Chez quelques chiens, spécialement les chiens de chasse, les circonvolulions sont presque aussi nombreuses et aussi profondes que celles des espèces de singes les plus élevées, tandis que dans les races canines moins intelligentes et chez les loups, elles ont un degré de développement beaucoup moindre. Il n'est personne qui n'ait été frappé de l'extrême différence qui existe entre les chiens et les chats , relativement à la docilité; une différence aussi frappante se reproduit dans le nombre et la profondeur des circonvolutions que présente leur cerveau; celte différence est telle que Desmoulins estime que les circonvolulions, chez le chien, surpassent six ou huit fois celles qu'on remarque chez le chat. Ce défaut de circonvolutions du chat s'observe dans la famille tout entière à laquelle il appartient. La race féline, qui comprend le chat, le lion, le tigre, la panthère et autres animaux de même nature, est également remarquable par l'uniformilé

(|ue l'on observe dans le nombre et la disposition des circonvolutions cérébrales, et il n'est aucune famille d'animaux dont les espèces ont plus de similitude d'instinct que ceux de celte famille dans laquelle la destructivilé et la sécrélivité se montrent à un si haut degré.

Il n'est aucun observateur qui n'ait remarqué que les différences du caractère moral sont beaucoup plus tranchées et beaucoup plus fréquentes chez l'homme que chez les animaux en général; il est rare, par exemple, qu'une brebis diffère beaucoup d'une autre brebis, qu'une vache montre des dispositions contraires à celles inhérentes à son espèce. Ce fait peut cire considéré comme fournissant une présomption en faveur de l'idée que les divers caractères dépendent des variétés qu'on observe dans les circonvolutions; car presque tous les physiologistes ont observé que le cerveau de l'homme varie relativement au nombre et à la profondeur des circonvolutions bien plus que celui de toutes les autres espèces (i).

On a remarqué que, chez la plupart des idiots, le nombre et la profondeur des circonvolutions est moins considérable, sinon des deux côtés, du moins d'un seul. Dans la manie chronique, on trouve également les circonvolutions plus ou moins effacées et séparées les unes des autres par l'épaississement maladif des lames de la pie-mère qui les tapisse. Dans ces cas comme dans ceux d'imbécillité congéniale, l'épaisseur de la lame corticale est beaucoup moindre , tandis que dans la manie aignc, au contraire, son épaisseur reste la même et parait considérablement injectée; dans la vieillesse, les circonvolutions s'affaissent.

Une grande partie de la pulpe du cerveau est privée de sensibilité ; on peutle percer, l'inciser, sans que le sujet soumis à l'expé-

(i) Vicq d'Azyr, Mém. de Paris, 1793. p. 512. Meckcl, Jnalomie, clo. Vol. 2, p. GiG. — Wciizol, De pcniliori strurlurâ rerebri . ]t. ^.l. — Mayo, Physinloiiy.

r.OMRf;. — ïu.viTi'. DF. piir.KNOLoi.ii;. 15

riencG en ail la conscicnco. Sir Charles Bell rapporte que dans un cas il enfonça le doigt h nne grande profondeur dans la substance d'un des lobes antérieurs sans que le malade, trèssensible d'ailleurs, se soit plaint d'autre chose, si ce n'est de la douleur qu'il éprouvait aux téguments. Bien loin de croire que les portions insensibles du cerveau soient celles qui président aux fonctions les moins élevées (car chaque partie a son usage), sir Charles Bell soutientque de leur défaut de sensibilité même il faut conclure qu'elles sont destinées à l'accomplissement des fonctions les plus nobles, c'est-à-dire qu'ellesprésident aux actes intellectuels. La différence immense qui sépare les fonctions d'une partie destinée à recevoir les impressions de celles qui élaborent la pensée, est d'accord avec la sensibilité de certaines parties, et son absence complète dans d'autres.

Le cerveau reçoit, toutes choses égales d'ailleurs, une quantité de sang beaucoup plus considérable que tous les autres organes. Selon Haller, elle équivaut ù un cinquième de toute la masse qui part du cœur ; Monro ne l'estime qu'à un dixième.

Les deux côtés du cerveau et du cervelet reçoivent des artères distinctes qui leur apportent le sang qui leur est destiné, mais les sinus ou canaux destinés à rapporter vers le cœur celui qui a servi à leur nutrition, leur sont communs.

Le cervelet est formé, en apparence, de la même matière nerveuse que le ce^'veau, et présente comme lui une substance corticale et une substance médullaire; mais il en diffère par sa forme et la disposition des substances qui le composent. Dans la figure 5 , page lOG , on voit le cervelet en partie divisé (entre S et 48), et en partie intact. Le cervelet est séparé du cerveau par une forte membrane appelée la tente du cervelet. Chez les animaux sauteurs tels que le tigre et le chat, la tente du cervelet est ossifiée (i). En conséquence ses fibres tirent leur ori-

(j) Richerantl ci'oit que le but de celte disposition est de prévenir la

gine de cette partie de la moelle allongée nommée les corps restiformes, qui fournit encore divers organes destinés aux propensités ; ainsi donc le cerveau et le cervelet , quoique séparés par la tente, ont entre eux d'intimes connexions par l'intermédiaire de la moelle allongée, avec laquelle ils communiquent.

La moelle allongée est quelquefois considérée comme une des trois grandes divisions de l'encéphale; elle est eû'ectivement la partie d'où la matière fibreuse du cerveau et du cervelet semble tirer son origine; elle forme comme le chapiteau do la moelle épinière.

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