DIVISION DES FACULTÉS
Spurzheim divise les facultés en deux ordres, sensitives et intellectuelles. Les facultés sensitives se subdivisent en deux genres, qu'il nomme propensilés et sentiments. Il donne le nom de propensité aux impulsions intérieures qui nous invitent à certains actes ; le nom de sentiment à une sensation qui comprend non-seulement une inclination, mais encore une émotion particulière: l'acquisitivité , par exemple, ne produit que le simple désir d'acquérir ; la vénération porte l'homme à l'adoration et lui fait, en même temps, éprouver une émotion particulière que nous désignons par le mot sentiment.
Un second ordre de facultés nous fait connaître les corps extérieurs et nous donne, en même temps, les moyens d'apprécier leurs qualités et leurs rapports: on les nomme facultés intellectuelles. Spurzheim les a subdivisées en quatre genres. Le premier comprend les sens externes et le mouvement volon-
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taire ; le second comprend les facultés internes qui perçoivent l'existence, ou qui donnent à l'homme et aux animaux la connaissance des corps externes et de leurs qualités physiques; le troisième compi-end les facultés au moyen desquelles nous percevons les rapports des corps externes. Ces trois genres sont compris sous la dénomination générale de facuUés perceptives. Le quatrième genre comprend les facultés qui agissent sur toutes les autres, celles qui comparent, jugent et distinguent: on les nomme facultés réflectives.
De grandes difficultés s'opposent à un classement méthodique des facultés et des organes ; en attendant, nous adopterons la classification dont Spurzheim s'est servi pour la troisième édition de son Traité de Phrénologie , publiée en 1823 (i). Pendant son séjour à Edimbourg en 1828, il donna un cours d'anatomie du cerveau, et expliqua avec tant de clarté les rapports des oiganes entre eux, que sa classification parut évidemment basée sur les lois de la nature. Gall semble s'être peu occupé de former une classification philosophique ; néanmoins, nous ferons connaître sa nomenclature des organes et le rang qu'il leur avait assigné; nous ajouterons, en conséquence, à la fin de cet ouvrage, un tableau destiné à les indiquer (2).
Pour un grand nombre d'organes, il existe des observations si nombreuses , qu'on peut dire que leurs fonctions sont maintenant établies d'une manière incontestable; pour plusieurs autres, des observations moins nombreuses i-endent seulement leurs fonctions probables. Les phrénologues sont d'accord sur l'espèce des fonctions des organes considérés comme établis ; les différences qui s'élèvent entre eux n'ont rapport qu'à cer-
(1) Voyez Objections contre la classification dos facultés , proposées par Spurzheim , Appendix n" 2.
(2) Ibid. , n» 3.
laines analyses métaphysiques des facultés morales et intellectuelles, et à leur classification.
Nous donnerons une courte notice sur Yhisloire de la découverte de chacun des organes et quelques exemples qui pi'ouvcnt la nature de sa fonction; mais nous croyons devoir avertir le lecteur que nous n'avons pas la prétention d'ajouter quelque chose à la démonstration qui a déjà été faite de la phiénologie. INous renvoyons aux ouvrages de Gall et de Spurzheim, aux Transactions des sociétés phrénologiquos d'Edimbourg et de Paris, etc. ; du reste, ceux qui veulent se former une opinion philosophique doivent étudier la nature elle-même; car une conviction ferme et entière ne peut être QUE le résultat d'observations personnelles.