‹ Traité de phrénologie humaine et comparée (volume 2)Chapitre 23 sur 46 · AMATIVITÉ · texte numérisé non relu

AMATIVITÉ

Le cervelet ( A A, fig. 2 , p. 103 ) est l'organe de cette propensité (i) ; il est situé entre les apophyses mastoides et la ligne transverse de l'os occipital. Le volume de cet organe est in-

(i) Partes génitales, sive lestes liominibus et fœminis utérus propensionem ad venerem excitare nequeunt. Nam in pueris veneris stimulus seniinis secretioni saepe antecedit. Plures eunuchi, quanquàm testibus privati , hanc iiiclinationem conservant. Sunt etiam fœminœ qua; sine utero nata?, liunc stimuhim manifestant. Hinc quidam ex doctrinœ nostrae inimicis, baruni rerum minime inseii , scminis pra>senliam in sanp;uine contcndunt, et banc causam suflicicntcm cxistimant. Attamen argumenta bujus generis verS pbysiologiâ longe absunt, el \i\ citalione digna videntur. Nonnulli

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diqué, pendant la vie, par la largeur de la nuque vers ces parties ou entre les oreilles, et par la saillie que forme la portion inféi'ieure de roecipilal. Clicz quelques individus, les lobes du cervelet descendent et forment deux bosses , qu'on remarque vers la base de roecipilal, sans, pour cela, que la distance d'une oreille à l'autre soit augmentée. Dans ces cas, les protubérances qu'il forme sont facilement senties lorsqu'on presse le bas de la nuque avec la main. Les gravures ci-après indiquent la saillie que forme cet organe pendant la vie, quand il est modéré ou large.

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Il existe presque un demi-pouce d'intervalle entre le cervelet et le lobe postérieur du cerveau, à l'insertion de la tente.

La tente du cervelet, formée d'une membrane très-forte sépare le cerveau du cervelet; chez les animaux sauteurs, comme le chat et le tigre, une plaque osseuse, mince, remplace cette membrane (i). Néanmoins, le cervelet est lié au

etiam hnjus inclinationis causam in liquore prostatico quspriint ; sed in scnibus aliquandô fliiidi prostatici secrelio, sine ullâ veneris inclinatione, copiosissima est. — Phrcnologie de Spurzheim , p. i28. (i) V'oyez la note pag. H4-H.o.

cerveau ; car ses fibres tirenl leur origine des corps restiforraes qui donnent, également naissance à d'autres organes des propensités animales. Certaines fibres venant de cette source , après avoir traversé la couche des nerfs optiques, se répandent dans les oi'ganes de la philoprogénilnre, de l'adhésivité, de la combativité, de la destructivité, etc. Les nerfs de la vision ( 4, 4 , fig. 2, p. 103 ) peuvent être suivis jusque dans les éminences wafes, joignant de très-près à ces parties; tandis que les nerfs de l'audition ( E, fig. 2, p. 105 ) naissent du prolongement de la moelle à la surface du quatrième ventricule, situé immédiatement sous le cervelet. Ces rapports des parties sont d'accord avec les faits; les yeux semblent, plus particulièrement que les autres sens, chargés d'exprimer la passion de l'amour: l'abus de cette propensilé amène souvent la cécité ou la surdité; elle excite secondairement l'action de l'adhésivité, de la combativité et de la destructivité ; elle inspire ces attachements irrésistibles qui donnent à la femme la plus timide un courage et une détermination dont elle serait incapable de sang-froid. Le cervelet est formé de trois lobes, deux latéraux et un moyen. Le lobe moyen communique directement avec les corps restiformes, et les deux lobes latéraux sont liés l'un à l'autre par le pont de Varole. ( Voij. fig. 2 et ô, pp. 103, 100. )

Gall est arrivé à la découverte des fonctions de cet organe de la manière suivante. Il était le médecin d'une dame veuve qui fut saisie d'une maladie nerveuse, à laquelle succéda une violente nymphomanie. Comme il soutenait sa tète pendant un des paroxysmes, il fut frappé du volume que présentait le crâne vers la nuque. Plus tard, il apprit que la malade ressentait toujours, avant l'accès, un sentiment de tension et de chaleur vers cette région; il se livra à de nombreuses observations qui le confirmèrent dans l'idée qu'il y avait une connexion entre le volume du cervelet et la propension à l'amour physique.

Cette faculté donne le désir de l'union des sexes. Chez les

enfants nouveau-nés, le cervelet est l'organe le moins développé de tous ceux qui forment rencépliale. A cette période de la vie , les parties supérieures et postérieures de la nuque correspondantes au cervelet paraissent attachées presque au centre de la base du crâne. Le poids du cervelet est alors, comparativement à celle du cerveau, comme un à treize, à quinze ou à vingt. Dans l'adulte, il est comme un à six, à sept ou à huit. Le cervelet prend beaucoup d'accroissement à l'époque de la puberté, et atteint son développement complet entre dix-huit et vingt-six ans. La nu([ue paraît alors plus saillante en arrière. En général, le cervelet est moins volumineux dans la femelle que dans le mâle. Fi'équcmmcnt il diminue de volume dans la vieillesse. La proportion du cerveau au cervelet varie beaucoup chez les différents individus ; aussi remarque-t-on de grandes dilférences entre la propensité qu'il confère et les autres facultés de l'esprit. Quelquefois le cervelet atteint un grand développement avant l'âge de la puberté. Tel était le cas d'un enfant de trois ans, d'un autre de cinq, et d'un troisième de douze, qui tous étaient remarquables par une forte propensité à l'amour; on remarque sur le buste du docteur Hette, qui fait l)ariie de la collection de la Société de phrénologie d'Édimhourg, que cette partie est peu saillante, et la faiblesse de son [)enchant pour le sexe y correspondait. 11 est très-proéminent sur le crâne d'un condamné qui mourut à Ghatam, et chez lui la propensité vers l'union des sexes était irrésistible. Il en est de même pour les crânes de Mitchell et de Dean. On trouvera dans l'ouvrage deGall, Sur les fondions du cerveau, tom. 111, pag. 223-414, plusieurs cas remarquables. Je me contenterai de renvoyer, en outre, le lecteur aux ouvrages suivants : Journal des observations pathologiques de l'école de médecine, n° 108. Le cas de Jean Michel Brigand, 15 juillet 1817, Journal de l'IIôlel-Dieu. Le cas de Florat, 19 mars 1819, et d'une femme, M novembre 1818. Vepferus, Historiœ apoplecticorum ,

cdit. 1724, pag. 487; Philosophical transactions, n^S^S, par le docteur Tyson; les Mémoires de chirurgie militaire et campagnes du baron Larrey, vol. II, p. 150. vol. III, p. 2(52; De l'apoplexie, piw Serres; Éléments depihijsiologie, par llicherand, p. 579, 580; la Phrénologie de Spurzheim, p. 150; le Journal phrénologique d'Edimbourg , vol. V, pag. 98, 511 , G5G; VII, p. 29; VIII, p. 577,529;IX, 188, 585,525; Observations sur l' aliénation mentale, par André Combes, p. 161 ; et le Journal médical et chirurgical de Londres, des 21 juin et 25 août 1854, vol. V, p. 649, et vol. VI, p. 125. Le docteur Caldwell a donné, dans ses Annales de phrénologie, n° 1, p. 80-84, un sommaire des principales raisons qui doivent faire considérer le cervelet comme l'organe de l'amour physique.

« Il est impossible, » dit Spurzheim, « de rassembler un plus grand nombre de preuves à l'appui d'un fait naturel, que celles qui attestent les fonctions spéciales du cervelet. » En cela, nous sommes d'accord avec lui; ceux qui n'ont pas lu, dans l'ouvrage de Gall, le chapitre consacré à cet organe, ne peuvent se former une idée juste de la force et de l'évidence des preuves dont il appuie son opinion sur ce point.

M. Flourens, après s'être livré, sur les animaux vivants, à divei'ses expériences qui consistaient à piquer et irriter leurs cervelets, est arrivé à conclure que la principale fonction du cervelet est de régulariser les mouvements musculaires. « En enlevant le cervelet, » dit-il, « on ôte à l'animal le pouvoir d'exécuter des mouvements combinés. » M. Magendie, à la suite de semblables expériences, a trouvé que les lésions du cervelet donnaient seulement aux animaux une tendance irrésistible à marcher, courir ou sauter en arrière; des expériences faites sur les corps striés et les tubercules quadrijumeaux, ont donné les résultats suivants : Quand certaines parties étaient divisées, l'animal tournait sur lui-même; la section de certaines autres

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portions lui imprimait une tendance à marcher en arrière et à étendre la tête et les exti'éinilés; une autre section causait une disposition à exécuter les mouvetnenls combinés. Ainsi, d'après cette méthode d'appréciation des mouvements cérébraux, les parties possèdent, en commun avec le cervelet, la faculté de régler les mouvements musculaires. Le fait est que toutes les parties du système nerveux sont si intimement unies, qu'on ne peut guère en léser une sans troubler toutes les autres; il est donc fort diflîcile de déterminer, de cette manière, les fonctions propres à chacune d'elles, même les moins importantes; cette vérité est maintenant admise par la grande majorité des physiologistes, parmi lesquels nous pouvons compierCharlesBell (i). Néanmoins, le grand volume du cervelet, la circonstance que ses lobes latéraux n'ont pas chez tous les animaux les mêmes rapports avec le lobe moyen, et les résultats obtenus par les expérimentateurs ont fait penser qu'il n'est pas un organe unique, mais que, outre l'organe de l'amativité qui ,sans aucun doute, le constitue en grande partie, il en renferme d'autres chargés d'accomplir des fonctions différentes; cela semble assez probable, mais nous n'avons aucune preuve à l'appui de la supposition de ces fonctions, et nous pouvons seulement appeler sur ce point l'attention des physiologistes dans le Journal de physiologie, publié par 31. Magendie (n° du mois de juin 1831); on voit cependant l'observation d'un individu chez qui, à l'ouverture du crâne, on ne trouva pas de cervelet; lequel, probablement, avait été détruit par l'effet d'une maladie; cependant, le sujet avait continue de jouir, jusqu'à sa mort, de la faculté d'exécuter des mouvements combinés, et n'avait été nullement sujet aux mouvements en arrière ou circulaires qui, chez les animaux soumis aux expériences, semblent être le résultat des sections pratiquées sur cet organe (-2).

(0 Voyez (he Phrenological Journal, IX, 122.

(2) Le cas auquel Taulcur fait allusion est celui dime fille publique

M. Scotl, dans son excellent essai sur l'influence qu'exerce cette propensité sur les facultés morales et iiilellectuelles, fait observer qu'il a été considéré par quekpies personnes comme synonyme de libertinage; comme si son activité entraînait nécessairement une sorte de souiihire. Celte méprise résulte de ce qu'on ne considère que l'abus de celte propensité; mais tout ce qui entre dans le grand système de la nature porte le cachet de sa noble origine. Quoique susceptible d'abus, l'amalivité exerce une douce influence sur les rapports des sexes entre eux; elle est, en partie, l'origine du tendre intérêt qu'ils se portent mutuellement, car cette disposition ne résulterait pas de la bienveillance et de l'adhésivilé seules, ou de tout autre sentiment; si telles étaient ses sources exclusives, cet intérêt se retrouverait dans les liaisons qui se forment parfois entre individus du même sexe, ce qui n'a pas lieu. «Cotte propensité, quand elle est considérée et convenablement dirigée,» dit M. Scott, « n'a rien qui puisse blesser la plus exquise délicatesse; au contraire, l'absence de toute sensation de cette nature doit être considérée comme un défaut capable d'altérer le plus heureux naturel. Le sentiment de l'amour adoucit les passions orgueilleuses et haineuses, qui rendraient l'homme insociablc; elle augmente et entretient les affeclions douces et bienveillantes. L'amalivité seule explique les égards mutuels que se montrent les deux sexes; l'homme est, en général, meilleur- et plus généreux envers la femme qu'envers l'homme; et il en est de même pour la femme. » C'est cette faculté qui

nommée Labrosse; les adversaires de la phrénologie le cileiit comme lendanl à prouver la fausseté de celte science. Le D"" Caldwell a doniontro dans les Jnnak's de phrénologie , n° 1, p. 76 (voyez le Journal plnniologique d'iulimbourg, vol. 9, p. :2:2()), que ces conclusions n'ctaicnl pas fondées. Car, quoi(]ue le cervelet ail été trouvé au moment de rautojjsie presque enlièrenicnl (i('truil, il elail facile de voir que celle destruction était récente, et le résultai d'un travail inflammatoire dans les organes, inflamation expliquée par la surexcitation préexistante de l'organe et de ses fonctions.

inspire au poëte les peintures enivrantes de l'amour; ot sa puissante influence se fait sentir à l'homme pendant la plus longue et la plus belle période de sa vie.

Cet organe est, en général , plus actif dans les climats chauds que dans les climats froids. Cependant, quand il est très-développé, son action est énergique, même dans les régions les plus froides. Les habitants du Groenland et les différentes tribus des peuples Esquimaux sont remarquables par leur propensilé à l'amour; aussi, sur environ douze crânes appartenant à des individus de cette nation , que possède la Société de phrénologie d'Edimbourg, la saillie que forme l'amativité est fort remarquable (i).

L'abus de cette propensité peut devenir la source de grands maux pour les individus qui s'y livrent; et, comme l'organe et la propensité peuvent résister et exercer une grande influence sur le caractère, indépendamment des rapports sociaux, Spurzheim pensait qu'il valait peut-être mieux instruire les jeunes gens des conséquences funestes de l'abus des plaisirs de l'amour, que de les laisser dans un état d'ignorance capable de provoquer une fatale curiosité qui, tôt ou tard, détruit la santé, affaiblit l'intelligence, et compromet même les enfants auxquels ils donneront le jour. L'existence de cet organe est bien établie.

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